Chapitre 49

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Île d’Oléron, cinq mois plus tôt

Alec serrait son portable contre sa poitrine, tellement fort qu’il aurait pu le péter. Il n’aurait pas dû l’emmener à la plage, les grains de sable pouvaient facilement s’incruster. C’était fragile, ce genre d'appareils.

Mais Alec s'en foutait un peu, il avait des choses plus importantes à faire que de protéger son portable. Il restait assis sur la serviette, à regarder les vagues mourir à quelques mètres de ses pieds. Son maillot de bain était encore mouillé, sa peau était en train de cuire sous le soleil.

Son visage était déjà bien bronzé. L’avantage quand on est à moitié birman, c’est que la peau ne prend pas un teint rouge dégueulasse quand on prend le soleil trop longtemps. Son portable restait bien collé contre sa poitrine, et ne le quittait pas.

Soudain, il sentit une vibration. Son coeur battit un peu plus fort tout à coup. Il regarda aussitôt son écran, et ce qu'il attendait depuis déjà trop longtemps arriva : « Message de Léo ».

Ses lèvres s’étirèrent en un sourire. Depuis quelques jours, il n’y avait que la vue de ce prénom qui arrivait à le rendre heureux. Tout le reste du temps, il n'avait plus goût à rien, il n'arrivait pas à s'amuser. Il en avait conclu que c'était ça, l'amour...

Il se jeta sur le message pour le lire :

« J’arrive à 16h ;) »

Et il s’empressa de lui écrire une réponse, ses doigts pianotèrent sur son écran à une vitesse impressionnante. Il voulait lui envoyer le message tant qu'il était encore là, il ne souhaitait pas encore attendre d'interminables minutes avant une autre réponse.

« On se rejoint à la sortie du camping ? »

Ça lui faisait bizarre. Il n’avait jamais fait ça : rencontrer quelqu’un sur une appli et le voir en vrai. Il commençait sérieusement à stresser.

Nouveau message de Léo :

« Ok ça me va ;) J’ai trop hâte ! »

« Moi aussi ! »

Ses doigts tremblèrent en écrivant ce dernier message. Il se posait des tas de questions, et il était sûrement trop tard pour y répondre. Est-ce qu’il allait tomber sur un pédophile qui l’assommerait et l’emmènerait dans un van pour le revendre en tant qu’esclave sexuel à un riche homme d’affaire psychopathe ? Est-ce qu’il allait être déçu en voyant que le gars ne ressemblait pas du tout aux photos ? Est-ce qu’il allait...?

— Alec ! Tu viens te baigner ?

C'était son père qui venait de le faire sursauter. Il avait encore le sourire, à l'époque. Toute la famille l'avait, ce sourire... Et il ne quittait pas leurs lèvres.

À quelques mètres de lui, son p’tit frère Loïc s’amusait à donner des coups de pied dans les vagues. Sa mère était en train de dormir, allongée sur une serviette avec ses lunettes de soleil.

— Nan merci, j’y suis déjà allé tout à l’heure !

Puis il fixa à nouveau son portable : pas de réponse. De toute façon, il n’y avait plus rien à dire. Il lui restait juste à attendre et à se faire des films, tout en sachant que ça se passerait forcément différemment de tout ce qu’il pouvait prévoir…

***

14h34, le rendez-vous était dans une heure et demie, un peu moins. Alec était en train de ranger les seaux et les pelles de son frère dans la voiture, pendant que ses parents étaient en train de se doucher pour virer les grains de sable qui s’étaient incrustés dans leur maillot.

Son téléphone trainait sur son siège, il fit attention à ne pas l’écraser en s’asseyant et le prit dans sa main. Toujours pas de message, Léo n'était probablement pas aussi stressé que lui...

Ses parents montèrent dans la voiture et ils partirent rapidement en direction du camping. Comme d’habitude, Alec oublia de mettre sa ceinture. Le sable dans son maillot de bain lui donnait envie de se gratter le cul.

Le trajet ne dura pas trop longtemps, le camping n’était qu’à dix minutes de la plage.

Quand ils arrivèrent à leur tente, Alec se précipita pour prendre ses affaires de toilette et filer vers les douches du camping. Il voulait se sentir propre pour son rendez-vous avec Léo. Il se lava énergiquement tout le corps et sortit rapidement de la douche, une serviette autour de sa taille. Des gouttes d’eau perlaient encore sur tout son corps, il se trouvait plutôt sexy, comme ça.

Il retourna à la tente pour prendre des affaires propres, enfila son plus beau t-shirt et son meilleur jean. Il prit le temps de se coiffer dans la glace, en plaquant une partie de ses cheveux sur le côté, mais il se trouva horrible, alors il essaya de les coiffer dans l’autre sens, sans succès non plus.

Ça commençait à le soûler, ses cheveux étaient en train de se rebeller, et ils avaient clairement choisi le mauvais jour. Alors il posa son peigne et passa sa main pour les secouer un peu, leur donner l’air un peu ébouriffés.

Et finalement, il fut satisfait du résultat. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres, il se fit un clin d’oeil à lui-même dans la glace, et partit se balader dans le camping, son téléphone bien rangé dans sa poche, la sonnerie activée.

Le temps passait trop lentement, il regardait l’heure toutes les minutes et il s’impatientait sérieusement. Il essaya de trouver des occupations pour éviter de stresser encore plus. Il alla voir son petit frère Loïc, il avait toujours des idées pour trouver des jeux amusants.

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