Jour 1 - Poisonous 

Une minute de lecture

Un instant, quelques secondes.

Sa bouche s’approcha de la mienne. Je sautai aussi dans le vide et une vague de sensations m'emporta. Mon esprit se perdait entre la joie, la chaleur, les caresses et l’excitation. Je me laissais porter par ce courant réconfortant. J’en avais le tournis, tout implosait en moi. Je sentais mes joues rougies et mes mains fébriles. Je touchais du bout des lèvres un nouveau monde, parallèle, inconnu, merveilleux. J’avais l’impression de flotter, de m’envoler.

Mais… pendant que je me laissais aller à cette transe inédite, une sensation étrange glissa dans mon corps. Elle s’insinua le long de mes veines, englua mes muscles, s’incrusta dans mes os. À l’instar de la première vague, elle était incontrôlable. Cependant, cette sensation était beaucoup moins agréable. Elle s’installait en moi, comme une gêne d’abord, comme ce genre de mal inexplicable que l’on ressent parfois. Impossible à identifier, et pourtant bien présente. L’intensité devint de plus en plus forte, grignotant les autres sensations tel un virus.

Bientôt je ne ressentais que Ça à travers tout mon corps. Mes joues étaient écarlates, mes mains tremblantes. Mes lèvres n’étaient plus liées à celles de l’Autre. Elles étaient seules et sanglotaient. Il n’était plus là, maintenant. Il avait puisé mon énergie et l’avait échangée contre son poison.

Mais il était trop tard, la malédiction était lancée. Qui sait quand j’en serai délivrée ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

TeddieSage
Salut. Moi c'est Danny Arseneau, alias TeddieSage. Pour une présentation plus complète, lisez le premier article. Je tenais juste à vous remercier d'avoir pris la peine d'ouvrir cette page, au cas ou vous souhaitiez mieux me connaître.

Ce blog n'est pas tout le temps joyeux. La vie m'a rendu malade, mais le confinement est en train de m'achever. Ceci sont mes confessions les plus intimes et je m'ouvre à vous, dans l'espoir de rejoindre quelqu'un qui aussi souffrirait en silence. Bienvenue dans mon cerveau. Vous trouverez parfois des passages légers, mais cet ouvrage se veut avant tout thérapeutique.

Les commentaires et annotations sont fermés. S'il vous plaît, ne faites pas trop attention aux nombreuses fautes et répétitions. Je n'écris pas tout ça dans le but de le faire éditer. Si vous souhaitez communiquer avec moi, je vous prie de le faire en privé. Je ne vise personne dans mes propos, je parle surtout de manière générale. Par contre, parfois je n'aurais pas le choix de répondre indirectement à des questions qu'on me pose, afin que certaines personnes puissent comprendre mon opinion sur certaines choses. En général, je ne mords pas.

Ce blog contient du langage grossier par moments. C'est un endroit pour me défouler, car j'en ai grandement besoin. Si je juge que mes articles posent problèmes, je passerais le tout en privé et partagerais son accessibilité qu'à des gens de confiance. Merci de votre compréhension.

Si le cœur vous en dit, sachez que vous pouvez désormais m'envoyer des dons ou des pourboires par PayPal. Permission accordée par les admins.

https://www.paypal.me/teddiesage
500
0
0
327
Lucivar
J'aime la poésie.

Tout en sachant que les mots sont de bien pâles interprètes poétiques et que je suis, moi, un bien piètre métromane, il m'arrive quelque fois de taquiner la rime ou l'image, oh pas longtemps, mais parfois suffisamment pour qu'il me faille bien recueillir le fruit vert mais caduc de ces velléités passagères.
27
41
20
7
Défi
Ingirum Nocte

Rue Chateau d'eau. Après-midi chaud. Cette petite m'agace le coin de l'oeil mais je ne fais rien pour m'en détacher. Elle fume sa clope, bavarde dans la touffeur de l'après-midi, pour tromper l'air qui s'ennuie entre les corps compromis.
Elle prend la pose, le coude planté dans le creux de la hanche, l'avant bras rejeté sur le côté, la cigarette dans la main retournée avec une négligence calculée. Sur son corps arrêté, son visage est tout en mobilité. Elle pitche sa dernière soirée. Non. Cette intensité... elle argumente.
Face à elle, assis sur son scooter rangé, un mec hâlé juste ce qu'il faut, lunettes de soleil, moue les lèvres un peu avancées, l'air sûr de lui, sourire blanc carnassier, un brin forcé. Il la suit avec attention. Ce qu'elle dit, il l'enregistre.
Elle ne le regarde pas, le buste légèrement tourné de mon côté, elle égrène un interminable chapelet de mots. Ceux qu'elle a sur le coeur? Elle ne l'examine que pour porter ses coups, à intervalles réguliers. Elle s'anime, change d'appui, agite les mains pour chasser la fumée qui paresse dans l'air, d'un geste saccadé.
Il se passe la main dans ses beaux cheveux noirs bouclés - pas ce geste d'appel, la tête légèrement rejetée en arrière pour mieux offrir le visage, non. Il plonge son visage dans ses mains, qui glissent jusque dans sa nuque dans un geste de lassitude, de reddition.
S'ils étaient dans un appartement, soustraits au regard des gens, il y aurait peut-être plus de gestes, moins de retenue. Mais cela ne donne que plus de force aux manifestations furtives de leurs émotions.
Il parle à présent, le cou avancé, une main légèrement tendue vers elle, pour capter son attention, pour souligner sa conviction. Elle l'esquive du regard, perdu dans le lointain, et du corps, toujours détourné, un bras replié sous sa poitrine, l'autre à demi pendant, avec la cigarette qui se consume dédaigneusement.
Et voilà qu'elle part, après une courte phrase et un hochement de tête courroucé. Elle disparaît au coin de la rue, d'un pas décidé.
Pendant toutes ces minutes, son corps mince, serré dans une courte robe sombre, semblait trembler derrière le voile du contrôle. J'ai eu très envie de la voir se libérer, pleurer, crier... Ou lui peut-être.
5
8
3
2

Vous aimez lire Fanwtome ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0