10. Ravissantes confrontations (1/9)

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La sonnerie de la fin des cours retentit dans les couloirs du lycée, libérant des centaines d’adolescents soulagés par la fin de cette longue journée de rentrée.

Le bourdonnement des conversations résonant autour d’elle, Lauren rangeait ses affaires pendant que ses camarades sortaient rapidement de la classe. Elle congédia sèchement ses amies et jeta un regard à Nathan qui passa la porte sans l’attendre. Vérifiant rapidement que toutes les fenêtres étaient fermées, que les chaises étaient rangées, elle pesta en enfilant sa veste puis poursuivit son ami dans le couloir.

Agacée, la jeune fille se faufila entre les lycéens, n’hésitant pas à donner de violents coups d’épaules quand ils ne s’écartaient pas assez vite.

Elle finit par le rattraper alors qu’il allait s’élancer dans la montée des escaliers, contrairement au mouvement de descente générale. Elle l’attrapa par l’épaule, l’incompréhension se lisant dans son regard acier.


« Je vais voir Reagan. Descends sans moi, fit l’adolescent sans la regarder. »


Lauren fronça les sourcils, enlevant sa main comme si elle s’était brulée. La mâchoire serrée, elle jeta un regard froid aux adolescents curieux qui descendaient lentement dans l’espoir d’entendre le reste de leur conversation. Effrayés et connaissant la réputation de la blonde, ils déguerpirent immédiatement.


Lauren se tourna vers Nathan, en fronçant les sourcils :

« Je t’accompagne, déclara-t-elle fermement. »


Réchauffant le verre entourant la cage d’escalier, la lumière de la fin de l’après-midi éclaira les traits sévères de l’adolescent. Dans le couloir désert, une fenêtre ouverte claqua durement en se refermant, frappée par une bourrasque de vent.


« Lauren, siffla sèchement Nathan, son regard arctique brillant durement. Ne fais pas l’innocente. Je sais que tu la harcèles derrière mon dos. Mais cette fois, tu es allée trop loin. »


La fenêtre s’ouvrit brusquement et un vent violent s’engouffra dans le couloir, faisant voleter la chevelure de la blonde. Ses mèches sauvages vinrent gifler le visage de la jeune fille qui croisa les bras, insensible.


« Non. »


Son regard inflexible étudiant le lycéen, Lauren serra le poing, ses ongles parfaitement manucurés s’enfonçant dans sa paume. Alors que des nuages vinrent cacher le magnifique soleil d’été, leur ombre obscurcit le visage de la jeune fille. Dehors, la température descendit brutalement de plusieurs degrés.


« Tu es mon premier souvenir, Lauren. Je te connais. Je sais que tu es incapable de blesser autant une personne. Pourtant j’ai un doute sur le cas de Reagan, murmura Nathan, ses yeux froids plongés dans le regard acier de la blonde. »


La bise s’intensifia, faisant claquer violement à plusieurs reprise la fenêtre contre le mur. Nathan releva le menton, un air de défi flamboyant dans ses pupilles glacées.

Prenant sa source dans le bracelet de tissu enserrant le poignet de l’adolescent, une fine brume bleue cyan s’enroula autour du bras du lycéen.


« Tu te trompes, cracha Lauren, la mâchoire serrée. Je ne suis pas un monstre. »


Lentement, le vent perdit de son intensité mais une pluie diluvienne s’abattit sur le lycée. Les gouttes claquèrent durement sur le verre du bâtiment. Un frisson remontant le long de son échine, Nathan distingua la lueur bleue marine se dégageant du poing fermé de la blonde. Le corps de l’adolescent se crispa, un souffle d’air venant s’enrouler affectueusement autour de ses avants bras.


« Je n’ai pas dit ça, fit doucement Nathan en s’approchant doucement de la blonde qui se tendit encore plus qu’elle n’était déjà. »


Le bruit de la pluie sur le verre s’accentua encore. Les gouttes de d’eau s’écrasèrent violemment contre les vitres et l’air ambiant se refroidit. La grêle commença à tomber, claquant brutalement sur le toit.

Lauren remonta son sac à dos sur ses épaules, lança un regard noir à Nathan et descendit les escaliers sans un mot.


OoO


Lauren dévala les marches, ouvrit à la volée une des portes de l’entrée du bâtiment et descendit la colline, ses baskets frappant l’asphalte alors que la grêle s’abattait durement sur son corps. Son sac à dos fermement vissé à son dos, la blonde se mordit l’intérieur de la joue, son regard impénétrable fixé sur l’horizon.


Alors que l’atmosphère se réchauffait de quelques degrés, elle passa rapidement le portail du lycée puis commença à courir dès qu’elle fut hors de vue de ses pairs. La pluie frappait sans merci les feuilles des arbres qui longeaient la route sur laquelle elle haletait. Elle pesta, jetant un regard haineux vers le ciel avant d’attacher ses cheveux blonds trempés. Sans un regard sur la circulation, Lauren accéléra encore. Elle ne s’arrêterait qu’une fois que ses poumons la lâcherait.


Elle ne remarqua pas les véhicules qui freinèrent ou dévièrent pour l’éviter ; elle n’entendit pas les crissements de pneus, les multiples klaxons et les exclamations enflammées des conducteurs. Cavalant au hasard dans les rues, l’adolescente ne se laissa aucun répit, sa respiration erratique brûlant ses poumons.

Les larmes de pluie perlant sur l’expression déterminée de la jeune fille, l’averse continua de tomber, embrassant chaque sillon du béton, désaltérant chaque plante. Formant de petits cours d’eau, le flot tombé des cieux s’élança à travers les rues, stagnant dans les petites cavités des routes, s’accrocha aux roues des voitures avant d’éclabousser les passants, s’infiltra dans la terre nourricière, nettoyant ses impuretés. Le soleil, dépassant des nuages, fit filer ses rayons vers la Terre, faisant alors ressortir les couleurs éclatantes dans lesquelles se parèrent chaque goutte, chaque larme, chaque perle de pluie.


Gracieuse, une femme adulte, la peau aussi blanche que les plumes d’un cygne, leva la tête vers le ciel, ses cheveux céruléens s’enroulant autour de sa taille gracile, et sourit, la joie illuminant son regard saphir. Sa robe bleu pâle flottant élégamment autour d’elle, l’inconnue éclata d’un rire mélodieux avant de disparaître dans un souffle.


Lauren trébucha sur son lacet ouvert et tomba sur le sol, s’égratignant le genou droit. Sifflant de douleur, elle pesta et se releva fièrement. Elle s’élança à travers les rues en boitant légèrement, ses larmes de frustration se mêlant à la pluie.


La jeune fille était si loin du lycée maintenant. Essoufflée, elle diminua son allure et sécha son visage d’un geste sec. Les mains sur ses genoux, elle se laissa un temps pour reprendre son souffle.


Sa respiration se bloqua dans sa gorge quand elle comprit qu’elle se tenait en plein milieu de la route.


Soudain, les pneus d’une voiture crissèrent, un klaxon hurla et Lauren tourna la tête vers la lumière des phares qui embrasa ses yeux acier.


Enfin.


Relevant le buste, droite et fière, elle détourna la tête et attendit le choc. Il était trop tard pour réagir maintenant, elle le savait. Elle était trop loin des deux trottoirs, la voiture était lancée à une trop grande vitesse, elle ne pourrait pas l’éviter. C’était au fond, tout ce qu’elle méritait. Une mort violente, horrible pour toute la souffrance qu’elle avait causée.

Lucie… Pardonne moi.

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