Chapitre vingt-cinq

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Avant de partir, Clément dut prendre plusieurs inspirations pour se calmer. Il éprouvait une peur diffuse et une énorme colère à l’idée qu’on ait pu faire du mal à Gwen. Agression, Étienne avait laissé le mot sortir avant de tenter d’atténuer son propos face aux questions effrayées de Clément.

Clément connaissait l’incertitude, l’angoisse de ne jamais se sentir en sécurité. Son esprit forma le visage de Gwen, la main tendue, le sourire surtout. Il eut un moment d’effroi à l’idée que quelqu’un ait pu l’effacer sciemment. Il n’avait pas pu maîtriser son inquiétude et ses questions avaient dû paraître suspectes à Étienne. On ne s’affole pas ainsi pour un colocataire, non ?

Sauf que Gwen était bien plus, c’était un ami désormais. Un ami qui avait hanté ses pensées la veille au soir… Clément avait besoin de le voir, maintenant. Il se rendit soudain compte qu’il avait le pied un peu trop appuyé sur l’accélérateur.

Il se força à ralentir et à respecter les limitations de vitesse. Quand il arriva au bar d’Étienne, il poussa la porte en essayant de contrôler les émotions affichées sur son visage. Ses yeux cherchèrent tout de suite la silhouette familière. Dès qu’il croisa son regard, dès que Gwen lui sourit, toute sa tension retomba brusquement.

Clément agit par mimétisme sans s’en rendre compte, souriant également. Il n’eut pas conscience d’Étienne et des autres personnes présentes pendant quelques secondes, ne pouvant lâcher le brun du regard. Il était drôlement amoché. Il mourrait d’envie de prendre Gwen dans ses bras, de le toucher. Cela le surprit d’éprouver si violemment ce désir de contact, de câlin.

Mais avec tous ces regards autour de lui, son esprit lui rappela à quel point c’était malvenu de se comporter ainsi. Il se contenta de saluer tout le monde et de grimacer en regardant Gwen comme si c’était lui qui avait pris les coups.

« Et encore…, commença Gwen.

—J’ai pas vu l’autre, c’est ça ? continua Clément. »

Gwen sourit à la tentative d’humour.

« J’aurais bien voulu mais c’est pas avec mon talent de guitariste que j’allais les étaler, commença-t-il.

— Les faire saigner des oreilles par contre… Désolé. »

Tout le monde éclata de rire. Et les présentations suivirent. Clément fut déstabilisé de voir autant de monde être enchanté de faire sa connaissance, simplement parce qu’il était le frère d’Étienne. Il n’avait jamais pensé que son frère avait une vie aussi remplie d’amis, aussi joyeuse, lui qui ne souriait que les trente et uns de chaque mois. Ces personnes n’étaient pas des clients, ou même des habitués, non, ça se voyait que c’était bien plus. Étienne s’était recréé une famille et Clément n’en faisait pas partie.

Clément se sentit mal à l’aise surtout face à un Étienne complètement flegmatique, qui ne laissait rien voir de ce qu’il pensait. Il voulait ramener Gwen à la maison, c’était tout et ce dernier manifesta le même désir. Heureusement pour eux deux, Étienne fit preuve d’esprit d’organisation et se proposa de ramener la voiture de Gwen le lendemain.

Gwen approuva l’idée, il doutait que son œil ait dégonflé d’ici demain, il semblait même prendre le chemin inverse. Il allait se retrouver avec un œuf – et un d’autruche – à la place de sa paupière au matin. Il posa les clés et les papiers de son épave sur le comptoir et fit un effort conscient pour se rappeler du nom de la rue où il l’avait garée. Il donna le nom de la marque et du modèle et se leva, la fatigue et la douleur lui tombant dessus.

« Merci les gars.

— La prochaine fois que tu veux tester les boites du coin, appelle-moi, dit Issun en lui tendant un papier avec son numéro. Je te ferais entrer sans payer et à une table VIP. Enfin, je t’oblige pas, hein, c’est si tu veux. »

Gwen prit le papier et enlaça son compagnon d’infortune, ne voulant surtout pas qu’Issun se croit responsable.

« On part sur un truc moins douloureux alors. Parce que je t’avoue que c’est pas trop mon kif, ajouta-t-il avec un sourire.

— Ça marche.

— Et merci pour avoir empêché Étienne de m’interroger… ou de m’enfermer dans un sous-sol obscur…, chuchota Gwen.

