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Ce sera la dernière page de ce carnet.
Je suis sereine. Nous avons bien fait, car le mal naît des gens comme toi. Le temps que tu as passé avec nous, je t’ai aimé, même si je sais maintenant que tu n’aurais jamais pu me rendre cet amour.
Adieu, Camil.
Ta maman.

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Un gange baille à outrance au moment de passer par une fenêtre, sans doute en proie à la quête inconsciente d’un lit où se reposer. Il constate alors que le lit une place est laissé indemne par la paire de ciseaux. Les draps, défaits, lui donnent envie de céder à une maniaquerie qu’il ne se connaissait pas, et de le replier selon un ordre précis d’origami. Des marques indiquent que quelqu’un a là dormi d’un sommeil agité. Un livre posé par terre porte le titre d’une onomatopée ; et chaque page, noire, comporte une lettre blanche d’un « splash », « boum » ou « tchac ».
Un gris anthracite bleuté peint les murs survivants. Au pied de l’un deux, celui derrière le lit, un cadre ceint un angelot qui agite ses doigts boudinés sur une lyre. A côté de la fenêtre par où il est entré, un menu bric-à-brac d’enveloppes, de stylos à plume et de mouchoirs en tissus orne un bureau en bois. Dans le prolongement du bureau, la garde-robe a perdu une part de sa contenance, emportée par les engoulevents. Des robes, des vestes, sur des cintres remuent malgré l’absence d’alizé. Le gange avance prudemment dans cet endroit où il n’a point vécu. Les rideaux pendent comme une chevelure trop imposante devant des yeux qui n’ont que faire d’apercevoir quoi que ce soit.
Le vide sur lequel donne le pan de la chambre emportée est chez lui ; c’est dans ce puits sans fond que le gange trace sa route. Pourtant, depuis l’angle cette aura de lumière fatiguée où il se tient actuellement, il ne peut pas s’empêcher de se sentir mieux ici, où un autre quidam que lui a momentanément vécu. Il déplacera à son tour quelque lampe de chevet pour s’approprier l’endroit, froisser les pages du livre.
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