Chapitre vingt-six

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Gwen ronflait et pesait son poids. Clément n’osa pas imaginer l’état de son dos le lendemain, pas plus qu’il n’osa bouger. Il tendit la main et réussit à attraper son téléphone posé sur la table basse. Une chance que Gwen ait trouvé une parade pour installer l’application de discussion sur son téléphone antique. Il appuya sur la petite icone, doutant de trouver encore du monde à cette heure.

Mais c’était le week-end et il y avait encore quelques veilleurs, dont l’administrateur. Et comme à leurs habitudes, ils migrèrent dans un canal privé pour discuter.

WookiesFirst : Encore une insomnie ?

Argentik : En quelque sorte, enfin, une insomnie d’un autre genre. Et toi, un raid ?

WookiesFirst : Une soirée mouvementée dans la vraie vie. Et un poil vexante aussi.

Argentik : Raconte.

WookiesFirst : Il parait que je passe trop de temps le cul vissé sur une chaise et je commence à manquer d’endurance pour… certaines choses. Du coup, j’ai dû prouver que non. Et je vais t’avouer un truc que je ne répèterai que sous la torture : il m’a tué.

Wookies envoya un petit bonhomme en larmes. Clément rit, tentant de ne pas s’agiter pour ne pas réveiller Gwen. Ce n’était pas la première fois que Wookies se plaignait de l’insatiabilité de son compagnon. Et en même temps, à chaque fois, ça avait l’air de l’enchanter de constater que loin de s’éteindre avec le temps qui passe, leur relation continuait de s’enflammer.

Sentant Gwen respirer contre lui, il se dit qu’un jour, peut-être que lui aussi ressentirait ça. Ressentir à nouveau du plaisir lors d’un rapport lui paraissait du domaine de l’inconcevable. Ne plus éprouver de la peur pourrait déjà être un début.

WookiesFirst : Toi raconte maintenant.

Argentik : Pour faire au plus court, j’ai un gars en train de ronfler comme un bienheureux sur mon torse. Et je crois que c’est un de ces mecs biens dont tu parlais.

Wookies répondit d’un smiley qui riait aux larmes.

WookiesFirst : Bravo ! Et s’il dort sur toi, j’en déduis que…

Argentik : Non. On en est loin.

WookiesFirst : Hum… Tu veux en parler ?

Argentik : Pourquoi je suis incapable de parler dans la vraie vie et que toi tu es au courant de tout ?

WookiesFirst : Moi, t’as pas l'impression que je sois bien réel, je suis peut-être juste une voix dans ta tête.

Clément réagit d'un sourire puis il se sentit subitement pris dans un trou d'air, subissant une dépression, son cœur l'entraînant très bas, très vite.

Argentik : Je préfère que tu ne sois pas réel, les personnes réelles finissent par me faire du mal.

WookiesFirst : Oh mec non...

Clément caressa les chevaux de Gwen et respira son odeur. Il sentait une fragrance exotique prononcée, comme un biscuit presque, mélangée au parfum de la crème pour soulager les contusions. Gwen était réel et ça lui faisait peur.

WookiesFirst : Laisse une chance à ce gars bien Argentik. Il t'a donné des raisons de douter ?

Clément pensa à l'étreinte que Gwen avait donnée à Issun fugitivement. Puis après, il pensa aux baisers, tous justifiés étrangement jusqu’à ce soir quand Gwen avait dit qu’il lui plaisait. Il l’avait dit, mais Clément avait encore du mal à y croire. Après Thierry, il n’était pas sûr que plaire à Gwen suffisait pour le tirer de la noirceur où il s’était enfoncé.

Argentik : Non, au contraire, il essaye.

WookiesFirst : Et toi ? Tu lui en as envoyé des indications pour bien faire ?

Clément remarqua à nouveau comme Wookies pointait avec habileté les problèmes d'une phrase sibylline. Il se demandait comment il était dans la vraie vie, s’il était aussi patient, à l’écoute.

Wookies avait raison, il n’avait fait que réagir à Gwen. Et malgré tous les efforts du brun, il n’avait pas fait de pas vers lui, il ne lui avait rien donné.

Argentik : Non, enfin. Peut-être. C'est compliqué.

WookiesFirst : À cause de ce que tu as vécu ?

Argentik : À cause de ce que je suis.

Clément sentit l'aigreur remonter le long de son œsophage.