— C’était pour lui aussi, tu sais, je vois bien qu’il est pas dans son assiette. Et pour continuer dans le dressage de table, j’avais pas envie qu’il mette les pieds dans le plat. »

Gwen jeta un œil à Étienne qui discutait avec Clément. Il aurait bien été en peine de décrypter le visage du frère cadet. Il semblait encore pire que Clément dans le genre.

« Et tu vois ça comment, sérieux ? demanda-t-il toujours à mi-voix.

— Il a enlevé et remis ses lunettes plus d’une dizaine de fois depuis qu’il a appris que tu étais le colocataire de son frère. Colocataire, mon cul, ouais ! »

Issun cligna de l’œil en se reculant mais Gwen lui renvoya juste un regard triste, enfin, un œil triste puisque le deuxième ne voulait pas rester ouvert. La main d’Issun se serra sur son épaule.

« T’inquiète, lâches pas les rames, tu vas y arriver, encouragea le jeune homme. »

Clément regarda l’étreinte et les échanges à voix-basse entre les deux. Puis il jeta un œil à son frère puis aux autres hommes mais il n’y eut aucune réaction. Pire, il vit la main du dénommé Evan glisser sur la cuisse du plus massif, Simon. C’était… c’était un tout petit geste mais si naturel, si doux. Bon, le sourire coquin d’Evan et ce qu’il chuchota à l’oreille de son compagnon suggérèrent un changement de registre. Clément détourna les yeux du couple.

Depuis quand n’avait-il pas manifesté un signe d’affection en public ? Il avait depuis tellement longtemps intégré le fait que Thierry s’y refusait qu’il ne le concevait même plus. Il sentit son corps fléchir intérieurement. Et un simple signe d’affection ? Depuis quand n’en avait-il pas reçu ailleurs que dans un lit, sans but derrière ? Depuis quand n’en avait-il pas donné ?

Il aurait voulu être celui qui serre Gwen dans ses bras. Il ressentait tant de jalousie à voir Gwen serrer Issun contre lui. Mais il ne s’imaginait même pas être réellement à sa place dans les bras du brun.

Il était temps que Clément se confronte à la réalité. Il pouvait commencer par se regarder dans un miroir et écouter le silence pour se rappeler son degré d’éloquence, ça lui donnerait une bonne idée de ce qu’il était. Et ce à quoi il devait se mesurer. Issun était plutôt beau garçon, souriant, pétillant… son opposé.

Clément tomba sur le regard d’Étienne qui le détaillait.

« Donc, c’est ton nouveau collègue ? fit son frère.

— Oui.

— Et ton nouveau colocataire ? »

Clément hocha la tête. Bien sûr qu’Étienne se doutait de quelque chose. Mais étrangement, son jeune frère était capable d’entrer en mode berserk avec les inconnus et à leur balancer leurs quatre vérités sans ciller, mais en famille, ça n’avait jamais été le cas. Cette famille… et cette incapacité à parler... Ils échangèrent encore un regard. Ils n’y arriveraient pas, ni l’un, ni l’autre, ce soir. Ce n’était pas le moment de toute façon.

« À demain alors, et désolé de t’avoir dérangé, lui dit Clément. »

Son frère continua de le scanner de son regard étrange avant de répondre.

« Clém, tu ne me dérangeras jamais. »

Ils se retrouvèrent dans la rue.

« Je suis garé dans la rue d’à côté, indiqua Clément en partant devant.

— Tant mieux, je ne me sentais pas de faire des kilomètres, marmonna Gwen. »

Clément l’attendit, se sentant ridicule. Gwen n’avait fait qu’une accolade à un type qui était au moins aussi amoché que lui. Et il en avait le droit, Clément n’était rien pour lui après tout.

« Je suis au plus près que j’ai pu, commenta-t-il, sentant qu’il le faisait sonner comme une excuse.

— C’était pas une critique, Clém. Merci d’être venu. »

Clément hésita quelques secondes. Puis il ralentit et tendit la main. Gwen fut surpris par le geste mais ne le manifesta pas. Il comprenait ce que son collègue voulait dire, il lui tendait la main lui-aussi, comme Gwen l’avait fait ces derniers jours. Il referma ses doigts sur ceux de Clément et se rapprocha, laissant leurs épaules se frôler.

La main de Clément, malgré les travaux manuels, restait douce, un peu sèche. La colère monta brusquement dans la tête de Gwen. C’était ça qu’on lui reprochait, juste ça, putain. Il en avait marre de ce monde de cons, marre d’être obligé de se justifier, d’expliquer, de raconter comme si c’était une obligation de le faire. Il ne voulait pas être comme tout le monde, non, il voulait juste pouvoir être lui. Et envoyer se faire foutre tous les arriérés et les haineux. Il s’arrêta net et retint Clément.

