Chapitre onze

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Clément laissa à la lisière de sa conscience presque tout ce qui lui faisait mal tant Gwen fut là, à le distraire de ses bêtises. Sous l’insistance de son jeune collègue, il finit par prévenir Yves de son « accident » et laissa Gwen remplir l’arrêt de travail, n’arrivant même pas à écrire correctement.

« Je fais une croix pour la signature, se moqua Gwen sans savoir qu’il touchait un point sensible. »

Sans rien dire, Clément attrapa le stylo, le coinça entre ses doigts avec une mimique de douleur et signa avant de le relâcher sur la table basse. Il n’était pas cultivé mais il pouvait encore apposer son nom sur un document.

Le brun se leva, récupéra son pull sur le canapé et s’habilla.

« Ça va aller ? demanda-t-il en observa les changements sur le visage de Clément. »

Parfois, Gwen avait l’impression qu’il se trompait et que la doc avait fait un mauvais diagnostic, que Clément était bien tombé et qu’il ne fallait pas en faire toute une histoire. Puis, quelques secondes plus tard, les yeux se voilaient et il retrouvait cette attitude absente. Sauf qu’elle ne datait pas juste de ce soir, elle avait été là tout au long de la semaine et Gwen avait commencé à l’interpréter comme le comportement normal de Clément.

« Oui, bien sûr, répondit Clément en fixant les flammes. Excuse-moi encore pour le dérangement.

— T’as eu de la chance, d’habitude, les blessés, je les pousse sur le bas-côté ! ironisa Gwen. Arrête de penser que tu déranges, Clément, c’est normal de pas laisser une personne dans la merde.

— Et après ça, c’est moi qui suis gentil, murmura doucement l’aîné en se tournant vers lui. »

Gwen se mit à rire.

« Ok, je m’incline, je suis gentil, je devrais pouvoir le supporter. »

Clément sourit encore, désireux d’oublier et s’étonnant de pouvoir le faire avec son collègue qu’il connaissait si peu.

« T’as un joli sourire, fit Gwen brusquement. Laisse pas quelqu’un gâcher ça, Clément. »

Le sourire s’éteignit aussi vite.

« Arrête de dire n’importe, répondit Clément, embarrassé. Et dis à Orlando que tu t’es bien comporté, il sera fier de toi.

— J’espère bien, ouais ! »

Ne sachant pas quoi ajouter, Gwen se contenta d’un signe de tête avant de tirer la porte d’entrée et de sortir.

Clément rajouta une bûche quand il vit que les braises étaient en train de s’éteindre. Il venait de passer bien trop de temps seul dans sa tête, dans cet outre-monde sombre et angoissant. Il ne savait pas si le vide pouvait s’emplir de tristesse ou de dégoût. Il n’arrivait même pas à être en colère.

Il déroula doucement le bandage et mit l’attelle pour la nuit, comme conseillé. La jeune docteure avait pris énormément de temps pour l’observer, lui demandant de se déshabiller pour chercher d’autres lésions. Mais il n’y avait plus rien, Thierry n’arrivait à cette extrémité que rarement. Elle avait tenté de savoir s’il y avait eu d’autres violences, d’ordre sexuel, mais Clément avait détourné le regard, honteux. Thierry n’avait jamais eu besoin d’être violent pour obtenir ce genre de choses, et malheureusement, ça n’en était que plus douloureux moralement. Il l’avait été une fois, une seule et Clément ne pouvait plus y penser sans être complètement terrifié.

Ça avait été important que la docteure lui pose la question même s’il ne pouvait y répondre. Elle l’avait reconnu comme une victime, il le savait et quelle part, il sentait comme si sa responsabilité en était atténuée. Même si parfois, une petite voix intérieure lui disait que ce n’était pas sa faute, ça n’arrivait pas à faire le poids par rapport la culpabilité que ressentait Clément. La docteure avait levé les yeux vers lui et avait posé la question d’une voix professionnelle et douce à la fois.