WookiesFirst : Quoi, un mec sympa ? C'est affreux en effet.

Argentik : Tu ne me vois pas mais je suis loin d'être bien intéressant et il est... il est beau à sa manière, envoutant.

WookiesFirst : Et tu dois l'être aussi à la tienne à ses yeux. Tu sais, j'ai passé des années à refuser mon reflet dans le miroir, à me dire que jamais personne ne pourrait m'aimer à cause de ça.

Argentik : Désolé, je ne voulais pas réveiller des mauvais souvenirs.

WookiesFirst : C'est à la fois des bons et des mauvais. Des bons parce qu’il était là quoiqu'il arrive, des mauvais parce que je peux être un sacré con. Pose-toi juste là question, il est là ton mec bien ? Aux bons et aux mauvais moments ?

Clément n'eut pas besoin de réfléchir. Oui Gwen était là, depuis peu, certes, mais il avait partagé tous les moments quels qu'ils soient. La balance penchait actuellement plus vers le mauvais pour l'instant. Clément glissa sa main sur la joue puis le cou, le caressant et remontant la couverture au léger frisson de Gwen. Ce dernier se colla un peu plus à lui, passant la jambe par-dessus les siennes.

Argentik : Il est là.

WookiesFirst : Alors profite.

Il voulait profiter, vraiment. Mais il n’était pas sûr de répondre à nouveau positivement à l’étreinte d’un homme.

Argentik : Je vais essayer, c’est compliqué.

WookiesFirst : Je sais que ça l’est, même si je ne sais pas ce que tu ressens. Je suis tellement désolé pour toi, mon pote, tellement. Je m’en veux de pas t’avoir aidé, de pas…

Argentik : Tu l’as fait. C’est grâce à toi si j’ai… compris.

WookiesFirst : Je vais te donner le conseil de mon meilleur pote, celui qui réfléchit. Ne le repousse pas parce que tu as peur. La peur sera toujours là mais lui risquerait de ne plus l’être. C’est ça que tu veux ?

Argentik : Non, c’est sûr, je vais plutôt attendre qu’il s’enfuit de lui-même.

WookiesFirst : Et dans ce cas, il ratera un super mec.

Clément baissa les yeux et laissa courir ses lèvres sur le front de Gwen. Il était beaucoup moins intimidant endormi. Mais toujours aussi beau. Peut-être même plus. Il était silencieux au moins. Cela fit rire Clément et il se retint encore de s’agiter.

Argentik : Merci.

WookiesFirst : De rien. Bonne nuit. Je vais essayer de me mettre au lit sans réveiller le monstre qui y dort sinon je pense être reparti pour un tour.

Clément rit.

Argentik : Je vais compatir. Mais pas trop non plus. Bonne nuit.

Gwen étouffa un bâillement et replongea le nez dans sa deuxième tasse de café de la matinée. Elle était infecte, il n’aurait pas dû la prendre, il le savait pourtant que le café de ses machines avait une tendance jus de chaussettes ascendance serpillière essorée. Mais il était tellement fatigué qu’il n’avait pas pensé que ça puisse être une mauvaise idée. Clément n’était pas du tout assez moelleux pour dormir dessus. Gwen allait rajouter du gras à sa cuisine, parce que le gras, si ce n’est pas la vie, au moins, c’est confortable. En plus, il s’était réveillé avec l’œil encore plus gonflé que la veille comme il l’avait prévu.

Bon, au moins, il se déplaçait sans mal, ce qui n’était pas le cas de Clément qui se massait régulièrement les cervicales ou les lombaires. En même temps, dormir avec un gros bébé de soixante-dix kilos sur les bras ne devait pas être un exercice conseillé par les kinés. Gwen avait envie à la fois de l’engueuler de ne pas l’avoir réveillé et envie de l’embrasser.

Bon, ça aurait aidé s’ils ne s’étaient pas levés tôt pour se rendre chez le doc de garde puis à la gendarmerie ce matin pour y déposer plainte. L’avantage, c’est que la tête de Gwen avait semblé faire effet sur le gendarme de service qui n’avait pas rechigné à prendre la plainte un dimanche matin. Par contre, il avait dû insister pour que le gendarme prenne en compte le caractère homophobe de son agression. Avec Liam dans la partie, Gwen savait ce qu’il devait dire et ne céda pas là-dessus.

