Chapitre douze

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Le réveil fut des plus rudes. Josh l’avait tenu éveillé une partie de la nuit en lui susurrant des idées idiotes comme quoi son collègue avait quand même des beaux yeux gris ainsi qu’un attirant petit cul, en insistant largement sur le deuxième, alors que Gwen tentait de ne pas y penser. Orlando n’était même pas venu l’aider avec son air de dame patronnesse, Gwen en avait été fort déçu. Il avait résisté à l’appel du plaisir. Certes, ce ne serait pas la première fois qu’il se ferait du bien en pensant à un collègue et surtout un collègue hétéro, mais en général, c’était jamais une bonne idée, surtout quand on revoit le gars en question au boulot par la suite en ne pouvant éviter à son cerveau de revenir sur le fantasme. Bon sang, Clément s’était fait passer à tabac et son cerveau lui suggérait tranquillement de s’envoyer en l’air avec lui. Qu’est-ce qui clochait dans sa tête ?

En plus, Clément avait dix ans de plus que lui et Gwen ne faisait pas dans le troisième âge.

Ah bon ? Et Harun ? Et Stéphane ? Et…, lui souffla Josh, semblant savoir ses plus noirs secrets. Oui, bon, ça va. Il n’avait pas une attirance particulière pour les hommes plus âgés que lui mais l’âge ou le physique n’avaient jamais été de vraies questions dans ses relations. Ça relevait plus de l’alchimie.

Et comment avoir une once d’alchimie avec Clément ? Il lui rappelait ces années de collège où chaque expérience de chimie devant obtenir une réaction se terminait à tous les coups en déconvenue. Jamais il n’avait réussi à obtenir un résultat, une catastrophe dans ce domaine. Il fallait toujours qu’il se trompe dans les dosages des solutions. Heureusement que sa prof de l’époque était plus McGonagall que Rogue ou il aurait été collé jusqu’à la fin des temps.

Tout ça pour dire qu’espérer une quelconque alchimie avec Clément relevait du même domaine de l’impossible, sans compter qu’il avait découvert le gars depuis moins de deux semaines. Et qu’à preuve du contraire, Clément était hétéro. Célibataire endurci mais hétéro. Et vieux.

Ça ne t’a vraiment, vraiment pas posé de problème avec Harun, ça ? rit encore Josh. Et il avait quoi ? Presque cinquante ans ?

« Je sais même pas comment tu peux savoir ça, toi ? maugréa Gwen. »

Parce que tu ne pensais quand même pas qu’un poster te parlait vraiment ? fit Orlando d’un air atterré devant son idiotie.

« Un jour, vous allez finir brûler dans la cheminée, tous les deux ! finit par dire Gwen en se levant, ignorant son érection matinale. Oh, faites pas genre vous avez rien dit ! »

Malgré le fait qu’il n’était jamais tombé complètement amoureux, il avait aimé être en couple, vivre à deux par moments, les week-ends où on se réveille contre l’autre, la main qui se fait caressante, appréciant le réflexe du corps de l’autre. Il aimait les matins.

Enfin, pas ceux où il devait se lever pour aller travailler.

Il lui fallut cinq bonnes minutes pour sortir de sa torpeur, le temps de s’habiller, puis, une fois les brides de sommeil et d’idées lubriques dissipés, il se sentit en état de marche. Il descendit et prépara le café pour tout le monde. Son oncle arriva peu après, sa tante ne se montrerait que quand ils partiraient tous deux, aimant déjeuner tranquillement sans les avoir dans les pattes.

« Une idée de comment on fait sans Clément ? demanda-t-il.

— Je vais venir avec vous, dit Yves en buvant son café.

— Ça te rappellera ta jeunesse, se moqua son neveu.

— Celle où je te mettais des coups de pied au cul ! Pousse pas, je pourrai recommencer ! »

Yves consultait ses messages sur son téléphone. Sur le point des nouvelles technologies, Yves n’était pas complètement au point, il lui arrivait d’encore de faire ses factures à la main, toutefois, il avait sacrifié à l’utilité d’un téléphone dernière génération pour gérer appels téléphoniques et mails.

