Chapitre trente et un

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Il y eut une avalanche d’émojis rieurs à sa phrase. À tel point que Clément l’effaça de la conversation privée.

Argentik : Merci. Je pensais que toi au moins, tu ne serais pas choqué.

WookiesFirst : Je le suis pas, je suis jaloux, j’ai encore jamais testé ça. Je croyais avoir rattrapé notre retard en matière de sexe mais apparemment, non. C’était bien, au moins ?

Clément ne répondit pas, il sentit juste son corps se manifester à nouveau au souvenir. Mais il avait quel âge, bon sang, pour s’exciter juste sur une image fugace ? Et sur le rappel de la voix de Gwen. Juste sa voix… Un peu de tenue, enfin !

Argentik : Ce n’est pas le sujet.

WookiesFirst : Ok, donc c’était bien.

Clément sourit doucement. Il se demandait parfois comment était son chef de guilde. Il avait tendance à l’imaginer comme un gros nounours, un mélange de Chewbacca et d’Ewok.

WookiesFirst : Et te connaissant, tu es en train de culpabiliser.

Argentik : En résumé ? Oui. J’espère vraiment que tu n’es pas réel !

Clément ferma les yeux, il venait de passer sa dernière journée sur le chantier et il rentrerait le lendemain. Il appréhendait de voir Gwen. Il s’était masturbé au son de sa voix. Il avait entendu et dit des choses absolument gênantes. Et il avait aimé. Clément n’avait pas osé appeler par la suite mais Gwen l’avait fait, rompant la malédiction. Et ils avaient pu avoir des échanges normaux. Si par normal, on entendait par là le fait que Clément ait frissonné quand Gwen lui avait demandé s’il faisait chaud là où il était. Depuis quand parler météo devenait érotique ?

WookiesFirst : Oh, je suis tout ce qu’il y a de plus réel et je commence à avoir pas mal de dossiers sur chacun des membres de la guilde. De quoi me faire une petite retraite dorée si je veux me reconvertir en maître-chanteur.

Argentik : Il y a une photo de tes fesses dans un costume de Wonder Woman qui traîne encore sur un canal. Et pas avec la jupette malheureusement pour toi, ô chef étoilé !

Clément ajouta un petit émoji de démon, le surnom des gamins allait le suivre pendant un long moment. Après, Wookies ne pouvait pas être honteux de son anatomie. Il avait un fessier tout à fait appréciable même dans une culotte étoilée.

WookiesFirst : Argh, je dois arrêter de parier avec mon mec. Mais bon courage pour me faire chanter avec ça, c’est un peu ma marque de fabrique de montrer mon cul. Quoi que, maintenant que j’ai un poste à responsabilités, faudrait peut-être que je me calme. Ouais, ou pas, j’y arriverais jamais, je laisse tomber.

WookiesFirst : Et l’avantage, c’est que j’aurais pas à chercher un costume pour la prochaine soirée déguisée.

Argentik : Mon dieu, tu l’as gardé ?

WookiesFirst : J’ai besoin d’avoir les étoiles du drapeau sur le cul sinon mon côté patriotique se meurt.

Clément répondit par un rire. Ça le détendait toujours de parler avec Wookies. Et parfois, il pensait qu’il pouvait se permettre cette liberté justement parce qu’il ignorait qui il était et vice-versa.

WookiesFirst : Pour en revenir à ton petit problème, le sexe, tant que tout le monde est d’accord, on a bien le droit de faire ce qu’on veut. Y’a des gens qui nous traitent d’enculés, mais je vois pas en quoi ce mot leur pose autant problème, ce qu’on fait dans notre lit ou qui fait quoi. C’est juste des cons. Tu fais bien ce que tu veux et ce dont tu as envie surtout.

Argentik : L’envie a longtemps été absente.

