Chapitre vingt-quatre

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Gwen avait commencé par un bar bien noté sur une appli. Mais il déchanta vite, c’était bruyant, le serveur était malpoli et les tarifs prohibitifs. Il n’aima pas non plus la façon dont il fut dévisagé et même plus à plusieurs reprises. Gwen aimait la drague, pas la chasse. Et ouais, il avait quand même besoin du minimum syndical d’approche avant de se sentir bien avec quelqu’un. Il comprenait parfois le ras-le-bol de Nina et Laurie de n’être reléguées qu’à leur sexe dans tout, le boulot, les loisirs, tout…

Il s’arrêta devant un groupe d’amis, les seuls qui ne l’avaient pas calculé. Il les salua et leur demanda s’ils connaissaient une boite sympa. Celle de la dernière fois était correcte mais sans plus. Et il ne pouvait apparemment pas se fier aux notations de son téléphone.

« Qu’est-ce que tu cherches ? demanda un des gars.

— Un truc open, pas prise de tête, répondit Gwen.

— Essaye Le Max, c’est dans le centre-ville. Le club a un crédo : s’amuser oui, importuner, non.

— Ça m’a l’air pas mal. Merci. »

Il tapota sur son téléphone pour trouver l’adresse et un parking non loin. Étrangement, alors qu’il aurait dû être heureux de la soirée qui se profilait, il n’arrivait pas à profiter. Même sur la piste de danse, malgré les corps qui se pressaient autour de lui, il restait toujours cette petite pesanteur qui l’empêchait de s’envoler.

Un mec vint danser près de lui avec un sourire super craquant et il y répondit. Un châtain, bon sang, il commençait à avoir un truc avec les châtains, c’était pas possible ! Mais les yeux étaient noirs avec des longs cils, très envoutants à leur manière. L’homme eut un petit signe de la tête pour l’inviter à boire un verre. Ils se présentèrent mais Gwen ne saisit pas son nom avec le bruit ambiant, ça n’avait rien d’un prénom classique, et il ne redemanda pas. Ils s’éloignèrent du bar avec leurs consos.

« Première fois chez Max ? demanda le mec. »

Gwen hocha la tête.

« T’as pas l’air d’être sorti du placard il y a peu, donc, t’es pas d’ici, c’est ça ?

— C’est ça. Je viens de m’enterrer dans votre cambrousse et ça me déprime. J’avais besoin de voir du monde.

— C’est sûr que sorti de l’agglo, ça peut faire peur ! ricana son interlocuteur. »

Gwen se sentit de plus en plus mal à l’aise de ne pas avoir entendu son nom parce que le mec avait l’air vraiment sympa. Il semblait plus jeune que lui, et son rire était adorable.

« M’en parle pas, la dernière fois, je me suis paumé, y’avait du brouillard, je me suis cru en plein film d’horreur, rit Gwen. Mon tel n’avait plus de batterie. Je m’arrête pour demander mon chemin à un vieux et je comprenais rien à ce qu’il disait !

— Il a dû te coller des mots de patois au milieu. Mon grand-père fait ça quand il veut nous insulter sans qu’on comprenne.

— Ça explique pourquoi j’avais les oreilles qui sifflaient à la fin. Il devait tellement me prendre pour un crétin. »

Le gars se rapprocha de Gwen.

« Je suis pas bilingue, j’ai qu’une langue mais je sais m’en servir si ça te tente.

— Wow, direct !

— Tu es triste, moi aussi. »

Gwen déchiffra le visage, le sourire sincère qui cachait peut-être bien quelque chose d’autre.

« Je pourrais être un psychopathe, ironisa Gwen.

— Oh, la probabilité qu’on le soit tous les deux est assez faible, répondit le châtain en riant.

— T’es super rassurant. »

Gwen agrippa la taille et rapprocha le gars de lui. Il avait l’air d’un mec bien et il était beau à sa manière. Un grand gaillard poussé trop vite, au sourire contagieux. Putain, quelques semaines avant, il aurait dit oui. Avec une petite hésitation sans doute, mais il aurait fini par accorder sa confiance à ce gars et aurait fini dans un lit parce que c’était tentant. Très tentant.

Sauf qu’il avait ses pensées emplies d’un autre. Il ne pouvait effacer Clément ainsi. Ça l’étonnait mais son collègue s’était fait une place là où personne n’avait réussi jusqu’à, sans rien faire, sans rien demander.