« Clément dit qu’il peut revenir demain pour qu’on ne prenne pas trop de retard, fit Yves.

— Ah mais achevez-le, ce con ! ragea Gwen.

— C’est à ce point ?

— Il a une tête à faire peur et il peut pas bouger le poignet.

— Ok, je vais lui dire qu’on se débrouille sans lui. »

Gwen soupira encore.

« Je veux pas dire mais ton Clément, il fait pas mentir l’adage « bon, ça rime avec con », commenta Gwen. Je n’ose imaginer comme il se serait fait exploiter dans certaines boites louches où je suis passé et où ils s’asseyaient sans vergogne sur le droit du travail.

— Ce n’est pas parce qu’on n’a pas une grande gueule ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre qu’on est forcément un idiot, Gwen. Clément aime son travail et il se sent concerné par ses collègues, c’est tout.

— Hm… Peut-être, marmonna Gwen.

— Et arrête de me faire passer pour le vilain méchant patron !

— Mais tu es un vilain méchant patron ! Regarde, j’en suis même réduit à te servir le café chez toi, si on s’approche pas de l’esclavage avec ça… »

Il y eut un « nom de Dieu » marmonné par son oncle et Gwen s’éloigna rapidement comme un mauvais garnement. Le torchon le manqua de peu et il rit.

C’est sûr qu’asticoter son oncle au petit dej lui manquerait mais pas au point de ne pas vouloir retrouver sa liberté. Il n’avait clairement plus l’âge de cohabiter avec sa famille.

Après un sommeil sans rêve de quelques heures, Clément avait vu défiler les petites heures du matin en sentant monter l’angoisse à la perspective d’une journée affreusement vide. Malgré les anti-douleurs, il sentait encore bien son poignet et sa joue. Ignorant ce fait, il envoya un message à Yves pour lui dire qu’il pourrait raccourcir son arrêt et revenir plus tôt. En forçant un peu la dose de médocs, ça devrait tenir les trois derniers jours jusqu’au week-end.

Il devait aller bosser ou il allait juste devenir fou à rester chez lui ! Il n’avait pas pu faire certaines démarches aussi dès qu’il lui fut possible de contacter différents organismes, il s’en occupa. Il mit l’électricité à son nom, contacta son assurance, il bloqua sur la ligne téléphonique ne sachant plus chez quel fournisseur était ses parents.

Il dépassa allègrement son forfait internet en cherchant différents renseignements sur son téléphone, chose qu’il ne faisait jamais.

Il changea les mots de passe de son compte bancaire, de son mail pour commencer, nota sur un post-it les différents organismes qu’il devrait contacter pour faire son changement d’adresse.

Il était en train de s’abimer les yeux à déchiffrer les différents papiers dont il avait besoin sur le petit écran et pestait une fois sur deux parce que son téléphone était trop vieux. Mais il n’avait pas à attendre après Thierry pour avoir sa liberté. Il aurait dû faire ça depuis tellement longtemps. Thierry lui promettait de changer mais ne le faisait jamais. Et Clément avait cessé de croire en ces mensonges depuis bien longtemps.

Il s’agaça de ne pouvoir discuter avec un ami rencontré en ligne, le seul qui le comprenait vraiment, mais impossible d’installer l’application sur son téléphone. Il avait désespérément besoin d’entendre qu’il avait pris la bonne décision et d’être rassuré. C’était idiot que la seule personne à pouvoir le faire soit quelqu’un qu’il n’avait jamais vu et dont il ne connaissait même pas le vrai nom. Il réfléchit quelques secondes à ce que son ami lui dirait. Qu’il avait pris la bonne décision, qu’il avait enfin fait ce qu’il fallait. Tout simplement.