« Attends Clém. »

Le châtain s’arrêta. Gwen se décala pour lui faire face et il baissa la tête.

« Je vais t’embrasser.

— C’est sympa de me prévenir, ironisa le châtain. »

Gwen s’avança vers Clément et lui glissa tout doucement ses mains autour de la taille, serrant à peine.

« Pourquoi ?

— J’en ai envie, c’est peut-être pour une mauvaise raison mais je m’en fous. Parce que je suis en colère de ce qu’ils m’ont fait, continua Gwen. »

Clément leva la main et traça le contour de la blessure sans toucher la peau puis il descendit et son pouce suivit la cicatrice sur la pommette avant que ses autres doigts se glisse dans son cou. Gwen s’inclina dans la caresse.

« Ça aussi ?

— Ouais. J’en ai marre des cons qui s’acharnent sur mon plus beau profil ! »

Gwen attrapa la main de Clément et y posa un baiser dans la paume.

« Ces gens n’ont aucun droit sur moi et pourtant leur avis est partout, tout le temps... Je sais bien que si je reste dans ma bulle, tout ne va pas si mal, mais parfois, il y a un truc qui éclate et je suis monstrueusement en colère…, soupira Gwen. J’ai juste envie d’être moi et d’embrasser le mec qui me plait.

— Et il est où ?

— Devant moi. Ouais, tu me plais, je pensais que tu l’avais compris… »

Clément leva la tête et captura les lèvres de Gwen à ces mots. Il plaisait à Gwen. Lui, pas Issun. C’était complètement irréel mais il voulait y croire l’espace de cinq petites secondes. Et lui aussi avait eu sa dose de con et même au-delà de ce qu’il pouvait supporter. Gwen gémit, à la fois de plaisir et de dépit. Il attira un peu plus Clément contre lui en agrippant le pull. Le châtain se tendit puis se relaxa. Gwen exprimait verbalement sa colère mais il n’y avait aucun geste la manifestant, rien qui l’inquiétait. On pouvait donc être en colère sans forcément exploser, sans insulte, sans méchanceté gratuite, sans le faire payer à un autre qui n’y était pour rien.

Gwen interrompit le baiser et soupira, sachant qu’il agissait comme un enfant capricieux et exigeant.

« Je veux ta langue, Clém…, murmura-t-il avant de replonger sur la bouche de Clément et de joindre l’acte à la parole. »

Ce fut beaucoup moins calme que leur dernier baiser, Gwen cherchant cette fois à garder la main, sans toutefois vouloir s’imposer. Clément se laissa aller. Il voulait ressentir, éprouver à nouveau ce qu’il ne pouvait saisir qu’en pensant à Gwen, en touchant Gwen… en embrassant Gwen. Ses mains se levèrent pour attraper les mèches d’un noir d’infini et les serrer entre ses doigts.

Gwen se sentait en train de bouillir mais petit à petit, la colère laissa place à autre chose, il la remplaça par le désir, par le plaisir d’embrasser Clément. Faites l’amour, pas la guerre, pensa-t-il. Et ce masque neutre, distant de Clément depuis qu’il était entré dans le bar… il avait envie de le faire tomber. Il sentait que son ami n’était pas calme, il y avait quelque chose qui se fanait dans les yeux gris et il aurait tellement voulu l’empêcher. Mais surtout Gwen voulait Clément, il le voulait dans ses bras, dans son lit, dans sa vie. Il colla ses hanches contre celles de Clément sans y réfléchir. Il avait envie de lui à un point qu’il n’avait jamais ressenti.

Clément s’écarta brusquement et Gwen maudit son manque de retenue.

« Pardon, dit Gwen en le retenant de sa main. C’est un peu parti en vrille. Désolé.

— Ne le sois pas… J’ai aimé. Et ça… ça m’apaise en quelque sorte. »

Gwen se mit à rire.

« J’ai l’impression que c’est tourné comme un compliment, pensé comme un compliment mais ça sonne pas vraiment comme un compliment. Un de mes baisers, mes baisers à moi, qui apaise ? J’ai dû foirer quelque chose.

— Oui, bon, ce n’est peut-être pas seulement apaisant…, reconnut Clément. »

Gwen le réattira dans ses bras et pencha la tête, lui déposant un baiser léger sur les lèvres.

« Tu m’en vois ravi. Et pas seulement ravi d’ailleurs. »

Gwen sentit la tension dans le corps de Clément et le lâcha.

« Je te fais peur ? »

Clément réfléchit quelques secondes avant de simplement hausser les épaules.

