Ravissantes confrontations (6/9)

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* *

*

Quand la sonnerie de fin de journée retentit dans l’ensemble du lycée, Ashley se réveilla en sursaut. Elle grogna puis porta sa main à son front. Un mal de tête lui brisait le crâne.

Illuminant les multiples fenêtres de l’infirmerie, le soleil agressa ses sens et la jeune fille se frotta les yeux, exaspérée de se retrouver une deuxième fois dans cet endroit dans la même journée.


Une fois ses yeux habitués à la luminosité ambiante, elle distingua Reagan étendue sur le lit à côté du sien et, voulant se relever rapidement, elle siffla de douleur. Comment avait-elle atterri ici ? Ashley se souvenait d’avoir découvert sa camarade évanouie dans les toilettes puis ...


La lycéenne s’assit sur le lit en pestant. Encore une perte de mémoire. Il fallait qu’elle rentre chez elle. En plus, elle ne pouvait pas se permettre de louper le bus. Elle récupéra ses affaires au coin du lit, et jeta un regard en arrière à Reagan, espérant que quelqu’un la chercherait.


Marchant vers la sortie, la lycéenne hésita pendant un temps. Puis, secouant la tête, elle ouvrit la porte et sursauta, tombant nez à nez avec l’adolescent aux cheveux noirs et au regard arctique. Encore plus intense qu’avec Lyle, un puissant sentiment de familiarité la submergea. Elle le connaissait, il n’y avait aucun doute. Le brouhaha des lycéens qui se précipitaient dans la cage d’escalier embrouillant ses pensées, Ashley choisit de ne rien dire. Elle s’écarta du chemin du garçon, évitant son regard.


Une main lui saisit le poignet et elle se figea, surprise :

«- Ashley, murmura-t-il, ses yeux bleu pâle la transperçant de part en part.


Nathan. Son nom apparut dans son esprit, se libérant enfin des chaines mentales dans lesquelles il s’était empêtré. La main de la jeune fille se glissa d’elle-même dans celle de Nathan et, comme hypnotisée, son regard noisette plongea dans la fraîcheur de celui du garçon.


Les yeux dans le vide, l’adolescente le vit avancer dans une étendue herbeuse, battue par le vent. Le souffle de l’air caressait affectueusement ses cheveux noirs tandis que les nuages de pluie commencèrent à se masser dans le ciel.

Muni d’un bâton long de deux mètres, un Bo, qu’il tenait très fermement en son centre, il sourit sincèrement, sa tunique bleu pâle flottant autour de lui.

Ashley le vit prendre une inspiration, fermant les yeux. Il commença doucement à faire tourner le bâton entre ses mains, puis, sa main droite glissant à l’extrémité de l’arme, il abattit le Bo sur l’herbe, provoquant une puissante rafale d’air qui décoiffa violement les cheveux fauves d’une jeune fille, assise tranquillement dans l’herbe. Cette dernière sembla lui crier quelque chose et il se redressa en riant. Rangeant son arme dans le harnais sanglé dans son dos, Nathan marcha vers l’adolescente en riant. Il s’assit à côté d’elle, ébouriffant affectueusement ses cheveux. Leurs sourires se ressemblaient, creusant les mêmes fossettes autour de leur lèvres et la même flamme de défi brillait dans leurs yeux amandes.


Sa vision se dissipant, Ashley cligna des yeux avant de secouer la tête. Puis elle lâcha sèchement la main de Nathan et s’enfuit, une larme solitaire coulant au coin de son œil. Elle se précipita dans les escaliers, ses cicatrices brûlant son dos tandis que le sentiment de sérénité qui l’avait fait vibrer pendant un instant disparut peu à peu, la laissant seule avec sa douleur.


* *

*


Nathan suivit Ashley des yeux, sans comprendre ce qui le poussait à vouloir courir vers elle pour la réconforter. Fronçant les sourcils, il jeta un dernier coup d’œil en arrière avant de pousser doucement la porte de l’infirmerie.


Un souffle d’air s’échappa d’une fenêtre et décoiffa les cheveux noirs du garçon qui s’accouda à la chaise près du lit, se penchant légèrement vers la jeune fille allongée.

« Reagan … lança-t-il assez fortement pour que la lycéenne se réveille. »


Il répéta plusieurs fois l’opération, sans grands effets. Puis, exaspéré, il secoua l’épaule de la lycéenne, se demanda comment une personne pouvait avoir le sommeil aussi lourd. L’entendant râler, il enleva timidement sa main.


Ouvrant difficilement les yeux, elle expira longuement quand elle reconnut le plafond blanc de l’infirmerie. Lentement, Reagan s’assit sur le lit, se frottant les yeux. Elle avait très mal à la poitrine, tout près de son cœur. Elle posa ses mains sur ses tempes, incapable de former une pensée compréhensible.

« Je te raccompagne à l’Orphelinat, fit le jeune homme, d’un ton qui n’appelait pas de réplique. »


Au bord du malaise, Reagan n’eut pas la force de protester et hocha faiblement la tête. Elle se mit difficilement debout, des points noirs obscurcissant temporairement sa vision. La jeune fille ne savait pas ce qu’elle faisait à l’infirmerie, ni pourquoi Nathan était là. Son cœur était douloureux, c’était sa seule certitude.


Obligée d’accepter l’aide du garçon, l’adolescente s’accrocha à son bras pendant la descente des escaliers, rassurée qu’il n’y ait personne pour la bousculer ou se moquer d’elle. Elle fit attention de ne pas glisser dans les flaques qui s’étaient formées dans la cour et fut tentée de fermer les yeux, appréciant le vent qui la poussait en avant.

Ils franchirent le portail du lycée, slalomèrent lentement entre les voitures garées sur le parking et puis s’engagèrent dans les rues menant à l’Orphelinat. La lumière ruisselant sur ses cheveux noirs, le sourire aux lèvres, Reagan observa la brise de fin d’été jongler avec les feuilles orphelines, ébouriffant les arbres qui longeaient leur route. Inspirant un grand coup, ses forces revenant peu à peu, elle savoura la chaleur du soleil sur son visage.


Elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille et baissa la tête :

« Pourquoi n’es-tu jamais revenu vers moi ? demanda-t-elle doucement, évitant son regard. »


Elle sentit la surprise du jeune homme quand les muscles de l’avant-bras sur lequel elle s’appuyait se crispèrent. Reagan se mordit la lèvre, son cœur battant douloureusement la chamade dans sa poitrine.


« Je pensais que si je m’éloignais de toi, Lauren finirait par arrêter de te faire du mal, expliqua-t-il d’un ton sincère. J’ai eu de la chance qu’Alex te prenne sous son aile, il est plus à même de te protéger que moi ».

Elle eut l’impression de se prendre une claque. La colère grondant dans son estomac, la lycéenne se détacha brusquement de l’adolescent.

« Attends, tu déconnes. Tout ça pour ça ? Tu me prends pour une imbécile ? »

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