Gwen s’éloigna et laissa sa main glisser sur la taille de l’homme et s’en détacher en une caresse, essayant de faire passer ça comme une excuse.

« Désolé, mais…

— T’as un autre en tête, je reconnais cet air. Et un repas, une discussion, ça te dit ? J’ai la dalle. »

Gwen éclata de rire, il avait hésité à s’arrêter manger un truc et finalement avait préféré aller jusqu’au club.

« J’adorerai, mais j’ai pas payé une entrée pour ne pas en profiter. Même si je meurs de faim.

— T’inquiète pas pour ça, le patron est un pote à moi, je nous ferai re-rentrer sans souci. »

Le châtain lui adressa un clin d’œil, heureux de partager sa vie d’habitué des sorties nocturnes et des bons plans. Gwen le suivit à l’extérieur, étonné que le gars persiste à faire sa connaissance malgré son refus de partager plus, et remonta avec lui les rues piétonnes. Il se félicita d’avoir chargé au maximum son téléphone, il n’avait aucun sens de l’orientation dès lors qu’il se laissait guider et préférait savoir où il était au cas où.

Ils s’arrêtèrent devant un fastfood encore ouvert. Une fois entrés et leurs commandes passées, Gwen s’excusa auprès de son nouvel ami.

« Désolé, mais j’ai pas entendu ton nom tout à l’heure.

— Issun. »

Le châtain épela son prénom et ajouta :

« C’est particulier, je sais.

— C’est le nom de l’enfant-pouce dans les contes japonais, l’équivalent de notre Tom Pouce, dit Gwen avec un sourire.

— Oh, mon nom vient bien d’un Tom mais pas de celui-là. »

Gwen haussa les sourcils pour le questionner et Issun agita la main, écartant le sujet.

« On s’en fiche. Dis-moi ton problème.

— Comme ça, tout de suite ? Tu t’embarrasses jamais de préliminaires ou quoi ?

— Ça dépend pour quoi, répondit Issun avec un sourire. Mais trop tard pour toi, je donne pas de deuxième chance. Tu regrettes, hein ? Ça se voit que tu regrettes ! »

Gwen explosa de rire. Le mec était juste trop sympa.

« Bien sûr que je regrette. Ça y est, ton égo revit ?

— Oui, merci pour lui.

— Et sinon, c’est écrit sur mon front que j’ai un problème ? »

Issun secoua la tête.

« Non, c’est juste que j’ai un don pour ça…, fit-il, presque sérieux. »

Le silence se fit quelques instants entre eux. Gwen pensa à Clément et à sa façon de s’enfermer en lui, de s’éloigner de lui. À chaque petit pas en avant, il avait l’impression d’en faire brusquement deux en arrière. Il regarda Issun dont le sourire s’était fané. L’homme se sentit observé et son sourire se ré-afficha.

« T’es pas obligé d’en parler. Si tu préfères, je peux te raconter mes derniers échecs en matière de relation amoureuse. Bon, je te garantis pas que t’aies pas envie de te jeter dans le fleuve à la fin, continua Issun.

— À ce point ? demanda Gwen.

— Disons que je choisis jamais la facilité, alors forcément, ça coince.

— Bienvenu au club des rameurs anonymes. Bonjour, je m’appelle Gwen et j’aime sortir les rames pour choper un gars.

— Bonjour Gwen, répondit Issun sur un ton choral avant d’exploser de rire. »

Finalement, une fois acquis qu’ils étaient tous deux dans une merde noire niveau histoire de cœur, ils dérivèrent sur des sujets moins douloureux. Issun lui parla des coins à visiter absolument, et à la surprise de Gwen, cela compta aussi bien des lieux culturels que ludiques. Gwen lui raconta sa vie d’avant et ses anecdotes et ils se remplirent le ventre de burgers et de frites bien grasses, adorant ça. Pendant un long moment, Gwen oublia Clément. Son collègue ne fut plus qu’une présence vaporeuse à la limite de sa pensée, quelque chose qui à la fois lui réchauffait et lui vrillait le cœur.

« Ok, je suis gavé comme une poule, s’exclama Gwen en repoussant sa chaise et en s’affaissant dessus.

— Je sais pas comment on fait chez toi, mais ici, c’est plutôt les oies qu’on gave, rigola Issun. »

Ils finirent par sortir, Gwen se demandant bien comment il allait pouvoir danser après ce repas, et reprirent la direction du club. À un moment, Issun bifurqua et Gwen, malgré son sens de l’orientation défaillant, ne reconnut pas la rue.