Depuis des mois, Clément savait qu’il n’y avait plus rien qui le retenait à Thierry, plus d’amour et encore moins de désir. Il n’avait plus ressenti une chaleur, une envie s’emparer de lui depuis longtemps. Et même en réfléchissant, ressentir un désir qui submergeait tout, il ne savait pas depuis quand ça ne lui était plus arrivé.

Quand Thierry le touchait, Clément y répondait pour avoir la paix. Quand il trouvait des excuses, Thierry insistait et Clément cédait plutôt que d’encourir des heures d’acrimonie. Mais même ainsi, Clément n’éprouvait plus grand chose. Il cédait par peur car il savait que Thierry était capable du pire.

Il pensa à Gwen, fugitivement, c’était ça que lui avait reproché son collègue à plusieurs reprises, le fait de s’excuser, de s’effacer, de se rendre. Songer à Gwen lui fit du bien l’espace de quelques secondes, même si son jeune collègue ne l’appréciait guère.

Gwen était tout ce que Clément aurait voulu être, libre, sûr de lui, drôle, disant ce qu’il pensait sans aucune peur. Que possédait Clément en lui qui avait attiré ainsi Thierry ? Qui lui avait fait comprendre qu’il pourrait faire ce qu’il voulait sans rencontrer la moindre résistance ?

Clément n’avait pourtant pas eu une enfance malheureuse ou quoi que ce soit, il était un adulte relativement bien dans sa peau quand il avait rencontré Thierry, hormis pour l’acceptation de son homosexualité, sans doute dû au milieu macho de son travail. Il n’arrivait toujours pas à comprendre comment il avait été pris dans cette spirale. Comment il avait pu ignorer puis pardonner les premiers signes.

Il avait lu plein de choses dernièrement pour mettre des mots sur ce qu’il vivait mais n’arrivait pas à s’y reconnaître. C’était un mécanisme, une question de manipulation, de pouvoir. Et ça paraissait si facile de voir le problème quand on démontait pièce par pièce l’engrenage. Mais pas quand on était pris dedans. Une fois dedans, on ne pouvait faire qu’hurler sans bruit.

Il le savait mais il n’arrivait pas à se reconnaître comme une victime malgré la petite voix qui l’y poussait ! Il était un homme, travaillait, s’assumait financièrement malgré les dires de Thierry, il gérait même beaucoup plus de choses que ce dernier dans la maison. Correction, il s’obligeait à gérer la maison pour éviter les remarques, celles insidieuses ou celles directes.

Non, il n’était pas une victime. Ils étaient deux hommes, il n’y avait pas d’ascendant physique de l’un sur l’autre. Thierry avait beau s’épuiser sur ses machines de musculation, Clément restait toujours plus taillé que lui. Mais le cerveau de Clément ne fonctionnait pas de la même façon que celui de Thierry. Clément ne comprenait pas comment on en arrivait à faire du mal à la personne avec laquelle on vivait, la pensée même lui était insupportable. Alors il n’avait jamais répliqué, jamais, il n’était pas comme ça, il n’était pas violent. Il avait alors fini par redouter les colères de son compagnon et ce qu’il pouvait faire sous celles-ci, quand Thierry perdait totalement le contrôle.

À la fin, il n’était même plus sûr que Thierry regrettait réellement ses paroles ou ses gestes, vu qu’il en reportait systématique la faute sur Clément.

Clément n’avait pas vu les dents de l’engrenage au début et après, profondément enfoncé en lui, elles l’avaient empêché de partir, l’avait même fait revenir pour le mordre encore plus. Il savait qu’il n’y était pour rien mais son cerveau lui hurlait qu’il n’était vraiment qu’un pauvre con ! Fallait-il être con et manquer de caractère pour se laisser réduire à ça ! Pour se contraindre à accepter des choses qui n’étaient pas acceptables… Il ne voulait pas être une victime, il ne voulait pas se dire que tout ça lui était arrivé à lui. Et qu’il n’avait pas su y mettre un terme.