Il regarda le gendarme finir de taper sur son ordinateur pour enregistrer la plainte. Gwen n’avait pas pris le temps de regarder les adresses que Liam et Jé lui avaient envoyées dans la région. Il n’en avait finalement pas eu besoin. Il aurait bien voulu réussir à les donner à Clément pour l'inciter à faire quelque chose vis-à-vis de son ex.

Clément attendait à l’accueil. Gwen ne pouvant pas conduire, il avait fait office de taxi. Il regardait l’endroit par coups d’œil discrets. Il ne voulait surtout pas montrer que des affiches l’interpellaient. Une surtout.

Dans mon couple, je subis des insultes, des menaces, des coups. Je peux être protégé(e), aidé(e). Je peux porter plainte.

La plupart des autres affiches étaient à destination des femmes victimes de violences conjugales et celle-ci était la seule à laisser entendre qu’un homme pouvait en être victime. Quelques parenthèses lui donnaient l’impression que ce qu’il avait vécu existait.

Il jeta un œil au gendarme à l’accueil et se leva pour aller jusqu’aux dépliants présents sur un éventaire. Le petit logo arc-en-ciel attira son regard et il se sentit enfin pris en considération. Il le prit, le plia et le glissa dans la poche arrière de son jean.

« Clém ? »

Le châtain sursauta et se tourna.

« Tu as fini ? demanda-t-il. »

Gwen passa la main dans ses cheveux et s’approcha. Il eut lui-aussi un regard pour les affiches.

« Tu veux discuter avec un gendarme, voir s’il peut…, commença Gwen.

— Non.

— Clém…, gronda presque Gwen.

— C’est bon, c’est fini. Je veux plus y penser. »

Et pourtant, il ne faisait que ça.

Il y eut trois petits coups sur la porte avant qu’elle ne soit poussée.

« Clém ? On entre ! »

Clément eut un sourire figé en entendant la voix d’Étienne. Gwen n’arrivait pas à comprendre la relation entre les deux frères. Ils avaient l’air de camper chacun sur une position éloignée et de ne pas savoir comment faire autrement.

« Ton frère a les clefs ? demanda Gwen en baillant tout ce qu’il pouvait.

— Oui, dit Clément en se levant et en se dirigeant vers la porte d’entrée, par contre, je ne sais pas qui est on.

On est un con, ricana Gwen.

On te conseille d’être poli, jeune homme, le toisa une petite femme brune d’une quarantaine d’années en passant la porte. Parce que j’ai des chouquettes ! Et que j’hésiterai pas à faire feu avec. Mais ce serait dommage. »

Elle eut un sourire et Clément resta presque bête. Il fixa son frère. Ce dernier referma tranquillement la porte d’entrée derrière lui et vint effleurer la main de la femme de la sienne. Bien sûr, Étienne, muni de son tact légendaire ne pouvait pas faire les choses comme tout le monde. D’abord, informer d’un petit coup de fil qu’il avait quelqu’un dans sa vie. Puis, rajouter au détour de la conversation son prénom, et enfin planifier une rencontre officielle. Non, bien sûr que non.

En même temps, pour ça, il faudrait qu’il voit son frère un peu plus souvent que tous les trois mois ou qu’il n’aille pas chez lui uniquement en cas de problème. Ou encore pour récupérer un collègue en détresse. Si le terme collègue s'appliquait encore à Gwen depuis la veille. Il ne savait pas qu’Étienne avait quelqu’un dans sa vie. Il ne connaissait pas les gens avec qui son frère passait la majorité de son temps, ses amis si proches qu’ils formaient une famille. Il ne savait rien de la vie de son frère.

« Elle a proposé et je me suis dit que ça t’éviterait de me ramener, commença Étienne.

—Et on aime l’inattendu, ajouta la femme. Je suis Christen, Chris, ravie de te rencontrer enfin, Clément. »

Reconnaissant sans doute immédiatement la similitude entre les deux hommes, elle s’approcha de lui et se haussa sur la pointe des pieds pour échanger une bise, puis Christen fit de même avec Gwen qui se présenta avec un sourire. Clément ne pouvait même pas dire qu’il était ravi aussi puisqu’il ignorait son existence encore quelques secondes auparavant. Il ne sut que répondre et laissa le silence s’installer.

« Et on peut apprécier la magnifique loi de la génétique dans cette capacité d’éloquence innée, ricana Chris. Vous foulez pas la langue, les frangins ! »

Gwen se mit à rire.

