Insolence machiavélique (part 2/2)

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Faith regarda l’heure, il était 7h45. C’était bizarre que son fils soit déjà parti sans lui faire de scène. Il avait été moins réactif et borné que d’habitude…

Aurait-il enfin grandi ? Faith sourit, se sentant déjà victorieuse, et s’adossa à son siège en soupirant de bonheur : elle allait être enfin seule…Elle ferma les yeux et écouta le silence reposant qui planait dans la maison.


Un silence ? Quel silence ? Elle entendait maintenant clairement le son de la télévision. Il n’aurait pas osé ?


Elle ouvrit la porte de son bureau et partit dans la salle à manger où elle découvrit Lyle, avachi sur le divan, la bouche ouverte, la bave lui coulant le long de la joue : il s’était endormi quelques minutes plus tôt.


Faith soupira bruyamment, puis se pencha et lui chuchota doucement au creux de l’oreille :

« Il est gentil, beau et drôle, mon enfant … »

Ne remarquant aucune réaction hormis un ronflement très sonore, elle se permit de servir de réveil à son fils et hurla :


« Mais c’est un GROS FAINEANT !!! »


Le concerné sursauta et quand il vit que ce n’était que sa mère (il avait rêvé de son horrible prof d’histoire de seconde) il se frotta doucement les yeux et lui fit son plus beau sourire :

« Ah salut m’man ! Bien dormi ? »

« - Il se fiche de moi ou quoi ? pensa-t-elle, excédée par la nonchalance de son fils.

-Bah quoi ? demanda-t-il l’air endormi. Il est quoi… 7h45 et je n’ai pas assez dormi. Je suis fatigué, moi …, se plaignit-t-il en lui faisant ses yeux de chien battu. »


Généralement ce regard marchait toujours. Et Lyle était sûr de son coup :

« Aaah, ça y est ! Elle est foutue. Après ça, elle me prendra dans ses bras et m’amèneras une l’épaisse couverture brune, toute chaude pour que je puisse dormir tranquillement devant un bon film, pensa-t-il, d’un air vainqueur et sautant de joie intérieurement. A moi les vacances prolongées !! »

Il sourit tristement à sa mère, continuant tranquillement son double jeu.

Sauf que cette dernière, loin d’être dupe, répliqua en vociférant :

« - TU VAS TE DEPÊCHER DE TE POINTER A CE LYCEE OU JE T’Y EMMENE PAR LA PEAU DES FESSES !! hurla-t-elle, la colère brillant dans ses yeux. »

« - Roh, punaise, c’est reparti, murmura-t-il, déçu de sa victoire passée sous son nez. Ça m’arrangerait bien en fait parce que je n’ai pas envie de marcher alors si tu pouvais …, rajouta- l’adolescent s’amusant de la colère de sa mère, remarquant du coin de l’œil comme un scintillement du tatouage en forme de sablier sur le pied gauche de sa mère.

- LYLE BENETT ! TU ES DEJA EN RETARD ALORS JE TE PROPOSE DE TE DEPECHER AVANT QUE JE PRENNE LA DESCISON DE T’ENVOYER DANS …

-Dans ? …

-Le ...

-Oui ? »


Faith souffla bruyamment. Il n’avait jamais une panne de salive ? Elle le regarda d’un air critique continuer son délire tout seul :

« Noooon pas le couvent !!!, s’exclama-t-il, en claquant ses mains sur ses joues, tirant sur la peau de ses yeux, ce qui lui donnait l’air d’un mort vivant. »


Faith leva un sourcil interrogateur et se retint de sourire en pinçant les lèvres. Quel clown !

« Ah ben mince, le couvent c’est pour les filles…, continua le brun, enroulant une de ses boucles autour de son doigt, prenant un air de bécasse. »

Il gloussa comme une fille puis se reprit, souriant à sa mère, papillonnant des yeux :


« Mais moi ça ne me dérange pas … J’aurais plein de filles pour... »


Il s’interrompit lorsqu’il vit le regard désapprobateur de Faith mais cela ne l’empêcha pas de continuer :

« Remarque je suis beau non ? demanda-t-il, en levant énergiquement et en commençant à parader en bougeant son postérieur de façon excessive. Regarde ces boucles brunes et ces yeux orangés ! »

Il jeta ses cheveux d’un côté puis afficha un regard qui se voulait sensuel :

« Il faut juste que je prenne 10 petits centimètres, que je muscle tout ça et tout ira bien … constata-t-il, continuant à errer dans le salon. »


Faith avait beaucoup de mal à ne pas éclater de rire devant la bêtise de son fils :

« - C’est bon, tu as fini ? soupira la grande brune, croisant les bras, l’air ennuyé en secouant la tête.

