Le récit de Jen

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"Lorsque vous êtes partis, j'ai suivi vos conseils : je me suis occupé du cheval, je l'ai nourri, et en attendant mon propre repas, j'ai préparé mes affaires pour la route.

Je suis parti en pleine nuit, avec une lanterne pour voir le chemin. Et ça ne fut pas simple, vous pouvez me croire, car votre cheval a peur des ombres mouvantes de la lanterne. J'ai eu bien du mal à le canaliser, et pendant toute la nuit il a fallu que je m'arrête régulièrement pour le calmer et le rassurer. C'est seulement lorsque les premières lueurs de l'aube se sont glissées à l'horizon, que j'ai pu éteindre la lanterne et avancer plus sérieusement. Je suis quand-même arrivé à Sil au petit matin, un peu fatigué par l'absence de sommeil et par le caractère de votre monture.

Je connais le chemin pour arriver au Temple, je n'ai pas eu de mal à monter jusque là-bas. Mais je dois dire que quand j'y suis arrivé, le spectacle m'a brutalement réveillé.


Déjà, je n'ai pas pu m'approcher, car des miliciens barraient le passage dans toutes les rues qui débouchent sur le Temple. J'ai tout de suite compris que j'aurai du mal à remplir ma mission. Mais je me suis planté dans une des deux allées qui mènent au Temple, pour comprendre ce qu'il se passait, et savoir quand j'aurai une chance de voir le Maître Intendant.

Plus les minutes passaient, plus ça s'agitait autour de moi. Quelques équipes de miliciens sont venu rejoindre celles déjà en place, dont une qui apportait un énorme bélier fait de gros bois, et renforcé de métal.

C'est alors qu'est arrivé un grand type en armure, qui avait l'air important, suivi de quelques bourgeois de la ville et d'une petite troupe de soldats. Ils se sont approchés de la porte du Temple, sans monter sur les marches, et de là ils ont apostrophé les personnes à l'intérieur.

Ca criait des deux côtés, mais je n'ai pas compris ce qu'il se disait. Le commandant en armure, lui, c'est clair qu'il menaçait les gens du Temple, mais pourquoi, je ne saurai pas le dire.

Reste que ça n'a pas duré longtemps. Le commandant s'est replié un peu plus loin, il a fait un signe, et des archers ont pris position un peu partout, à distance du Temple. Alors une troupe de miliciens s'est emparée du bélier, et a commencé à avancer, avec autour d'eux les soldats, qui les protégeaient de leurs boucliers.

Lorsque le bélier est arrivé aux marches du Temple, un grondement énorme a retenti. On aurait dit que c'était la terre qui grondait ! Tout le monde a fui en panique. Je me suis réfugié sous un porche, où je me suis dépêché d'attacher le cheval, dont par chance je tenais toujours les rênes.

Les miliciens, les archers, en tout cas tous ceux que je voyaient, étaient allés se cacher eux aussi.

Les seuls qui n'ont pas bronché, ce sont les miliciens qui portaient le bélier, et les soldats qui les entouraient. Ils ont poursuivi leur chemin jusqu'à la porte, et là, devant les lourds battants, ils ont commencé à balancer leur charge. Mais ils n'ont pas eu le temps de frapper une seule fois la porte ! Ils allaient le faire, lorsque la terre a tremblé, au point que beaucoup d'entre eux ont perdu l'équilibre, et leur bélier leur est tombé dessus. Des fissures sont apparues dans le sol, un peu partout autour du Temple, et là, à l'horreur générale, une fumée noire très bizarre est sortie du sol, en formant d'étranges volutes. Ca n'avait rien de naturel, croyez-moi !

A la vue de cette sorcellerie, même les soldats et les miliciens qui s'étaient approchés de la porte sont repartis - en courant, pour ceux qui le pouvaient, en rampant, pour ceux qui s'étaient blessés.

C'est là que je me suis aperçu qu'il y avait aussi de l'agitation du côté du commandant. Il y avait deux factions de miliciens qui se battaient autour des bourgeois ! Les hommes du commandant interpellaient les archers, pour qu'ils les aident, mais les archers étaient bien embêtés : ils pouvaient difficilement reconnaître qui était avec qui, et je ne suis pas sûr qu'ils avaient même envie de s'attaquer à des miliciens comme eux, de quelque côté qu'ils soient. Mais au final les soldats qui avaient accompagné le bélier se sont regroupés avec les miliciens du commandant, et ils ont repoussé leurs adversaires. Il y avait quelques morts sur le carreau, et les assaillants ont sûrement été encore pourchassés dans les rues lorsqu'ils se sont enfuis.

