3. Pétales tranchants, éclatantes collisions (part 1/7)

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Prêts à découvrir un autre personnage ? C'est parti, bonne lecture ! (Ce chapitre se décompose en 7 parties)- Ellana

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A quelques centaines de mètres du Lycée Charles Darwin se trouvait l’Orphelinat. C’était une petite propriété composée de deux tours opposées, d’une grande entrée bordée de fleurs fanées et d’herbe mal arrosée. Le portail en fer noir qui délimitait la propriété rendait la bâtisse un peu effrayante. Cependant l’intérieur était tout autre. Au deuxième et au troisième étage, des enfants de 6 à 17 ans couraient en riant pour rejoindre leurs chambres à la vue d’un adulte qui montait à l’étage pour vérifier que tout le monde était prêt pour aller à l’école. L’aile ouest était réservée aux filles et l’aile opposée aux garçons. Chaque orphelin était assigné à une chambre, mais en l’absence d’adulte, des communautés se forment et on ne reste pas seul longtemps dans son dortoir.

Au premier étage se trouvait le bureau de la directrice. C’était une petite femme assez maigre, un visage souriant et ridé, des cheveux blancs et un cœur en or. La vielle dame avait commencé à accueillir des jeunes depuis une cinquantaine d’années. A cette époque, Rose se montrait fière, stricte et énergique.

Toutes les rondes étaient assurées, elle veillait à ce que tout le monde se couche à une heure précise. Puis, au fil des années, son état s'était détérioré : elle avait vieilli. Ses rondes s’étaient faites rares, jusqu’à ne plus exister, ses longs discours au début des repas n’avaient plus lieu d’être et les activités du dimanche après -midi avaient disparu.

Consciente de la baisse de la qualité des services de l’Orphelinat, Rose travaillait d’arrache-pied pour éviter que les enfants se retrouvent à la rue à cause de son manque d’argent. Elle restait donc cloîtrée dans son bureau, où personne ne savait ce qu’elle faisait. Elle avait beaucoup de problèmes avec sa banque qui envoyait ses huissiers en conséquence. Lesquels repartaient aussitôt, quand ils se voyaient assaillis de projectiles quelconques lancés par les enfants qui voulaient aider leur directrice. Mais Rose savait qu’ils ne tiendraient pas longtemps ainsi. Le montant de ses dettes augmentait tandis que l’argent de son compte en banque diminuait. Cependant, si elle ne faisait rien pour sauver la maison des huissiers, ses jeunes se retrouveraient seuls et sans foyer. Et ça elle ne pouvait pas l’accepter. L’Orphelinat constituait un refuge pour les orphelins qui fuyaient un monde trop dur et aussi pour leurs amis qui eux, fuyaient des parents trop exigeants. Rose faisait semblant de rien voir mais elle était parfaitement au courant de qui rentrait et de qui sortait.

Rose adorait ses orphelins. Et ils le lui rendaient bien. Ils l’aidaient dans les tâches ménagères car nettoyer un manoir haut de trois étages était une besogne que la vielle dame ne pouvait plus accomplir seule. Ils l’applaudissaient à chaque fois qu’elle sortait de son bureau, l’encourageaient à participer aux activités mises en place entre deux ou trois batailles de polochons et se jetaient dans ses bras pour lui montrer qu’ils la soutenaient de tout leur cœur. Quand elle voyait cette dévotion dans leurs yeux, Rose ne pouvait s’empêcher de pleurer à chaudes larmes, touchée par la foi qu’ils mettaient en elle. Ses jeunes lui donnaient l’envie de continuer le combat : elle ne voulait pas et ne pourrait jamais les abandonner.

* *

*

7h00, au troisième étage de l’Orphelinat, aile ouest, dernière porte.

Reagan se réveilla et s’étira doucement dans son lit. Puis elle se laissa retomber sur son oreiller et remarqua qu’elle se trouvait dans sa chambre. Il était inhabituel qu’elle dorme ici. Mais Dylan, son meilleur ami, ayant choisi d’aller passer le week-end d’avant rentrée chez Logan, la jeune fille se retrouvait seule dans son dortoir à l’Orphelinat. Reagan se leva avec difficulté, encore endolorie par sa nuit, et alla prendre sa douche dans la pièce d’à côté. Elle regarda en bâillant son portable et constata qu’elle avait trois appels manqués de Dylan. Il ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter pour elle. Décidant qu’elle lui répondrait plus tard, Reagan fit défiler ses notifications et ne trouvant aucun message d’Alex, elle soupira et déposa l’objet près du lavabo avant d’entrer dans la douche.

Sa chambre était une petite pièce comprenant un lit, la tête au niveau du mur mansardé et les pieds au milieu de la pièce, un miroir et une petite armoire où la jeune fille rangeait ses maigres affaires et ses objets personnels. Reagan habitait dans la tour ouest du manoir où il faisait souvent froid et humide. On pouvait ouvrir deux fenêtres aux larges carreaux qui couinaient un peu, certes, mais qui donnait sur la petite forêt où Dylan et elle se retrouvaient souvent en été et l’autre donnait sur la cour de la demeure.

Grâce à cette fenêtre, elle pouvait prévenir de l’arrivée imminente des huissiers et lancer le programme de défense contre ceux qui menaçaient de leur enlever leur foyer. Un programme de défense qui avait marché plus d’une fois, en y repensant.

Reagan sortit de la douche, les cheveux mouillés, en chantonnant. Elle ne se rendait pas compte qu’elle avait cours dans une heure et que c’était la rentrée. Non, elle ne réalisait pas qu’il lui faudrait de nouveau travailler d’arrache-pied pour arriver à un bon niveau. L’année dernière, elle avait compté sur l’aide de Dylan, pour sa seconde. Mais maintenant, elle était en première et ça n’allait pas rigoler tous les jours… Elle retourna dans sa chambre, essayant de ne pas trop mouiller les vieilles planches de bois qui composaient son sol et se plaça devant son miroir, se détaillant.

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