- Non, puisque tu m’as coupé ! répliqua Lyle, s’arrêtant, d’une voix Enfantine. J’aurais donc tout pour …, ajouta-t- il.

-Aller à l’école ! Je sais ! Depuis le temps que je te le dis ! coupa rapidement sa mère.

-De quoi ? Que je suis magnifique ? Pour ces changements, de chenille à papillon, il faut que je me repose. Donc, au nom de la science, laisse- moi dormir ! exposa-t-il, en s’affalant sur le canapé, tourné sur le côté, ses mains jointes sous sa joue droite, rapprochant ses jambes de son corps comme un bébé. »


Elle n’en croyait pas ses yeux :

« -Tu es sérieux ? demanda-t-elle en se penchant sur lui.

-Tout à fait ! On n’a jamais vu plus sérieux, s’exclama-t-il, gigotant pour trouver une meilleure position. »


Il réprima un bâillement, ferma les yeux et se rendormit dans la seconde qui suivit.

La mère n’en avait pas terminé avec son fils. Elle alla discrètement à la cuisine, remplit un verre d’eau froide et revint à pas de loup vers le canapé. Elle s’apprêtait à tout verser quand elle entendit la voix endormie de Lyle :

« -Si tu me verses ce verre d’eau, tu devras nettoyer alors évite de te faire du travail en plus ... »

Il n’avait même pas ouvert les yeux ! Faith fixa, interloquée, son ado qui avait conscience du danger qui planait au-dessus de lui. Elle se reprit, posa le verre sur la table et menaça, appuyant sur chaque mot :


« -Rien du tout ! Tu vas nettoyer…

-Oui, peut-être, mais étant donné que tu es tellement perfectionniste, tu repasseras derrière moi, c’est sûr, chuchota-t-il tranquillement, les yeux toujours fermés. »


Il marquait un point. Fichtre ! Pourquoi fallait-il qu’elle n’ait plus rien à répliquer ?

« -Jeune homme ! Tu vas te lever, aller à cette école et me laisser tranquille pour la journée. Parce que tu me … FATIGUES !!, ordonna-t-elle avec conviction, appuyant bien sur le dernier mot, les mains sur les hanches. »

Le dit jeune homme jubilait, elle allait craquer. Cependant, le point négatif résidait dans le fait qu’il était maintenant sûr de sa défaite. Mais rien n’était meilleur que de voir sa mère se mettre dans tous ses états :

« -Je t’expose ma théorie, commença-t-il en se levant, faisant face à sa mère. Je pense très sincèrement que …

-LYLE, prévint Faith fulminante. »


Elle se devait pourtant de l’envoyer à l’école pour qu’elle puisse aller faire les boutiques avec Brenda, la mère d’Alex. Malheureusement, Lyle freinait beaucoup le début d’une journée à passer avec sa meilleure amie. Le fait qu’il ne lui obéissait pas, lui déplaisait aussi.

« MAMAN ? répliqua-t-il sur le même ton qu’elle, papillonnant des cils. »


Devant le visage de sa mère qui rougissait progressivement de colère, Lyle prit conscience qu’il était temps de quitter la maison s’il ne voulait pas finir en cendres et faire partie des dommages collatéraux de la bombe nucléaire qui menaçait de faire des ravages sur un rayon de 2 kilomètres. Il ne pouvait cependant pas la quitter sans une pique des plus raffinées :

« Hum…, hésita-t-il. Je voulais juste te signaler que j’ai oublié de ranger… Non, oublie ! Tu trouveras toute seule ! s’exclama-t-il, sachant que Faith allait parcourir la maison à la recherche de ce qu’il clochait et quand elle trouverait… Eh bien ça ne serait pas beau à voir. »


Et avant que sa mère articule quoique ce soit, Lyle attrapa son sac de cours, préalablement posé dans l’entrée au cas où une fuite serait nécessaire, et se précipita hors de la maison. Il lança le « bonne journée » le plus insolent du monde et claqua la porte bruyamment, s’enfuyant rapidement.

Il remarqua à la dernière minute un scintillement inhabituel du tatouage sur le pied de sa mère mais ne dit rien, son esprit fonctionnant à pleine vitesse.

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