« Toi aussi, tu aimes écouter le silence ? demanda-t-il.

— Carrément ! Et j’ai en plus une passion pour les gilets en laine, fit Chris. »

Gwen loucha sur le gilet hideux à grosses torsades que portait le frère de Clément.

« Quand on en arrive à aimer ce genre de gilet, c’est pas une passion, c’est une maladie mentale, lâcha Gwen.

—Pour celui qui les met ou celle qui les enlève ? demanda Christen, réprimant un fou-rire.

—Les deux.

—Cool, on aura un prix de groupe à l’asile. »

Gwen se mit à rire et se tourna vers Clément qui n’avait toujours pas dit un mot.

« Je valide ta belle-sœur ! »

Il y eut un petit bruit et tous se tournèrent vers la porte-fenêtre derrière laquelle grattait un chaton assez particulier : un jeune garçon d’une douzaine d’années aux lunettes rondes. Sans doute devait-il être tombé de son balai pour se trouver là.

« Maman, maman, y a un cerisier ! Il a des fleurs ! s’écria le gamin à peine entré.

— C'est un prunier, corrigea Étienne. Mais les prunes ne sont pas bonnes.

— C'est quoi l'intérêt de garder l'arbre ? »

Étienne fixa l'adolescent.

« Même si les fruits sont affreux, l'arbre est très, très joli, répondit-il.

— Maman, il a recommencé ! piailla le gamin. Il fait des doubles sens.

— J'ai rien entendu, fit Chris, se retenant de sourire. T'as fait ça ?

— Pas du tout intentionnellement.

— Mouais, fit le gamin, pas dupe. »

Mais le regard que l’adolescent échangea avec Étienne était plutôt amusé et respectueux.

« Clément, Gwen, mon fils, Mathieu, présenta Christen. »

Le gamin tendit la main, voulant faire comme les adultes. Clément sentit les mots disparaître de ses pensées, il se contenta de serrer la petite main et d’incliner la tête pour marquer son intérêt poli.

« Le troisième, précisa Étienne avec un froncement de sourcils.

— Ils s’appellent pas tous Mathieu, j’espère, ironisa Gwen, je veux bien qu’il y ait un manque d’imagination mais tout de même…

— Ah mais pour un aspect pratique, je valide l’idée, pouffa Chris. J’aurais les trois à table en un seul appel.

— On n’a pas de problème à venir à table, dit le gamin. Quand c’est Étienne qui cuisine. »

Chris échangea un regard avec son compagnon.

« Plus d’une décennie de dévouement balayée par des lasagnes. Honteux.

— Et de la tartiflette aussi, maman, n’oublie pas, ajouta Mathieu.

— Comment oublier ? Y’a eu une guerre de déclenchée pour lécher le plat. »

Clément resta interdit devant l'air de son frère cadet. Oh, il pouvait faire genre qu'il était consterné par la présence de trois grands enfants mais Clément devinait qu’Étienne était tout bonnement heureux. Bon sang, ça se voyait ! Pour une fois, une émotion se voyait sur le visage de son frère, et elle était si évidente. Durant quelques secondes, Clément ne comprit pas pourquoi il se sentait en colère. Avant de comprendre que la colère était dirigée contre lui-même. Il avait raté sa vie mais il avait aussi raté la vie de son petit frère. Pourtant, il l’aimait. Du moins l’avait-il toujours cru. Sauf qu’on ne reste pas ainsi en dehors de la vie des autres quand on aime.

Étienne tourna dans le séjour.

« J’aime ce que tu as fait ici, dit-il. C’est beau cette couleur.

— C’est Gwen qui a eu l’idée, informa Clément, prenant enfin la parole.

— Tu as bon goût, dit Étienne en fixant le brun. »

Brusquement, tout ce à quoi pu penser Gwen fut « ah l’enfoiré ! » car Étienne savait, sans aucun doute. Gwen n’avait pas été particulièrement discret dans sa façon de regarder Clément, il était sorti du placard depuis trop longtemps pour y retourner sur un simple claquement de doigts. Et le regard de ce type était observateur, scrutateur. Il lui faisait presque penser à Liam d’ailleurs. En moins pire quand même.