« Est-ce que c’est habituel ? Est-ce déjà arrivé ? »

Clément l’avait fixé longuement. Puis sa réponse était sortie. Ils savaient tous deux qu’elle était fausse et constituait une sorte d’aveu finalement.

« Je suis juste tombé, avait-il dit. »

La jeune femme avait fait l’erreur de penser que c’était Gwen qui avait fait ça.

« Si vous avez peur de lui…, avait-elle dit en désignant la porte. »

À ce moment seulement, Clément avait reconnu à demi-mots l’agression.

« Ce n’est pas lui ! avait-il assené avec une assurance qu’il ignorait posséder. Gwen n’a rien fait, il n’était même pas là !

— Pardon, j’ai pensé que…

— Non, ce n’est pas lui, avait répété Clément. Gwen m’a aidé. »

La docteure n’avait pas réussi à lui tirer plus de renseignements après ça, mais elle avait pris quelques photos de ses blessures à titre de preuves et Clément y avait consenti. Elle avait rempli un papier long comme le bras pour décrire ses blessures et son état psychologique. S’il désirait porter plainte, avait-elle dit. Il avait secoué la tête en disant non, qu’il ne voulait pas. Mon dieu, il n’imaginait même pas la colère de Thierry à l’idée que Clément dépose plainte contre lui, à ce qu’il pourrait lui faire… Et elle lui avait aussi tendu une ordonnance qu’il avait, au bout de longues secondes, pris sans un mot. Des analyses à faire pour les infections sexuellement transmissibles. Il s’était convaincu que Steve était le seul et pas le dernier d’une longue liste. Mais il n’en savait rien en vérité.

Clément attrapa la couette et s’enroula dedans. Il n’y avait toujours aucune larme qui perlait à ses yeux. Il lui fallait une occupation, quelque chose. Il n’arrivait pas à lire quand il était dans cet état et la télé ne l’amenait pas à faire absence de lui-même. Malgré tout, il se dégagea de la couette, se leva et ouvrit le vieux meuble en bois qui contenait les quelques livres de ses parents.

La lecture n’avait jamais été une activité très prisée dans la famille, hormis par Étienne. Les livres étaient des classiques aux couvertures épaisses qui faisaient jolis dans la bibliothèque vitrée.

Clément en prit un, le soupesa et envisagea de s’assommer avec. La docteure lui avait prescrit une boite de somnifères, au cas où.

Il aurait aimé que Gwen reste, il était apaisant… Il écarta l’idée rapidement, il s’était montré déjà bien trop égoïste. Il se demandait ce que son collègue pouvait bien penser de lui. Ça s’était senti au boulot, à chaque regard, que Gwen n’avait pas une très bonne opinion de lui et Clément ne savait même pas comment ni pourquoi il avait réussi à énerver Gwen de la sorte.

En général, les gens ne faisaient pas très attention à lui. Mais Gwen le regardait, souvent, le rendant à la fois anxieux et gêné.

Il reposa le livre, se disant qu’il n’allait pas dépareiller la belle collection de sa mère et que de toute façon, le livre n’était pas assez épais pour l’assommer convenablement. Restait les cachets. Il avait avoué à la gentille docteure qu’il en avait déjà essayé toute une ribambelle depuis plusieurs années et seuls les plus forts faisaient effet. Elle avait hoché la tête et lui avait prescrit quelque chose de costaud.

Il détestait cette impression de tomber comme une masse, ça l’effrayait de se retrouver sans contrôle sur son corps alors il n’en prenait qu’en dernier recours quand la fatigue s’accumulait trop.

Ce soir s’apparentait à une situation d’urgence. Il sentait le noir l’envahir. Ce noir sombre et menaçant des cauchemars. Il le transforma en un noir bleuté de l’univers, un univers auquel il n’avait pas la sensation d’appartenir et dans lequel il pouvait peut-être cesser d’exister.

