Ravissantes confrontations (2/9)

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Soudain, elle fut plaquée contre un corps et sa gorge se serra. Elle sentit ses pieds s’élever du sol, le bras qui lui enserrait la taille l’empêchait de respirer. Se sentant agressée, elle agrippa le bras étranger et tenta de s’en détacher. Tout était flou, tout allait si vite.


La jeune fille attrapa le poignet de son assaillant et, bandant sa volonté, utilisa sa force pour défaire la poigne qu’il avait sur elle. Il y eut un choc et l’étau angoissant dans lequel elle avait été prise se défit. Elle fut projetée dans les airs et atterrit douloureusement sur l’asphalte. Ses genoux et des avant-bras en prirent un coup mais elle s’en remettrait.


Sa vision encore floue, Lauren prit appui sur le sol mouillé et s’assit en grimaçant. Elle allongea ses jambes, sifflant de douleur quand le geste appuya sur ses membres ensanglantés.

Levant la tête vers le ciel sans nuages, la lycéenne fronça les sourcils quand elle vit un adolescent s’approcher d’elle, son regard gris inhabituellement exaspéré fixé sur elle:


« Mais ça ne va pas ? demanda Dylan, haletant. »


- Quelques minutes plus tôt -


Dylan remonta son sac sur ses épaules, écoutant distraitement les piaillements d’Amy. Disparus les regards malfaisants et les sourires machiavéliques, la jeune fille aux cheveux roses portait de nouveau cette expression triste et déprimée qui la caractérisait tant. Son amie blonde, des étoiles pleins les yeux, la coupa joyeusement, ses mains baladeuses se faufilant en dessous du tee-shirt de Logan.


Acquiesçant distraitement aux propos d’Ivy, Dylan se pencha en avant et distingua une énorme fatigue sur le visage de Logan, au bras duquel était accrochée la blonde. Ses traits étaient tirés et il semblait ailleurs.


Poussés par des lycéens pressés, ils finirent par arriver dans la cage d’escalier, le bruit ambiant les soulageant de la voix insupportable de la blonde. Prétendant être bousculé, Dylan se glissa entre Ivy et son meilleur ami, rompant leur contact.


« Accélère, je te rejoins à l’arrêt de bus, murmura-t-il discrètement au métis. »


Le roux fit mine de trébucher et poussa Ivy contre la rampe, donnant alors quelques secondes à Logan pour se mêler à la foule et disparaître.


«- Ivy, je suis désolé, s’exclama Dylan d’un ton sincère.

-Oh mais ne t’inquiètes pas mon chou, rit- elle faussement, son regard scannant déjà le troupeau de lycéens pour trouver le métis.

-Dylan ! Tu lui as sûrement fait mal, lui reprocha Amy en le bousculant avant de tirer son amie vers la sortie. »


Levant un sourcil, le lycéen les regarda s’éloigner de lui en caquetant. Il rit doucement puis rebroussa chemin, voulant vérifier si Reagan avait déjà quitté l’infirmerie.


Soudain, son corps tressaillit violement. Déglutissant difficilement, Dylan cacha ses mains dans ses poches, descendit les quelques marches qu’il venait de monter et se précipita dans un endroit à l’abri des regards. Cavalant dans les couloirs en prenant soin de ne bousculer personne, Dylan ouvrit brutalement la porte arrière du bâtiment.

Trainant les pieds, il se dirigea avec peine vers la clairière derrière le lycée. La mâchoire serrée sous l’effort, l’adolescent s’appuya fortement aux troncs des arbres bordant le chemin, la pluie ruisselant sur son visage l’empêchant de voir clairement. Ses genoux cédèrent sous son poids et le jeune homme tomba dans l’herbe, face contre terre, ses muscles se contractant violement contre sa volonté. Il pesta et roula sur le dos, posant ses mains sur ses cuisses parcourues de spasmes.


La bruine effleurant presque affectueusement son visage, son regard gris disparut sous ses paupières et avec lui la certitude de pouvoir résister à son propre corps. Le sentiment d’urgence le submergea, accroissant son obligation de mouvement vers un lieu qu’il ne connaissait pas. Son corps l’exhortait de se déplacer et Dylan ne pouvait rien faire contre cela.


Ses genoux se plièrent, ses mains prirent appui sur l’herbe mouillée et il se releva contre sa volonté. Criant de rage, il lutta, bandant sa volonté contre cet impératif physique, l’urgence grandissant dans ses membres.

Ses jambes commencèrent à se mouvoir vers l’avant, son corps vibrant de plus en plus violemment. Le paysage devint flou, le vent fouettait son visage et les gouttes de pluies s’écrasaient puissamment sur ses habits. Plissant les yeux, il essaya de reconnaître son environnement tandis qu’une clameur insupportable envahit ses oreilles, l’empêchant de se concentrer. Des images imprécises flottèrent devant son regard, des odeurs indescriptibles attaquèrent ses narines, un vacarme insoutenable enserra sa tête tandis que de brusques bourrasques le déboussolaient. Perdu, torturé, il essaya d’hurler, d’implorer que tout s’arrête mais le son resta bloqué dans sa gorge. Il était enfermé à l’intérieur de son propre corps, impuissant, trop faible pour lutter contre lui-même.


Puis, d’un coup, son corps ralentit, sa vision s’éclaircit et son environnement devint de plus en plus précis.


La pluie frappant leur capot sans merci, les voitures klaxonnaient, leur moteurs vrombissaient de mécontentement et leurs freins crissaient douloureusement. Les véhicules filaient dans un sens, d’autres arrivaient dans un autre, leur passage créant une rafale d’odeur nauséabonde.


Alors que son corps était sur le point de lui redonner la liberté de le contrôler, Dylan la vit. Sauvage, arrogante, Lauren se tenait en plein milieu de la route et son regard acier étincelait de froideur. Elle allait se faire tuer.


Son cœur battant la chamade, Dylan fonça vers la jeune fille, agissant de sa propre volonté, son corps lui obéissant religieusement. La mâchoire serrée et l’angoisse se répandant dans ses veines, il dépassa la voiture sur le point de percuter l’adolescente, sécurisa Lauren dans ses bras, la plaquant contre lui, et courut aussi loin de cette route que son corps le lui permettrait. Il eut l’impression de fuir pendant des heures, ses membres souffrants lui criant de s’arrêter. Mais il ne pouvait pas ralentir, pas avant qu’ils soient en sécurité.


Alors qu’il arrivait dans un rue déserte non loin de là, ses jambes cessèrent de le soutenir. Resserrant son étreinte sur la jeune fille dans ses bras, Dylan grimaça de douleur quand il s’écrasa sur l’asphalte de la rue déserte. Le choc libérant la blonde, elle atterrit lourdement quelques mètres plus loin.


Il l’entendit grogner alors qu’il se relevait difficilement, ses muscles hurlant de douleur. La mâchoire serrée, le roux s’appuya au muret de pierre qui servait de portail à l’une des maisons qui bordait la rue et s’approcha de Lauren. Puis, à bout de force, il se laissa glisser contre le mur, et il haleta, exaspéré :

« Mais ça ne va pas ? »

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