Parce que oui, s’il écoutait sa tête, il était terrifié. Mais pas par Gwen, par ce chemin que son esprit voulait lui faire prendre par habitude. Mais ce qu’il ressentait réellement, c’était tout autre chose et ça le soufflait d’une rare émotion.

Gwen attrapa la main de Clément et reprit la marche. Il sut que cette soirée se ferait une place dans sa mémoire, comme un moment qui ne serait jamais complètement heureux, ni complètement malheureux. Son œil le lançait, sa colère n’était pas encore calmée, mais il y avait cette pointe de bonheur qui venait le chatouiller, ce petit truc qui lui disait que cette fois serait différente de toutes les autres. Et ces petits indices qui montraient que Clément était peut-être prêt à envisager plus.

Il savait ce qu’il avait quitté, il découvrait ce qu’il gagnait. Et ça lui plaisait. Il n’aurait pas l’œil en œuf brouillé, il aurait apprécié davantage.

Malgré l’heure très tardive, Clément ne put trouver le sommeil. Alors, comme à son habitude, il enfila des vêtements confortables et descendit l’escalier, tentant vainement de ne pas faire grincer le parquet. Il mit la télé au minimum et s’installa sur le canapé, en s’enroulant dans le plaid posé sur l’accoudoir.

Cette fois-ci, ce n’était pas Thierry qui l’avait gardé éveillé mais Gwen qui tournait dans ses pensées et il devait bien le reconnaître, dans son corps qui lui envoyait bien des signaux.

Gwen semblait bien plus sérieux qu’il ne l’avait cru au départ et il ne comprenait pas pourquoi ce gamin s’attachait à lui de cette façon. Il voulait bien croire que l’amour avait ses raisons mais il n’était pas sûr que ce soit une histoire de sentiments à ce stade, peut-être plus un besoin l’un de l’autre à ce moment précis.

Ce n’était pas mal, tenta-t-il de se convaincre. Sauf qu’il se savait bien plus abîmé qu’il ne le montrait et qu’il avait peur de trop s’accrocher et d’entraîner Gwen, tout lumineux qu’il fut, dans ses ténèbres.

Quelques minutes plus tard, Gwen le rejoignit sans un mot, heurtant la table basse en grommelant, son œil à moitié fermé lui empêchant d’évaluer les distances.

« Insomnie ? demanda Clément.

— Ouais, ça semble bien parti pour. Ou plutôt mal parti, ça dépend si on soutient l’insomnie ou mon teint frais et dispos du matin.

— Tu veux un somnifère ? »

Gwen secoua la tête, elle était à nouveau un peu douloureuse malgré une prise de médicament. Il aurait bien eu une méthode en tête pour dormir mais il doutait qu’elle fut applicable tout de suite.

« Tu me fais une place ? »

Clément se découvrit et laissa Gwen venir s’installer à ses côtés. Puis, il replaça le plaid autour d’eux. Au bout de quelques minutes, le plus jeune se laissa glisser contre Clément et leurs corps entrèrent en contact.

« Merci Clément, chuchota-t-il. »

Le plus âgé hocha la tête sans rien dire. Il n’était pas vraiment doué dans ce rôle-là. Maladroitement, il entoura les épaules de Gwen de son bras et ce dernier se nicha contre sa poitrine, les faisant basculer dans un vautrage qui, s’il était autorisé, devait se situer aux limites de la loi. Clément inspira brusquement et sentit l’air se bloquer dans ses poumons. C’était beaucoup trop de contact, bien trop… Il sentait le poids de Gwen contre lui et c’était… Mais un fou-rire soudain secoua les épaules de Gwen et Clément se détendit.

« Quoi ? murmura-t-il.

— Hum, quand le bail disait usage des pièces communes, je ne savais pas que tu étais inclus dedans, ricana Gwen.

— Petit con, va ! maugréa Clément, reprenant l’expression de Franck.

— Si j’avais su, j’en aurais profité depuis le début ! »

Clément se releva un peu et fixa Gwen, son cœur était en train de s’emballer et sa respiration restait heurtée. Gwen s’appuya sur son coude, lui laissant un peu d’espace. Clément eut de la peine en voyant l’œil fermé sous l’hématome. Encore une fois, il avait du mal à comprendre l’attitude de Gwen, sa façon de chercher le contact. Même s’il avait reconnu que Clément lui plaisait… Mais ce dernier ne lui laissa pas vraiment le temps de réfléchir, il approcha de ses lèvres, cette fois-ci sans prévenir, l’embrassant non plus doucement mais avec une certaine voracité.

