Chapitre dix-huit

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Gwen poussa la porte d'entrée, ravi. Enfin, autant qu'on puisse l'être en devenant propriétaire d'un gouffre financier.

Clément sourit en le voyant. Ils cohabitaient depuis deux semaines maintenant et Clément trouvait cela agréable. Gwen avait un côté râleur et taquin mais jamais méchant. Et oui il était franchement facile à vivre, c'était même plus que ça, il rendait la vie plus facile.

Bon, par contre, il avait un énorme défaut. Il jouait extrêmement mal de la guitare. Mais c’était drôle de le regarder faire. À condition de mettre des boules-quies avant.

Gwen leva les bras au ciel avec enthousiasme.

« Je suis plus piéton, s’écria-t-il.

— Félicitations pour ta voiture. »

Gwen se mit à rire.

« T'es un amour, Clém, mais je n'ai pas une voiture, j'ai une épave.

— Félicitations pour ton épave, corrigea clément avec un léger sourire sans se soucier de la façon dont l’avait appelé le brun.

— Merci, pouffa Gwen. J'ai pris des pizzas si ça te tente. T’as pas mangé, j’imagine ?

— Non. J’ai pas vraiment faim.

— A d’autres ! le coupa Gwen. Je vais pas manger deux pizzas à moi tout seul. »

Clément se mit à rire, ils commençaient déjà à avoir leurs petits rituels et en général, Gwen ne le laissait pas mourir de faim.

« Parfois, j’ai l’impression d’être comme dans le conte, Hansel et Gretel, avec la sorcière qui les engraisse pour les manger… »

Gwen leva les sourcils et commença à étirer un sourire, un peu trop pour être honnête.

« Te manger, tiens donc. Et je commencerai par quoi ? »

Gwen aimait le provoquer mais ça ne dérangeait pas Clément. Il avait compris au bout d’une semaine que Gwen chopait la moindre allusion pour la détourner. Il rit doucement et ajouta :

« Y’a des moments, je ferai mieux de tourner sept fois ma langue… » avant de s’arrêter.

Gwen n’en put plus et explosa de rire.

« Clément, quoi que tu fasses, je trouverai toujours une connotation sexuelle !

— Je te fais confiance là-dessus.

— Mais continue de m’aider surtout, se moqua le brun. »

Gwen posa les pizzas chaudes sur la table basse avant de commencer à se débarrasser de sa veste.

« Attends, je peux voir ta nouvelle voiture ? demanda Clément en se levant du canapé.

— Il fait déjà nuit, ça attendra demain. À moins qu’elle se soit retransformée en citrouille.

— Dans ce cas, profite au moins du bal, princesse, rit Clément en se rasseyant et en tapant sur le canapé à côté de lui. »

Gwen jeta sa veste sur une chaise et resta debout quelque secondes avant de s’installer.

« Tu regardes quoi ?

— Un DVD. Je sais pas si tu connais, c’était avant ton époque. »

Gwen sourit, si Clément faisait ses blagues, c’est qu’il allait bien. Gwen avait prêté attention aux petits signes et tentait de faire en sorte de mettre Clément en confiance. Il observa les images quelques secondes.

« Die Hard 3, t’as vu, je connais en plus. Fan de films d’actions ? »

Clément fit la grimace.

« Je suis pas un intellectuel, s’excusa-t-il.

— Parce que tu crois que j’en suis un ? s’esclaffa Gwen. En plus, Willis, quoi, le seul mec chauve qui réussit à être sexy. C’est bon, tu m’as convaincu. Tu mets en pause, je vais chercher des assiettes et de quoi boire.

— Tu veux que je remette au début ? demanda Clément.

— Il a pas encore transvasé les bidons d’eau ?

— Non.

— Alors laisse, j’aurais peut-être une chance de comprendre le truc cette fois, rit Gwen. »

Clément se leva et ils revinrent avec de quoi faire un repas-télé et se délestèrent de leur fardeau sur la table basse. Les premiers jours, Gwen s'était contenté du peu d'affaires qu'il avait chez son oncle puis très vite, après avoir fait les quelques travaux qui s’imposaient dans sa future chambre, détapisser et peindre lors de la première semaine, il avait fini par chercher ses meubles chez sa sœur. Clément avait insisté pour l'aider à porter ses cartons et à monter ses quelques meubles. Oui, son coloc était vraiment gentil.

Ça tombait bien d’ailleurs que Gwen ait ramené ses affaires parce que Clément manquait sérieusement de vaisselle ou autres. Comme s’il ne possédait pas grand-chose, ce qui rendait Gwen perplexe.

