Réveil laponien (mytifle)

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Une histoire co-écrite par Costello, Corail et Mytifle.

      — Père Noël, père Noël ! PERE NOEL !!

Sacrerouge, qui avait donc permis à ce lutin d'avoir une voix si aiguë ? La masse ronde s'agita sous les couvertures rouges et blanches. Une tête coiffée d'un bonnet tout aussi rouge émergea de l'entrelacs de tissus pourpres. Encadré de poils plus ou moins longs d'un blanc presque suspect, le visage affichait un air revêche et contrarié du plus décevant effet.

     Le reste du corps s'extirpa à grand renforts de bâillements et de grognements, avant que des pieds ridés mais étrangement petits ne tapotent le sol en quête d'un entourage molletonné.

     La tête dodelina un instant au-dessus d'un ventre proéminent puis se tourna en direction de la fenêtre avant de se stabiliser.

     — Père Noël, père Noël !

     L'homme assis sur le bord du lit grommela quelques paroles incompréhensibles dans sa barbe, se retenant d'invoquer son Seigneur pour le prendre à parti. Quelle ingratitude, quel manque total de respect ! Il avait signé pour offrir de la joie aux enfants, pas pour se faire réveiller par les cris insupportables de Flamèche qui s'évertuait à ne voir en lui que la solution à tous les problèmes pouvant survenir. Enfin, surtout ceux qu'il était si apte à déclencher.

     — Père NO...

     Le brusque silence amena une moue perplexe et inquiète sur le visage de celui que tous appelaient Papa Noël dans ce village reculé de Laponie. Depuis l'arrivée des premiers Samis, malheureusement en même temps que lui, ce nom était resté, au grand dam de notre homme qui s'était vainement battu pour faire appeler cette terre La Noëlie. Vous conviendriez que cela sonnait tout de même plus joliment.

     Un bruit de tonnerre déchira l'étrange silence suivit d'un énorme fracas. Les sourcils du Père Noël remontèrent au niveau de ses cheveux, si tant est que l'on puisse les distinguer les uns des autres. Interloqué mais inquiet, celui-ci entreprit de basculer son grand corps hors du lit.

      — Mille millions de jouets sans sourire ! Flamèche a détruit l'escalier !

     Cette fois c'est l'inquiétude qui se refléta sur les traits du père Noël. Avec une agilité soudaine, il se faufila jusqu'à la fenêtre à travers le dédale de meubles et d'objets encombrant la pièce.

     Un hoquet agita faiblement sa poitrine lorsque ses yeux découvrirent l'œuvre de son lutin. Il était prisonnier d'une tour sans possibilité de sortir et son escalier... son bel escalier en bois de chêne achevait de se consumer au pied de sa tour. Ses mains s'agitèrent sous l'effet d'un tremblement compulsif, sa bouche s'ouvrit sans parvenir à émettre un son et Papa Noël perdit son calme.

     Flamèche s'était réfugié sur un amas de planche constituant un abri pour le bois et jetait des regards apeurés sur le troupeau de gloutons envahissant la place. Crétin !

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