Clément eut cette seconde d’hésitation et elle suffit pour laisser son esprit lui souffler un petit vent connu. Clément sentit la liberté l’étreindre et le désir suivre juste après. Il avait le droit de toucher Gwen, d’embrasser Gwen, le droit de vivre après tout.

Gwen se décala et commença par migrer vers son cou et y déposa des baisers avant de se relever, guettant le regard de Clément. À la lumière émise par la télévision, ce dernier baissa regard sur le cou de Gwen. Le tee-shirt, trop large, baillait, laissant entrapercevoir la peau légèrement dorée et le tatouage. Il semblait présenter une forme circulaire qui descendait jusqu’au mamelon.

« Tricheur ! rigola Gwen, comprenant ce qu’il regardait.

— C’est un tatouage tribal ?

— Alors, tu n’es pas loin parce que c’est un peu stylisé mais… non, perdu. J’ai gagné, murmura Gwen.

— Et t’as gagné quoi ? demanda Clément.

— C’est moi qui te déshabille, chuchota Gwen en effleurant les lèvres de Clément à nouveau et en se laissant un peu aller contre lui. »

Gwen mena ses mains à la limite du tee-shirt de Clément et s’arrêta, attendant un signe. Clément ne put répondre, il tenta de réguler sa respiration, de ne rien laisser paraître. Il ne pourrait pas, il n’y arriverait pas, il le savait. Pourtant, jusque-là, aucun des gestes de Gwen n’avait provoqué en lui cette nausée persistante ou ce besoin de se déconnecter de son corps, comme il devait le faire avec Thierry. Il ne voulait d’ailleurs pas le faire, il voulait tout ressentir.

Mais son ventre commençait à se serrer sous l’angoisse sans qu’il ne le veuille.

« Mais je peux aussi patienter, reprit Gwen en s’écartant, enlevant ses mains. Et juste t’embrasser, ou t’embraser… À toi de voir… »

La patience ne faisait pas partie de du paquetage initial de Gwen, à son grand désespoir. C’était juste impressionnant ce qu’il se sentait prêt à faire pour Clément. Il comprenait maintenant quand on lui disait qu’il saurait reconnaître l’effleurement de l’amour quand il se manifesterait. Gwen reprit les lèvres de Clément et l’embrassa sans chercher bien plus. Ce qui était une véritable torture. Il avait déjà envie de le dessaper et de se nicher entre ses cuisses sans attendre. Est-ce que ce désir avait déjà été aussi fort ? Il ne se rappelait pas. Il embrassa à nouveau Clément et son corps frémit tout entier sous la frustration.

Clément ressentit une chair de poule couvrir tout son corps et il dut se faire violence pour s’obliger à étudier ses sensations. Ce n’était pas que de la peur.

« Dis-moi comment tu te sens, Clem ? Quand je t’embrasse ? murmura Gwen, tout contre ses lèvres. »

Clément regarda Gwen et cette fois-ci ne baissa pas les yeux. Il répondit par le premier mot qui passa dans sa tête et qui disait tant. Il ne le ressentait pas encore mais il l’espérait.

« Libéré.

— Quand t’auras fini de faire foirer mes effets, tu me le diras, hein, Elsa ? ricana Gwen.

— Désolé. »

Gwen se décala et se laissa tomber à côté de Clément, légèrement sur lui, calé contre son épaule.

« On va dire que libéré, ça me va. Pour l’instant. »

Gwen déposa un baiser sur la tempe de Clément. Puis il vint poser sa tête sur l’épaule du châtain qui passa sa main dans les cheveux sombres sans dire un mot.

Clément n’était pas très sûr de ce qu’il était en train de se passer. Mais il avait Gwen dans ses bras. Et rien d’horrible ne se produisait. Bien au contraire. C’était quelque chose de bien, de profondément bon.

« Mais quand tu passeras à excité, fais-moi signe, parce que c’était un peu ça l’effet recherché ! ajouta Gwen.

— C’est noté, répondit Clément en esquissant un sourire. »

Il n’osa pas demander où Gwen l’emmenait. Il voulait juste se laisser porter. Et ne pas se dire que ça ne durerait que l’espace d’un instant, tant qu’il plairait à Gwen.

Bonsoir, bonsoir,

aahhh... je sais pas vous, mais pfiou, qu'est-ce qu'ils font du bien ces baisers et ces câlins quand ils arrivent...

voilà, voilà, c'était le ressenti de ce soir... J'espère toujours que ça vous plait. Par ailleurs, l'histoire avance tranquillement, je vise un peu plus de quarante chapitres. Bon, vous savez déjà que je foire la plupart de mes prévisions mais c'est pas grave XD.

Bonne soirée et à samedi !

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