« Je sais, murmura Issun en sortant son téléphone et en pianotant dessus rapidement. Je suppose que t’as ça aussi chez toi ? »

Issun fit un mouvement d’œil vers l’arrière. Gwen ne se tourna pas. Putain, il avait l’impression que ce geste était universel. Jusque-là, pris dans la discussion avec Issun, il n’avait pas prêté attention au bruit puis il perçut les cris, les rires et plus que tout, il capta l’intention derrière. Les mauvais souvenirs revinrent. C’était des rires comme ça qu’il avait entendu avant et juste après que sa pommette ne soit tailladée. Il sentit comme si la douleur était encore présente sur son visage.

« Tiens, ici aussi, vous avez ces espèces de petites merdes homophobes ? souffla Gwen.

— Ouais, et ça prend un peu trop ses aises dernièrement. Désolé.

— De quoi ?

— Des coups que tu vas prendre. Faut espérer que les secours tardent pas trop. »

Gwen n’accéléra, ni ne ralentit le rythme, ayant compris que le but était de gagner du temps. Sa main monta à sa poitrine et il planta ses ongles là où se trouvait son tatouage à travers les vêtements. Il détestait ce qu’il ressentait à ce moment, cette impuissance.

« J’imagine que t’as pas une petite connaissance de karaté, de kung-fu ou d’un autre sport ?

— Du badminton, ça compte ? demanda Gwen. »

Issun ne put s’empêcher de rire. Son rire s’étouffa quand un objet heurta son dos violemment, une chaise en plastique laissée à l’abandon sur le trottoir. Gwen se retourna brusquement pour faire face au groupe et attrapa le bras d’Issun, essayant de le relever.

« Ben alors, les gars, on s’échauffe pas un peu avant ? les interpella Gwen, essayant de paraître assuré alors qu’il ne l’était absolument pas.

— Quoi ? Qu’est-ce tu dis ?

— Vous êtes pas civilisés ici ou quoi ? continua Gwen. D’abord, on se balance des insultes, tu me traites de pédale, je te traite d’enculé, une petite salutation cordiale quoi. »

Gwen compta six gars et s’il ne le montra pas, il sut qu’il ne sortirait pas sans dommage. Trop nombreux.

« C’est toi l’enculé, fils de pute !

— Rho, les gars, un peu d’honnêteté, vous allez pas me dire qu’aucun de vous a jamais essayé son p’tit trou ? Y’a pas de honte à se faire du bien. »

Il choppa le premier regard qui se baissa un peu trop vite.

« Demandez à votre pote-là, il a l’air de connaître et d’aimer ça. »

Gwen désigna un des gars et attendit que les autres suivent son geste du regard. Il tira Issun par le bras et commença à courir. Deux secondes de gagnées, peut-être moins. Issun rapidement, prit le rythme. La rue ne comptait pas de commerces ouverts à cette heure mais du bruit venait d’un peu plus loin et Gwen poussa Issun, espérant ne pas l’emmener dans une impasse.

Gwen sentit des pas résonner sur les pavés bien trop près de lui à son goût. Il ne se retourna pas, dans sa tête, les conseils de Liam se mélangeaient. Il se baissa d’un coup, durcit son corps et le gars qui allait le plaquer, bascula par-dessus lui, allant heurter le sol violemment.

Issun n’eut pas cette chance, deux le jetèrent au sol. Gwen en poussa un mais fut vite dépasser par les autres agresseurs. Alors, il fit ce que Liam lui avait conseillé de faire dans ces cas-là : du bruit. Il hurla tout ce qu’il put. Pas forcément pour faire intervenir du monde mais plus pour que ses agresseurs aient peur que quelqu’un vienne.

Ça n’empêcha pas le premier coup de faire mal, ni le suivant tapant au même endroit, sur son œil gauche, déclenchant tout de suite une douleur atroce. Quand quelques fenêtres s’éclairèrent au-dessus d’eux, il y eut une petite hésitation ce qui leur donna un court répit.

Criant toujours à l’aide, Gwen se roula en boule, espérant qu’Issun avait eu le même réflexe. Il prit encore plusieurs coups, dans ses bras levés principalement. Jusqu’à ce que ça s’arrête alors que des voix s’approchaient.

Il ouvrit les yeux. Un gars blond était près d’Issun et le relevait, pendant que deux autres faisaient face à la bande de couilles molles.

