Niveau 4 - Boss-Fight

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Ma patronne, Mme Kirichenko, me contemplait comme un délicieux morceau de gigot. La familière jauge rose trônait à la place de l’icône cœur. Malgré la fournaise qui brûlait au creux de mon ventre, je flippai comme jamais. L’interface m’avait fait passer pour un type hyper sûr de lui quand en réalité, il y avait moins de 2h encore, je suais par tous les pores de ma peau à l’idée de ne serait ce que lui bafouiller un « bneujur ».

La farandole des jauges, graphiques et courbes dansait autour d’elle. Tétanisé, je glanais quelques informations à la volée « Excitation – 65% », « Anticipation – 84% ». Je notais avec délice un très prometteur « Masochisme – 67% », sans vraiment savoir quoi en faire. « Lecture de pensée », tentais-je.

« Bon, il attend quoi le stagiaire » résonna la voix de ma patronne. « J’aurais dû m’y attendre. Encore un qui parle beaucoup pour pas grand-chose. »

La jauge au-dessus de sa tête se vida légèrement et clignota en rouge. 9%. Merde merde merde ! Avec Sandra je n’avais eu qu’à me laisser porter par sa fougue, mais après le baratin que je venais de servir à ma chef, il était évident qu’elle attendait que je la prenne en main. Mais comment ? Quoi ? Par où commencer ? « Un petit peu d’aide ne serait pas de refus », beuglai-je mentalement.

« Mode conseil – activation »

Une partie seulement de l’avalanche d’information se dissipa pour ne laisser que quelques jauges. Trois en particulier fluctuaient légèrement, comme sur une platine de DJ. « Douleur », « Plaisir », « Humiliation ». Je tâchai de ne pas me focaliser sur ce que tout cela m’évoquait, la violence de mon excitation n’avait pas besoin d’incitations supplémentaires.

Je me serais sûrement senti plus à l’aise avec le mode total gros débutant de la lose, mais l’Interface semblait bien décidée à me faire progresser, que je le veuille ou non.

« Donner ordre. » afficha-t-elle.

Tu n’aurais pas plus précis ?! Incapable de soutenir le regard de plus en plus impatient de ma patronne, je fouillai la pièce des yeux. Je devais trouver quelque chose. La jauge descendit encore plus. 5%. L’intimidante Mme Kirichenko lâcha un soupir déçu.

— Fermez les persiennes de votre bureau, ordonnai-je précipitamment et d’une voix bien trop tremblante. Verrouillez aussi la porte.

La jauge humiliation vira au vert et elle me sourit malgré la dureté de son regard. J’avais balancé cet ordre plus par peur de répéter l’échec des toilettes qu’autre chose, mais cela portait ses fruits. La barre rose au-dessus de sa tête retrouva son point de départ. 10%.

Sans un bruit, et sans me quitter du regard, elle s’avança vers les murs vitrés nous séparant du reste de l’open-space. Je ne parvenais pas à détacher mon regard de ses fesses bombées alors qu’elle faisait tourner la petite barre en plastique qui rabattit les clapets de la persienne, nous isolant des curieux. La plupart devaient s’imaginer qu’elle s’apprêtait à me passer un savon vu qu’elle faisait toujours cela avant une gueulante.

La clé de la porte émit un cliquetis métallique lorsqu’elle le verrouilla. Les mains posées sur les hanches, elle m’observait de toute sa hauteur. J’avais espéré voir le conseil « Donner ordre. » changer, mais il ne bougeait pas d’un iota. Je devais poursuivre mon impro. Mis en confiance par ma première réussite, je tentai un timide :

— Déshabillez-vous.

Je retins un « enfin si vous voulez ». Cette fois, les jauges plaisir et humiliation grimpèrent de concert. Je me calai tant bien que mal contre le dossier en bois de mon inconfortable chaise et écartait les cuisses pour libérer la tension de plus en plus intenable. À croire que mon pantalon avait réduit au lavage.

Lorsqu’elle laissa tomber sa petite veste au sol, je retins mon souffle. Elle aventura une main sur le premier bouton de son chemisier et je pris conscience du fait que le moindre de ses gestes provoquait des frissons le long de mon échine. J’allai la voir nue ! Une femme magnifique ! Ma chef ! Avec une lenteur parfaitement calculée, elle entrouvrit son chemisier. J’aperçus la forme de son soutien-gorge noir sur sa peau légèrement dorée. D’une main, elle libéra son chignon. Sa chevelure brune s’écoula jusqu’au sommet de ses épaules rondes. Ainsi auréolée, elle ressemblait à une vraie déesse du cul.

