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En rentrant, j’ai senti une tension palpable. Marie me regarde avec un air ambigu : navrée, contrariée, agacée. Je sens la déception qui domine, je tente un grand sourire charmeur. C’est pire ! Bon, elle me demande, inquisitrice :

— Ça va ?

— Mais oui et toi bébé ?

— Je ne sais pas quoi penser…

Oh-là-là ! Il y a un loup. C’est le préambule des problèmes.

— Si tu me disais ce que tu penses ma douce.

— Tu n’as rien à me dire ?

— Mais non ! J’étais même pas là ! Je rentre du... boulot. C’est pas moi ! J’ai rien fait !

En fait, je rentre du bistro, c’est ma base d’opérations pour rechercher un hypothétique job. Mais tout le monde sait qu’il n’y a pas de travail en France. C’est mort. D’ailleurs, aucun de mes potes ne travaille. C’est dire.

— Tu sais que je déteste que tu me mentes ! C’est une chose impardonnable pour moi. Tu avais promis ! me dit-elle glaciale.

— La vérité ! Sur ma vie ! Que je sois…

— Tais-toi, tu serais foudroyé ! Alice ! éructe--t-elle.

— Alice ? C’est qui ?

— Arrête, tout de suite, Laurent !

— Ah, Alice ! Tu la connais ? Mais d’où tu la connais ?

— C’est mon amie, idiot !

— Mais nan ! Comment c’est possible ?

Et oui, et pourtant, je le sais. Je recherche inconsciemment toujours le même genre de femme. Belle, jeune, pas grosse, blonde si possible. Enfin, normale quoi. Et forcément, elles ont plus de chance de se connaître, de partager des choses… Mais c’est vraiment pas de bol !

— Tu vas arrêter oui ? Je suis très déçue tu sais ! Oh oui, si tu savais comme tu m'as déçue.

— Alors, tu vas rire…

Non manifestement, elle ne rit pas… Elle me foudroie du regard. Elle est méchante quand même !

— Bon, je peux tout expliquer !

— Vraiment ?

— Mais oui, je vais tout te dire !

— La vérité ?

— Oui, je te jure.

— Mais je t’écoute, alors ?

— Bon, j’ai juste parlé un peu avec elle. Tu vois, je lui ai dit qu’elle était belle… Mais y a rien quoi, même moins que rien.

— Alors, c’est moi qui vas raconter. Nous parlions de son nouvel amour. De l’homme de sa vie. Elle me disait qu’elle était folle de lui. Qu’elle avait enfin trouvé l’amour, le vrai. Et j’étais heureuse pour elle. Et elle m’a dit les mots doux que son homme lui a murmuré en l’embrassant. Et c’était « mes » mots à moi, ceux que tu me disais « à moi ». Et je me suis dit, non, il ne m’a pas fait ça ? Et elle m’a décrit cet homme et c’était tes traits. Et enfin, elle m’a dit : il s’appelle Laurent et j’ai cru mourir ! Salaud ! Oui, il n’y a rien comme tu vois !

Je suis super mal. Mais c’est incroyable une malchance pareille ! C’est une malédiction. Je le crois pas. Comment les femmes peuvent manquer à ce point de décence et raconter leur intimité sentimentale comme ça ? Comment ?

On peut se sortir d’un traquenard pareil ? Il fait super froid dehors, je n’ai pas envie de finir la nuit à la rue. Les femmes sont trop méchantes et injustes ! C’est une évidence. Trop méchantes !

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