Menace cicatrisée, folie élémentaire (2/6)

5 minutes de lecture

Alex, intrigué, s’accroupit et en ouvrit une. Lorsqu’il vit le contenu, il écarquilla les yeux et cria de surprise, laissant échapper l’étui de ses mains tremblantes. Il porta la main à sa bouche quand il ouvrit la deuxième, des larmes roulant sur ses joues, à la vue du terrible spectacle. Horrifié et tremblant, Alex ne put pas continuer à ouvrir les autres boites, il savait très bien qu’ils refermaient la même chose : des corps.

Des cadavres de papillons aux ailes calcinées avaient une épingle fichée dans leur pauvre petit corps, une odeur de sang se dégageait encore du rat empaillé qui avait les yeux brillants de peur et les têtes d’oiseaux séparées de leur corps étaient fixées par une aiguille plantée au fond de leur gorge. Voilà ce qu’il y avait dans ces boites.

Alex, le cœur au bord des lèvres, referma les boitiers et se serait enfui en courant s’il n’avait pas été déstabilisé par un coup violent dans son dos. Il tomba brutalement sur le ventre, le choc se répercutant sur son menton et ses poignets, maintenant égratignés. Il ne put qu’écouter cette voix aigüe et familière qui le narguait :

« J’ai un cadeau pour toi, Alex ! cracha Rocky, qui savourait sa position de supériorité alors que son ennemi d’un jour se trouvait allongé sur le sol froid. »

Le brun appuya son pied sur le dos du garçon lui enlevant toute possibilité de se relever. Il sourit de toutes ses dents alors qu’il farfouilla dans sa propre poche, à la recherche de la pièce maîtresse de son piège.

Alex entendit un bruissement de veste et quelque chose tomba à côté de sa tête. C’était le papillon aux ailes violettes qu’il avait sauvé quelques heures plutôt. Alex détourna le regard, dégouté par l’angle qu’avaient pris les ailes du pauvre insecte.

« Ah, oui j’avais oublié... , ajouta Rocky d’une voix trainante. »

C’est là que, de son talon, le brun écrasa lentement la pauvre bête qui se trouvait à quelques centimètres de la bouche d’Alex. Rocky l’obligea à regarder, agrippant les cheveux du blond, l’empêchant alors de s’en détourner. Le genou de son agresseur au niveau de sa colonne vertébrale, Alex ne pouvait que regarder le papillon se faire écrabouiller, ses ailes se détachant morceaux par morceaux. Voulant échapper à cette cruauté, il ferma les yeux. Mais le craquement brusque des membranes ne résonna que plus fort.

Des larmes de frustration coulant sur son visage, Alex enfonça les paumes de ses mains contre le sol et commença à pousser vers le haut. Il sentait la pression du pied de Rocky sur son dos augmenter mais il ne céda pas un centimètre de terrain. Sa colère s’insinua dans ses veines comme une énergie nouvelle réveillant ses muscles et aiguisant ses sens. Serrant les dents, il referma ses poings et les enfonça dans le sol, perçant peu à peu la peau de ses jointures.

« Tu vas, murmura Alex entre ses dents serrées, me laisser tranquille ! »

Focalisé sur l’effort qu’il devait faire pour se relever, il sentit ses bras s’allonger, ses épaules devenir plus musculeuses. Une force nouvelle fut injectée en lui et il sourit, enivré par cette puissance inconnue. Ses mains s’épaissirent, ses ongles grandirent en de magnifiques griffes et une épaisse fourrure blanche recouvrit ses mains devenues pattes. Alex se releva en hurlant, envoyant Rocky s’écraser sur le sol quelques mètres plus loin.

Le blond tourna son regard bleu océan plein de haine vers sa proie :

« Ca t’amuses de faire du mal ? siffla sèchement Alex, sa canine droite s’allongeant sans qu’il s’en rende compte. Tu veux que je te montre ce que ça fait ? »

Alex commença à avancer doucement, se délectant presque de la panique qui brillait dans les yeux de Rocky, lesquels étaient baissés vers les mains du blond.

Ce dernier baissa également le regard et sa respiration se bloqua dans sa gorge. A présent pourvues de griffes, la paume de ses mains avait été remplacées par d’épais coussinets tandis que le dessus de ses pattes était recouvert d’une abondante fourrure blanche qui s’étendait jusqu’à ses épaules.