— Plus vite, ordonnai-je presque malgré moi tellement mon impatience devenait insoutenable.

Son regard s’embrasa encore plus. Ses gestes se firent plus lents et mon désir toujours plus fort. Elle me provoquait et j’adorai ça.

La jauge rose se vida légèrement

Hein ? Les choses marchaient parfaitement pourtant.

« Ne pas perdre contrôle. » clignota l’interface avant de reprendre son immuable : « Donner ordre. »

Oh. Je vois. Je dois admettre que c’est avec beaucoup de plaisir et une assurance grandissante que je lançai :

— Je vous ai donné un ordre.

Les jauges humiliation et plaisir bondirent ensemble. Whoâ, excellent, au moins autant que le regard qu'elle me jeta. Elle semblait hésiter entre me tuer et me violer.

Le chemisier rejoignit la veste au sol. Elle portait un soutien-gorge push-up sans bretelle qui mettait en valeur l’appétissante chair bronzée de ses seins. Une main sur l’attache de sa lingerie, je la vis hésiter. Mon excitation atteint de nouveaux sommets inexplorés. Je ne l’avais jamais vue en proie au doute, et cela la rendait d’autant plus sexy. La jauge « humiliation » frôlait les 75%. Je ne résistai pas et demandai « Lecture de pensée. »

« Ça y est, c’est le moment où je vais l’écœurer. Satanée peau flasque et dégoûtante. Tu pensais vraiment plaire à un petit jeune ma pauvre fille ? »

Oh, alors sous ses airs confiants, sa nudité était source de fragilité. Cela ne faisait que me donner encore plus envie de la dévorer du regard.

— Vous n’allez tout de même pas vous arrêter en si bon chemin, dis-je presque jubilant.

Dans un soupir, elle dégrafa le soutien-gorge qui tomba sans cérémonie. Elle serra ses poings à s’en blanchir les phalanges, mais ne se dissimula pas. La tête haute, elle semblait me mettre au défi de la critiquer.

Mais il aurait vraiment fallu que je sois un hypocrite de l’espace pour trouver à me plaindre. Ses seins, bien que plus petits que ne le laissait espérer son décolleté, et beaucoup plus petits que ceux de Sandra, n’en étaient pas moins magnifiques. Ce qui m’émut le plus ce n’était pas tant qu’ils étaient fermes, ou qu’ils s’allongeaient en forme de délicieux citrons, ni leurs gros bouts durs et bruns, ni même le fait que son torse étroit les mettait encore plus en valeur, mais leur bronzage. Un minuscule triangle de peau claire se dessinait autour de ses larges aréoles et laissait deviner des séances de bain de soleil en bikini. À mes yeux, cela symbolisait les frontières d’un territoire normalement interdit à la vue. Pouvoir le contempler me donna aussitôt l’impression d’être le type le plus privilégié du monde. Tout bien réfléchit, ce n’était pas qu’une impression.

Mon sourire niais dut calmer les angoisses de ma séduisante patronne puisque ses poings se desserrèrent pour s’activer sur son tailleur qui s'échoua bien vite au sol. Sous son ventre parfaitement plat et rehaussé par un strass serti dans son nombril, un string noir masquait à peine son sexe. Une idée, ou plutôt un puissant désir me saisit alors.

— Installez-vous dans votre fauteuil.

Une jauge « Surprise – 58% » apparue furtivement avant de disparaitre. Ma patronne n’en laissa rien paraitre. Lorsqu’elle contourna son bureau, je profitai de la vue de son fabuleux postérieur qui roulait de part et d’autre de la ficelle de son string.

Elle s’installa comme ordonnée et plaça les mains sur les accoudoirs. Je la rejoins, et cette fois, ce fût à mon tour de la toiser. Mon sang se mit à circuler bien plus vite. Le conseil de l’interface « Donner ordre. » continuait à provoquer mes désirs d’humilier cette femme qui avait éveillée tant d’envie et de peur en moi.

— Relevez vos cuisses.

L’indicateur de l’humiliation augmenta encore. Faisant preuve d’une incroyable souplesse, elle hissa haut ses jambes et les maintins en place de ses mains placées derrière ses genoux. Cette position galbait les abdos de son ventre musclé. Telle la paire de ciseaux la plus sexy de l’univers, elle écarta lentement les cuisses pour m’offrir la vue de son pubis.

