Chapitre vingt-huit

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Le changement entre eux se fit sentir dès le lendemain. Ils purent à peine se parler et ils retournèrent travailler dans un silence pesant, uniquement entrecoupé d’échanges basiques. Heureusement, ils n’en vinrent pas à parler du temps qu’il faisait, Gwen était prêt à se flinguer s’ils en arrivaient là.

Il n’arrivait même pas à appeler Jé, il n’avait pas envie de s’entendre dire qu’on l’avait prévenu. Quoi, il n’avait pas fait exprès de tomber amoureux. En fait, si, il l’avait fait exprès, il avait regardé Clément, de plus en plus, il avait observé chaque détail, chaque attitude jusqu’à être absolument énervé puis conquis. Il avait choisi de tomber amoureux de cet homme-là parce qu’il allait toucher quelque chose d’inexploré dans l’âme de Gwen et que ce dernier voulait absolument savoir ce que c’était. Il envoya un message à Laurie, elle lui répondrait peut-être de façon tranchante mais ce serait moins pire que Jé qui pouvait être blessant sans le vouloir.

Gwen : Pourquoi tu m’as pas dit que ça faisait putain de mal d’aimer ? Ça t’aurait tuer de prévenir ?

Laurie : Tu aimes pas le spoil, je respecte, c’est tout.

Laurie : Je suis toujours là, au fait.

Gwen essaya de se convaincre que ça allait être difficile mais pas insurmontable, qu’il n’allait pas avoir besoin de s’épancher au téléphone. Les rares regards que lui lançaient Clément oscillaient entre excuse et tristesse profonde. Et peut-être un petit quelque chose d’autre aussi, tout en dessous, bien caché. Ils passèrent les deux premiers jours de la semaine dans cet entre-deux lourds de ressentis. Si bien que le mardi, Gwen finit par lâcher.

« Si tu veux que je déménage, dis-le, Clément. »

Le châtain releva les yeux et le fixa. Gwen eut peur une seconde que Clément dise que oui, il préférait que Gwen parte. Ce n’était pas l’idée de perdre son logement qui l’inquiétait mais le fait de laisser Clément ainsi. Il se demandait de quoi il était capable…

« Non, bien sûr que non… Désolé.

— Pour quoi ? Pour quoi tu t’excuses exactement, Clément ? demanda Gwen. »

Clément ne put rien faire d’autre que le fixer sans répondre. Il ne savait pas pourquoi il s’excusait en vérité, il le faisait juste par habitude, parce qu’il se sentait en faute à la moindre altercation. Et qu’en vérité, cette fois-ci, il se sentait réellement responsable de ne pas avoir pu se maîtriser.

« Je ne suis pas en colère contre toi, Clément. »

Tu en as le droit pourtant et tu l’es, tu ne m’appelles plus par mon diminutif, pensa Clément. Et ça lui manquait sans qu’il puisse l’avouer.

« Tu as le droit de ne pas vouloir de moi, continua Gwen. J’espère juste que c’est… pour les bonnes raisons.

— Désolé…, répéta le plus âgée avant de se reprendre. Non, pardon, je m’excuse encore... »

Gwen finit par avoir un sourire dépité. Il crut qu’ils allaient pouvoir se reparler à peu près normalement. Mais mercredi, tout s’écroula.

Clément entra dans un monde obscur où plus rien ne semblait l’atteindre hormis pour lui faire mal. Il regardait son ordinateur mais l’écran devenait flou par moment car il n’arrivait plus à faire le point sur l’image. Pourquoi ce site ne voulait pas lui donner ses résultats ? Il avait pourtant tout entré correctement, il venait de réessayer dix fois et on lui indiquait un message d’erreur. Son cerveau n’arrivait pas à faire la part des choses, à dédramatiser, à se dire qu’il pouvait tout simplement s’agir d’un bug informatique.

Gwen sortit de la cuisine avec de quoi grignoter et regarda son collègue. L’air sur son visage était encore pire qu’en début de semaine. Les appels sur le fixe avaient cessé après l’avoir laissé débrancher suffisamment longtemps mais Gwen se demandait si connard premier du nom n'avait pas trouvé un autre moyen de harceler Clément. Mais merde à fin, pourquoi n’envoyait-il pas ce type se faire foutre ? Ça le dépassait, il ne comprenait pas comment une telle emprise pouvait se jouer. Il savait pourtant ce que la peur faisait, il l'avait ressenti après son agression. Et c'était quelques mois, moins d'une année. Ça l'avait profondément changé malgré tout. Il n'était arrivé qu'à grand peine à se défaire de ce sentiment entre colère, honte et impuissance. Quand ces sentiments s'étalaient dans le temps, sur des années, comment pouvait-on en sortir, si seulement on en sortait un jour... Le cerveau ne devait plus interpréter les actes, les gestes de façon normale…

Et Gwen qui avait cru qu’il n’allait avoir qu’à embrasser et à câliner le gars pour lui faire oublier. Sa connerie atteignait le top niveau, là. C’est sûr que pour l’empêcher d’avoir des idées lubriques, y’avait du monde mais pour l’inciter un peu plus à réfléchir à ses actes, on ne pouvait compter sur aucun poster.

