Chapitre vingt et un

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Gwen ne voulut pas traumatiser à nouveau Clément en l’invitant dans sa chambre. Il ne savait pas ce qui avait déclenché la peur de ce matin, même s’il en avait maintenant une petite idée, et il ne comptait pas la provoquer à nouveau. Il abandonna bien vite l’idée de diffuser quoi que ce soit sur la vieille télé des parents de Clément. Il se demandait même comment cette antiquité pouvait encore marcher. Alors, il proposa de ramener son ordinateur et de le poser sur la table basse. Il y avait certainement mieux comme salle de ciné mais c’était tout ce qu’il avait en stock.

En allant le chercher dans sa chambre, il se félicita. Il avait eu raison. La pièce était beaucoup plus intimidante à la lumière du jour. Son lit était défait, les draps froissés. Non, il n'avait pas l'habitude de faire son lit au carré le dimanche matin, ni aucun autre jour de la semaine d’ailleurs.

Tant qu’il n’avait pas su que Clément était aussi attiré par les hommes, il savait qu’il restait dans son confortable petit fantasme, sans risque. Là, ça prenait une autre tournure, il pouvait le draguer vraiment sérieusement, il pouvait…

Il pouvait aussi se calmer, le gars venait juste de détruire un lit à la masse et Gwen ne voulait pas imaginer ce qu’il détruisait ainsi, les souvenirs qu’il tentait d’effacer de sa mémoire. Il n’était pas fait pour ça. Il n’avait pas en lui cette caractéristique du sauveur, du guérisseur. Il n’était ni Jé, ni Liam. Lui, il construisait à la limite, il ne sauvait pas, il ne réparait pas.

Mais il aimait tellement ce regard sur lui. Peut-être n’avait-il pas non plus besoin de coucher avec Clément pour profiter de ces beaux yeux, peut-être qu’être un ami, ça pourrait suffire. Encore fallait-il qu’il le pense avec un peu plus de conviction que ça !

Clément apprécia l’attitude de Gwen et s’en voulut en même temps. Pas sûr que le brun avait en tête de passer ses dimanches avec son vieux collègue dépressif quand il avait signé le contrat de location. Il avait toutefois l’impression que rien n’embêtait réellement Gwen et que si jamais un truc le chiffonnait, il le disait, sans arrière-pensée.

Il aurait voulu avoir cette assurance, ne plus réfléchir dix fois avant d’ouvrir la bouche, être… lui tout simplement. Un lui timide et peu sûr de lui, mais qui arrivait quand même à dire certaines choses… si on ne l’interrompait pas.

« Mon lit est plus confortable que ce canapé, dit Gwen en essayant de se contorsionner pour éviter l’endroit où la mousse était devenue tellement fine que le cadre en bois lui rentrait dans le dos. »

Il ne voulait pas laisser entendre à Clément qu’il lui refusait son lit, depuis que ce dernier avait levé le voile sur son homosexualité. Bien au contraire, il était même tout prêt à l’accueillir sous ses draps.

« Tu n’auras pas de miettes dedans au moins. Y’a rien de pire que la nourriture dans le lit, dit Clément avant de se rendre compte que c’était une des petites remarques de Thierry. »

Parce que lui, il s’en fichait. Et d’ailleurs, il aimait que lui et Gwen aient pris parfois l’habitude de se faire des plateaux télé, sans se soucier d’abîmer quoi que ce soit.

« Oh, j’ai fait bien plus salissant que d’amener de la nourriture dans mon lit ! s’esclaffa Gwen. J’ai même parfois du faire les deux à la fois.

— Ah oui, en effet, j’avais eu que la bande-annonce, rit Clément.

— De ?

— Tes blagues pourries. »

Et je ne suis pas près de m’arrêter, pensa Gwen. Parce qu’à chaque fois, il voyait le sourire de Clément. Il avait compris que son collègue cachait la petite imperfection de sa dentition mais quand il explosait de rire, il oubliait de le faire.

Le défaut n’était franchement pas flagrant, c’était juste un morceau minuscule qui manquait. Et bordel, en fait, Gwen trouvait ça hyper sexy. Un peu comme les dents du bonheur qui donnaient un charme fou à certaines personnes.

La perfection, c’est pour les anges, comme disait Jelani, et les anges n’ont pas de sexe. Moi, je préfère baiser, mais chacun ses convictions, rajoutait-il.

