Ravissantes confrontations (9/9)

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OoO

« Lyle ! Alex ! appela Faith de la cuisine. »

Les deux adolescents descendirent les escaliers et s’assirent à la table du salon, restant silencieux alors que leurs mères s’engageaient dans une discussion à propos de la valeur de certaines pierres précieuses.


Faith leur servit un chocolat chaud fait maison et Lyle fronça les sourcils, se demandant s’il fallait qu’il écoute la conversation des adultes ou qu’il débatte du fait qu’on ne buvait pas un chocolat chaud pour repas du soir.


Jetant un coup d’œil à Alex qui restait impassible, le bouclé observa son ami boire sa boisson avant de faire rapidement de même. Mais, lorsque la dernière goutte toucha sa langue, le bouclé se rendit compte qu’il y avait quelque chose de bizarre dans le chocolat. Qu’est-ce que …

Lyle et Alex s’écroulèrent sur la table de la cuisine, inconscients.


* *

*


Ashley marchait vers l’arrêt de bus en bas de la colline. La fatigue tendait ses muscles et sa tête la lançait. Son mal de crâne refusait de la laisser tranquille. Les mains dans les poches de son pantalon troué, elle continua sa route, écoutant distraitement les conversations des lycéens qu’elle dépassait.


Lorsqu’elle vit la foule au bord du trottoir, elle soupira. Elle n’avait pas envie de s’en mêler et les cris, les bousculades n’arrangeraient pas ses maux de tête.


Les adolescents se poussaient, hurlaient, riaient sans se préoccuper des coups qu’ils pouvaient donner à leurs pairs. La jeune fille intégra malgré elle cette masse de jeunes qui se chamaillait en braillant et prit quelques coups dans le dos ou dans les côtes mais ceux-ci, tout de même douloureux, ne rouvrirent pas ses blessures. Le regard vide, l’adolescente remonta son sac sur ses épaules, complètement désintéressée de ce qu’il se passait autour d’elle.


Le bus arriva et la foule redoubla d’effort pour l’atteindre. Complètement insensible aux bousculades et aux cris qui l’imploraient d’avancer, la jeune fille fut ballotée par la masse jusqu’à la porte du véhicule. Elle y entra, non sans mal, se tenant la tête.


Elle avança dans l’allée centrale et s’assit à la première place qu’elle trouva. Elle soupira avant de se pencher vers l’avant. Les coudes posés sur les genoux, elle se massa les tempes en espérant soulager sa migraine. Cela ne fit aucun effet.

La jeune fille mal en point se redressa et se tourna vers la personne assise à côté d’elle avec le projet de lui demander s’ils pouvaient échanger de place pour qu’elle se trouve à la fenêtre.

Puis, Ashley reconnut son visage lorsqu’il se tourna vers elle.

OoO

Les yeux verts de Logan se plissèrent quand il posa son regard sur elle. Fatigué, il n’était pas d’humeur à se battre. Il avait déjà oublié la cigarette qu’il fumait habituellement avant de monter dans le bus alors il n’avait pas besoin qu’on vienne l’emmerder.

Pendant que les pensées de toutes les personnes autour de lui essayaient de rentrer dans sa tête, il s’obligea à rester concentré sur sa barrière mentale.

Détournant la tête, il serra les dents, essayant d’oublier la colère qui grondait dans son ventre. Dans l’état où il était, n’importe quelle émotion pouvait briser sa barrière. Pas question qu’il écoute, contre son gré, les pensées d’autres personnes par la faute d’une lâche comme elle.


OoO


Après avoir vérifié qu’il n’y avait pas d’autre place libre à proximité, Ashley s’enfonça dans son siège, essayant de mettre le maximum de distance entre elle et le métis. Elle avait mal au ventre, sa tête lui pesait. Son front commença à la brûler. Fermant les yeux, elle espéra s’endormir vite pour ne plus rien ressentir.


Soudain, elle les entendit. Toutes. Ses propres pensées ne lui appartenaient plus. Les voix hurlaient leur colère, murmuraient leur déception ou pleuraient leur frustration dans un bourdonnement insupportable. Ashley porta brusquement les mains à sa tête, ne sachant quoi faire pour les faire taire.


Le vacarme était si assourdissant qu’elle se boucha les oreilles et fronça les sourcils, priant que cela cesse. Elle entendait tout, absolument tout. De la plainte d’un professeur trop sévère à la promesse de violence physique. Sa tête allait exploser. Elle se trouvait perdue au milieu d’un océan d’hurlements, de pleurs et d’imploration mentaux, sans issue de sortie. Les pensées étrangères se mélangeaient en une cacophonie insupportable dont le volume augmentait de seconde en seconde, devenant de plus en plus insoutenable.