Il s’approcha doucement.

« Clément, y’a un problème ? »

Surpris, le châtain rabattit l’écran de son ordinateur portable.

« Aucun, fit-il en se levant.

— Arrête, je vois bien que…

— Fous-moi la paix, Gwen ! s’écria Clément. »

Puis il regarda à peine le brun et chercha le sol des yeux, honteux. Il venait d’agir exactement comme Thierry. Il venait de faire payer à Gwen quelque chose dont il n’était absolument pas responsable. Il n’était donc pas capable de faire quelque chose correctement, il sentit son corps encore s’alourdir sous le poids de ses fautes…

« Ok, comme tu veux, répondit Gwen.

— Pardon, je suis…

— Désolé ? Tu parles d’une nouveauté. »

WookiesFirst : Bon, je vais te dire un truc que tu sais déjà : T’as merdé, mon pote.

Argentik : Merci, je crois que je m’en étais rendu compte. J’ai paniqué. D’habitude, j’arrive à gérer.

Clément s’en voulait de le déranger encore mais Wookies était vraiment la seule personne avec qui il pouvait parler aussi librement.

WookiesFirst : Je te reproche pas d’avoir eu peur, ça, c’est normal mais il faut que tu lui parles. Sinon, comment tu veux qu’il comprenne ?

Argentik : Je sais.

WookiesFirst : On est d’accord qu’il n’a rien fait de mal, n’est-ce pas ?

Argentik : Non, il n’a rien fait. C’est moi qui ai mal réagi.

WookiesFirst : Tu n’as pas mal réagi, Argentik. Et tu dois arrêter de prendre sur toi. Donne-lui les clés pour qu’il te comprenne.

Gwen avait lu entre les lignes la plupart du temps et Clément n’avait pas fait l’effort pour partager plus. Mais Gwen n’était pas un super héros ou un devin.

WookiesFirst : Et avant de te penser atteint de tous les virus du monde, tu vas aller voir ton labo et leur dire que leur site merde, ok ?

Argentik : Oui.

WookiesFirst : On dit, oui, chef suprême et adoré.

Argentik : Le même chef suprême et adoré qui a été le premier à mourir vaillamment lors de notre dernière partie.

WookiesFirst : J’ai été lâchement attaqué.

Il y eut un petit smiley coquin de la part de Wookies et Clément eut un petit rire. Son compagnon avait trouvé une tactique infaillible pour le distraire de ses parties de jeu. La dernière fois, il y avait eu un « !sost,dfx » sur le chat, des bruits équivoques dans le vocal qui fut rapidement coupé et des mouvements erratiques du personnage. Ce dernier avait fini par se jeter tout seul dans un torrent de lave au grand désarroi de quelques joueurs. Autant dire que leur chef avait été hué lorsqu’il s’était reconnecté bien plus tard au jeu et avait été accueilli par des « jouer ou jouir, il faut choisir ».

Les plus jeunes s’en étaient même donné à cœur joie.

WookiesFirst : Tu as beaucoup d’inquiétude pour ton test ?

Clément soupira et avoua ce qu’il n’avait dit à personne.

Argentik : Il m’a trompé. Et sans protection.

WookiesFirst : Le salaud. Ok, je vois.

Argentik : Ouais, moi aussi, j’ai vu malheureusement.

C’était juste impressionnant comme il pouvait se confier entièrement à cet homme.

WookiesFirst : Parle de ce qui t’angoisse à ton mec bien, Argentik. Peut-être qu’il comprendra.

Argentik : Et s’il ne comprend pas.

WookiesFirst : Alors, c’est que c’était pas un mec bien.

Clément n’avait aucun doute sur le fait que Gwen l’était. Il avait besoin d’y croire d’ailleurs. Mais au fond de lui, il avait peur de se rendre compte que c’était trop beau pour être vrai et qu’il ne méritait pas un homme comme Gwen.

Et qu’il n’y avait plus d’avenir pour lui.