« T’étais pas prêt, hein ? ricana Gwen.

— Absolument pas. Allez, lance ta série. »

Au bout de deux épisodes, Gwen surprit le regard du plus âgé, qui parfois se détournait de l’écran pour fixer le vide. Depuis plusieurs minutes déjà, Clément regardait ses mains, frottant son poignet de ses doigts, comme si la douleur y était encore perceptible. Gwen tendit la main et la posa sur l’épaule de Clément. Ce dernier sursauta imperceptiblement et interrompit son mouvement

« Je vais bien, dit-il doucement. »

La main de Gwen glissa le long de son cou et son bras vint reposer autour de ses épaules, l’étreignant avec délicatesse. Clément frémit intérieurement. Mais il ne s’éloigna pas et resta tranquillement dans l’étreinte légère. Il avait eu cette appréhension l’espace d’une seconde. Puis son esprit lui avait dit : C’est Gwen. Et son corps avait enchaîné : Tout est bien.


Le lendemain, tout n’allait pas bien. Avec l’équipe, ils continuaient d’enduire les maisons identiques du lotissement. Clément s’en voulut de son manque de concentration. Il y arrivait d’habitude, il ne se laissait pas tant envahir. Mais la nuit ne lui avait apporté qu’un lot d’angoisse, et de scénarios tous plus horribles les uns que les autres.

Franck finit par le faire descendre de l’échafaudage pour le cantonner au rôle d’observateur et vérifier la régularité de l’enduit. Clément le prit mal mais il ne le dit pas, plaisantant plutôt pour le cacher. Après tout, l’ancienneté primait en général sur le chantier. Et quand Francky était là, c’est lui qui ordonnait. Même s’il ne le faisait que rarement, chacun connaissant ce qu’il avait à faire.

Gwen jeta un regard désolé à Clément et un regard furieux à Francky.

« Il fait son boulot, l’informa Karima.

— Il n’avait pas besoin de l’humilier, rétorqua Gwen.

— Il ne l’a pas fait.

— Mouais. »

Karima eut un sourire.

« Tu l’aimes bien en fait, fit-elle. »

Gwen fit semblant d’ouvrir les yeux de façon interrogative. Il ne savait pas ce que Clément avait dit à l’équipe à propos de sa sexualité. Le nombre de personnes qui taisaient encore leur homosexualité au travail était juste effarante. Il n’avait jamais su « faire des compromis », se cacher, mentir mais il comprenait que d’autres le fassent pour conserver tranquillité et vie privée, pour ne pas voir les questions dans les yeux des autres. Lui-même s’était vu refuser certains boulots, ou avait été souvent le premier à être viré quand il avait fallu écrémer le personnel. Dans ces cas-là, la discrimination est difficile, voire impossible à prouver et pourtant, Gwen ne s’était pas privé de dénoncer le caractère homophobe de certains patrons.

« Clément, reprit Karima. Tu l’aimes bien. Tu râles de son caractère mais tu ne peux t’empêcher de t’y intéresser.

— C’est pas… C’est mon coloc, donc forcément…

— Ne t’excuse pas de t’intéresser à Clément. Il le mérite, c’est un amour. »

Ce qui résumait ce que pensait Gwen la plupart du temps de son collègue. Et qui éclairait la situation. Karima savait parfaitement ce qu’il en était.

Gwen mit un dernier coup de taloche sur le mur pour étaler l’enduit, essayant que ce soit le plus uniforme possible. Puis recula et jeta un œil sur Clément.

Ce dernier hocha la tête lentement pour valider son travail. Gwen resta accroché un peu plus longtemps que nécessaire aux yeux de Clément. Jusqu’à ce que ce dernier détourne la tête, gêné. Gwen aurait adoré se dire que Clément réagissait à lui. Sauf qu’il était sûr qu’il aurait réagi ainsi à tout regard un peu prolongé. Gwen sentait son vertige revenir. Il n’était pas seulement dû au fait de ne pas toucher sol. Quand avait-il déjà ressenti ça ? Pas avec Jé, ni même avec Damien dans l’effervescence de l’adolescence. Jamais, il n’avait encore jamais éprouvé ça. Ses doigts se crispèrent fortement sur le manche de la taloche et il étala à grands coups rageurs l’enduit projeté par Karima.