Clément lâcha brusquement :

« Je vais faire du café. »

Il convia Mathieu à le suivre pour voir s’il trouvait une boisson à son goût. Il avait à nouveau cette envie de disparaître qui le tenaillait. Étienne le regardait avec ce qui aurait presque pu s’apparenter à un sourire, comme si son frère ne lui reprochait rien du tout.

Chris tendit la main vers l’œil de Gwen.

« Ça va ?

— On va dire que oui.

— Vous avez eu de la chance, Issun et toi, lui fit-elle remarquer.

— Ouais, je sais. »

Chris se tourna vers Étienne.

« J’espère que Jo et Ethan sont prudents quand ils sortent, ça m’inquiète. Ethan est mon plus grand, Johan est son petit-ami, précisa-t-elle pour Gwen.

— Je vois. »

Gwen n’en revenait pas de l’entourage d’Étienne. Evan et Simon étaient ensemble. Issun parlait librement de sa bisexualité. Comment Clément pouvait-il être si mal à l’aise avec ce frère qui, même s’il n’en avait pas l’air, n’était pas le moins du monde arriéré.

« En général, ton fils et ses amis sortent en groupe, la rassura Étienne, mais je leur en toucherais un mot, qu’ils fassent attention. J’ai déjà dit à Max de faire circuler l’avertissement à l’entrée de sa boite. Et à d’autres bars d’informer leur clientèle. »

Gwen le regarda, étonné de sa réactivité. Étienne leva un sourcil.

« Un commentaire ?

— Non… Enfin, si ! La plupart des gens aurait gueulé l’espace de deux secondes puis seraient passés à autre chose. Toi, tu agis, à ton niveau certes, mais c’est déjà ça. »

Étienne haussa les épaules.

« Tu es en train de le faire rougir, arrête, se moqua Chris. »

Gwen regarda le barman, doutant qu’il puisse rougir.

« Tu me montres l’avancée des travaux ? demanda Étienne. Vous avez fait la chambre du bas aussi, c’est ça ? »

Chris rejoignit son fils et Clément à la cuisine et Gwen entraîna Étienne vers sa chambre.

« Fais pas attention au bordel, dit-il en poussant la porte. »

Étienne le complimenta sur le choix du béton ciré sur les murs. La pièce paraissait moderne mais pas froide. Les yeux noirs du barman détaillèrent l’espace et parurent surpris quelques secondes. Du moins, Gwen interpréta le petit mouvement de sourcil ainsi. Oh bon sang, il était nul à ce genre de jeux.

« Il ne dort pas là si c’est ce que tu te demandes, lâcha Gwen. »

Il fixa le barman qui n’avait pas eu le plus petit mouvement. Les faux-semblants l’emmerdaient à un point pas possible. Et putain, Clément était déjà au plus mal, est-ce qu'il avait vraiment besoin de s'inquiéter de ce que son frère pourrait dire ou penser?

« T’es un enfoiré de première en fait, continua-t-il. Tu sais parfaitement.

— Non. J’avais des doutes, c’est tout.

— Pourquoi tu lui dis pas ? »

Étienne haussa les sourcils sans répondre. Gwen l'aurait baffé sans hésitation s'il n'avait pas l'espoir d'en faire son futur beau-frère.

« Ouais, c’est bon, j’ai l’idée, faut que ça vienne de lui, c’est ça ? ironisa Gwen.

— Je n'ai pas dit ça. Je n’ai jamais su comment me comporter avec les gens mais avec mon frère, c’est encore pire. Je ne sais pas comment lui faire comprendre que je veux qu’il fasse partie de ma vie… J’essaie d’appeler, de le voir et il est toujours en retrait… toujours loin.

— Wow, ça doit être la plus longue phrase de ta vie, non ? Tu pourrais essayer ça, avec Clément. Lui parler, c’est pas complètement con comme idée. Mais je me doute que niveau dialogue, vous êtes pas au point ni l’un, ni l’autre. »

Étienne eut un rictus triste.

« Tu crois que je n’ai pas essayé ? Mais avec lui, ça bloque… comme s’il ne voulait pas de moi dans sa vie… »

Gwen soupira soudainement. Il commençait à comprendre ce qui avait bien pu se passer à cause de l’autre connard, il devinait le processus d’isolement.

« Alors, je me permets juste un conseil, c’est pas le moment d’arrêter d’essayer. »

Bonsoir,

petit postage en coup de vent, j'espère que vous avez aimé.

A bientôt.

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