Je n’y tins plus et d’un geste brusque, je tirais le minuscule morceau de tissu qui s’interposait. La fente de son sexe m’apparut particulièrement petite et délicate perdu dans une légère toison brune. Ses fines lèvres s’ouvraient sur un petit vagin et je n’eus alors qu’une envie, goûter à cette chair rose, brillante. Mais pas comme avec Sandra. Non. Ma patronne éveillait des pensées bien plus violentes. Je ne voulais pas lui faire l’amour. Je voulais la prendre, la posséder complètement.

Le conseil « Pénétrer » qui s’afficha brusquement fut superflu. J’avais déjà baissé mon pantalon, extirpé mon sexe et, dans un état second, je me glissais en elle. Elle fit une légère grimace, mélange de surprise et de douleur, lorsque mon gland étira son délicat vagin. Son humidité s’écoula aussitôt autour de mon sexe pour s’égoutter lentement sur le cuir du siège. Je m’empalais aussi profondément que possible. Un long souffle d’air s’échappa de ses narines.

Si je n’avais pas joui comme jamais entre les seins de la belle Sandra, je n’aurais pas tenu plus d’une microseconde dans cet étau moite. Je n’avais aucun point de comparaison, mais les sensations que me procurait la chatte incroyablement serrée de ma patronne explosaient tout ce que j’avais pu imaginer. Comme quoi, la réalité dépasse bien souvent la fiction.

D’ailleurs, en parlant de réalité, celle de ma situation me frappa d’un coup. Bordel, ma patronne… Je baisais ma patronne !

J’entamais une série de va-et-vient comme pour confirmer que tout cela ne pouvait pas être qu’un rêve, ou alors, un particulièrement réaliste. Je remarquais rapidement qu’une certaine colère animait mes mouvements. Je la pénétrai à grands mouvements violents qui la secouait sous moi, emporté par le souvenir de ses brimades, de ses regards dédaigneux et de ses soupirs d’ennui quand j’avais le malheur de lui poser une question stupide. Chacun de mes coups de boutoir était comme le remboursement pour mon égo blessé. Sous mes assauts, elle gémissait silencieusement, le visage rougit de plaisir. « Lecture de pensée », appelai-je.

« Oh putain, mais c’est trop bon ! Baise-moi fort ! Déchire ma petite chatte avec ta queue. »

Bon sang, je n’aurais jamais imaginé que ma patronne puisse être une telle chaudasse. Vu son corps, cela aurait été un véritable gâchis, mais son attitude strictement professionnelle, voir carrément hostile en toute circonstance ne laissait pas deviner un tel enthousiasme sexuel. Je me propulsais en elle toujours plus fortement, profondément et brutalement. Les fines lèvres de son sexe s’écartelaient autour de mon membre et sa toison brune se pailletait d’humidité. Le fauteuil de cuir, pourtant monté sur quatre pieds solides, glissait en grinçant sous mes assauts.

Je me rappelais alors de la présence de la jauge « douleur » et je ne résistais pas à l’envie de plus en plus pressante de lui faire mal ! Je saisis un de ses petits seins qui s’agitait sous mes coups de reins. Je l’étirais dans ma main, tirant sur son téton sans aucun ménagement. Dans un râle de douleur et plaisir mêlé, elle renversa tête en arrière et bomba le torse pour s’offrir à cette torture délicieuse. Je ne me fis pas prier et j’agrippais le sein encore libre pour lui faire subir les mêmes sévices. Du pouce et de l’index telle une paire de tenailles, je pinçais durement les deux mamelons en érection. Elle retint une vague de gémissements en se mordant la lèvre inférieure et détourna le regard. Bon sang, lui faire du mal m’excitait encore plus que les caresses de la poitrine de Sandra. Je ne pensais pas cela possible.

Les parois de son vagin m’enserraient à chaque pénétration et se relâchaient lorsque je ressortais presque complètement. Ses longs gémissements, qu’elle parvenait à garder en sourdine, s’amplifiaient au rythme de mes coups de bassin. La jauge se remplissait de concert. 65%, 75%, 85%. Mon énergie vengeresse et mon désir brutal semblaient compenser admirablement mon manque total d’expérience. Du moins, j’espérais que l’Interface ne me donnait pas de coups de pouce en jouant avec le cerveau de ma patronne. Je n’avais rien contre tricher, mais pas pour tout ! Ses jauges de plaisir et de douleur atteignaient presque les 100%. Humiliation trainait à 65%.