Clément resta quelques secondes à fixer le sol avant de relever la tête. Gwen étalait à nouveau l’enduit et ne le regardait plus. C’était malsain de souhaiter ainsi se raccrocher à son jeune collègue. Mais c’était la première main qu’il avait pu attraper et il n’arrivait pas à la lâcher. De plus, il semblait que Gwen n’avait pas non plus envie de desserrer les doigts. Qu’est-ce qu’il se passait entre eux exactement ?

Gwen termina son pan de mur et posa son rouleau. Il observa son chef d’œuvre, il ne semblait avoir aucun oubli ou coulure. La chambre commençait à prendre forme.

« Y’a quand même un truc bizarre, commença-t-il. »

Clément se tourna vers lui et attendit.

« Je comprends pas pourquoi à chaque fois que je sors ma guitare, je me retrouve avec un rouleau à la main. »

Clément eut un sourire embarrassé et ne répondit pas.

« Non mais c'est fourbe ça, Clém ! J'y crois pas. Comment veux-tu que je progresse ?

— Désolé.

— Je suis si mauvais que ça ? »

Clément ne le regarda pas directement.

« Non...

— Clém, t'as le droit de dire la vérité.

— Non vraiment, tu es... en progrès. »

Gwen finit par éclater de rire. Ses amis avaient envie de le jeter par la fenêtre à chaque fois qu’il jouait. Il n’y avait que les minis, avec leur sens artistique défaillant, qui aimaient l’écouter. Son public lui manqua tout d’un coup.

« Politicard, va ! dit-il à son ami. »

Clément sourit sans le regarder. En vrai, Gwen arrivait à jouer au mieux trois chansons et chaque changement d'accord se faisait laborieusement. C'était presque drôle, et si on oubliait que l'on possédait des oreilles, la vision de Gwen, concentré sur son instrument.

La sonnette retentit d’un coup impérieux et Clément sentit la gravité tomber sur lui. Il sut immédiatement qui c’était. Il posa son rouleau tout juste rincé en équilibre sur un pot vide.

« Tu attends quelqu’un ? demanda Gwen. »

Clément secoua la tête et sortit de la chambre sans répondre. En vrai, il s’y attendait. Thierry avait dû rentrer de sa conférence et découvrir l’appartement. Il n’allait plus se contenter d’envoyer des mails et d’appeler.

« Reste-là, ne bouge pas, dit-il à Gwen depuis le couloir. »

La sonnette retentit à nouveau. Il ne devait pas le faire attendre. Il ne devait pas empirer la situation. Il avait saccagé la chambre, il n’y avait pas pire.

Qu’est-ce qu’il lui avait pris de faire ça ? Il savait pourtant que Thierry ne laisserait pas passer ça. Son estomac se manifesta, comme lourd, lui provoquant une brusque nausée. Il descendit les escaliers rapidement. Il vit la poignée de porte s’abaisser plusieurs fois. Ses parents n’avaient jamais fermé à clé quand ils étaient là. Personne ne fermait à clé ici. Mais lui l’avait fait sans y penser.

Il prit une grande inspiration et gagna la porte, faisant tourner la clé dans la serrure avant de l’entrebâiller.

Dès qu’il vit Thierry, son petit monde s’écroula. Ce tout petit endroit où il avait cru être en sécurité. Ça avait été tellement vain de penser qu’il pourrait avoir le contrôle de sa vie, avoir du pouvoir sur les choses. Clément baissa la tête, ses épaules se voutèrent et la douleur dans son dos se réveilla.

Thierry poussa la porte et l’ouvrit en grand, montrant son agacement. Clément se sentit soudain obligé de chercher ce qu’il devait faire pour le calmer, pour éviter d’encourir une colère noire. À quoi bon s’opposer de toute façon… Rien de ce qu’il pourrait faire ne changerait les choses. Ni le passé.

Noire… sombre… pas de cette couleur d’infini bleuté. Quelque chose dut briller tout au fond de l’espace, comme une étoile naissante, une lueur car il étendit le bras dans l’embrassure de la porte, bloquant le passage.

« Non ! dit-il brusquement. Non, tu n’entres pas. »

Il trembla intérieurement de ce petit acte de défi. Mais c’était chez lui ici, chez ses parents. Autant Thierry pouvait le rabaisser à lui dire qu’il n’avait jamais été qu’un invité dans l’appartement, autant cette maison était sa maison, son refuge. Il n’y avait pas la possible menace de le jeter dehors du jour au lendemain.

