Ravissantes confrontations (3/9)

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Tournant la tête vers la droite, Dylan vit le regard acier de la blonde se durcir. Elle remit sèchement une mèche derrière son oreille et tenta de se relever, en grimaçant.

Le roux voulut l’en empêcher mais ses jambes ne lui répondaient plus. Il expira sa frustration et leva la tête vers le ciel, les nuages de pluie disparaissant peu à peu.

Conscient qu’attendre un peu de temps sortiraient ses jambes de leur engourdissement, Dylan ferma les yeux, les rayons du soleil réchauffant sa peau, ignorant les jurons que murmurait Lauren.

Il l’entendit se lever avec difficulté, s’épousseter et s’attendit au son décroissant de ses basquets sur le bitume. Il ouvrit un œil, ayant l’intention de l’apostropher alors qu’elle partait. Il fut surpris à la voir lui tendre la main, les sourcils froncés sur ses yeux aciers impatients.

« Je ne pourrais pas marcher avant un moment, Lauren, fit-il doucement. »

Il la regarda baisser la main, tourner la tête vers la droite avec l’intention claire de partir mais, contre toute attente, elle s’assit à côté de lui en soupirant de frustration.

Souriant en coin, l’adolescent appuya sa tête contre le mur:

« Je ne te connaissais pas suicidaire, déclara -t-il simplement. »

Tournant légèrement sa tête vers elle, il l’entendit avoir un rictus méchant. Son regard acier se durcit et elle cracha :

« Qu’est ce qui te fait croire que tu me connais ? »

Les lèvres de Dylan s’étirèrent et il ferma les yeux pendant un instant.

- Il y a neuf ans, Lauren, onze ans -

Son sac brinquebalant sur son dos, ses cheveux blonds flottant au vent, la petite fille se faufila entre les grilles de l’Orphelinat. Elle traversa rapidement l’allée de gravier, son regard acier fixé sur les portes du bâtiment. Après avoir gravi les quelques marches, elle entra sans frapper et referma le battant dans un grand fracas. Complètement hors d’haleine, la petite s’adossa à la porte, prenant un temps pour reprendre son souffle. Un grincement, un rire puis des pas résonnèrent dans l’entrée, obligeant l’enfant à ouvrir les yeux par curiosité.

« Lauren, tu n’es pas obligée de courir, déclara Rose en souriant, lui ouvrant les bras. Ton cours de dance commence seulement dans quinze minutes !

-Chuuuut ! Mon nom de code c’est Dorothée ! s’exclama l’intéressée en se réfugiant dans l’étreinte de la vieille dame.

- Mince, je te prie de m’excuser, jeune demoiselle, s’esclaffa la directrice en ébouriffant les cheveux de la petite. »

Se détachant de Rose, Lauren lui lança un clin d’œil avant de se précipiter vers l’escalier central.

« Je reviens vite ! Je vais juste chercher Lilian !

-Quinze minutes jeune fille ! Sinon Mme Hanagami commencera sans toi, sois prévenue !

-Ne t’inquiète pas, rassura vivement la petite avant de prendre à gauche vers le couloir des garçons. »

Se faufilant entre les résidents qui la saluèrent rapidement, Lauren leur lança un signe de la main avant de s’arrêta devant la porte de son meilleur ami. Elle frappa une fois d’un coup sec, puis toqua deux fois plus rapidement et claqua des doigts avant d’entrer dans la chambre de Lilian.

Trop violente, l’ouverture de la porte créa un courant d’air, soulevant le drap du lit défait et faisant claquer la porte fenêtre encore ouverte sur le balcon. Laissant échapper un juron, Lauren ferma rapidement derrière elle.

« Dorothée c’est toi ? demanda une voix enfantine provenant de la porte de la salle de bain.

-Je suis là, annonça la petite alors qu’elle était en train de refaire le lit du garçon.

-Tu peux m’aider ? J’ai coincé une de mes roues dans le tapis de bain ! »

Refermant la porte fenêtre, Lauren enjamba les livres qui jonchaient le sol avant d’ouvrir la porte de la salle de bain.

« Comment tu t’es encore débrouillé ? demanda-t-elle les mains sur les hanches.

-Je me suis débrouillé comme un pied, je te le promets. »

La petite fille plissa les yeux devant le sourire espiègle du petit garçon au cheveux roux avant de secouer la tête. Croisant les bras, la blonde observa son ami la fixer de ses yeux gris innocents tandis qu’il s’agitait sur le tabouret en bois de la salle de bain.

« Elles sont nulles tes blagues, décréta Lauren en levant les yeux au ciel. »

Cachant son sourire, la petite fille se baissa, ignorant le rire fier de Lilian avant de dégager le fauteuil roulant du tapis. Elle accrocha le tissu au porte serviette puis se tourna vers le garçon. Joueuse, elle poussa le fauteuil au niveau de la porte, à cinq mètres de Lilian :

« Tiens, vas-y, débrouille-toi comme un pied, fit-elle en levant un sourcil. »

La dévisageant derrière ses mèches rousses, le garçon croisa les bras sur son tee shirt gris :

«Si tu crois une seule seconde que tu vas t’en sortir comme ça, tu te mets le doigt dans l’œil, siffla malicieusement Lilian en pianotant sur ses jambes paralysées.

- Tu crois que tu me fais peur ?

-Oh, mais on ne se méfie jamais assez de l’handicapé à roulettes, déclara le garçon en plissant les yeux. »

Cette fois ci, la petite fille ne put s’empêcher d’éclater de rire, rapidement rejointe par son ami. Un grand sourire étirant ses lèvres, elle déplaça le fauteuil jusqu’à Lilian puis l’aida à s’y installer.

« Il faut qu’on se dépêche, le cours va bientôt commencer, s’exclama Lauren en regardant l’heure. »

La blonde ouvrit la porte pour son ami puis le suivit dans le couloir de l’aile des garçons jusqu’à l’ascenseur. Malgré le temps qui filait, ils s’arrêtèrent devant la chambre des amis de Lilian, la petite fille prenant un malin plaisir à se moquer de lui devant eux.

Elle le regretta immédiatement quand ils rencontrèrent les camarade de dance de la blonde. Lauren fit les gros yeux, suppliant mentalement son ami de ne rien dire. Elle aurait dû se douter que ça ne l’arrêterait pas.

« Vous saviez que Dorothée a deux parents qui appartiennent à la mafia ? interrogea innocemment Lilian, se délectant des regards écarquillés des copines de la blonde. »

Levant les yeux au ciel, Lauren étouffa un rire avant d’entrer dans les vestiaires pour se changer. Elle lui tira la langue et claqua la porte.

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