WookiesFirst : Je sais. C’est pour ça que tu ne dois pas te brider ou te culpabiliser pour ce que tu fais avec Mec Bien. Vous en avez eu envie tous les deux, vous l’avez fait, vous avez aimé. Et si tu n’as pas envie de plus pour l’instant, c’est ton choix, tu as le droit aussi.

Argentik : Il m’a dit que c’était moi qui décidais.

WookiesFirst : Waouh. Super Mec Bien. Avec diplôme de beau gosse ?

Clément se mit à rire et pensa au visage de Gwen qui s’animait sous les expressions, les sourires, à ses cheveux décoiffés la majeure partie du temps, à son agitation aussi. Il était beau, oui. Pas à la façon d’une photo ou d’une image.

Argentik : Avec mention très bien.

Wookiesfirst : Option beau petit cul ?

Argentik : J’ai pas vraiment regardé…

WookiesFirst : Genre ? Menteur !

Oh si, il y avait prêté attention. Et Gwen lui facilitait la tâche en portant des jeans qui laissaient peu de place à l’imagination.

Argentik : Je vais devoir te payer jusqu’à la fin de ma vie si je t’avoue tout ça.

WookiesFirst : Ça veut encore dire oui. Je suis super content pour toi. Il a l’air génial.

Argentik : Merci.

WookiesFirst : Ne t’en tiens pas aux normes établies en termes de relations amoureuses ou en matière de sexe. Le but, c’est d’être heureux.

Argentik : Ok.

WookiesFirst : Et si tu peux prendre ton pied au passage, c’est tout bénéf, comme dirait mon cher et tendre.

Clément éclata de rire. Il écrivit un petit message à Gwen pour prévenir de son retour dans la matinée. Puis il se connecta à la partie de jeu menée par Dyaketh, mettant ses écouteurs pour suivre les indications directes du plus jeune. Il débutait, depuis bien longtemps d’ailleurs, comme Gwen à la guitare, et il jouait toujours mal mais ses coéquipiers s’en fichaient.

La devise de la guilde était : On vise pas la performance, on vise le plaisir. Oh oui, c’est juste là, continue ! Ça résumait bien l’ambiance.

Au fur et à mesure que Clément s’approchait de la maison, son excitation à l’idée de voir Gwen s’était mêlée à une angoisse diffuse. Et s’il n’y arrivait pas ? Et si, à nouveau, le contact de Gwen lui paraissait insurmontable ?

Il posa son masque sur son visage, celui qu’il prenait parfois pour le travail, et déverrouilla la porte. Il entra sans faire de bruit et posa son sac dans l’entrée. Gwen sortit de la cuisine et le regarda.

« Salut, fit le brun avec un grand sourire.

— Bonjour. »

Gwen sourit de plus belle et s’approcha. Il s’arrêta tout près de Clément et tendit sa main comme un rituel élaboré de longue date. Clément comprenait pourquoi il faisait ça. Il lui montrait qu’il était libre d’accepter ou non un contact. L’excitation prit le pas sur l’angoisse.

Clément attrapa la main et tira Gwen contre lui en un geste impatient. Puis il l’enlaça pour le serrer dans ses bras, ses mains ne nouant dans le dos du brun. Clément glissa son visage dans le cou du plus jeune et ferma les yeux. C’était Gwen. Et il décidait. Il choisissait d’étreindre Gwen parce qu’il le voulait. Les mains du brun se refermèrent sur ses épaules, le rapprochant encore plus. Leurs torses s’écrasèrent l’un sur l’autre, puis leurs hanches se frôlèrent. L’excitation, petit à petit, gagnait encore du terrain, Clément le sentait.

Il releva la tête et déposa ses lèvres sur celles de Gwen, encore hésitant. Il avait été absolument gêné de ce qu’ils avaient fait au téléphone mais la conversation avec Wookies s’était chargée de remettre les choses dans leur contexte. Ils étaient adultes, consentants. Et ils avaient aimés tous les deux. C’était plus compliqué d’avoir Gwen contre lui, plus intense aussi. Et moins rassurant que de se savoir seul dans une petite chambre de location, contrôlant son environnement. Mais il décidait.

