12. Émotions tangibles, vérités doubles (1/11)

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La lumière du soleil couchant caressant sa chevelure noire, Reagan grogna et ouvrit doucement les yeux. La jeune fille fronça les sourcils, ne reconnaissant pas le plafond de bois qui la surplombait.

L’esprit encore embrumé, l’adolescente s’assit sur son lit et passa une main dans ses cheveux de jais, essayant de remettre ses idées en place. Tout était arrivé si vite…Elle tourna la tête et réalisa qu’elle n’était pas seule. La jeune femme cligna des yeux, distinguant Ashley et Lauren encore endormies dans les lits à côté d’elle. Que faisaient-elles là ? Où était Nathan ?

Observant la pièce, elle compta quinze lits individuels avant que son regard soit attiré vers la grande baie vitrée ouverte sur l’extérieur. Une grande steppe s’étendait à perte de vue, l’herbe ensoleillée ondulant sous le vent. Elle pouvait s’enfuir. Elle n’était qu’à un pas de la liberté. Elle se leva doucement, la main tendue vers le cadre métallique de la porte fenêtre puis se figea, remarquant une jeune femme assise à un bureau, tout près du lit dans lequel se reposait Ashley.

Ses cheveux noirs attachés en une tresse fermement serrée et ses yeux bleus posés sur son livre, l’inconnue ne s’était pas encore aperçue du réveil de Reagan. Sur son épaule droite s’illuminait parfois, d’un halo indigo, un espèce de tatouage en forme de larme d’eau et, intriguée, Reagan plissa les yeux. Elle examina aussi le pendentif de dragon accroché au collier de la jeune femme lequel était entouré d’une perle dorée et une perle rouge.

Soudain l’inconnue leva la tête :

« Ah ! Tu es réveillée ! fit-elle en refermant son livre. »

Reagan la regarda s’avancer vers elle, sa démarche droite et assurée.

« Bienvenue au Campus, je m’appelle Clarisse fit l’intéressée en lui tendant la main. »

Appréciant la sincérité qui émanait de la jeune femme, Reagan lui sourit en retour :

« Moi, c’est Reagan. Tu peux me dire ce qu’on fait ici ? demanda-t-elle en lui serrant la main. »

Joignant ses deux mains derrière son dos, Clarisse soupira en la regardant d’un air compatissant :

« Pour être honnête avec toi Reagan, je n’en sais rien. Le Directeur m’a dit de veiller sur vous et de vous amener à lui quand vous serez toutes réveillées. »

Reagan hocha la tête tout en souriant à la jeune femme. Soulagée de ne pas retrouver la même agressivité de leurs ravisseurs chez Clarisse, l’adolescente se détendit un peu, et se pencha vers l’étrange tatouage que portait la jeune fille.

« Qu’est-ce que … ? »

Reagan s’interrompit quand elle entendit un grognement. Intriguée, elle se tourna vers le lit le plus proche du bureau et constata avec dépit que Lauren s’était réveillée. Regardant Clarisse marcher jusqu’au lit de la jeune fille, Reagan soupira de désapprobation lorsque la blonde eut un brusque mouvement de recul alors que Clarisse se penchait simplement vers elle pour la saluer :

« Salut, je m’appelle Clarisse … hésita-elle alors que le regard acier de la blonde la scannait durement. »

Surprise, Clarisse sentit sa peau se hérisser, effrayée par l’immense puissance qui émanait de la blonde. La Marquée recula par reflexe, prête à utiliser son Don au cas où l’Humaine se montrerait hostile.

Plissant les yeux, Lauren se leva et examina son environnement en silence. Nullement impressionnée, elle jeta un regard hautain à Clarisse avant d’hausser un sourcil moqueur quand elle constata la présence de Reagan. Puis, ses poings se serrèrent lorsque cette dernière se dirigea vers le lit où dormait Ashley et la secoua avec vigueur :

« Ashley ? Réveille-toi, fit Reagan en lui tapotant le dos.

-Reagan. Arrête ça, siffla sèchement Lauren en s’approchant du lit de sa cousine. »

Sourde à l’ordre de la blonde, la lycéenne continua d’essayer de remuer Ashley dont les traits se plissaient de douleur à mesure que les secousses qu’elle ressentait s’intensifiaient. Reagan ne le remarqua pas, trop inquiète pour elle même. Elle ne voulait pas affronter ce nouvel environnement sans Ashley, surtout pas avec Lauren, celle qui la harcelait depuis des mois, dans la même pièce. Elle ne prendrait pas ce risque.

« Écarte-toi, siffla fermement Lauren, ses yeux aciers se faisant menaçants. »

D’un geste brusque, la blonde agrippa le bras de Reagan, s’interposa entre la lycéenne et sa cousine endormie puis de la repoussa vigoureusement loin du lit. Surprise, Reagan trébucha et tomba sur le sol.

De sombres nuages d’orages commencèrent à se masser autour du soleil, projetant une ombre menaçante sur l’expression furieuse du visage de Reagan. Se relevant, la jeune fille serra les dents, sourde au tremblement métallique des cadres des lits du Dortoir, et plongea son regard noir dans celui plein de défi de Lauren. Devant tant d’indifférence, Reagan sentit la haine se répandre dans ses membres :

« C’est quoi ton problème ? cracha-t-elle, insensible au râle sourd du tonnerre qui grondait dehors. »

Pour les avoir subies, Reagan connaissait par cœur les techniques d’isolation de la bonde et ne se laisserait pas séparer de sa nouvelle amie.

« Jeunes filles, il n’y a pas de quoi s’énerver…, commença Clarisse, sursautant violemment quand la foudre s’écrasa non loin du bâtiment. On va… »

Elle s’interrompit brusquement, sa Marque commençant à la faire souffrir pour la première fois. Agrippant son épaule douloureuse, Clarisse regarda avec inquiétude la brume bleu marine se dégager des mains crispées de la blonde tandis qu’une brume noire parsemée d’éclairs bleutés commença à se propager autour des mains de Reagan.

La Marquée frissonna d’effroi et resserra ses bras sur son corps ; la température ambiante dégringola d’un coup, des cristaux de glace s’abattant durement sur les murs boisés du Dortoir et s’échouant sur le parquet de la pièce près de la vitre ouverte.

La panique lui étreignant le ventre, Clarisse constata avec affolement que sa respiration erratique se transformait en vapeur, l’air ambiant s’étant fait glacial.

Submergée par la puissance qui provenaient des deux adolescentes, Clarisse activa son Don, recherchant en premier le contrôle du sang de la blonde. C’était la plus dangereuse. La Marquée tendit sa volonté vers le corps de sa cible quand soudain la voix de Lauren claqua :

« N’essaye même pas ! »

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