4. Insolence machiavélique (part 1/2)

5 minutes de lecture

Voici la partie une du chapitre 4 qui se découpera en deux parties !

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Lyle dévala à toute vitesse les escaliers de l’entrée de sa maison. Il manqua de tomber face contre terre à cause d’un petit caillou qu’il n’avait pas compté dans le calcul de sa trajectoire. Il se rattrapa in extrémis et zigzagua entre les buissons et arbres qui fleurissaient l’entrée de son lieu d’habitation. Portant son sac à dos à bout de bras, il déboucha rapidement dans la rue. Il regarda de gauche à droite, scannant ses environs à la recherche de son meilleur ami. Ne trouvant personne, c’est en soupirant qu’il s’assit lourdement sur le trottoir. Alex était en retard.


- Quelques minutes plus tôt -

Lyle était en train de déjeuner avec l’entrain d’un jeune qui a dormi deux heures, une veille de rentrée scolaire. Assis sur son tabouret, son dos se courbait sous la fatigue. Ses boucles brunes, d’habitude bien définies, étaient toutes emmêlées et ses yeux noisette, d’habitude vifs et brillants, étaient ternes, rougis, soulignés par de grandes cernes. Sur ses joues rebondies courrait la marque de l’oreiller que ses fossettes ne pouvaient pas effacer.

C’était son premier jour en tant qu’étudiant de première. Et il savait qu’il allait en baver mais ne regrettait en aucun point de ne pas s’être couché plus tôt.

Il avait discuté très tard le soir avec Dylan à propos de leurs recherches. Cela faisait des mois qu’ils avaient été mis sur le projet par une grande entreprise mais jusqu’à lors, ils faisaient chou blanc. Lorsqu’il avait appelé Lyle, Dylan venait de déterrer deux ou trois pistes et lui assurait qu’ils tenaient le bon bout. Dylan avait dû raccrocher à cause du couvre-feu dans son Orphelinat mais Lyle avait pu commencer à rassembler quelques informations avant de tomber de fatigue.

« Oh ça va être génial l’école ! ironisa-t-il avec un sursaut d’énergie, imitant la voix de sa mère. »

Il sourit ironiquement et applaudit, reproduisant l’air émerveillé de sa mère quand elle lui parlait d’aller au lycée. Il rectifia, sans changer de ton : « Le lycée, le lieu de l’enrichissement personnel, Lyle !! »

Son sourire se fana brusquement. Il retrouva son expression blasée tout en levant les yeux au ciel et en expirant l’entier volume d’air que ses poumons pouvaient contenir :

« La grosse blague ! marmonna le jeune homme, se concentrant sur son bol de lait dans lequel nageaient ses céréales devenues molles. »

Il s’appuya sur son coude et remua la mixture, pas très esthétique, sans grande conviction :

« Je veux juste dormir moi, ronchonna-t-il. »

Il mangea son petit déjeuneur avec ennui, laissant son esprit vagabonder librement.

Soudain il lâcha sa cuillère, sauta vivement du haut de son tabouret et se mit à faire les cent pas dans la cuisine.

Lyle était un jeune homme brillant. Il possédait une haute compréhension des sujets scientifiques, s’intéressant et participant à des forums pour la science. Il avait déjà proposé des solutions pour économiser les frais de l’exploration spatiale en rendant un dossier de recherche très épais pour construire un lanceur de fusée qui revenait sur le site du lancement au lieu de partir en fumée dans l’espace.

Si son intelligence et sa vivacité d’esprit étaient remarquables, le jeune homme avait beaucoup de mal avec le côté humain. Il n’arrivait jamais à s’intégrer, étant naturellement mis de côté. Il était toujours considéré comme quelqu’un de bizarre, quelqu’un qu’il fallait éviter. Après de multiples échecs à se faire des amis, Lyle avait développé un dégout naturel pour l’école et par-dessus tout, la rentrée. Par conséquent, il était prêt à tout alors pour la rater.

