Deuxième interlude : Fête étudiante (1/3)

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Quelques jours plus tard

La fête battait son plein. Les adolescents se déhanchaient sur la piste de danse au rythme de la musique qui sortait des enceintes disséminées tout autour de l'espace. Vu d'en haut, un bon millier d'adolescents célébraient la fin de leurs études sur un terrain de cent mètres carrés, rasé exprès pour l'occasion. La bière coulait à flot et on s'échangeait les cigarettes autant que des marques d'affection.

Maïa épousseta sa robe verte, maudissant la coupe de l’habit qui laissait apparaître ses longues jambes dorées. Elle arrangea le pendentif de pégase à son cou, vérifiant que les deux perles, l’une orange, l’autre dorée, l’entourait convenablement.

Remettant une boucle brune derrière son oreille, la jeune fille leva les bras en l’air, laissant balancer son corps au rythme de la musique. Elle remarqua un adolescent hausser un sourcil intéressé et elle lui sourit froidement, son regard noir implacable fixé sur les traits, maintenant inquiets, du garçon qui disparut promptement dans la foule. Elle ricana, ramenant ses longues boucles derrière son épaule gauche et se mélangea à la foule, son corps ondulant au son des basses qui faisait vibrer le sol.

L’odeur de l’herbe coupée emplissant ses sens, la Marquée se laissa bercer par la Terre qui pulsait de vie sous ses pieds nus. Elle sentait la sève courir sous l’écorce des arbres aux alentours, l’envol de chaque feuille se détachant de leurs branches, l’accroissement de leurs racines qui s’enfonçaient profondément dans le sol où s’était abrité tout un écosystème. Marquée par la Terre, la jeune fille aurait pu fermer les yeux, elle aurait quand même pu dire où chaque personne se tenait.

La Capitaine des Pégases plissa son regard noir, scrutant discrètement les environs pour retrouver son camarade de Mission. Typique de l’Équipe des Pharaons qui ne savait pas travailler ensemble, Raphaël avait disparu à la seconde où ils avaient mis les pieds ici.

Maïa serra les dents. Détruire le Rubis de Feu était dangereux. Son Entraineuse, Brenda, avait perdu temporairement son Don quand elle était entrée en contact avec le Dimant d’Air.

La Capitaine des Pégases pesta quand un adolescent un peu trop éméché la bouscula, lui soufflant son haleine au visage :

« Alors bébé … »

Ne le laissant pas finir, elle s’avança vers lui, le dépassa puis enfonça son talon à l’arrière des genoux de l’impertinent. Elle le laissa s’effondrer sur le sol tandis qu’elle se faufilait entre les adolescents, le regard toujours alerte.

Maïa savait qu’elle pouvait mourir pendant cette mission. Les Pierres de Pouvoir aspiraient la Force Vitale des Marqués, les tuant sur le coup. L’Équipe des Tigres, principalement des Marqués du Feu, avait été décimée à cause de ces Pierres mais avait réussi à en recenser quatre : le Rubis de Feu, le Saphir d’Eau, le Diamant d’Air et le Topaze de la Mutation. Le sacrifice de ses camarades ne pouvaient pas être laissé sans résultats. Elle devait détruire cette foutue Pierre. Mais avant, il lui fallait retrouver son coéquipier sans cervelle.

La Capitaine des Pégases retourna au bar, décidant qu’elle aurait une meilleure vue de loin. Demandant un verre d’eau, elle arrangea élégamment sa robe verte avant de s’asseoir aux côtés d’autres adolescents. La jeune femme jeta un œil à sa Marque, une feuille de Chêne imprimée sur courbe intérieure de son pied gauche et constata que sa Force Vitale était toujours intacte. Tout allait bien, son Don était toujours à sa disposition.

« Je peux t’offrir quelque chose ? demanda un voix masculine. »

Tournant la tête vers la droite, la Marquée détailla l’Humain qui lui tendait lui souriait. Sa peau sombre mettait en valeur ses yeux verts et son sourire sincère. Il lui tendit la main ses dents blanches brillant à la lumière des néons.

« Je m’appelle Salim, lança-t-il joyeusement.

- Maïa, répondit-elle platement sans prendre sa main.

- Tu es du coin ? »

Secouant la tête, elle but une gorgée de son verre avant de se tourner vers Salim. Elle hésita, le voyant scotché à son téléphone. La Marquée savait combien les Humains étaient accros à ces objets métalliques et, par respect, elle attendit qu’il eut fini. Puis alors qu’il levait enfin les yeux vers elle, elle se lança :

« Tu sais si quelqu’un…

-Je suis désolé, je reviens ! Mon ami a eu un gros coup de chaleur, s’exclama-t-il, l’air paniqué avant de sautant rapidement de sa chaise.

-Attends ! »

Maïa le regarda partir, l’air paniqué. Elle jura, son poing se serrant sous la frustration. La jeune femme ne pouvait pas le suivre, ce serait trop louche. Elle se leva, laissant son verre au bar et se mélangeant à la foule, espérant repérer un adolescent avec une température corporelle trop élevée, signe qu’il avait le Rubis de Feu sur lui.

La Marquée laissa son corps onduler au rythme de la musique, touchant discrètement les bras levés des Humains autour d’elle. Les basses hurlant dans ses oreilles, Maïa expira, se sentant coupable d’apprécier cette soirée malgré l’importante Mission qui lui incombait.

Une main baladeuse s’enroulant autour de sa taille, la Capitaine des Pégases arma son coude, le projetant vers l’arrière. Son coup n’atteignit pas sa cible et elle se retrouva plaquée contre un torse inconnu :

« Calme toi, c’est moi, souffla Raphaël à son oreille. »

Le jeune homme aux belles boucles noires maintient la Marquée contre lui pendant un instant, ses yeux verts scannant les visages des adolescents autour d’eux :

« J’ai peut-être une piste chuchota-t-il doucement, ne remarquant pas le frisson qui parcourut la nuque de Maïa. Mais il me faudra ton aide, Capitaine.

-Qu’est-ce que je peux faire ?

-Retournes au bar, je t’envoie la cible. »

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