« Quoi ? Tu te fous de moi ? l’invectiva Thierry. Ça fait des semaines que tu me fuis, que tu ne réponds pas au téléphone et hier tu te permets de venir vandaliser mon appart ! Ne nie pas ! Y’a des voisins qui t’ont vu, je sais que c’est toi ! T'as de la chance que je t'ai pas envoyé les flics ! »

Le bras de Clément trembla quand Thierry posa sa main dessus pour l’écarter.

« Non, répéta-t-il d’une voix étranglée. »

Mais malgré ça, il recula d’un pas. Il sentit la présence de Gwen derrière lui, sa main qui vint juste se poser à plat au milieu de son dos, sa main qui semblait dire « je suis là tout va bien ».

« Un problème, Clém ? demanda Gwen. »

Se faisant, le brun regarda le gars qu’il avait en face de lui. C’était peut-être temps de se rappeler cette clé de bras que Liam s’était efforcé de lui enseigner. Il n’avait jamais été bon élève et Liam avait la pédagogie d’un adjudant-chef atteint d’une crise d’urticaire aigüe. Sinon, étrangler ce gars avec sa cravate hors de prix pourrait être une option. Ce n’était pas l’envie qui manquait en voyant l’expression sur le visage de Clément. Ce dernier était terrifié et il tentait de le cacher du mieux qu’il pouvait.

Thierry fixa Gwen avec un mépris non dissimulé pour son apparence et Clément devina instantanément ses pensées. Thierry détestait ces gars qui faisaient trop « pédés » à son goût, ces mecs qui attiraient l’attention. Pourtant, Clément ne trouvait pas que la virilité de Gwen s’effaçait sous son maquillage ou ses bijoux. Bien au contraire. Et en plus, Gwen ne cherchait pas à attirer les regards, Clément l’avait bien compris, il voulait juste être lui-même.

« C'est qui ce clown ? demanda Thierry sèchement.

— Un gars bienvenu dans cette maison au moins, répondit le brun à la place de Clément.

— Sérieusement ? »

Le regard de Thierry s’égara sur la main de Gwen toujours posé sur le dos de Clément.

« Je comprends pourquoi tu répondais pas.

— Ça n'a rien à voir. Gwen est mon collègue. »

Thierry eut son rictus méprisant.

« C’est ça, prends-moi pour un con ! Ça dure depuis longtemps ?

— Arrête, Thierry, tu sais très bien que… »

Thierry se tourna vers Gwen et le toisa.

« Est-ce qu’il arrive à bander avec toi, au moins ? »

Clément se sentit disparaître. C’était tellement humiliant. Et devant Gwen en plus.

« Tais-toi ! s’écria-t-il, honteux, s’écartant de Gwen, du contact rassurant de sa main. »

Thierry eut un sourire satisfait, un de ceux qui rappelait qu’il savait toujours où appuyer pour faire mal.

« Apparemment pas. »

Gwen laissa tomber sa main le long du corps. Il fixa le type d’un air mauvais. Il en avait rencontré des connards mais des comme ça, rarement. Il devinait rien qu’à la tête de Clément que le mec venait de faire mal volontairement et putain, c’était odieux. Pas étonnant que Clément n’ait pas confiance en lui s’il subissait ce type et ses remarques mesquines depuis des années.

« Si tu cherches la convention des connards, tu t’es perdu, c’est un peu plus loin dans la rue ! Je peux t’y conduire à grand coups de pied au cul, menaça-t-il. »

Thierry fixa Gwen comme s’il était une quantité négligeable puis se tourna vers Clément. Il rajusta le col de son costume, reprenant le contrôle comme il savait si bien le faire en public. Il ne s’attendait sans doute pas à avoir des témoins et avait montré son vrai visage l’espace de quelques secondes.

« Pardon, dit-il. C’était… Je n’aurais pas dû parler de ça. Nos problèmes ne regardent que nous. On peut se voir seul à seul ? »

Clément se tendit.

« Je ne préfère pas, répondit-il, tout surpris de s’opposer.

— Je te l’ai déjà dit. Il va falloir en parler un jour. »

Clément leva la tête, jeta un rapide coup d’œil à Gwen qui restait là, surveillant le moindre geste de Thierry, ses yeux n’ayant jamais parus aussi sombres.

« Tu veux vraiment que je parle ? De tout ? »

Thierry eut un regard vers Gwen.