Gwen rendit le baiser et lécha ses lèvres en un lent effleurement, un autre rituel aussi. Clément ouvrit la bouche et vint mêler sa langue à celle de Gwen. Le baiser prit une direction encore plus perturbante que ne l’avaient été toutes les pensées de Clément.

Gwen avait un goût de miel… et de…

« Poulet soja-miel ? interrogea-t-il en se reculant un peu. »

Gwen se mit à rire.

« Absolument. Tu as faim ?

— Étonnement, oui. »

Gwen se mit à sourire. Clément qui avait faim, c’était inattendu.

« Pas toi ?

— Plus maintenant. Ou disons que j’ai faim de tout autre chose… »

Gwen reprit les lèvres de Clément et le serra un peu plus contre lui. Le châtain se coula contre lui et rendit l’étreinte, le baiser. Il voulait tellement montrer à Gwen que ça allait mieux, qu’il ne paniquerait plus comme il l’avait fait. Ses mains s’agrippèrent sur le pull du plus jeune. Et tremblèrent, un petit rappel éphémère contre lequel Clément lutta. Gwen le sentit et s’éloigna. Le plus âge le retint contre lui. C’était passé, l’angoisse s’était mise en arrière-plan. Il voulait la garder là-bas.

« Tu n’as rien à me prouver, Clém, commença Gwen.

— Je sais. J’essaye de… redécouvrir mon corps, mes sensations. Quand il… Avant, je sentais mon ventre qui se serrait, se tordait à m’en faire mal. Avec toi, il y a comme une chaleur à la place…

— Je peux te donner chaud partout ailleurs, Clem.

— Faut qu’on reparle de cette histoire de bâillon, murmura Clément.

— Hé, j’ai un passe-droit illimité pour les blagues foireuses. »

Clément se mit à rire.

« Depuis quand on est passé à un passe-droit illimité ?

— Deux secondes environ. T’occupe pas des petits lignes en bas du contrat. »

Et Gwen l’embrassa à nouveau, tentant effectivement de lui donner chaud partout. Il rendit le baiser, glissant sa langue dans la bouche du brun, ressentant encore le goût du miel. Clément se laissa aller, pas tout à fait entièrement, non, il y avait encore cette petite part de lui qui résistait, hurlait de peur et qu’il repoussait plus loin pour ne pas l’entendre. Il se demanda quand elle arrêterait, si elle s’arrêterait un jour. Il tira Gwen contre lui, le serrant plus fort, juste pour la faire taire, pour lui montrer que rien de mal n’arrivait. Il décidait. Mais il ne put empêcher son corps de se tendre quand les mains de Gwen effleurèrent le haut de ses fesses.

Gwen remonta ses mains quand il sentit que Clément se contractait. C’était une torture que de ne pas pouvoir laisser glisser ses mains partout sur le corps de Clément. Mais il sentait le corps se tendre au passage de ses doigts. Et il n’était pas sûr que ce soit d’une tension agréable.

Il déposa un dernier baiser sur les lèvres du châtain puis s’éloigna.

« On reparlera de cette histoire de chaleur partout mais vu que tu meurs de faim, je vais profiter de l’occasion pour te gaver comme un paon. »

Clément se mit à rire.

« C’est les oies qu’on gave d’habitude.

— Tiens, on m’a déjà dit ça… Ben, sois content, un paon, c’est quand même sacrément plus classe. »

Clément le suivit dans la cuisine, se demandant pourquoi Gwen persistait à utiliser des expressions animalières alors qu’il les massacrait deux fois sur trois.

« Je savais que je t’avais entendu descendre, murmura Gwen. »

Clément rangea la bouteille d’eau et ferma la porte du frigo. Gwen avait eu beaucoup d’espérance mais ça avait coincé à un moment dans la soirée. Et s’il était honnête avec lui-même, il avait eu ce pressentiment que ça allait foirer et avait juste attendu que ça arrive. Ça n’avait pas manqué.

