…À la Baie de Tunis

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Alors du haut de sa colonne, le moine stylite, autrefois Cardinal Finzi et conquérant du Sahara s’adressa à ses disciples et leur dit :

« La vie donc, dis-je, est une chose qui me rappelle les plages limpides et aveuglantes de blancheur de la Baie de Tunis.

Nulle part la Méditerranée n’y est si bleue ni si cruelle.

La Baie de Tunis, au jour de votre choix, est susceptible de faire échouer n’importe quoi sur le rivage.

Vous n’avez qu’à nommer ce que vous souhaitez, et tôt ou tard elle finit par le rejeter.

Des déchets de pizza,

Des cannettes de KHOLERBRAU,

Des balles d’argent,

Des crosses d’évêque,

Une cassette noire pleine de jetons de casino,

Une tabatière en porcelaine de chine,

La tête de Domenico Pontecorvo,

L’estomac de Clément XV,

Une reconnaissance de dette de Léon X à Jacob Fugger,

Des cierges pascals par centaines,

Des vélos rouillés par milliers,

Des Scaphandriers noyés par dizaine de milliers,

Et au milieu de tout cela, méconnaissable, recouvert d’algues, de boue et de coquillages, qui sait, le sabre étincelant du Général Moltieri… »

Puis, après un moment, le moine stylite, autrefois Directeur de la Banque de l’Esprit-Saint et Prince de Tunisie, poursuivit d’une voix lente :

« Mais ne demandez pas à la Baie de Tunis de faire ressurgir l’épave du Bucentaure. Nul ne l’a revu et nul ne sait ce qu’il en advint.

Et ne lui réclamez pas les corps pour toujours enlacés de Donatella et de Don Juan.

La Méditerranée ne nous les rendra jamais ».

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