Pendant ce temps, la fumée noire continuait à sortir de terre, et faisait comme un rideau fin tout autour du Temple. Je le sais, parce que j'ai voulu profiter de l'affolement général pour faire le tour du Temple et trouver une ouverture où m'y glisser. J'espérais que les miliciens auraient délaissé un des recoins du bâtiment qui aurait une porte, ou même une fenêtre. Mais il n'y en a pas beaucoup, des portes et des fenêtres, et je n'en ai pas trouvé qui ne soit pas surveillée par les miliciens, même s'ils se tenaient maintenant tous abrités comme ils pouvaient.

Partout, il y avait cette fumée noire bizarre, vraiment pas quelque chose dont j'aimerais m'approcher, croyez-moi. Lorsqu'on la regarde attentivement, on s'aperçoit qu'elle est faite de volutes qui tournent tout le temps sur elles-mêmes, lentement, en cercle, et on a l'impression de voir comme de gros yeux noirs dedans, qui surveillent tout ce qui passe sous leur nez. Quand je me suis aperçu de ça, j'ai décidé que je resterai prudemment à distance moi aussi. Il n'y a rien que je déteste plus que ces sorcelleries.


Je suis retourné du côté de l'allée principale, face à l'entrée du Temple. Je n'ai rien vu bouger à l'intérieur, je dois dire. Au-dehors, le commandant a fini par revenir, avec sa troupe, et j'ai eu la nette impression qu'il préparait un siège autour du bâtiment, ou alors une attaque de plus grande envergure.

J'avais du temps pour réfléchir, et j'ai passé en revue mes options. Je ne pouvais pas prévenir le Maître Intendant, pour vos bandits. Je n'avais pas moyen de passer cette fumée noire et j'aurais risqué ma vie à essayer de rentrer sous le nez des miliciens. Je me suis demandé si je devais plutôt prévenir le commandant qui organisait l'attaque du Temple. Mais ça ne semblait pas une bonne idée de s'adresser à l'ennemi du destinataire du message. En plus, il avait l'air bien assez occupé comme ça pour prêter attention à mon histoire. Au final, je me suis dit que si vous êtes des amis du Maître Intendant, ou si vous travaillez pour lui, vous seriez plutôt intéressés de savoir qu'il a besoin de votre aide, car je ne sais pas si ses sorcelleries vont lui permettre de tenir longtemps face au siège qui se met en place.

J'ai donc abandonné l'idée de faire passer le message, et j'ai rebroussé chemin pour venir vous avertir. Pour le coup, quand j'ai traversé à nouveau le quartier du Sabot, tout le monde était dans les rues, à discuter de ce qu'il se passait. Les gens étaient bien énervés, chacun y allait de son hypothèse sur les événements, et chaque fois que quelqu'un apparaissait en courant avec de nouvelles informations, l'affolement montait d'un cran.

Je n'avais plus rien à faire là, donc je suis sorti de la ville. Je dois malheureusement vous signaler qu'un peu plus loin, après avoir fait un bon bout de chemin, je me suis retourné, et j'ai vu des panaches de fumées en direction de la ville. De ces gros panaches qui signalent à coup sûr un incendie.

La route était tranquille par contre, et j'ai fait une pause en chemin, pour le cheval et pour moi-même. Un peu après midi, j'ai rejoint ma ferme, où j'ai appris que des voleurs s'étaient emparés de deux dindes.

J'ai alors décidé de vous rattraper au plus vite, afin d'être de retour avant le soir pour défendre ma femme et ma ferme. J'ai suivi votre direction, et me voilà arrivé à la ferme de Crek et Nadiaa. Où je ne trouve encore une fois que vols et violence. Que se passe-t-il dans ce monde ? Pourquoi Crek et Nadiaa ont-ils été mutilés ainsi ? Cette région n'a pas connu de bandits depuis des générations. Et Sil qui s'embrase... Qu'est-ce que tout ça signifie ? Est-ce la fin du Royaume ?

Crek, Nadiaa, je vais faire le tour des fermiers de la région. Nous devons tous nous préparer à nous défendre. Contre quoi, je ne sais pas, mais mon idée est qu'on devrait se regrouper dans un endroit protégé, en attendant que le calme revienne."


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