« Pauvre con, se murmura-t-il à lui-même. »

À nouveau, il se rendait compte qu’il approchait de ce qu’il ne voulait même pas effleurer du bord de sa conscience. La sonnerie de son téléphone aurait pu être une bénédiction mais il se tendit quelques secondes le temps de vérifier qui l’appelait. Il décrocha, soulagé.

« Clém, je ne t’embête pas en plein boulot ? demanda Étienne. C’est mon seul moment un peu calme aujourd’hui.

— Non, c’est bon, répondit-il sans dire qu’il n’était pas au travail. Comment tu vas ?

— Moi, bien. Je voulais savoir si tu t’étais bien installé chez les parents ? »

Clément regarda la seule pièce dans laquelle il vivait réellement.

« C’est un peu le camping tant que j’attends la livraison de fioul, elle a été décalée, mais ça va. Et je voulais mettre l’internet mais je ne sais pas comment remettre la ligne en service.

— Attends, j’avais fait les paperasses, dit Étienne. Tu chercheras, il doit y avoir un dossier dans le buffet du salon…

— Je regarde ! Deux minutes. »

Il se rendit compte de son erreur dans la seconde quand son frère l’interrogea.

« Clém, tu n’es pas au boulot ?

— Ah… euh non, j’ai eu un petit souci, rien de grave, je suis tombé, je me suis fait une entorse au poignet, le truc bête quoi.

— Tu t’es fait ça où ? Au travail ?

— Non… non chez moi, comme un grand. Ou comme un con… au choix, rit Clément sans réussir à paraître convaincant.

— Pourquoi tu n’as pas appelé ? Tu arrives à te débrouiller ? questionna Étienne. »

C’était étrange parce que sans le voir, il devinait l’inquiétude de son frère alors qu’il était sûr que pas un trait de son visage n’avait dû bouger, hormis peut-être un sourcil. Sa voix transmettait beaucoup plus de choses que ses expressions.

« Oui, je me débrouille, ne t’en fais pas.

— Tu veux que je passe ? Au moins pour te faire des courses ? proposa Étienne. »

Clément chercha son reflet dans le miroir au-dessus d’une petite console en bois. Sa joue était passée au violacée-bleuâtre désormais. Impossible de passer à côté.

« Non, j’avais fait des réserves, mentit-il.

— Tu m’appelles si tu as besoin, Clément, ordonna Étienne. Et même si tu n’as pas besoin, juste pour discuter.

— Tu discutes toi maintenant ? se moqua Clément.

— Je suis en progrès, il paraît, rétorqua son frère. »

Clément se mit à rire. Ça devait être quelque chose alors. Il bascula une pile de dossier et en attrapa un.

« Ah, ça y est, j’ai le dossier téléphone. Tu me dis ce que je dois chercher ? »

Il entendit le soupir de son frère et ce dernier lui expliqua en quelques secondes dans quel dossier chercher. Ils discutèrent encore quelques minutes et Clément écourta la conversation quand il sentit que son frère un peu trop insistant dans ses questions. Encore une fois, Clément eut honte de repousser l’unique famille qu’il lui restait, son petit frère qui tentait de maintenir le lien entre eux maintenant que leurs parents n’étaient plus.

Il ne lui restait donc que ça, la honte, la peur et l’attirance du noir bleuté. Étrangement, alors que dans la nuit, cette couleur lui avait fait penser à l’immensité de l’univers, là, elle lui rappela les cheveux mal coiffés de Gwen. Il regarda son téléphone et sans réfléchir, descendit dans le répertoire jusqu’à croiser le nom de Gwen. Et ça lui fit du bien, sans qu’il comprenne pourquoi.

On se raccroche à ce qu’on peut. Et sa prise était petite et ténue.

Bonsoir,

un chapitre encore un peu lent mais après, ça devrait accélérer un peu, mais vraiment un peu XD. Bon, la vitesse et la précipitation ne sont clairement pas de mise dans ce récit, ça me fait un peu bizarre du coup, c'est presque pas assez speed à mon goût XD

Merci

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