Bon, il aurait clairement pas parié un rond sur leurs sauveurs, il y avait un gars de son gabarit, c’est-à-dire léger, et un autre avec un gilet de laine que même son grand-père aurait refusé de mettre. Bon sang, mais qui portait encore ce genre de truc ?

Il perçut un mouvement derrière lui et une montagne passa à ses côtés. Ou plutôt un ours sorti de sa montagne.

« Faut que tu lèves ton cul de ton bureau, Chewie, tu tiens plus la distance… pour plein de choses d’ailleurs, commença le poids léger d’un ton très taquin.

— Va te faire foutre, Eve.

— Exactement pour ça que je te dis de travailler ton endurance, Simon. »

L’ours fit trois pas en avant, choppa le premier à sa portée par le col et lui fit faire un vol plané de quelques mètres sans même forcer. Le courage n’étant pas la caractéristique des agresseurs, ils s’éloignèrent non sans lâcher des insultes.

Issun grimaça, sa lèvre saignait, et ils échangèrent un regard hébété, comprenant qu’ils venaient d’échapper à bien pire.

« Gwen, je te présente les nobles héros de notre bonne ville. Mon cousin, Yassine. »

Il désigna le gars blond qui était resté auprès de lui, le soutenant.

« Evan. »

Le poids léger hocha la tête.

« Et son Wookiee apprivoisé, Simon. »

Gwen salua le gars un peu hirsute et se tourna vers le dernier homme.

« Et Étienne qui va nous accueillir chez lui et nous préparer un bon anesthésiant bien costaud avec plein d'alcool dedans.

— C’est à voir, ça, répondit le dénommé Étienne.

— Salut, ravi. Plus que ravi même, fit Gwen. Je vous connais pas mais je vous aime déjà. »

Le seul qui ne sourit pas fut le gars châtain au gilet de laine et au visage un peu trop sérieux.

Evan lui tendit la main, Gwen l’attrapa et grimaça en se relevant.

Un sac de glace sur l’œil, Gwen détaillait le bar dans lequel il avait atterri.

« Alors premier contact avec notre belle cité ? lui demanda Evan.

— Ouais, un poil trop percutant. C’était pas noté dans la brochure touristique. »

Le gars rigola. Gwen désigna Simon d’un coup de menton.

« La prochaine fois que je sors, je t'emprunte ton ours. Il est sacrément dissuasif.

— Et sacrément à moi aussi, indiqua Evan avec une pointe de jalousie. »

Ça fit sourire Gwen qui avait perçu tout de suite la dynamique entre ces deux-là.

« T'inquiète pas. Je m'aventure pas sur ton terrain. Me faire casser en deux, ok. Juste pas littéralement. »

Evan explosa de rire. Issun, à côté, se mit à ricaner et le regretta immédiatement en portant la main à sa lèvre.

« Simon c'est un nounours de toute façon, indiqua Issun. Evan en fait ce qu’il veut, n’est-ce pas ?

— Hmm… Je pense plutôt qu’il arrive à me faire croire qu’il fait ce que je veux qu’il fasse.

— Au moins, tout le monde est content dans ce cas, conclut Gwen. »

Il avait rarement accroché aussi vite que ça avec des gens, mais ils lui rappelaient tant ses amis qu’il se laissa aller rapidement. Et en plus, il avait mal à l’œil, il était encore secoué par l’agression et il avait besoin d’un peu de divertissement pour ne pas y penser. Il éloigna la glace, cligna un peu de l’œil, constata que sa vision était à peu près nette.

Simon s'approcha à ce moment, son téléphone à la main. Il venait de passer un petit quart d'heure avec la police au téléphone. Gwen aurait pu lui dire de s'épargner cette peine. Aucune patrouille ne serait envoyée. Ici comme partout ailleurs, les effectifs manquaient, au point parfois de mettre en souffrance les équipes. Il avait la plus grande admiration pour Liam qui tenait encore dans ce boulot de dingue. Mais il voyait bien petit à petit que les exigences politiques qui l'éloignaient du cœur de son métier, le mettait à mal, tout autant que Jelani dans son travail.

« Vous pouvez aller porter plainte quand vous pouvez. Avec un détour par un doc pour constat des blessures. »

Gwen et Issun échangèrent un regard. Globalement ils ne s'en étaient pas si mal tirés. Issun avait la lèvre entaillée, Gwen un coquard. Ils étaient tous deux sans doute couverts de bleus mais rien de grave.