Après quelques baisers de plus en plus appuyés, et des caresses, Clément n’avait pu que s’esquiver en marmonnant des excuses. C’était peut-être ça le plus difficile, qu’il s’excuse de ne pas vouloir. Merde, le consentement, c’était pourtant la base ! Même ce repère-là, Clément ne l’avait plus…

Gwen lui avait rappelé qu’il décidait et Clément avait eu un fin sourire en montant les escaliers. Gwen, lui, en avait été rendue à une discussion houleuse avec Orlando qui, s’il se rappelait exactement les mots, lui avait conseillé d’arrêter de bander son arc alors qu’il n’y avait rien à tirer. Très vulgaires dans les métaphores ces elfes, vraiment. Et ce n’était pas comme s’il décidait volontairement de bander son arc ! L’arc avait un peu une vie propre…

Et d’ailleurs, s’il continuait à fixer Clément, juste en tee-shirt et pantalon d’intérieur qui lui tombait sur les hanches, il était prêt pour un concours d’archer. Encore.

« Tu ne dors pas ? demanda Clément.

— Si. Mais je suis un poil somnambule. »

Gwen fit un pas en avant pour attraper la main de Clément puis une fois que ce dernier l’eut lié à la sienne, il combla encore la distance et se laissa aller contre le corps du châtain. Il était un peu plus grand mais bien moins large d’épaules.

« Gwen ?

— Chut, je profite. »

Clément l’enlaça d’un bras et l’étreignit fortement.

« Je sais pas qui profite mais ça me va.

— Tu viens dans mon lit ? »

Il y eut un tout petit recul de la part de Clément. Puis il se rappela qu’il décidait.

« Oui. Mais commence pas à…

— Faire des plans sur la comète ? Trop tard ! ricana le brun en éloignant sa tête du torse de Clément. Tu m’empêcheras pas de fantasmer et mon imagination n’a pas de limites ! Allez, viens, y’a toujours ma série que tu n’as pas terminée. En plus, on arrive sur les passages les plus intéressants. »

Gwen haussa les sourcils d’un air suggestif. Clément se mit à rire et suivit Gwen, en espérant tout de même qu’il n’y aurait rien de particulièrement gênant dans la série.

Un épisode plus tard, il n’osait plus tourner la tête du côté du brun. Il avait ramené ses jambes contre lui et envisageait de s’enfuir. Il y avait même songé à plusieurs reprises au cours de l’épisode mais avait juste été fasciné par la scène se déroulant sur l’écran.

« Sérieusement ? fit-il.

— Quoi ? C’est un super épisode.

— Avec une sorte d’orgie.

— Mais joliment filmée. »

Clément laissa la chaleur gagner complètement ses joues et explosa de rire.

« Tu cherchais à me choquer ?

— Moi ? À t’exciter à la limite. Encore un effet de foiré ? »

Clément se tourna vers Gwen, s’allongea un peu et prit appui sur son coude. Il plongea ses yeux dans ceux de Gwen. Le brun faillit baisser les yeux, Clément pouvait être très intense quand il le décidait.

« Pas la peine de passer par l’image d’autres personnes, tu me vas très bien. »

Gwen sourit.

« Je me demandais… Je suis pas l’image de la virilité et…

— Ça me va ! coupa Clément. Je n’en veux plus. »

Clément s’arrêta et se rendit compte de ce qu’il venait d’insinuer. Gwen était viril, pas de doute là-dessus.

« Enfin, pas la virilité qui consiste à frapper ou rabaisser les autres… Et ce ne sont pas ton maquillage ou tes bijoux qui font moins de toi un homme, je t’assure. Mais ce n’est pas pour cette raison non plus que je t’aime. Et tu es très séduisant ainsi, j’aime vraiment et… Gwen ? »

Le brun ne bougeait plus, le fixant juste. Clément s’était magistralement enfariné dans son discours, en fait, ce n’était pas plus mal qu’il ne parle pas beaucoup finalement.

