Tout le monde est là

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- Elle est super cette parade, papa !


- Oui, elle est top.


- Il y a du monde qui suit la parade, hein ?


- C'est vrai !


- Tout le monde est là !


- Tu crois ?


- Oui, même les grands-mères.


- Ha ha, même les grands-mères !


- Et même les connards !


- Même les c... attends, quoi ??!!

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Défi
ACBoulet

La nuit commençait à s’étendre sur tout le haut plateau. La pleine lune éclairait le paysage, donnait aux arbres des reflets bleutés et jaunes. Les ombres des hauts cyprès s’étendaient longuement sur la clairière, cernée sur sa moitié nord par la forêt, puis se jetaient dans le vide pour alimenter l'épaisse nuit qui recouvrait déjà le lit de la rivière, en contrebas. Un vent frais descendait la montagne, encore chargé d’humidité, de fraîcheur et de l’odeur des bruyères qu’il avait traversé. Une légère brume, entraînée par ce vent, passa lentement sous la Lune. Son ombre traversa d’abord la clairière et s'apprêtait à pénétrer dans la forêt. Elle fut rapidement disloquée en une myriade de petits voiles sombres qui parcouraient les aiguilles et les feuilles des arbres, accentuant ainsi le mouvement de balancier des arbres imprimé par le vent.
Un pic épeiche, d’abord surpris par un changement de luminosité, repris ses coups de bec dans le bois d’un des cyprès. Ce son régulier rappelait à Takagi le bruit des petits pétards qui amusaient les enfants lors du festival de temple de Shijûkara. Ce souvenir le projeta chez lui. D’un mouvement bref et sec de ses épaules, il chassa ses souvenirs afin de se concentrer. Il entendait les feuilles des graminées qui recouvraient la prairie, chahuté par le vent. Il perçut ensuite un air plus frais descendre dans ses poumons avant de ressortir par son nez et d’y abandonner les odeurs de la montagne et du thym. L’air frais parcouru ses avant-bras, son dos, avant de soulever légèrement une mèche de cheveux de sa nuque.
Le craquement d’une branche se fit entendre, un craquement que l’on avait voulu dissimulé. Takagi sut que la rencontre qu’il espérait depuis deux jours allait enfin se produire. Par réflexe, sa main droite voulu alors s’emparer de son épée, mais son état de concentration lui permit de réfréner ce mouvement.
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SOAnarchy