Presque aussi effrayé que Rocky, Alex secoua ses pattes d’ours dans l’espoir qu’elles disparaissent, ignorant ce sentiment de force qui électrisait tout son corps. Sa puissance nouvelle l’étourdissait, le poussant à éliminer le prédateur qui l’avait menacé. Grisé mais terrifié par l’intensité de son nouveau potentiel, Alex s’interdit de bouger, essayant de se convaincre que Rocky n’était plus une menace. Il détourna la tête, ses yeux bleu océan remplis d’anxiété fixant le sol entre ses pieds.

« Tout va bien, répéta-t-il , murmurant entre ses dents. Je suis en sécurité.»

Dans son esprit, il étendit résonner un faible grognement qui sembla s’éloigner. Essayant de maîtriser sa respiration, Alex ouvrit les yeux sur ses pattes. Ses coussinets se dégonflèrent, ses griffes se raccourcirent et sa fourrure disparut peu à peu. Sa force physique nouvelle, dans laquelle il avait allégrement pompé, s’effaça, laissant Alex, les jambes tremblantes, s’effondrer sur le sol.

Éreinté, l’enfant se recroquevilla sur le sol et s’évanouit.

Rocky se leva avec la plus grande des prudences et courut loin de la scène, trop effrayé pour jeter ne serait-ce qu’un regard en arrière.

Après quelques minutes, il finit par s’arrêter près du garage où tous les enfants rangeaient leur vélo, espérant trouver un instituteur à qui tout raconter.

« Tiens, qu’avons-nous là ? demanda une voix féminine. »

Rocky se tourna vers la voix, plein d’espoir mais fut surpris de se retrouver devant une inconnue, toute de vert vêtue. Ses yeux étranges, l’un noir, l’autre bleu, le firent frémir d’appréhension.

OoO

Alex reprit conscience quelques instants plus tard, la joue encore douloureuse d’avoir été écrasée contre le sol. Frottant ses yeux fatigués, il s’assit, essayant de se souvenir de la raison pour laquelle il s’était évanoui devant le portail de l’école. Il se revit allongé sous le pied de Rocky, puis se rappela des yeux écarquillés de celui-ci et enfin de l’intense fatigue qui l’avait prit soudainement. Alex secoua la tête. Rocky avait dû l’embêter, ils s’étaient battus et il s’était évanouit de fatigue. Le blond ne voyait pas autre chose, sa mémoire se brouillant à mesure qu’il y réfléchissait.

Ses courbatures musculaires le surprenant, Alex mit un temps à se relever avant de se mettre en route vers sa maison. Il fallait qu’il rentre vite au cas où sa maman était rentrée plus tôt. Elle était si fatiguée après son travail, il ne voulait pas être un fardeau en plus pour elle.

De plus en plus pressé, le petit garçon tourna dans une ruelle, regrettant d’avoir trop mal aux jambes pour courir. Ce matin, sa maman lui avait dit qu’elle lui présenterait quelqu’un qu’elle aimait beaucoup. Il avait hâte de rencontrer la personne qui rendrait sa maman heureuse.

Alex savait que son papa ne reviendrait jamais. Mais le petit garçon ne lui en voulait pas, convaincu que celui-ci l’aimait énormément. C’est ce que sa maman lui avait toujours dit.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Angelinnog
Et si je vous contais une histoire ? Un petit bout par jour...


Essayons de tenir ce défi ^^ ...
663
139
92
9
Défi
Laurent Datünder
Une phrase par jour depuis avril 2020... Je tiens à préciser que le défi n'est pas entièrement respecté car ce sont des billets d'humeur, des émotions, des états d'âme que j'éprouve chaque jour et sur lesquels je mets des mots, et pas une histoire.

Trouver la phrase juste, au plus près de ce que je ressens vraiment, n'est pas toujours facile, aussi il m'arrive de mettre une dizaine de minutes à réécrire encore et encore LA bonne phrase.

Vous découvrirez beaucoup d'éléments assez personnels et des phrases souvent poétiques... Trêve de bavardage, bonne lecture :D

Selon ma meilleure amie, je devrais renommer ce recueil : "L'histoire d'un incroyable type ami avec une fille absolument géniale" (XXD). De mon côté, j'aurais plutôt vu "Les aventures lunatiques d'un type bipolaire qui aime bien l'amour et la poésie". Mais, pour le moment, je reste sur "A la portée d'un écrivaillon" x)
5405
2990
102
62
Défi
sven123
Réponse au défi de Louise 17 : une phrase par jour

Attention, il pourrait y avoir quelques grossièretés dans le lot... Vous êtes prévenus

Mais aussi (si si c'est possible) quelques pensées profondes... ou tout comme
335
320
5
3

Vous aimez lire Ellana Caldin ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0