Il se réinstalla sur le canapé et prit le flacon de médicament, l’agitant pendant quelques secondes, entendant les comprimés s’égrener à chaque mouvement. Pas l’envie de rester mais pas non plus complètement l’envie de partir, Clément fut sage, ouvrit le tube et prit un seul comprimé, l’avalant avec le reste d’eau contenu dans son verre, resté sur la table basse.

Il fallut une bonne heure pour que le médicament fasse effet. Et durant ce laps de temps, sa mémoire l’obligea à se rappeler de tout, à passer certains moments en boucle, des petites humiliations presque quotidiennes auxquelles il ne prêtait même plus attention aux remontrances et aux actes les plus dégradants…

Il serra les dents devant les images de son cerveau, tenta de les repousser les pires à plusieurs reprises. Il s’accrocha au noir bleuté, tentant de se dissoudre dans l’univers. Sa vie n’était qu’un immense gâchis.

Gwen rentra au milieu du deuxième film de la soirée et tendit l’arrêt de travail à son oncle.

« Il va bien ? Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? demanda Yves en coupant le son de la télé.

— Il est tombé dans un escalier. C’est ce qu’il a dit. »

Yves grimaça.

« Ça donne quoi ? demanda-t-il.

— Une belle balafre, une entorse au poignet. Pas de trauma crânien.

— Tant mieux.

— Ouais, lâcha Gwen, pas complètement convaincu. »

Il fit un détour par la cuisine pour prendre de quoi grignoter. Il avait encore faim et se fit une assiette avec une cuisse de poulet froid et des tranches de concombre. Il y rajouta deux crèmes à la vanille. Sa tante se chargerait de lui demander une pension, à défaut de son oncle, quand elle se rendrait compte qu’il valait mieux l’avoir en peinture qu’en vrai.

Il tenta de ne pas se faire remarquer en montant avec son pique-nique dans sa chambre. Il était sûr que Muriel avait passé un coup d’aspirateur dans sa chambre la veille alors qu’il lui avait bien spécifié de ne pas le faire.

Il avait rendez-vous vendredi soir avec une agence pour un petit appartement en location non loin. Avec un peu de chance, la cohabitation forcée ne serait pas trop longue. Il se sentit comme un sale gosse. Yves et Muriel s’étaient pliés en quatre pour l’accueillir.

Il faisait tout de travers en fait depuis qu’il était là, ne pas montrer sa reconnaissance envers son oncle et mal se comporter avec son collègue, bon, il s’était peut-être rattrapé ce soir.

« Allez, Gwen, relax, se conseilla-t-il. T’as rien à prouver ici, t’as pas à rentrer dans le lard des gens à chaque fois ! Jusqu’ici, t’as rencontré que des gens sympas. »

Même certains de ses amis proches l’avaient trouvé trop vindicatif ces derniers temps. Il ne l’était pas, il en avait juste marre de se coltiner les cons à longueur de temps. Ce qui était tout de même reposant, c’est que ses meilleurs amis, Laurie, Nina, Jé et Liam avaient sensiblement le même ressenti. Ça devenait lassant à la longue de devoir éduquer tous les arriérés du pays.

Il dévora son poulet avec les doigts et finit par lever la tête, sentant son crâne le picoter.

« Oh ça va, toi ! Tu vas pas me faire croire que t’as emmené des couverts quand tu crapahutais dans la terre du milieu. »

Le poster eut la décence de ne pas répondre.

« Et de toute façon, c’est toujours meilleur quand on met les doigts, rigola-t-il. »

Il fit un clin d’œil à Josh, sûr que ce dernier le comprendrait.

Essuyant ses mains, il attrapa son téléphone pour surfer sur les réseaux et discuter avec ses amis tout en mangeant ses desserts. Il ouvrit le groupe de discussion.

Jelani : Hé, le campagnard ! Ça va ? T’as pas encore enculé une chèvre ?

Gwen : Si, toi ! Mais y’a longtemps !

