Chapitre 34 : En territoire ennemi

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Ils zigzaguaient entre les grandes arbres de la forêt tropicale, il faisait très humide et chaud. Les armures, pourtant étudiées pour ne pas gêner les apprentis dans leur mission, étaient un poid dans cette immense végétation. Elles s’étaient misent à grincer, sûrement à cause de la rouille qui se formait sur les jointures. Sous le métal, les jeunes gens transpiraient à grosses gouttes. Leurs cheveux étaient plaqués sur leur nuque et leur front. Ils souffraient du climat et le fait de marcher pendant trois jours à pleine allures ne les aidait guère.

De leur côté, les Krigus ne semblaient absolument pas gênéss par les conditions climatiques, après tout, ils étaient nés ici.emportés

Personne ne parla beaucoup durant le voyage et ils arrivèrent rapidement au village.

— Nous vous escorterons jusqu’au fleuve qui vous mènera en Wesiria, leur dit alors Etoile Noire. Reposez-vous.

§

A l’aube, deux soldats vinrent les réveiller. Etoile Noire les attendait au centre du village avec des provisions, un bateau et trois soldats.

— Voici Lune Noire, Eclair Roux et Coeur de Chêne, expliqua la chef en montrant respectivement une jeune fille qui lui ressemblait beaucoup, un jeune homme roux et un homme très costaud. Ils vont vous accompagner jusqu’au fleuve qui vous mènera en Wesiria.

— Merci pour tout, s’inclina Léarco suivit de ses coéquipiers.

— J’espère que nous nous reverrons un jour, ajouta Sheireen.

— Vous serez toujours les bienvenus, assura Etoile Noire. A bientôt.

A ces mots, les deux hommes soulevèrent le bateau tandis que la femme prenait les provisions. Ils se dirigèrent ensuite vers la forêt, suivi des apprentis dragoniers qui faisaient signe à Etoile Noire pour lui dire au revoir.

Malgré leur connaissance du terrain, les Krigus avançaient doucement entre les arbres, changeant souvent de position la pirogue.

— Combien de temps allons-nous marcher ? demanda Seth à la femme.

— Nous y serons demain avant la nuit.

— Vous voulez de l’aide pour le bateau ? proposa Oma.

— Non, ne vous inquiétez pas, répondit Coeur de Chêne de sa voix grave.

Elle n’insista pas et ils continuèrent à marcher en silence. Il faisait aussi chaud et humide que lors de leur retour de temple de Soliss. Encore une fois, les armures n’aidaient pas, Sheireen finit même par retirer quelques pièces pour respirer un peu.

§

Ils entendirent avant de voir le fleuve. Déchainement d’eau, les apprentis se demandèrent comment ils pourraient naviguer sans danger sur ses eaux. Pourtant, les Krigus assurèrent que c’était faisable et, après avoir mit les provisions dans la pirogue, les apprentis montèrent à bord. Alors qu’ils étaient emporté par le courant, ils dirent au revoir aux soldats avec de grands gestes. Les silhouettes rapetissèrent rapidement puis disparurent au loin.

Ils se reconcentrèrent alors sur la navigation. Le courant les ramenait dans la bonne direction mais le bateau basculait dans tous les sens. Ils se mirent donc d’accord pour se relayer pour contrôler l’eau sous la longue barque. Sheireen fut la première et, après quelques ajustements, leur embarcation fut beaucoup plus stable.

Le courant était fort et ils furent rapidement entourés de montagnes. D’après les Krigus, lorsque les montagnes disparaîtraient, ils devraient continuer à pied pour éviter de se faire repérer.

Lorsque ce fut le cas, il faisait nuit, ce qui leur permit d’accoster avec discrétion. Ils découvrirent alors de grandes étendues d’herbe des deux côtés du fleuve.

— Par où devons-nous aller ? finit par lâcher Seth.

« Orestt ? »

« Qu’y a-t-il ? » répondit-il immédiatement.

« Aurais-tu une carte de Wesiria ? »

« Je peux en trouver une, mais comment je pourrais te la faire parvenir ? »

« De la même façon dont tu me parles actuellement. Tu n’aura qu’à la visualiser et me la transmettre. »

« Je te recontacte dès que je l’ai. »

— Sheireen ? disait Léarco.

— Oui ? Désolée, je pense avoir la solution. Continuons à suivre le fleuve, je nous aurais une carte sous peu.

§

Il marchèrent une journée avant d’apercevoir les premières fumées de cheminée. Ils décidèrent donc d’attendre la nuit avant de traverser la zone.