Quand ce dernier entendit les pas de la seule adulte, sa mère, Faith, qui habitait la maison résonner dans l’escalier, il se rassit doucement, essayant de faire le moins de bruit possible en tirant le tabouret vers lui, et fit comme s’il n’avait pas eu ce sursaut de génie. Néanmoins, l’adrénaline aidant, il avait trouvé le moyen infaillible de ne pas se présenter en cours aujourd’hui et, en prime, en toute légalité. C’est-à-dire avec l’autorisation de sa mère.

La porte s’ouvrit et une grande silhouette entra. La mère de Lyle était une belle femme, c’était indéniable : des cheveux bruns qui coulaient en vaguelettes régulières jusqu’à sa taille fine et ses yeux habituellement gris prenaient une teinte verte quand elle regardait son fils avec toute la fierté et l’amour qu’une mère pouvait avoir.

Lyle eut un rictus maléfique : « C’est maintenant que tout se joue, pensa-t-il, concentré sur chaque mouvement de sa cible, étudiant ses moindres gestes alors qu’elle virevoltait dans la cuisine pour se faire son propre petit déjeuner. »

D’un œil vif, toute fatigue oubliée, le brun regardait sa proie tout en pensant à la stratégie à adopter. Il penchait plus pour la tactique du fils à maman c’est-à-dire : « Geindre pour la pitié, et c’est gagné ! ». Pour cela, il fallait la jouer fine, très fine. Mais il était malin, très malin.

Mais malheureusement pour lui, sa mère aussi. Arborant un regard vague tout en réprimant un faux bâillement, car il était maintenant pleinement réveillé, il commença :

« -Je ne pense pas vraiment qu’il me soit nécessaire d’y aller maman... Je … »

« Ça y est l’opération « Rentrée » a commencé, pensèrent-ils tous deux se regardant dans le blanc des yeux. »

-Quoi ? Tu es trop intelligent ? coupa en souriant Fait qui avait déjà prévu cette discussion, vu l’engouement de son fils pour l’école. Tu ne m’auras pas si facilement fils ! pensa-t-elle en le regardant tripoter une mèche de ses cheveux, les yeux dans le vague. »

Ils jouaient l’indifférence, mais un combat acharné se livrait réellement.

« -Il faut partager tes maigres connaissances tu ne crois pas ? questionna sa mère en posant la bouteille de jus d’orange sur la table avant de croiser les bras avec son air de défi habituel. »

Lyle crispa discrètement la mâchoire. Son plan allait capoter d’une minute à l’autre.

Il la regarda d’un air morne et blasé puis fila, à l’étage, dans sa chambre, pour s’habiller et réfléchir à un Plan B ou à une continuité du Plan A. Il enfila un tee-shirt noir qui moulait son corps petit et fin qui n’avait pas encore décidé d’atteindre le très rêvé mètre 70, stagnant à un petit mètre 65. Ce même corps qui n’avait pas non plus décidé d’être musclé, restant à un physique peu développé d’un gamin. Lyle passa ses longues jambes dans un jean, le ferma, se coiffa d’un geste de main nonchalant et courut dans la salle de bain se brosser les dents. Après les trois minutes règlementaires, il quitta en trombe la salle d’eau, dévalant les marches, se jeta à plat ventre sur le canapé et alluma la télévision. Sa mère n’avait rien entendu, il se savait tellement discret !

Regarder la télévision était une étape essentielle de son plan machiavélique.

Sachant qu’il avait cours à 8h, qu’il était 7h30 et qu’il lui fallait 15 min pour aller jusqu’au lycée. Mais il se devait d’attendre un ami toujours en retard, ce qui dans la balance, prenait un poids considérable.

Sa mère ayant possession de l’intégralité de ces informations, dans combien de temps la confrontation Lyle/Faith allait démarrer et surtout pendant combien de temps allait-elle durer ? Plus elle durait, plus il pouvait argumenter qu’aller en cours avec une demi-heure de retard n’avait aucun sens. Le point irait naturellement pour lui. Le match était déjà gagné.


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