Il éclata de rire, Jelani avait beau essayer, il n’arrivait jamais à complètement le désarçonner et Gwen pouvait avoir la répartie facile et vacharde. Il vit sa vanne susciter différentes réactions, un rire, un avion en flammes et un seau de pop-corn des autres personnes connectées.

Jelani : Connard !

Gwen : Présent ! Bon, comment vous allez tous ?

Liam : Bien, les filles te réclament.

Le cœur de Gwen pensa aux deux petites de Jelani et Liam, son mari, qu’ils avaient eues avec Nina et Laurie, mariées également. Il en avait arpenté ces dernières années des salles de mariage.

Gwen : Lesquelles ? Les grandes ou les petites ?

Nina : Les petites bien sûr ! Nous, on a comme une impression de vacances depuis que tu es parti…

Laurie : Avec les deux mini-machins ? Des vacances ? Tiens, regarde ce qu’elles ont fait ce matin !

Il se retrouva devant une photo d’une espèce de sculpture en bouts de polystyrène colorés et contempla les bouilles de Mila, quatre ans et Lou, deux ans, qui souriaient. Elles étaient mignonnes, les filles de ses amis, si on exceptait le regard inquiétant de mini-deuz, future sociopathe en devenir. Il était heureux pour eux.

Gwen : Magnifique ! Tu leur diras de ma part.

Laurie : T’as le droit de dire que c’est moche aussi.

Gwen : Nan, c’est juste que j’ai pas la culture artistique pour apprécier une telle recherche esthétique !

Jelani : Faux-cul en plus !

Gwen : Mais vraie bite !

Laurie : Gwen 2 – Jelani 0. Je sais même pas pourquoi t’insiste encore…

Jelani : Je l’aurais un jour, je l’aurais…

Il laissa passer un peu de temps puis tapota un Putain, vous me manquez… avant de l’effacer et d’écrire à nouveau.

Gwen : Vous êtes toujours aussi cons, c’est rassurant de voir que ça change pas.

Liam : T’es parti depuis deux semaines !

Nina : Ça va aller ? Sans nous ?

Les autres rajoutèrent des petits cœurs et le simple émoji lui fit se rendre compte du vague à l’âme qu’il ressentait et qu’il n’avait pas remarqué.

Gwen : Ouais, on se voit bientôt ! Vous viendrez squatter quand j’aurais un vingt mètres carrés pour moi tout seul.

Nina : Ça demandera un sacré niveau en Tetris, ça ! Surtout avec les petites !

Gwen réagit d’un bonhomme qui soupirait.

Jelani : T’inquiète, on trouvera bien comment se voir !

Gwen : Ouep. Bonne nuit, bise aux minis !

Il avait eu besoin de changer d’air, de changer de ville, ayant l’impression de tourner en rond dans sa vie. Il savait ce qu’il y perdait, pour l’instant, il ne savait pas encore ce qu’il y gagnait.

Un autre horizon peut-être ? Ce qui était un bon début.

Des yeux d’un gris de plage et un sourire timide lui vinrent de façon si précise en mémoire qu’il prit une inspiration rapide.

Il maugréa à lui-même :

« T’en as d’autres, des idées à la con comme celle-là ? »

Il se connaissait, il avait ces petites attirances comme ça, sans malveillance mais sans réel attachement. Mais là, il se trompait de cible. Déjà, le gars était à priori hétéro. Et il était… gentil. Les gentils ne couchent pas, c’est bien connu. Imaginer Clément dans ses bras, dans son lit, c’était aussi impossible que de l’eau sur Mars.

Josh lui souffla qu’apparemment, il y avait bien de l’eau sur Mars.

Gwen leva les yeux.

« J’croyais qu’on était potes, mec, reprocha-t-il au poster. »

Bonsoir,

Un petit mot pour dire que je ne suis pas sûr de pouvoir continuer à publier deux fois par semaine. Je garde la publi du week-end (pas de jour précis) mais la publi de milieu de semaine sera assez aléatoire.

Merci à vous. Et merci pour les votes et les messages, je suis pas super dispo pour y répondre mais je lis tout !

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