Le téléphone portable de Clément sonna et ce dernier sursauta, puis mit le film en pause à nouveau. Il y eut cette tension dans les épaules, juste un instant. Sans un mot, Clément éteignit son téléphone et le posa sur la table basse. Le téléphone fixe prit le relai dans la seconde. Gwen se leva et débrancha l’appareil.

« Tu voulais pas répondre, n’est-ce pas ?

— Non. Merci, murmura Clément. »

Ils échangèrent un regard, celui de Gwen interrogatif et celui de Clément à la limite de la panique.

Gwen voyait que Clément s’attendait à ce qu’il le questionne, il y avait plein de non-dits entre eux, sur ces putains d’appels insistants particulièrement. Mais les yeux gris étaient déjà hantés, alors ce n’était pas la chose à faire. Au contraire, dans ces moments-là, Gwen attendait qu’il vienne à lui. Mais c’était encore trop tôt. Clément ne partageait pas ses problèmes, ses pensées. Alors Gwen s’occupait de le distraire pour qu’il ne s’évade plus, pour qu’il ne monte plus ce fichu escalier. Et ça marchait, en étant patient, très patient. Oh bordel, Gwen n'en pouvait plus de l'apprivoiser ! Dans quel pétrin il s'était mis ? Saloperie de renard, franchement ! On lui avait faire croire que ce serait facile de l’apprivoiser ! Ça ne l’était pas du tout !

Et il le sentait s’installer ce putain de coup de cœur – ou de queue d’ailleurs, merci son autre centre pensant – pour Clément, Clément qui n’était nullement intéressé de surcroit.

La veille, rompant son isolement – presque un mois l’isolement d’ailleurs, on frôlait la torture – Gwen était sorti et avait découvert un club correct dans la grande ville la plus proche. Il s'était lié d'amitié avec un groupe. Un gars parmi eux lui avait plu avant qu'il ne se rende compte qu'il ressemblait à Clément. En plus jeune mais moins attirant toutefois. Avec la vie ensemble, les travaux dans la maison, il avait passé beaucoup trop de temps à observer son coloc. Ce qu'il avait eu sous les yeux lui plaisait énormément. Il avait même eu un aperçu très rapide de son torse nu quand Clément était descendu prendre un tee-shirt sur l’étendage. Le châtain en avait été embarrassé au possible. Gwen ne savait pas si c’était parce qu’il était mal à l’aise d’avoir le regard d’un homme gay sur lui ou si c’était juste parce qu’il était pudique, la deuxième solution semblant la plus probable. Ça avait duré cinq secondes mais Gwen en avait savouré chaque centième de secondes.

Ok, Clément avait quarante-cinq balais mais il était bandant, vraiment. Le travail lui avait tracé des biceps longs et solides, bien dessinés. Sur le torse et le ventre, les muscles étaient moins visibles, mais néanmoins là. Les poils sombres parsemés sur le torse et alignés sous le nombril ajoutaient un petit quelque chose d’harmonieux à l’ensemble, de naturel. Et Clément avait l’air complètement inconscient de son allure.

Putain, Gwen était fichu. Fi-chu ! Il aurait dû embarquer Josh et Orlando dans ses valises, parce qu’il avait grandement besoin de morale. Et de se faire larder de flèches pour non seulement penser au petit cul de son collègue mais pour désormais aussi fantasmer sur le torse attirant. Ils attaquèrent les pizzas et Gwen jeta un œil à Clément. Ce dernier lécha la sauce tomate qui avait coulé à la commissure de ses lèvres en sortant le bout de sa langue. Oh bordel !

Comment expliquer à son oncle, un samedi soir, qu’il avait un besoin urgent des deux posters collés au plafond de la chambre sa cousine sans passer pour un malade mental ?

Clément descendit tout doucement. Il avait bien essayé de ne pas le faire mais il finissait par tourner en rond dans sa chambre. Il consulta l'heure sur la box près de la télé. Quatre heures quarante. Lever dans moins de deux heures. Finalement il avait plutôt bien dormi, presque quatre heures ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Il passa à la cuisine et commença à se préparer un café.

« Clément ? Tu es levé ? »

Gwen venait d'apparaître, passant la main dans ses cheveux sombres.

« C'est quelle heure ? »

Clément lui répondit et Gwen gémit de détresse.

« Mais comment tu fais ?

— Bonne question.

Il ne faisait pas en fait. Il n'avait pas le choix c'était tout. Le sommeil n'était qu'un lointain souvenir depuis tant d'années qu'il avait réussi à en apprivoiser le manque. Enfin, en théorie. En pratique, il avait souvent l’impression qu’un brouillard permanent s’était installé dans ses pensées.

