Ravissantes confrontations (5/9)

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La panique échauffant le sang dans ses veines, ses mains commencèrent à trembler, entrainant de violents spasmes dans le haut de son corps. Son estomac se contracta d’appréhension et il hurla, le grondement des freins de la voiture compressant l’ensemble de ses sens.


C’est là qu’il les sentit.


Ses jambes.


Le tissu de son jean frottait sur ses tibias, enserrant ses cuisses tremblantes et ses genoux craquèrent en se tendant. Ses membres tressaillirent de plus en plus violemment, empêchant le garçon de ressentir quoique ce soit. Il ne pouvait rien faire, il ne contrôlait plus rien. Guidé par le sentiment d’urgence qui enflammait son cerveau, Dylan implora son corps de bouger, hurlant qu’il ne voulait pas mourir.


Ses yeux toujours fermés, il sentait le vent lui gifler le visage, les sons et les odeurs se mélanger et le garçon ne sut où donner de la tête.


Puis, après un temps, on lui rendit les commandes de son propre corps. Ouvrant les yeux craintivement, il découvrit avec surprise qu’il se tenait sur ses jambes. Par reflexe, il s’appuya à un arbre, essayant de s’habituer à son nouvel équilibre, avant de lever la tête. Il était de retour à l’Orphelinat. Il mit timidement un pied devant l’autre, découvrant avec joie qu’il pouvait marcher sans avoir besoin du soutien de l’arbre. Ses yeux gris se remplirent de larmes de joie alors qu’il claudiquait jusqu’à la porte de l’Orphelinat, pressé d’annoncer la nouvelle à Rose.


OoO


Claquant la porte d’entrée derrière elle, Lauren sursauta quand elle se trouva nez à nez avec les yeux vairons de sa mère. Elle balbutia d’incompréhension, le cercle sur l’index droit de la main de Page s’illuminant d’une lueur dorée.


- Retour au présent -


« Pourquoi rester auprès de moi ? demanda Dylan, ses yeux gris suivant distraitement les rares voitures qui passaient dans la rue. »


Tournant la tête vers elle, il la vit serrer les dents, son regard impitoyable fixé sur la maison d’en face. Souriant discrètement, il n’insista pas et posa ses mains sur ses cuisses, content de retrouver peu à peu des sensations dans ses jambes. Il fit bouger ses orteils, contracta ses mollets et grimaça de douleur quand il réussit à plier les genoux. Frustré, il expira doucement, maudissant la lenteur de sa récupération.

Il entendit Lauren soupirer et se relever en grognant.


« Laisse-toi faire, je vais t’aider, maugréa Lauren, passant le bras gauche du roux sur ses épaules. »


Dylan sentit sa gorge se crisper alors que le bras de la jeune fille s’enroulait autour de sa taille. Serrant les dents, il s’appuya du mieux qu’il pouvait sur ses jambes engourdies, essayant de ne pas mettre trop de poids sur les épaules de la blonde.


« J’aurais peut-être dû ramener mon vieux fauteuil, déclara-t-il en souriant faussement, ses yeux gris guettant une réaction de la jeune fille.

-Tu étais immobilisé ? demanda -t-elle entre ses dents, fronçant les sourcils. »


Le garçon baissa la tête, s’asseyant sur le mur pendant un temps. Il enleva son bras des épaules de la blonde et tenta de faire quelques pas. Dorothée … Non. Lauren. Elle ne se souvenait pas de lui. Ce n’était pas de l’ignorance délibérée comme il avait pu le supposer ; la mémoire de la jeune fille lui faisait réellement défaut.


Retrouvant quelques sensations, le lycéen voulu accélérer le pas. C’était une erreur. Il faillit tomber, ses jambes étant encore trop ankylosées. Mais Lauren, le retint, le soutint et l’obligea à s’assoir sur le banc en bois à quelques mètres de là.


Dylan la regarda s’assoir à côté de lui, s’interrogeant sur les raisons qui la poussait à rester avec lui alors qu’elle avait un bus à prendre pour rentrer chez elle.


« Comment as-tu fait pour me tirer de là ? murmura la jeune fille, presque pour elle-même. »


Elle passa sa main dans ses cheveux et c’est à cet instant qu’il remarqua l’immense fatigue qui brillait dans ses yeux acier, ses cernes camouflées sous un maquillage léger. Son regard gris s’adoucissant, Dylan l’observa triturer nerveusement son pendentif dans lequel était encastré une pierre bleu terne.


« J’ai des superpouvoirs, annonça-t-il sur le ton de la blague. Mais l’inconvénient, c’est qu’après les avoir utilisés, je ne peux plus marcher pendant un temps. »


Elle tressaillit et se leva d’un bond, ses yeux aciers lançant des éclairs :

« -Ne rigole pas avec ça, fit elle entre ses dents serrées.

-Alors ne rigole pas avec la mort, riposta-t-il sèchement se levant avec effort. »


Il vit son expression se décomposer avant qu’elle lui tourne froidement le dos et s’éloigne de lui. Rapide, Dylan attrapa son bras, l’empêchant d’aller plus loin.


« Il faut que tu en parles à quelqu’un, Lauren. Ce fardeau que tu portes… hésita-t-il, relâchant son emprise. Tes amis peuvent t’aider à en supporter la charge. »


Elle eut un rictus hautain et se retourna vers lui, les mains dans les poches :


« -Mais qui es-tu pour me donner des conseils ? Tu ne me connais pas ! J’ai fait des choses horribles et je n’ai besoin de personne pour m’aider ! affirma-t-elle, en se penchant vers lui. Surtout pas de la charité de quelqu’un comme toi !

-Alors quoi ? s’énerva-t-il en serrant les poings. J’aurais dû te laisser sur cette route ? Laisser la culpabilité du conducteur de la voiture le ronger pendant toute sa vie ? Te laisser abandonner les gens qui tiennent à toi ? »


A ces mots, Dylan sut qu’il avait réussi à la pousser à bout, à trouver son point faible. Au fond, Dorothée n’avait pas changé, même après toutes ces années. Les yeux de la jeune fille s’agrandirent et elle le saisit brutalement par le col :

«-Tais-toi ! Tu ne peux pas savoir ça ! Tu ne connais rien ! hurla-t-elle avant de le relâcher, comme si elle était effrayée par le calme qu’elle lisait dans les grands yeux calmes du garçon. On ne s’était jamais parlé jusqu’à ce matin, comment pourrais-tu…

-Lauren, je ne regrette pas une seule seconde de t’avoir tiré de là, déclara-t-il doucement, étudiant l’expression froide et détachée qu’arborait la jeune fille. Je regrette seulement que tu ne te sentes à l’aise avec personne pour en parler. Je pourrais… »


La porte d’un van noir claqua brutalement et Dylan s’interrompit, tournant la tête vers la voiture arrêtée à leur hauteur. Le jeune homme n’eut que le temps de saisir fortement la main de son amie d’enfance, avant qu’un coton, imbibé de chloroforme, ne s’écrase sur leur nez et leur bouche.

La substance s’infiltrant dans leurs membres, ils s’évanouirent. Les corps inconscients furent jetés à l’arrière et la voiture reprit sa route.

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