« Je l’ai ! Sheireen ! J’ai la carte devant les yeux. » résonna la voix de Orestt dans la tête de la dragonière qui marchait à pas de loup derrière Léarco.

Il faisait nuit, seule la lune éclairait leur pas. Ils marchaient les uns derrière les autres, passant du couvert d’un arbre au couvert d’un buisson épineux. Sheireen lui répondit sans avoir à vraiment se concentrer. Elle s’améliorait de jour en jour.

« Transmets la moi. »

Après quelques minutes de silence pendant lesquelles le groupe continua d’avancer, la carte de Wesiria se dessina dans sa tête. Un long fleuve parcourant une grande partie du territoire. Orka. Des villages un peu partout mais surtout près du fleuve. Près de la mer, sur une presqu'île, An Wesiri, la capitale. Elle ouvrit les yeux, elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle les avait fermés, devant elle, l’écart avec Léarco s’était creusé. Elle accéléra le pas et arrivé au niveau du prince, elle chuchota :

— C’est bon, j’ai la carte. Nous marchons dans la bonne direction.

§

Les jours passèrent sans qu’ils ne rencontrent aucuns problèmes. Ils avaient traversés le grand fleuve par l’un des ponts Wesi de nuit et approchaient d’un bois sombre. D’après la carte, que Sheireen avait retranscrit sur papier grâce à Orestt, après ces arbres, ils verraient imédiatement An Wesiri et y seraient en une petite journée.

Le groupe marchait donc presque avec sérénité entre les grands troncs. Ils marchaient tout de même seulement la nuit. Et, vers minuit, alors qu’ils marchaient plus ou moins au centre de la forêt, Oma s’arrêta net. C’était elle qui guidait la marche et tous s’arrêtèrent donc derrière elle.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Quelqu’un approche, lâcha-t-elle en dégainant.

Sheireen tendit l’oreille, au loin, résonnaient les sabots de plusieurs chevaux.

— Ce sont des cavaliers, déclara l’elfe en dégainant à son tour.

Les autres l’imitèrent et se mirent en position de combat. Cinq cavaliers apparurent alors entre les arbres. Ils se mirent à trotter autour de groupe. Menaçant les apprentis avec leurs armes.

— Jetez vos armes ! ordonna l’un d’entre eux.

— Hors de question, répondit Sheireen en lança une lame vers lui.

Le poignard atteignit l’homme entre la pièce d’armure du torse et le casque, le tuant sur le coup. Le cheval du cavalier se cabra et s’enfuit, le corps traînant sur le sol, le pied du mort encore accroché aux étriers.

Un des autres cavaliers leva une main, il marmonna quelque chose. Il lançait un sort. Sheireen, Léarco et Oma eurent le temps de se protéger mais Eglantine et Seth furent plaqué au sol, les bras collés le long du corps, incapables de bouger. Léarco lança en représaille un sort qui n’eut aucun effet. De leurs côtés, les deux jeunes femmes tenaient à distance les trois cavaliers armés.

Malgré leur talent au combat, elles étaient débordées. En plus de devoir éviter les longues lances des Wesi qui les tenaient à distance, elles devait faire attention de ne pas finir écrasé sous les sabots des chevaux. Elles décidèrent donc de faire comme Léarco et d’utiliser la magie. Elles rangèrent leurs épées et leurs paumes s’allumèrent.

Ce fut un déchaînement d’éléments. Oma utilisait le feu tandis que Sheireen faisait appel au vent. Derrière elles, Léarco reculait face au magicien Wesi. Il perdait beaucoup d’énergie inutilement, le cavalier n’était pas affecté par ses tentatives de sort, usant son pouvoir pour rien. Sheireen remarqua alors qu’il saignait. Quand était-ce arrivé ? Elle n’eut pas le temps de lui poser la question.

Une douleur à la poitrine lui coupa alors le souffle. Elle tourna son regard vers la source de la douleur. Son armure était enfoncée, elle toussa. Du sang coulait sur son menton. Le monde tombait ou bien était-ce elle ? Pour toute réponse, sa tête heurta le sol.

Elle entendit vaguement Léarco crier son nom puis ce fut le noir.

§

Orestt apportait à boire à l’une des dames de la cour lorsqu’une douleur à la poitrine le fit tomber à genoux. Un goût de sang emplit sa bouche et sa respiration se fit sifflante. Que se passait-il ? L’avait-on empoisonné ?

Il souleva son t-shirt, il n’y avait rien. Il cracha au sol, pas de sang. Non. Ce n’était pas ses symptômes.