« Et si tu venais dans ma chambre ? proposa Gwen brusquement. »

Le plus âgé leva la tête, soudain gêné.

« Si on inversait les chambres, expliqua Gwen, en notant l'interprétation que venait de faire son collègue. Tu te lèves trois nuits sur quatre, Clément... et...

— Désolé.

— C'est pour toi, tu pourrais rester au rez-de-chaussée et faire autre chose plutôt que de tenter d'être discret. En plus, les escaliers grincent donc je t'entends.

— Désolé, répéta Clément en baissant les yeux. »

C’était tellement facile de vivre avec Gwen mais la réciproque n’était sans doute pas possible. Thierry ne lui en avait-il pas fait le reproche des dizaines de fois déjà ?

« Pourquoi tu dors pas ? demanda Gwen. Il se passe quoi dans ta tête pour que tu ne dormes pas ?

— Comme tout le monde, j'imagine, biaisa le plus âgé. Toi aussi, tu dois gamberger de temps en temps, non ? »

Gwen rit et cela fit relever les yeux de Clément, qui aimait le rire à la fois doux et un peu piquant.

« Oh oui, et dans ce cas, je pense à un beau mec, et je me détends ! Efficacité prouvée ! rit encore le brun. Essaye, tu verras. Enfin, remplace le beau mec par qui tu veux. Scarlett Johansson ou Jennifer Lawrence.

— Qui ?

— Bon sang, faut vraiment te sortir de ta grotte toi ! »

Clément sourit.

« Je plaisante, je sais qui c'est. Tu veux un café ?

— Clém, il est quatre du mat, j'ai envie de me replonger au chaud sous ma couette. »

Et j'aurais une putain d’envie que tu m'accompagnes, rajouta Gwen en son for intérieur.

« Désolé.

— Arrête de t'excuser, c'est pas comme si tu le faisais exprès, non ? Tu devrais quand même essayer de te recoucher, Clém.

— Pour deux heures, ça ne servirait à rien.

— On est dimanche.

— Oh ! réalisa Clément. »

En vérité, ça ne changeait rien, il ne se rendormirait pas, que ce soit dimanche ou un autre jour, il savait que sa nuit était terminée. Les yeux de Clément glissèrent sur le visage inquiet de Gwen puis sur son corps peu vêtu, juste un tee-shirt et un caleçon long. Les extrémités de son tatouage affleuraient toujours sans laisser deviner le dessin. Au cours des quelques semaines de vie commune, Clément avait élaboré quelques hypothèses sans en faire part à Gwen. Il pensait de plus en plus que c’était les flammes d’un dragon, Gwen aimait la culture japonaise, les mangas et les dessins animés. Un grand gamin en quelque sorte.

Le brun comprit ce que Clément fixait et sourit.

« Ça t’intrigue, hein ?

— Beaucoup, avoua Clément. »

Gwen avait surpris à plusieurs reprises le regard de Clément sur lui et s’amusait de sa curiosité. Bon, ça l’amusait légèrement moins à quatre heures du mat mais il appréciait la façon dont Clément le regardait, presque envouté. Il sentait que son dieu favori était à deux doigts de lui réaliser un petit miracle quand Clément le regardait comme ça. Le châtain tendit la main et s’arrêta à quelques centimètres du cou de Gwen, se rendant compte de son geste.

« Tu paieras pas un supplément si tu touches, plaisanta Gwen.

— Pardon, s’excusa Clément machinalement. C’est un dragon ?

— Biiip ! Non, perdu ! Essaie encore ! »

Clément sourit franchement.

« J’ai le droit à combien d’essais ?

— Encore deux ! improvisa Gwen.

— Et je gagne quoi ? »

Gwen lui fit son sourire le plus audacieux, se mordant les lèvres au passage.

« Le droit de voir ? proposa Gwen en haussant un sourcil suggestif en exagérant son comportement. »

Cela pouvait être pris aussi bien pour une tentative de drague que pour une blague. Clément éclata de rire, choisissant la deuxième option.

« C’est une récompense ou une punition ? se moqua le plus âgé.

— Hé ! s’indigna Gwen, se sentant désarmé devant le rire de Clément. »

Avec tout autre, il aurait sans doute lancé une répartie cinglante, pas volontairement blessante mais qui touchait quand même un peu à l’orgueil. Avec Clément, il ne pouvait pas. Gwen aimait ce regard curieux, sincère sur lui, cette façon presque tendre qu’avait Clément de le voir. Il n’avait que rarement eu ce genre d’attention, même chez ses amants.