Toute la semaine, Gwen admira à quel point Clément arrivait à donner le change au travail, à faire comme si de rien n'était. Pas étonnant que Francky et Karima aient eu du mal à deviner ce qu'il vivait. Clément donnait parfaitement le change. Il rit à ses quelques erreurs d’inattention et fut aussi gentil et patient que d’habitude.

Mais dès qu'ils passaient le seuil de la maison, c'était comme si Gwen faisait exploser toute la souffrance de Clément d'un coup. Ils arrivaient à se parler, à peine et Clément commença à passer son temps sur le crépi du mur de la terrasse, l'enlevant des pierres jusqu'à ce que la luminosité manque, rejetant l’aide de Gwen.

Le vendredi soir, Gwen n'en put plus. Il avait déconné, il le savait et s'il ne se surveillait pas, il allait recommencer. Il voulait attraper Clément et l'embrasser, le serrer contre lui jusqu'à que... que quoi ? Qu’il en meurt de peur ? Parce que l’idée que Clément s’aperçoive qu’il pouvait aimer Gwen alors que ce dernier le terrorisait était un peu ubuesque. Clément pouvait-il seulement ressentir quelque chose après ce qu'il avait vécu ? Gwen lui-même avait préféré ignorer ce qu'il en était vraiment. Même dans sa tête il n'avait pas mis de mot, le mot sur ce que connard avait pu faire. Mais il le savait, il avait compris depuis un moment.

« Ne t'implique pas trop. »

Jelani avait raison. C'était suffisamment rare pour le souligner, son abruti de pote avait raison. Jé était toujours doté d'un sixième sens dans ces cas-là. Gwen jeta quelques vêtements sur son lit puis passa dans la salle de bains attenante et remplit sa trousse de toilette du minimum.
Gwen revint dans sa chambre et attrapa son vieux sac à dos, il y jeta ses affaires en vrac.

Il espérait juste maintenant qu’il y ait quelqu’un pour l’accueillir pour le week-end, et surtout que son épave n’allait pas rendre l’âme pendant le trajet. Il pianota sur son téléphone, et Laurie lui répondit tout de suite. Il en fut presque ému. Les mots de sa meilleure amie étaient laconiques, presque télégraphiques. Mais ils suffisaient.

Laurie : On t’attend. Comme toujours.

Vendredi soir, Yves appela Clément et Francky dans son bureau dès qu'ils furent rentrés. Ça devenait une habitude les convocations avant le week-end de la part de son patron, et vu la dernière, Clément redoutait de renouveler l'expérience. Et Yves en plus, qui pensait qu'il était avec Gwen ! Ce n'était même pas risible, c'était ridicule de penser qu'un homme aussi assumé que Gwen puisse vouloir perdre son temps avec Clément. Il referma la porte du bureau avec réluctance.

« Bon les gars, désolé de prévenir au dernier moment mais j'ai une demande de prêt de main d’œuvre. Et comme c'est des clients réguliers, je ne peux pas dire non. J'ai besoin d'un de vous dès lundi à A… pour un remplacement sur la semaine comme chef d’équipe. »

Clément se détendit, c’était une bonne nouvelle pour la boîte. Thierry n'avait pas réussi à distiller son venin de partout ou les gens se fichaient bien des rumeurs. Il espérait que ce soit la deuxième solution.

« Je peux y aller, Clément a sans doute des choses à faire..., sourit Francky. Des travaux dans sa maison, je veux dire. »

Yves fusilla du regard son vieil employé mais un mince sourire courait sur ses lèvres. Clément soupira. Pourquoi tout le monde trouvait-il évident que Gwen et lui puissent... Même Karima lui avait soufflé qu’il regardait bien trop Gwen pour que ce soit honnête. Évidemment qu’il regardait Gwen, il ne pouvait pas s’en empêcher. Et chaque regard lui faisait mal. Et en plus, il pensait à ses résultats de tests… Il avait besoin d’air, de respirer, ou de ne pas penser. Juste quelques jours.

« Je peux y aller, coupa Clément.

— Arrête gamin, j’y vais. Ça me dérange pas.

— J'ai besoin de fonds pour mes… travaux. »

Francky laissa la place de bonne grâce. L'affaire fut réglée en quelques minutes et Clément missionné à plus de trois heures de route, logé sur place.

Clément avait certes besoin d’argent pour entreprendre les travaux les plus onéreux, tel que la cuisine, mais il avait surtout besoin s'échapper. Durant un très court laps de temps, dans les bras de Gwen, il s'était senti libéré de l'emprise de Thierry. Et puis tout lui était retombé dessus de façon idiote. Il avait paniqué. Il se détestait de ressentir tout ça mais plus que tout, il détestait Thierry. Enfin, il n’y avait plus rien d’autre qu’une profonde haine et une envie d’oubli. Il ne lui trouvait plus d’excuses, c’était fini. Il se sentait mieux grâce à la discussion avec Wookies mais peinait encore à parler à Gwen.