« Désolé, c’était maladroit. Je ne voulais pas…, s’excusa Clément.

— Tu m’as dit « je t’aime », rit Gwen. »

Clément le regarda et marqua un temps d’arrêt.

« Tu l’as dit, répéta Gwen en lui tendant la main. »

Clément attrapa la main et il fit un mouvement pour se rapprocher.

« Je l’ai dit. »

La main de Gwen quitta ses doigts pour remonter le long de son poignet et caresser son bras. Elle glissa jusqu’au cou, puis à la joue. C’était un geste tout en douceur, il fit frissonner Clément d’appréhension et d’anticipation.

« Je l’ai dit, je t’aime, Gwen.

— Moi aussi, je t’aime, Clément. »

Gwen avait déjà dit ces mots mais avec Clément, ça s’accompagnait d’une sensation particulière. Il les ressentait en lui, comme une pression légère, un peu douloureuse, sur son cœur.

Le brun rapprocha son corps et s’allongea tout contre Clément. Le châtain ne lui laissa pas le temps d’initier un baiser, il avait déjà attaqué les lèvres avec envie et il léchait la lèvre inférieure de Gwen pour demander l’accès à sa bouche. Cela fit gémir Gwen qui se plaqua contre Clément et rendit le baiser. Il eut l’impression de faire un exposé tellement il utilisa sa langue sans s’arrêter durant plusieurs minutes. Leurs mains commencèrent à s’activer sans réellement qu’ils réfléchissent. Et ils commencèrent à se caresser très légèrement. Les mains de Gwen glissèrent d’abord sur le tee-shirt de Clément, caressant le dos et s’arrêtant en haut des fesses, puis elles se glissèrent sous le tissu et remontèrent le long de la colonne vertébrale pour effleurer la peau chaude avec délicatesse. Gwen aimait la douceur, prendre son temps, même s’il n’était pas contre quelque chose de plus sportif et brutal de temps en temps. Pas encore d’actualité avec Clément sans doute.

Il laissa Clément reprendre son souffle et murmura, les lèvres contre son oreille.

« Caresse-moi si tu veux, toi aussi… J’en ai envie. »

Il vit Clément fermer les yeux sous ses paroles. Gwen sourit et se mordit la lèvre pour ne pas rire. Sa voix avait un effet sur Clément, c’était tout à fait fascinant et il comptait bien exploiter cette information. Il attrapa la main du châtain dans la sienne et la porta à son ventre pour l’inciter à le toucher.

« Tu te rappelles tout ce que je t’ai dit la dernière fois ? »

Clément hocha la tête, subjugué. Bien sûr qu’il se rappelait. Dérangeant, excitant, il ne savait pas comment qualifier ce qu’ils avaient fait. Est-ce qu’ils avaient fait l’amour ? Il paraissait que ça n’avait aucune importance puisqu’ils avaient aimé. Là aussi, maintenant, il aimait. Il aimait Gwen, il aimait ce que faisait Gwen aussi, les mains caressant son dos, puis lui ôtant son tee-shirt d’un mouvement saccadé. Gwen le surplomba un peu pour venir déposer des baisers sur son torse, mais restant encore à côté de lui, une de ses mains revenant entourer son dos. Clément tenta de rendre les caresses et glissa sa main sous le vêtement de Gwen pour caresser le ventre plat.