Elle se sentit défaillir. Perdue, elle ne remarqua pas qu’on enlevait doucement ses mains de ses propres tempes. Tellement enfoncée dans ce tourbillon malfaisant de voix pessimistes, elle ne s’aperçut pas qu’on plaçait de grandes mains de part et d’autre de sa tête.


Une voix grave et familière sembla se détacher des autres dans tout ce brouhaha mais Ashley ne put la discerner, se sentant glisser vers l’inconscience. L’esprit embrouillé, l’adolescente se noyait.

La voix grave se fit de plus en plus insistante jusqu’au moment où la jeune fille n’entendit plus qu’elle. Ashley ne comprenait pas ce qu’elle disait mais cette voix était tellement entêtante qu’elle ne put se concentrer sur autre chose que sur elle.


Elle sentait qu’elle revenait vers elle-même, entrainée par la voix, les autres se dissipaient petit à petit. La pression qui lui enserrait la tête s’évanouit et son corps entier se détendit.

Les mains qu’on avait posé sur ses tempes disparurent sans qu’elle s’en rende compte et la tête de la jeune fille se posa lourdement sur son siège.


OoO


Logan enleva ses mains du visage d’Ash en soupirant. Il se tourna vers la fenêtre, le regard perdu dans le vide alors que le bus démarra.


Le véhicule roula pendant quelques instants à une allure tranquille et, alors que l’adolescent était bercé par le mouvement du bus, Logan fronça les sourcils lorsqu’il vit un point noir apparaitre dans le ciel et grossir à mesure que celui-ci descendait. L’adolescent se redressa, essayant de distinguer ce qui semblait s’approcher de plus en plus vite.


Le métis se figea. Le conducteur ne voyait rien. Il conduisait comme si de rien n’était, alors que la chose informe qui volait en direction de leur bus remplissait déjà la moitié de son parebrise.


Soudain, le chauffeur fut brusquement projeté vers l’avant et remis en place sur son siège par sa ceinture de sécurité. Détachant la sangle en écarquillant les yeux de surprise lorsqu’il vit la fumée noire caractéristique d’une panne s’échapper du capot, le conducteur jeta sa casquette sur son siège en pestant. Il grommela quelque chose et sortit du véhicule, laissant la porte ouverte.


Ce n’était pas une véritable panne. Logan le savait.


Le point noir s’était rapproché à pleine vitesse du bus et avait atterri brusquement sur le toit, causant un grand bruit. Rouvrant difficilement les yeux, Ashley sursauta, effrayée par le bruyant crissement de métal provenant du plafond. Le cœur battant, elle leva les yeux vers le plafond. Cabossé, le haut du bus avait été drastiquement endommagé. Des pas lourds se firent entendre, secouant violemment le véhicule. Incapable de formuler une réflexion efficace, la jeune fille opta pour la patience, se recroquevillant dans son siège en espérant que la chose disparaisse de la même façon qu’elle était apparue.


Gardant la tête froide, Logan regarda rapidement autour de lui. Personne ne semblait céder à la panique. Les lycéens parlaient normalement, insensible aux bruits sourd ou aux brusques secousses que causait la chose qui se déplaçait au-dessus d’eux. Soudain, la chose posa violemment ses pattes pille au-dessus des deux adolescents et s’immobilisa.


Logan retint son souffle alors qu’Ashley se mordit la lèvre inférieure, s’empêchant de produire un son.


Soudain, la chose pencha la tête au niveau de la fenêtre et poussa un rugissement strident, faisant sursauter les deux lycéens qui hurlèrent de terreur.


C’était un vrai monstre. Hérissée de pics, sa peau noire luisait au soleil faisant ressortir trois horribles yeux verts, brillants de colère alors que sa gueule, composée de quatre rangs de dents acérées claqua sèchement.


Rapide, Logan ne perdit pas une seconde. Il poussa sans ménagement Ashley hors de son siège, la bousculant dans l’allée centrale. La jeune fille lui lança un regard effrayé et sortit rapidement du bus, suivie de près par le métis. Elle faillit se tordre la cheville alors qu’elle dérapait sur le trottoir mais rattrapée l’adolescent, elle se laissa entrainer à sa suite, loin de la créature qui hurla de frustration avant de les poursuivre dans le labyrinthe qu’était cette ville.


Désespérés et à bout de souffle, ils crurent à un miracle quand une voiture s’arrêta près d’eux,  la porte arrière s’ouvrant automatiquement. Sans réfléchir, ils s’y engouffrèrent rapidement mais n’eurent pas le temps d’expirer leur peur. Un coton imbibé de chloroforme s’écrasa sur leur visage et ils perdirent tous deux connaissance.

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