La Beauté est une arme terrible

2 minutes de lecture

Profitant de l’absence de la IVe Flotte aux prises avec celle de Pélissieux, le Général Moltieri débarqua en Tunisie sans rencontrer d’opposition et lance ses redoutables Carabiniers-Cyclistes à l’assaut de Carthage. Malgré une résistance de principe, le 17e Bataillon de Bersaglieri d’OUtre-Mer est balayé par l’efficace Ier Corps Maréporté de la Sérénissime. Le Palais Episcopal est investi et Le Cardinal Finzi fait prisonnier.

Face à son ancien compagnon du putsch romain de 1904, Moltieri incline à la clémence, au regard des pertes minimes causées à ses Scaphandriers chéris – la prunelle des yeux du Général - et se contente de l’exiler au Sahara après l’avoir fait abdiquer en faveur de sa nièce, à présent Princesse Donatella de Clermont-Roulis. Nicolai Finzi, pour qui l’heure de la retraite sonne comme un gigantesque coup de gong, prend philosophiquement le chemin du désert pour entamer une édifiante carrière de Moine stylite.

A présent à la tête du gouvernement tunisien, Pietranera n’entend pas renoncer aussi vite que son oncle face aux séides d’Offenbach, et la princesse regroupe en hâte les débris épars du 17e BOUM (Bersaglieri d’OUtre Mer) pour dresser un guet-apens sur le passage de Moltieri.

Lancée à la poursuite de Donatella, l’escorte du Général amphibie tombe dans une embuscade au plus étroit du défilé de Kalaa, et Moltieri ne doit la vie sauve qu’à la solidité de son casque, pourtant bien bosselé depuis le Dodécanèse.

Au prix de très lourdes pertes chez les Carabiniers d’Offenbach, le Ier CMS a finalement raison du 17e BOUM, et c’est en captive que Pietranera réintègre le Palais Episcopal dévasté, où Moltieri a dressé son QG.

Le Général, ulcéré par la mort de tant de ses compagnons d’armes qui l’ont suivi du Dodécanèse à Tunis, en passant par Novara et la Rosenbraukeller, ne peut contenir sa fureur quand la nièce de Finzi lui est amenée sur la terrasse du Palais qui surplombe la baie de Carthage.

Il s’exclame :

- Ah ça, Princesse ! Puisque la douce épousée que j’avais quittée Duchesse de Clermont-Roulis s’est donc muée en amazone furieuse assoiffée de sang, je vais, dit-il en dégainant son sabre, trancher ces appas qui vous doivent gêner pour le tir à l’arc, sacrebleu !

Pour toute réponse, Donatella de Clermont-Roulis entrouvre sa robe en détournant les yeux et tend, la main en coupe, le sein droit au fil de la lame, tout en détournant les yeux

Offenbach, subjugué par la grâce du geste et la courbe parfaite du sein qui s’offre à ses yeux, laisse tomber son arme qui fait un bruit de tonnerre en rebondissant sur la mosaïque carthaginoise.

Puis il se jette aux pieds de la Princesse en balbutiant :

- Euh… Donatella… mon amour… Novara… Venise… l’Italie… euh… la Méditerranée… je te l’offre !

- J’y consens, murmura Donatella toute rose, en rajustant son corsage.


La Révocation de l’Edit d’Utrecht


Pendant que se déroulaient ces dramatiques événements, de l’autre côté de la Méditerranée, Krogius abattait sa dernière carte : le Chancelier avait obtenu au terme de longues négociations secrètes, la Révocation du Traité d’Utrecht et la cession des Deux-Siciles à la Maison de Hohenstaufen.

Cela offrait une base de repli honorable à un Don Juan coincé à Haïfa, qui rejouait Guillaume de Beaujeu à Saint-Jean d’Acre, avec de grands effets de cape.

Hohenstaufen était la dernière mise de Krogius, et le dernier espoir pour Guillaume II de récupérer les sommes folles investies à fonds perdus dans ce patchwork de Principautés en folie qu’était devenu l’ancien Royaume d’Italie, depuis la désastreuse spéculation vaticane sur la couronne autrichienne.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Vous aimez lire Monalisette ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0