Deuxième interlude : Piège (2/3)

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Il se détacha d’elle, ses doigts s’attardant sur sa taille. Alors qu’elle regardait son coéquipier partir du coin de l’œil, Maïa eut une drôle de sensation dans son ventre. Elle tourna la tête et plissa les yeux, marchant vers le bar sans discuter.

Elle récupéra son verre et en but une gorgée, histoire de se calmer les nerfs.

« Me revoilà, je suis désolé de t’avoir abandonnée, lança sincèrement Salim, ses yeux verts brillant à la lumière des néons.

-J’ai suivi une formation de secourisme, peut être que je peux aider ? lança innocemment la Marquée, espérant revenir à temps pour réceptionner le suspect de Raphaël.

-Tu ferais ça ? Je ne suis pas sûr d’avoir eu les bons gestes avec lui …, hésita le garçon. Sa fièvre a empiré, je devrais lui ramener de l’eau. »

Ses yeux noirs s’illuminant, Maïa sourit en coin. Il y avait des chances que le Rubis ne soit pas loin.

Elle regarda discrètement derrière son épaule, espérant capter un signe de son coéquipier. Malheureusement, Raphaël était hors de son champ de vision et, avec Salim qui risquait de lui filer entre les doigts, elle n’avait pas le temps de le prévenir. Elle irait en reconnaissance seule puis elle reviendrait chercher son camarade une fois la cible confirmée.

Souriant chaleureusement, la Marquée se tourna vers Salim qui lui fit signe de la suivre. Le son de la musique battant dans ses oreilles, les flashs des lumières aveuglèrent brièvement la jeune fille qui continua à avancer en traînant légèrement les pieds. A mesure qu’elle avançait, le son se faisait de plus en plus sourd, les néons troublaient sa vision. Maïa gémit, incapable de distinguer où elle mettait les pieds.

Posant une main sur ses tempes, la Marquée continua d’avancer, sans réellement savoir où était Salim.

Quelqu’un avait dû mettre quelque chose dans son verre.

Des vertiges la prenant, elle dut lutter contre la gravité qui attirait son propre corps vers le sol. Ses sens émoussés, elle voyait soudainement flou. Elle sentit qu’on lui prenait la main et qu’on la guidait quelque part. Elle entendait difficilement la forêt frissonner sous le vent, les branches pliant sous la force de l’air, les feuilles se voleter au gré des bourrasques.

On l’assit sur le sol et Maïa essaya de combattre cette force qui la dirigeait mais son corps refusait de lui répondre. La main étrangère sur sa cuisse la dérangeait. Agacée, elle lança son poing au hasard, mais son coup ne partit jamais.

Une énorme fatigue physique s’empara d’elle et la Capitaine des Pégases ferma les yeux, ne comprenant pas pourquoi son corps semblait avoir un besoin nécessaire de se régénérer… Soudain elle eut un déclic. Sa Force Vitale s’échappait librement de son corps. Elle n’avait pas besoin de voir sa Marque pour comprendre que le halo vert feuille s’estompait. Pourtant elle n’avait pas été blessée … Maïa secoua la tête, ce n’était pas le moment. Il fallait qu’elle se sorte de là.

Guidée par les pulsations de vie de la forêt, elle se releva tant bien que mal, sa respiration haletante résonnant dans ses oreilles. Elle ferma les yeux, laissant ce qu’il restait de sa Force Vitale l’éclairer. Soudain, on la faucha au niveau des chevilles et elle s’écrasa sur le sol :

« Où crois-tu aller, jeune Marquée ? ricana une voix. »



Maïa ouvrit difficilement les yeux, peinant à distinguer qui était la personne avec elle. Elle pesta contre sa propre faiblesse et tenta de se relever, bandant ses muscles fatigués. Lorsque que le coup frappa son ventre, son souffle se coupa et elle se mordit la langue. Elle cracha le sang qu’elle avait dans la bouche et son regard noir se leva sur la figure floue qui ricanait au-dessus d’elle.

« C’est par ici que ça se passe Maïa, voyons. »

Elle s’essuya rageusement le visage, se jurant qu’elle le tuerait. Sa vision lui revenant doucement, elle cligna des yeux, essayant de distinguer son agresseur.

La jeune fille posa discrètement une main sur sa cuisse, essayant d’attraper une de ses lames. Lorsque ses doigts touchèrent le bois froid du kaiken, elle sourit cruellement, sa poigne se refermant vigoureusement sur la garde du couteau de quinze centimètres. Elle souffla discrètement, se concentra sur sa cible encore très floue et lança le kaiken de toute ses forces. Ses yeux peinant à suivre, elle vit la forme floue disparaitre de son champs de vision pendant un instant puis revenir en pestant :

« La garce a des crocs à ce que je vois… »

Maïa vit son agresseur se diriger rapidement vers elle et l’agripper par les cheveux, son visage s’approchant dangereusement de celui de la jeune fille. Par réflexe, la Marquée plia son poignet, détachant par ce geste une de ses dagues attachés sous ses avants bras et la planta brutalement dans le cou de celui qu’elle avait reconnu comme étant Salim.

Elle le regarda s’étrangler puis, ne perdant pas de temps, elle en profita pour se relever et s’enfuir de cet endroit. Ses sens revenant doucement à la normale, elle claudiqua au hasard, guidée par la Terre qui vibrait sous ses pieds.

Des frissons de peur panique remontant son dos, elle se figea quand elle entendit un hurlement de rage provenir de l’endroit où elle avait été amenée. Son cœur battant frénétiquement, elle s’appuya sur les arbres pour avancer, sa Force Vitale restant à un niveau affreusement bas pour une utilisation efficace de son Don.

Essoufflée, elle risqua un regard derrière elle, une main sur ses étoiles de jet disposées dans le haut de son dos. Tout autour d’elle était silencieux, le froid de la nuit s’installant dans la forêt. Maïa prit une grande inspiration, essayant de minimiser le bruit qu’elle faisait.

Soudain, le bruit d’un caillou roulant sous des pas légers attira son attention. Ses doigts se refermèrent sur ses shuriken et elle les lança avec force en direction du bruit avant de prendre la fuite dans la direction opposée. Elle les entendit se planter dans les arbres dans un bruit mat et pesta, maudissant sa faiblesse physique.

« Merde ! Cap, c’est moi ! »

Maïa se figea, reconnaissant la voix de son coéquipier. Prudente, elle se tourna vers le son, une main dans son dos prête à dégainer. Elle soupira de soulagement quand elle reconnut le visage soucieux de Raphaël.

« Qu’est-ce qu’il s’est …

-Je me suis fait avoir par le Rubis, coupa-t-elle, ses yeux scrutant les environs. Il faut qu’on se tire de là, Raphaël ! Je ne suis pas en état de le combattre. »

Elle le vit serrer les dents mais acquiescer sans rien dire. La Capitaine des Pégases savait que son coéquipier était un Marqué puissant. Mais elle ne pouvait pas l’envoyer seul pour éliminer la Pierre de Pouvoir. Pas tant qu’elle était dans l’incapacité d’utiliser son Don à pleine puissance.

Soudain, un trait de feu fusa dans leur direction, leurs réflexes de Marqués leur permettant in extremis de l’éviter. Raphaël plongea au sol, ses yeux verts fixés sur l’adolescent qui ricanait cruellement, une flamme dansant au creux de sa main.

« Deux pour le prix d’un ? C’est mon jour de chance ! s’exclama Salim en se léchant les lèvres. Viens Maïa ! Sors de ta cachette ma petite Marquée, fit-il en caressant la petite plaie que lui avait laissée la dague de la jeune fille. »

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