Gwen n'avait rien fait de grave, juste chahuter, le basculer sous lui et l'embrasser. Jouer de sa force pour le plaisir de sentir le corps de l’autre contre soi, avoir le plaisir de céder ou que l’autre cède. Thierry en avait fait un jeu de pouvoir, une menace diffuse. Clément ne pouvait plus voir ce jeu aussi innocent que Gwen le voyait. Thierry imposait et le faisait céder par des mots, par des gestes, que Clément le veuille ou non…

À petits coups réguliers, il détachait le crépi du mur. Il aurait pu gagner du temps et utiliser un marteau-perforateur. Mais à cette heure, il craignait le tapage nocturne, ce n’était pas l’engin le plus discret du monde. Alors, muni de son burin, il entaillait la matière, se perdant dans le flot du mouvement. Taper, décaler, recommencer. C’était d’un oubli le plus complet. Tant et si bien qu’il n’entendit pas Gwen se placer juste à côté de lui. Il sursauta, sentant sa présence.

« Je pars, dit Gwen.

— Tu pars ? répéta Clément, n’osant pas comprendre. »

Tiens, on pouvait mettre de la douleur sur la douleur, pensa-t-il. Comme de griffer une plaie déjà à vif.

« Pour le week-end, précisa Gwen. Je… On a besoin d’air tous les deux.

— Oh… Ok. »

Gwen hésita à peine un instant.

« Je sais que t’es pas prêt, j’aurais voulu arriver plus tard dans ta vie… »

Le brun secoua la tête.

« Non, j’aurais voulu arriver y’a dix ans, avant lui… Mais désolé, j’étais occupé à des trucs inutiles. »

Gwen se rapprocha imperceptiblement.

« Comme l’entrée au collègue, tout ça…, ajouta-t-il avec un sourire. »

Clément y réagit par mimétisme et se pinça les lèvres pour ne pas sourire. Quel salopiaud, pensa-t-il.

« Quoi ? Pas de petit con ? Je le mérite grave, pourtant là.

— Pourquoi ? Ça t’excite ? rétorqua Clément. »

Gwen sourit et s’approcha encore.

« Échauffe-moi cette langue avant de l’utiliser, conseilla-t-il. Ça sonnait moins pervers avant de le dire, je te le garantis. »

Gwen soupira.

« Je vais passer le week-end chez Nin et Laurie, mes amies, te laisser un peu d’air. Mais je voulais te dire une chose avant de partir. »

Gwen prit une inspiration.

« Je t’aime, Clément. »

Clément laissa tomber ses outils sur le sol et se tourna, sous le choc. Gwen se félicita d’au moins obtenir une réaction. Il avait déjà dit ces trois mots, sans jamais les ressentir complètement, en réponse aux mêmes mots. Là, ça eut une saveur particulière de les dire, un peu amère en fait, compensée par une sensation douce à l’intérieur de sa poitrine.

« On m’a fait croire que l’amour, c’était un truc qui me tomberait dessus quand je m’y attendrais pas, que c’était incontrôlable, incontrôlé, continua le brun. Mais c’est faux. Je choisis. Je choisis de tomber amoureux de toi parce que je n’envisage personne d’autre que toi. Parce que tu es un homme gentil, doux, intelligent…

— Hum, hum, fit Clément, pas convaincu.

— Comparé à moi, ça fait aucun doute. Et malgré le fait que tu n’en crois pas un mot, je te trouve particulièrement… »

À nouveau, Gwen reprit son souffle. C’était au-delà de tout ce qu’il avait expérimenté jusque-là. Voilà qu’à trente-quatre ans, après la moitié de sa vie à appeler un chat un chat et surtout une bite une bite, il expérimentait la retenue. Et quand on en manquait singulièrement comme lui, on partait avec un sacré handicap tout de même.

« Particulièrement ? répéta Clément, ses grands yeux gris totalement innocents. »

Mais comment un gars de quarante-cinq piges pouvait avoir ces yeux là, bordel ?

Attirant, pensa Gwen mais une voix dans sa tête émit un petit rire et lui souffla.

« Attirant ? T’es sûr que c’est pas foutrement bandant le mot que tu cherches ? Tu es en train de penser à le déshabiller dans la seconde si un de ses petits yeux innocents te fait un clin d’œil un peu équivoque. »

Gwen gémit. Ça y est, il était vraiment poursuivi par le fantôme d’un poster maudit. Connaissant sa cousine, elle devait y avoir emmagasiné une sacrée quantité d’énergie démoniaque.