« Viens, dit-il soudainement. J’ai une série à commencer.

— Heu... Je croyais que tu voulais te rendormir.

— Je ferais une sieste cette aprèm, allez viens. Ça me désole vraiment que tu essayes de faire l'homme invisible dans ta propre maison.

— Pardon.

— Et en plus, t'es nul dans le rôle. Quand on te voit, Clément, on ne peut plus t'ignorer. »

Le châtain releva les yeux vers Gwen, surpris. C'était bien la première fois qu'on lui disait qu'il était remarquable. Ou plutôt, cela faisait longtemps qu’on ne lui avait plus dit… Et la façon dont le disait Gwen était appréciateur à n’en pas douter.

« Allez, viens dans ma chambre. »

Ses mots perturbèrent Clément plus qu’il ne voulut l’admettre mais il suivit Gwen jusqu'à l'ancienne chambre de ses parents. Heureusement, il n'avait plus l'impression de pénétrer sur le territoire des souvenirs. Gwen y avait imprimé sa marque, c'était la première pièce qu'ils avaient refaite, avant que Gwen récupère tous ses meubles chez sa sœur. La vieille tapisserie n’était plus qu’un lointain souvenir. Clément se rappelait avoir aidé sa mère à la poser il y a bien plus de vingt ans. Elle n’avait pas bien traversé le temps et ça avait été une plaie à enlever.

Il avait appelé Étienne au début, pour chaque changement. Les travaux dans la chambre de ses parents avaient été les plus difficiles à entreprendre mais il ne pouvait décemment pas louer une chambre dans cet état à Gwen. Clément, perdu, avait demandé à son frère pour chaque petit détail, ayant peur de supprimer quelque chose d’important.

Jusqu’à ce qu’Étienne, avec son côté très pragmatique, le rappelle à la raison.

« Ils ne sont pas dans une tapisserie, dans un lustre ou dans un meuble. C’est toi qui les mets dedans. Si ça te fait du bien, ok, si ça t’empêche de vivre, non. »

Il avait réussi à donner raison à son frère et à avancer, ils s’étaient mis d’accord sur les quelques meubles qui échauffaient leurs cœurs, le vieux buffet en bois clair qui trônait dans la salle à manger depuis des décennies, la table basse ancienne assortie et le secrétaire.

Clément n’avait pas pu avouer qu’il n’était plus en sa possession, il espérait un jour pouvoir le récupérer, quand il aurait assez de courage pour affronter Thierry. Rien qu’à l’idée, ses épaules se tendirent et la douleur se répercuta dans son dos.

Il grimaça, il en avait marre d’avoir mal de partout. Il s’assit doucement sur le lit de Gwen, n’osant pas s’installer vraiment confortablement malgré ses douleurs. Il s’en voulait de ne pas avoir dit non, il se sentait extrêmement mal à l’aise. C’était presque trop intime comme situation. Il commençait à se sentir stressé et tentait de ne pas le montrer.

Gwen attrapa son ordinateur portable, le posa au bout du lit.

« Heu… je préviens, y’a quelques scènes… hmm…

— Gores ? demanda Clément.

— Non, pas gores, non, rigola Gwen. »

Clément se mit à rire, un peu gêné.

« Mais c’est quoi ton truc ? »

Gwen donna le nom de sa série préférée du moment mais comme il s’y attendait, Clément ne connaissait absolument pas.

« C’est une très bonne série ! se défendit-il.

— Si tu le dis. »

Clément le laissa lancer la série, voyant les yeux de Gwen papillonner, il se dit que le plus jeune ne ferait pas un pli. Il aimait que Gwen se sente concerné par lui mais ça le rendait aussi très anxieux. Il ne savait pas comment agir quand on s’intéressait à lui, il avait toujours peur des réactions qu’il ne pourrait maîtriser. Lui, il savait disparaître, être transparent.

Au bout d’une bonne vingtaine de minutes, Clément finit par s’allonger et attraper un des oreillers pour s’adosser à la tête du lit. Il y avait quelque chose de fascinant d’entrer dans la vie de ces personnages et en même temps d’effrayant, ils étaient tous si accessibles, si humains et en même temps si parfaits. Mais forcément, qui aurait envie de regarder l’histoire de personnes ordinaires ? Pas lui, en tous cas, sa propre vie l’intéressait déjà si peu. Même s’il devait reconnaître que depuis quelques temps, elle lui paraissait de moins en moins pesante.