« Arrête ça, Clément, tu as ta part de responsabilités. J’avoue ne pas être facile à vivre mais si tu faisais un minimum d’efforts, nous pourrions…

— Non. Pourquoi tu es là, Thierry ?

— Tu as détruit mon lit !

— Non, j’ai détruit mon lit, celui que j’ai acheté et réparé. Je pense même avoir la facture quelque part pour le prouver. »

Ce qui était complètement faux. L’échange s’était fait de la main à la main et n’avait donné lieu à aucune facture. Mais Thierry ne s’était jamais intéressé aux dépenses de Clément, juste aux siennes quand il avait l’impression de payer plus que sa part.

Il était capable de ressortir la somme de la moindre facture pour montrer à Clément combien il s’impliquait alors que ce dernier était bien en peine de dire son dernier achat. Il ne se rappelait pas quand il payait le pain, les courses ou la dernière facture, il le faisait sans arrière-pensée. Et souvent, ce manque de mémoire avait permis à Thierry de soutenir le fait qu’il s’investissait plus financièrement dans leur relation. Alors même que Clément ne pouvait jamais mettre d’argent de côté à la fin du mois. Il n’avait pourtant jamais eu l’impression d’être un panier percé, avant.

« Va-t’en, Thierry, on n’a plus rien à se dire. »

Thierry fixa Gwen. Le brun lui renvoya son regard sans lui faire le plaisir de baisser les yeux.

« Je reviendrai à un moment où tu seras plus enclin à me parler, seul, dit-il à Clément.

— Mais tu peux pas juste te barrer, quoi ! finit par dire Gwen, n’en pouvant plus. Casse-toi, putain ! »

Thierry lui jeta un regard hautain.

« Tu l’as pas choisi pour son éducation, ça c’est sûr.

— Va-t’en, Thierry. Ça vaut mieux pour tout le monde. »

Clément ferma la porte comme on referme un mauvais livre, en espérant ne plus jamais le ré-ouvrir.

Il tremblait, il était terrorisé et en même temps, il se sentait presque… libre. C'est une sensation bizarre la liberté quand on n'a plus l'habitude. La main de Gwen se posa sur son épaule et il tressaillit, cette fois très visiblement.

Le cœur du brun se tordit quand il vit le visage de Clément prendre cet air neutre, absent, s’éteignant à l’intérieur. Comment pouvait-on faire le moindre mal à Clément ? Et surtout qu’est-ce que type avait bien pu faire à Clément pour provoquer de telles réactions ? Gwen ne voulait pas y penser mais malgré lui, il imagina le pire et supposait malheureusement ne pas en être loin.

Gwen rouvrit la porte pour voir une grosse berline démarrer à toute vitesse. Il voulait hurler de ne pas revenir, de ne plus jamais s’approcher de Clément. Il se sentit pris d’une violence, d’une colère monumentale, la même qui l’avait assaillie à la suite de son agression. S’il la laissait dominer, il aurait sans doute pu lui écraser sa gueule de connard jusqu’au sang. Heureusement que cet enfoiré ne s’était pas attardé davantage. Les flics n'aimaient pas beaucoup les justiciers comme disait Liam et en général dans les disputes domestiques, il n'était jamais facile de faire témoigner les victimes contre leur agresseur.

Gwen serra les poings et se tourna vers Clément, ce dernier n'avait pas bougé. Gwen lui tendit la main comme il l’avait fait il y a deux nuits de cela, attendant.

Clément secoua la tête.

« Désolé. Tu n’aurais pas dû entendre tout ça, tu n’aurais pas dû…

— Prends ma main, Clément.

— Désolé. »

Gwen allongea son bras et haussa ses sourcils.

Clément se fixa sur les cheveux bleutés, puis détailla les yeux, le visage étrangement grave puis la main tendue. Tout doucement, il desserra ses poings, ne s’étant même pas rendu compte qu’il les avait contractés. Gwen l’incita à continuer en ouvrant plus largement ses doigts, dévoilant sa paume.

Clément posa enfin sa main et celle de Gwen se referma.

« Je te lâche pas… »

Bonsoir,

désolé, le postage se fait un peu à l'arrache, de même que je n'ai pas toujours le temps de répondre à vos commentaires. Mais merci beaucoup et merci aussi pour les votes. Ça ne paraît pas grand chose mais ça a son importance quand on passe tant de temps sur une histoire.

Alors merci et à bientôt.

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