« J’ai envie de toi… j’ai tellement envie de toi…, dit Gwen tout en plaçant légèrement ses mains sur les fesses du châtain pour l’attirer contre son entrejambe. »

Sans le vouloir, Clément sentit son esprit partir alors que son corps restait là, il essaya de regagner son corps sans y parvenir. Il sentit son corps s’immobiliser, comme figé, alors que son esprit semblait flotter loin de tout ça. Thierry lui imposait son désir comme si celui de Clément n’avait pas d’importance. Il essaya de se raisonner. Ce n’était pas ce que faisait Gwen, ce n’était pas ce que disait Gwen. Et ça pouvait être bien, excitant comme ce qu’il avait ressenti au téléphone, ce serait juste eux deux, la voix de Gwen, son corps beau et longiligne, ses mains caressantes, et ses yeux attentifs. Il ne lui ferait pas de mal. Non, il ne ferait pas ça, tenta-t-il de se convaincre. Pas volontairement du moins…

Clément continua de se persuader. Ce serait bien. Ou à défaut, ce ne serait pas mal. Sa main se crispa sur la peau de Gwen et il rendit la caresse. Ça allait être bien…

« J’ai envie de toi, Clem, de te faire l’amour, susurra Gwen. Tu es d’accord ?

— Oui, si tu veux, murmura Clément.

— Si je veux ? »

Gwen s’arrêta, ses mains jouaient avec le bas de pantalon du châtain, et il s’éloigna. Ce n’était pas la réponse qu’il attendait, pas du tout. En général, ses amants aimaient ça, attendaient ça, ressentaient la même excitation que lui mais pas… pas cette résilience, pas cette soumission à l’idée. Et c’était exactement ça que lui renvoyait Clément, là, tout de suite, évitant son regard.

« Si je veux ? Non, Clément, c’est si toi tu veux aussi ! s’exclama Gwen, blessé par l’idée que Clément puisse faire quelque chose qu’il ne désire pas vraiment.

— Je veux, pas de problème, répondit Clément.

— Oh bordel…, soupira Gwen. »

Il tourna le visage de Clément vers lui.

« Amour, tu as le droit de dire non. Tu as le droit de ne pas avoir envie. »

Clément se laissa aller contre Gwen avec un soupir. Ce gamin trouvait toujours les mots qu’il avait besoin d’entendre.

« Désolé.

— Bah, j’ai plus qu’à attendre que mon « arc » veuille bien se calmer.

— Désolé…

— Ça prend du temps, c’est un grand arc, plaisanta Gwen.

— Vantard, ricana Clément en évitant de poser son regard sur le boxer de Gwen. »

Il ne put empêcher ses yeux d’être attiré par l’érection dessinée sous le tissu. C’était plus excitant qu’effrayant en fait, de savoir que Gwen le désirait.

Gwen rit également, ravi de pouvoir décoincer Clément et de se consoler de sa frustration. Il sentait bien qu’il n’avait pas fini de dormir sur la béquille avec son nouveau compagnon mais étrangement, ça ne le perturbait pas tant que ça. Clément attrapa son tee-shirt et le remit d’un mouvement rapide. Il voulut se lever. Il n’était pas sûr d’avoir encore sa place dans ce lit…

« Reste…, murmura Gwen. »

Il lui attrapa la main.

« Reste. »

Clément reposa son flanc sur le matelas. Ils se replacèrent, un peu plus près toutefois qu’auparavant, leurs jambes presque entremêlées. Le bras de Clément s’étendit et Gwen l’attrapa pour poser sa tête dessus. Il frotta son visage contre, comme un chat puis il avança et finit par caler sa tête dans le creux de l’épaule du châtain. Clément tendit son autre main et lui caressa la joue. Ses doigts tracèrent la cicatrice sur la pommette.

« Je te raconte, tu me racontes ? fit Gwen.

— Commence… Je… Je ne te garantis rien. »

Bonsoir,

désolé, en ce moment, je prends pas le temps de répondre à vos petits commentaires. Ils me font pourtant super plaisir, hein, n'en doutez pas. C'est juste que... pfiou, je suis en mode dégonflé comme un soufflé...

J'espère que vous avez aimé ce chapitre, je crois que c'est un de mes préférés, j'avais écrit certains passages depuis un moment.

Merci et à samedi prochain !

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