Gwen jetait des petits coups d’œil réguliers à Clément. Il sourit de le voir se captiver rapidement pour sa série. Gwen avait menti, il l’avait déjà vue mais n’était jamais contre une rediffusion. Surtout quand il la partageait. Au milieu du deuxième épisode, Clément finit par s’allonger un peu plus, lâchant sa retenue habituelle pour se glisser dans la chaleur du lit. Gwen remonta la couette sur eux deux. Il n’avait pas froid, non. Il commençait juste à avoir une putain d’érection à force de jeter des regards en direction de Clément.

Super idée bien sûr que de faire venir un gars dans son lit ! Enfin, l’idée en elle-même était plutôt bonne s’il pouvait déshabiller le gars en question et le pilonner pendant des heures. Des heures, mais bien sûr ! Bon, le concept de réalité dans ses fantasmes, il y reviendrait un autre jour. Oh bordel, voilà que son sexe se tendait encore plus. Il fallait qu’il arrête de penser, qu’il arrête de le regarder.

Clément devait être magnifique aussi, en sueur, bougeant à son rythme… Gwen l’imagina entre ses cuisses, profondément enfoncé en lui et l’idée le séduisit aussi énormément. Comme devant un étal de gourmandises, il aurait été bien incapable de savoir quoi choisir. Il avait envie de tout goûter, absolument tout.

Il reprit ses esprits, il n’y avait pas de choix à faire car il restait devant la devanture sans pouvoir accéder à toutes ces merveilles, la boutique close. Bordel, son dieu était vraiment un dieu pourri ou alors il y était pas aller assez franco sur les offrandes. Peut-être que sacrifier Orlando suffirait ? Il jeta un dernier coup d’œil sur sa tentation.

Clément s’était endormi, constata soudain Gwen, c’était rare de le voir ainsi. Il prit le temps de détailler le visage. Non, il n’était pas tout à fait beau, trop fin peut-être mais Gwen n’avait jamais craqué pour une belle gueule. Les images lisses ne l’excitaient pas, il aimait les expressions sur le visage des gens. Il aimait provoquer un sourire, un rire sur celui de Clément. Il aurait bien voulu provoquer encore d’autres réactions mais il se berçait d’illusions. Les cernes commençaient à être bien marquées. Ça n’étonnait guère Gwen, il avait largement eu le temps de voir que Clément dormait à peine. Gwen ferma tout doucement l’ordinateur et le déposa sur son bureau avant d’éteindre la lampe de chevet et de se recoucher lui aussi avec un avertissement à son autre centre pensant de se tenir tranquille.

Clément se réveilla en sursaut, le son qui le berçait s’était interrompu. Il savait pourquoi il s’endormait souvent sur le canapé avec la télé, il avait l’assurance de savoir où il était et le sommeil n’était plus un ennemi. Il s’éveillait parfois l’espace de quelques secondes, juste pour entendre le bruit familier et retomber dans une somnolence qui ne le reposait pas totalement.

Depuis l’arrivée de Gwen, il avait gagné l’ancienne chambre d’Étienne et y dormait mal en réalité. Il aimait avoir Gwen comme locataire mais ça l’obligeait à changer ses habitudes. Il savait pourtant en son for intérieur que Gwen n’aurait pas voulu qu’il modifie sa vie mais Clément avait passé trop de temps à s’adapter pour agir autrement.

Il n’était pas sur le canapé, il n’était pas devant la télé. Cela le percuta brusquement, il était dans un lit et il y avait quelqu’un près de lui. Son esprit voulut lui rappeler quelque chose mais son inconscient prit le dessus.

Il n’avait pas réussi à partir, c’était un rêve, il y était encore. Il n’avait jamais eu le courage. Jamais. Et il se mit à trembler imperceptiblement, puis de plus en plus sans pouvoir s’arrêter, sachant qu’il risquait d’éveiller Thierry, que ce dernier serait d’une humeur massacrante s’il le saoulait encore avec ses problèmes d’insomnies. Il ne devait pas… Il ne devait pas. Mais c’était plus fort que lui, c’était une peur qui connaissait bien trop le chemin à faire pour l’atteindre.

Gwen n’avait été qu’un mirage. Il n’y avait pas eu de noir bleuté, seulement le noir tout court. Et il était oppressant, terrifiant. Il lui donnait envie de disparaître.

Bonsoir,

j'espère que vous êtes toujours là, et que vous n'êtes pas en train d'affuter des haches, la violence, c'est mal, je rappelle.

J'ai beaucoup de mal en ce moment à voir les coquilles/fautes et tout, donc n'hésitez pas à me les signaler. Merci.

A bientôt.

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