Sheireen.

Se concentrant, il tenta de la contacter, en vain. Réfrénant un sentiment de panique et ignorant la douleur, il se concentra de nouveau, cherchant Sheireen avec son esprit. Une lumière faible dans la forêt la plus proche de la capitale. Il ne savait pas comment il avait fait, mais lorsqu’il rouvrit les yeux, il se tenait aux côtés de la jeune femme.

Elle était seule, allongé dans la boue, inconsciente. Son armure était enfoncé au niveau de la poitrine. Elle devait avoir plusieurs côtes cassé et peut-être des organes endommagés. Orestt s’approcha et la tira vers un tapis de mousse. Il entreprit ensuite de lui retirer l’armure cabossée. Il s’assit à ses côtés et commença à la soigner. Après avoir nettoyé ses plaies, il utilisa l’un des seul sort de guérison qu’il connaissait pour accélérer la guérison.

Après une heure de soin, il la cacha sous des feuilles et retourna au palais pour faire son travail.

§

Lorsque Sheireen se réveilla, il faisait nuit et elle était allongé sous un tapis de feuilles mortes. Elle tenta de se redresser mais renonça à cause de la douleur. Les événements lui revenant en mémoire, elle chercha ses amis dans les alentours. Personne. Pourtant elle avait était soigné. Se demandant comment elle allait s’en sortir, elle se rendormit.

§

Après avoir finit de servir les nobles de la cour, Orestt retourna auprès de Sheireen.

— Qui est là ? demanda une voix faible lorsqu’il apparut près du tas de feuille.

— Sheireen ? Tu es réveillé ! répondit-il en accourant vers elle.

— Orestt ? C’est toi qui m’a soigné ?

— Oui, j’ai utilisé ce que tu m’as appris, disait-il en retirant les feuilles. Que s’est-il passé ?

— Nous avons été attaqué. Les autres ont surement été capturés. Ils ont dû croire que j’était morte, expliqua-t-elle en se redressant avec une grimace. Je dois aller les aider.

— Tu n’es pas encore remise.

— Combien de temps s’est-il passé depuis l’attaque ?

— Plus d’une journée.

— Ils sont donc presque arrivé à An Wesiri. Je dois faire vite. Soigne-moi, ordonna-t-elle.

Secouant la tête avec désapprobation, il alluma tout de même ses paumes.

Lorsqu’il eut fini, elle se leva en prenant appui sur un arbre.

— Ce n’est pas une bonne idée.

— Tu l’as déjà dit, disait-elle en vérifiant le tranchant de sa lame. Mais, j’ai une mission. Quoi que tu dises, j’irais.

— Alors je t’accompagne.

§

Ils avaient trouvés le cheval du cavalier tué par Sheireen, ainsi, ils purent rapidement rattraper les Wesi et leurs prisonniers.

Ces derniers n’avaient pas à se cacher, ils avaient monté leur camp et fait un feu au milieu d’une grande plaine. Sheireen et Orestt attendirent que tous dorment avant de passer à l’action. Les trois Wesi dormaient, ils n’avaient pas pris la peine de mettre en place des tours de gardes. Alors que Sheireen détachait les prisonniers pendant que Orestt montait la garde. Seth se réveilla vivement et, lorsqu’il vit sa soeur, il s’exclama :

— Tu es en vie !

Ce qui suffit à réveiller les Wesi et les autres prisonniers.

Tous dégainèrent et se jetèrent sur les nouveaux venus. Seul Seth avait été détaché, ainsi ils étaient trois contre quatres.

Sheireen s’occupait du magicien, l’attaquant sans relâche pour l’empêcher de riposter. Elle finit par le faire tomber au sol avant de le transpercer de sa lame. Elle arrachait son épée du corps sans vie lorsqu’un cris dans son dos la fit se retourner vivement. A ses pieds reposait un des Wesi, une lame en travers de la gorge. Elle vit Orestt lui faire signe. Il avait abattu l’ennemi qui tentait de l’attaquer dans le dos. Elle le remercia et se tourna vers son frère qui venait d’achever un autre ennemi. Lorsque celui de Orestt fut mort, ce dernier disparu et Sheireen alla délivrer Léarco, Oma et Eglantine.

— Tu es vivante ! Je n’y crois toujours pas, disait Eglantine en la serrant dans ses bras.

— Et oui, ce n’est pas un cheval qui va m’avoir, vous savez.

— Ça je veux bien y croire, répondit Léarco avec un sourire. Grâce à toi, nous allons pouvoir poursuivre notre mission.

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