 Je m’appelle Eddy Cokran. Lorsque vous lirez ces mots, je ne serais plus de ce monde. Actuellement dans le couloir de la mort, mon exécution est pour ce soir. Condamné à mort par électrocution pour un meurtre que je n’ai pas commis…
 Tout a commencé il y a six mois. Je me souviens encore de cette fameuse soirée prévue pour l’enterrement de vie de garçon de mon meilleur ami Brad, déambulant en tenue de détenu dans tout Vegas avant de quitter les rangs des célibataires. Une soirée bien arrosée et dont j’avais su profiter sans contraintes. J’avais fini dans ma chambre peu de temps avant que le soleil ne projette ses premiers rayons offrant ainsi une magnifique vue sur la ville qui ne dort jamais.
 C’est au réveil que tout avait basculé. Je n’étais plus dans la suite mais dans une pièce digne d’un film d’horreur. L’évier était rempli de détritus et de vaisselle sale où les cafards et autres rampants avaient élus domicile. Le sol quand à lui recouvert de sang s’accordait parfaitement à celui qui imprégnait mes mains et mes habits. J’avais l’impression d’être un boucher dans un abattoir attendant sa prochaine victime. Mais le plus horrible était le corps démembré de cette jeune fille dont la tête ornait une sorte d’autel éclairé par des bougies qui semblaient récentes. Tout cela n’avait aucun sens pourtant, je ne parvenais pas à me rappeler comment s’était achevé la soirée ni même la manière dont j’aurais pu me retrouver ici.
 Je ne voyais qu’une chose à faire : prendre la fuite ! Appeler la police ? Hors de question comment leur expliquer que vous venez de vous réveiller dans un endroit inconnu, à côté d’un cadavre et que vous êtes recouvert du sang de la victime sans savoir ce qui s’est passé ? Je devais avant tout essayer de comprendre ce qui s’était passé. Je quittais cet enfer sans demander mon reste et décidais donc de contacter Brad où l’un de nos amis présents hier soir dans un premier temps. Au détour d’une ruelle, je troquais un vieil imperméable et quelques fringues à un clochard contre le peu d’argent qu’il me restait afin de ne pas attirer l’attention. Le quartier m’était familier et je n’étais qu’à quelques rues de chez moi. Comment pouvais je être ici alors qu’hier soir encore j’étais à Vegas qui est à cinq heures de route ?
 Tout s’embrouillait dans ma tête mais je devais tirer tout ça au clair. Arrivé devant mon immeuble, je m’empressais de franchir de me rendre à la réception où le concierge pourrait me donner le double de mes clés. Al était là mais l’expression de son visage n’était que stupeur quand il me vit entrer dans la pièce. J’en ignorais la raison et lui expliquais simplement que j’avais égaré mes clés et voulait simplement rentrer chez moi. La seule réponse que je reçus fût une invitation à quitter les lieux avant qu’il prévienne la police. Le monde était-il devenu fou ?
 Malgré mon insistance il refusa d’obtempérer et je n’eus d’autre choix que de prendre la fuite lorsqu’il commença à composer le 911. Je déambulais alors dans les rues de New York tel un zombie. Pas à la recherche de nourriture mais d’explications sur ce qui m’arrivait. Brad ne répondait pas à mes appels ni les autres certainement en train de récupérer de la veille. La police m’interpella quelques heures plus tard suite au coup de fil de Al. L’interrogatoire dura des heures, face à des agents incrédules qui semblaient avoir de quoi m’incriminer pour meurtre. Ils s’étaient rendus dans l’immeuble où la jeune femme avait était tuée et les seules empreintes qui étaient sur la scène de crime étaient les miennes et celles de la victime. Meurtre ressemblant étrangement à plusieurs crimes encore non élucidés. L’ADN n’allait pas non plus jouer en ma faveur…
 Mais cet étrange affaire pris une autre tournure lors de ma première nuit en cellule. A la vue du reflet émanant du miroir : ce n’était pas moi ! Le beau blond aux yeux clairs, aux abords de la trentaine avait laissé place à un grand brun ténébreux et à la barbe hirsute. Un étrange tatouage ornait également mon dos, une sorte de signe cabalistique qui n’était pas sans me rappeler l’étrange symbole sur l’autel où était la tête de la jeune femme. Cette dernière se nommait Sarah Jones et avait disparu depuis quelques jours. Aucune trace, aucune nouvelle selon ses proches jusqu’à ce que la police me tombe dessus et découvre son funeste destin. La folie s’emparait de moi, plus rien n’avait de sens. Je comprenais mieux la réaction de Al, peut être même celle de mes amis contactés par un inconnu…
 Cette découverte ne m’aida pas lors des jours qui suivirent. J’étais toujours le principal suspect dans cette affaire, accusé également du meurtre d’Eddy Cokran dont famille et amis étaient sans nouvelles depuis cette fameuse soirée à Vegas et fût alors placé en hôpital psychiatrique dans l’attente de mon procès. Ce dernier dura trois jours, au vu des preuves qui m’incriminaient, le jury fût unanime et me jugea coupable pour meurtre et usurpation d’identité…
 Les semaines passèrent attendant donc mon exécution, clamant toujours mon innocence. Puis vint alors le moment tant attendu par les Jones, celui qui même s’il ne leur rendrait pas leur fille, débarrasserait la terre de son bourreau. Ma vie commença alors à défiler devant mes yeux, pensant à tout ceux que je laisserais derrière moi tandis que le prêtre m’accordait les derniers sacrements. Le gardien attendait à côté de la chaise, prêt à m’attacher et à me faire vivre mes derniers instants. Je sentis alors les sangles s’emparer de mes chevilles et de mes poignets, le bâillon fendre mes lèvres, suivi de l’éponge déposée sur mon crâne, la sensation de l’eau ruisselant sur mon visage serait l’un de mes derniers souvenirs sur cette terre. De l’autre côté de la vitre, la famille et les proches des deux victimes me foudroyaient du regard. Je voyais les larmes couler sur le visage de certains d’entre eux, et la peine sur celui de mes amis. J’aurais aimé leur dire que j’étais bel et bien là, que tout cela n’était qu’un rêve mais toute tentative serait vaine. J’entends alors le levier de miss cent mille volts se baisser, m’amenant plus proche de la mort. Mais avant que le gardien ne recouvre mon visage, je vois cet homme tapi dans l’ombre. Apparu tel un fantôme dont personne n’a remarqué la présence. Sous ce chapeau, je reconnais cette chevelure blonde, ce sourire angélique mais aussi l’étrange tatouage sur sa main qui n’était pas là auparavant. Il s’agit d’Eddy Cokran ! On dit souvent que quand on use de la magie, il y à un prix à payer. Cet homme qui continuera à perpétrer ses crimes en mon nom à payé le sien et au moment où je rends mon dernier souffle, spectateur de ma propre mort, je ne peux que penser à ce que des millions de personnes ont du clamer jusqu’à ce que la mort vienne les prendre : je suis innocent…
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