« Gwen ?

— Attirant, se résigna le brun. »

Il tendit la main et effleura les doigts de Clément avant de les emprisonner des siens.

« Je suis sale, murmura Clément en baissant les yeux sur ses mains couvertes de particules de ciment. »

Bizarrement, ce n’était pas la souillure sur ses doigts et ses vêtements à laquelle il pensait mais une autre, plus pernicieuse.

« Je m’en fous, balaya Gwen en le tirant tout doucement plus près de lui. Et toi, Clém, je sais qu’il se passe quelque chose en toi quand tu me regardes… mais quoi ? Et laisse Elsa où elle est par pitié. »

Clément baissa à nouveau les yeux. Puis les leva et contempla le brun. Il repensa à ce qu’il s’était passé dans sa tête, dans son corps quelques jours auparavant quand il avait pensé à Gwen, qu’il l’avait imaginé nu, à la façon dont il s’était touché… Il rougit et fut extrêmement gêné quand Gwen comprit et qu’il se mit à sourire d’un air satisfait.

« Ah oui, à ce point ? ricana le brun. Tout n’est pas perdu alors. Moi qui pensais que le dieu de la luxure m’avait renié comme adepte.

— Je ne demande pas d’explication ? fit Clément.

— Non, vaut mieux pas. Encore un de ces trucs bizarres dans ma tête.

— Tu vas faire quoi ? Ce week-end ?

— Pas des folies de mon corps si c'est ça qui t'inquiète. »

Clément eut un petit sourire, il n'en était pas à s'inquiéter de ça, pas du tout même. L’idée de Gwen avec un homme le... bon, il en était à s'inquiéter de ça en fait. Gwen se mit à rire de son air.

« Jaloux ?

— Trop vieux pour ces conneries, marmonna Clément.

— T'es pas vieux, Clém. »

Gwen eut un sourire qui disait qu’il allait dire une vacherie, qu’il le savait et qu’il allait le faire quand même, pour le plaisir.

« T'es vintage.

— Petit con !

— Ah quand même ! J'ai cru que tu me le dirais jamais. À lundi, Clém ! »

Gwen relâcha la main de Clément. Le châtain sentit le vide, le froid, l’absence et rattrapa la main, surprenant le brun par son mouvement.

« J'ai accepté une mission à A.., avoua clément. Pour la semaine. Je pars dimanche soir.

— Tu voulais me fuir, constata Gwen avec une moue attristée.

— Désolé. »

Gwen serra sa main, pensant que Clément avait intérêt à s’entraîner parce qu’il n’avait pas l’intention de le laisser s’échapper. Pas alors qu’il venait de comprendre qu’il avait un effet certain sur lui.

« Ok... j'ai tout fait trop vite, c'est ça ? Je suis un peu spécialiste en la matière. »

Et encore, il se contrôlait. Il était même à son maximum. Parce qu’il pourrait le plaquer, là, maintenant sur le mur de la terrasse s’il se relâchait d’un brin. C’était frustrant cette interdiction de plaquer.

« Avec moi tu pourrais avancer à la lenteur d’un… d’un…

— D’un octogénaire sur un monocycle ? suggéra Gwen. Mauvaise exemple, ça tombe ces bêtes-là, ça avance pas. »

Clément rit puis secoua la tête.

« Ma réaction…, commença Clément. C’est… C’était pas contre toi. »

Le plus âgé regarda leurs mains entrelacées. Il n’y arriverait pas. Dire, expliquer…

« Je sais, dit le brun.

— Tu perds ton temps, Gwen.

— Et ben, c'est mon temps et si j'ai envie de le perdre, je fais bien ce que je veux. Mais je suis loin de penser que ça, c’est une perte de temps. »

Et Gwen se pencha pour effleurer les lèvres de Clément et se recula. Ce dernier monta sa main et l’accrocha à la taille du brun, rompant la légère distance qu’il restait entre eux et l’embrassa à son tour. Cette fois encore, Gwen le laissa prendre le temps, choisir le rythme. Ce fut doux, délicieux et ça demanda tout le self-control que possédait Gwen pour ne pas céder à l’envie de pousser Clément contre le mur.

Bonsoir, bonsoir,

Aaahhh... Ça fait du bien. Oui, je suis pas complètement sadique, je fais pas traîner quand les situations sont grrrrr...

Alors, oui, y'a encore pas mal de chemin à faire. Et des obstacles à surmonter mais, ça va le faire.

A bientôt.

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