« Ok, finit par dire Gwen. J’irais. Même si ça donnera rien.

— J’irais aussi, j'aime perdre mon temps, dit Issun.

— Moi, j'aime faire monter les stats. Si ça, c'est pas une agression homophobe, je sais pas ce que c'est.

— La connerie humaine, marmonna Étienne.

— Ça va de pair avec l'homophobie, répondit Gwen. »

Le barman lui posa devant le nez un chocolat chaud qu'il n'avait pas commandé. Il déposa son sac de glace et sa main gelée s'appuya sur la tasse avec délice.

« On m’avait vendu un anesthésiant, plaida-t-il. »

Étienne posa une boite de doliprane sur la table et un verre d’eau. Gwen échangea un regard avec Issun. Celui-ci haussa les épaules et sourit.

« Déjà, je t’admire pour avoir tenté, rigola son nouvel ami.

— Tu y vois quelque chose ? demanda le barman. »

Gwen souleva sa paupière.

« Ouais, j’y vois. Enfin, j’y vois quand je tiens mon œil pour l’empêcher de se fermer. Et aie-heu à ce propos.

— Appelle quelqu’un pour venir te chercher, ordonna Étienne. »

Le cerveau de Gwen eut un blanc. Il ne pensa pas à son oncle ou à sa sœur, il ne pensa qu’à Clément. Il avait envie de le voir, d’attraper sa main et de lui dire qu’il comprenait. La peur, l’angoisse, le vide, l’impuissance, il comprenait. Et il avait juste envie que Clément soit là, que Clément le prenne contre lui... Super, la soirée pour se détendre et oublier.

Gwen sortit son téléphone et se figea devant l’écran cassé.

« Ça va être compliqué, commença-t-il.

— Un numéro en mémoire ? demanda Étienne en tirant son portable de sa poche. »

Gwen secoua la tête. Il était même incapable de se souvenir de celui de son oncle et pourtant, ce dernier n’avait pas dû changer de numéro de fixe depuis un quart de siècle.

« Peut-être que mon coloc est dans l’annuaire, dit-il. »

Il donna le nom de famille de Clément et le village. Il y eut un silence dans le bar comme s’il venait de dire une connerie.

« Tu trouves ? demande Gwen en voyant Étienne tapoter sur son téléphone.

— Je ne cherche pas, répondit le barman en portant le téléphone à son oreille. »

Quelques secondes plus tard, Étienne commença la discussion la plus surréaliste que Gwen ait eu l’occasion d’entendre.

« Clém, c’est Étienne. Oui, je me doute que tu ne dors pas, tu dors jamais. Écoute… Je crois que je viens de récupérer un truc à toi. »

Après un échange écourté, Étienne raccrocha.

« Mon frère va venir te chercher, annonça-t-il. »

Gwen détailla cette fois le barman plus attentivement. Au premier abord, il n’aurait jamais deviné le lien de parenté mais à présent, il voyait les petits détails de leur physionomie que les deux hommes avaient en commun. Et leurs différences aussi.

La forme du visage, assez étroite, était relativement similaire mais là où clément laissait pousser sa barbe sur quelques jours, guère plus, Étienne, en entretenait une, soigneusement taillée. Les cheveux d’Étienne étaient plus courts et paraissaient à peine plus foncés. La plus grande différence demeurait dans les yeux presque noirs et pas gris. En restant sur un examen visuel, Gwen aurait donné au frère cadet un caractère peu amène. Mais c’était sans compter sans le sauvetage et les soins qui révélaient une nature similaire à celle de Clément, l’enrobage en moins.

Par contre, il y avait quand même quelque chose de légèrement flippant dans la façon dont le frère de Clément semblait l'analyser, voir le jauger. Gwen ne sut pas s’il avait réussi ce test-là ou pas. Ni ce qu’Étienne savait réellement sur son grand frère...


Bonjour,

Un chapitre entièrement centré sur Gwen et bien sûr, il fallait que je croise un peu. Je sais bien que dans la vie réelle, il n'y aurait pas autant de coïncidence mais bon, c'est mon petit plaisir de faire passer mes autres persos. J'espère que ça vous plait aussi de les voir de temps en temps !

Merci, je vois que j'ai de plus en plus de lecteurs, n'hésitez pas à voter, commenter, je vais plagier une amie en le disant  : c'est important de le faire pour la visibilité des œuvres.

Bon dimanche et à bientôt.

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