« Insulter. » lança soudainement l’interface.

— T'aimes ça hein… espèce d’idiote ! crachais-je, complètement pris de court.

— Hey, mais ça va pas ! lança-t-elle, son regard noir rivé sur moi.

La jauge rose retomba à 75% et clignota en rouge. Merde !

« Suggestion ? » proposa l’Interface.

Je criai mentalement « Oui s’il te plait ». Elle me proposa une série de trois phrases dont la seule lecture fit rougir mon âme de prude. J’optai pour :

— T’aimes ça te faire défoncer comme une chienne par ma grosse queue ?

Je passai sur l’irréalisme flatteur concernant la taille de mon sexe, seule m’importait la réaction de la beauté sous moi. Je la sentis frémir le long de ma verge sous l’assaut de mes mots. Bon sang, sa petite chatte était un véritable délice. Elle pulsait comme pour me caresser de l’intérieur. La jauge dépassa les 85%.

— Je t’ai pas entendu ? continuai-je, suivant le script suggéré. T’aimes ça de te faire prendre comme une pute par ton petit stagiaire ?

— Oh oui, j’adore ça, admit-elle dans un murmure entre deux gémissements.

Nouvel étau autour de mon sexe, nouvelles pulsations. À ce stade, je me retenai de jouir par la seule force d’une volonté que je ne me connaissai pas. 95%.

— Faut vraiment être une grosse cochonne en manque pour se faire déchirer comme ça dans son propre bureau.

Ma patronne contenait de moins en moins ses gémissements et, ne voulant pas répéter le fiasco des toilettes, j’arrachai une main de sa poitrine et la plaquait fortement contre sa bouche. Son souffle saccadé me poissa les doigts alors que son regard de défi me réchauffait les reins.

— J’en ai rien à foutre du plaisir que tu prends, je vais juste gicler dans ta chatte de salope, que tu sentes bien toute la journée comme je t’ai souillée comme la catin que tu es !

Cette provocation me parut un peu violente. Je n’étais même pas sûr de savoir comment j’avais pu la prononcer sans l’agrémenter de deux trois excuses. Mais son effet fût fulgurant. La jauge d’humiliation explosa à 100%. Elle gémit puissamment et tout son corps convulsa. La barre rose se remplit au maximum avant d’exploser dans un clignotement blanc qui me brûla presque les rétines.

N’y tenant plus, je libérais enfin la syncope de mon plaisir. Une chaleur intense prit forme dans mon scrotum avant de se déverser puissamment, inondant la chatte offerte dont les trépidations semblaient vouloir m’avaler encore plus en elle. Les puissantes secousses de l’orgasme de ma patronne ajoutèrent au plaisir de ma petite mort.

— Si j’avais su que tu étais comme ça, dit-elle entre deux souffles saccadés alors que je me retirais, je t’aurais baisé bien plus tôt.

Sa vulgarité ajouta à l’érotisme du tableau qu’elle m’offrait. Les cuisses encore écartées, mon sperme s’égouttait de manière indécente le long des lèvres de son sexe, jusqu’à ses fesses. Les traces rouges sur la peau claire autour de ses mamelons témoignaient de mes rudes traitements. Elle me fixait, son regard plus ardent que jamais, comme si tout cela était la chose la plus naturelle du monde.

« Donner ordre »

Euh, la « mission » n’était pas censée être finie ? En réponse, une pulsion qui semblait émerger des tréfonds de mon cerveau flotta à la surface de ma conscience. L’Interface avait raison. Il fallait qu’elle comprenne une bonne fois pour toutes sa nouvelle place.

— Lèche, dis-je, ma voix étonnement assurée. Nettoie bien tout.

Après un cours moment d’hésitation ou une lueur de défi enflamma son regard, elle libéra ses jambes et se coula à genou à mes pieds. Elle engloutit complètement mon sexe désormais flaccide et le suça expertement. Sa langue en parcourait le gland avant de descendre lentement. Encore languide de mon orgasme, mon plaisir tenait plus de la situation que des sensations elles mêmes. Voir ma patronne au sol, au bout de mon sexe, me donna l’impression d’être le maitre du monde.

Cela dit, je rédigeais un post-it mental : penser à goûter à sa bouche dans une situation plus « tendue ».

— Oh ! dis je soudain. J’ai oublié de demander, mais vous avez un fiancé ? Un copain ?

Tout en conservant mon sexe en elle, elle fit non de la tête. Ok, un souci en moins. J’aurais peut-être dû me renseigner avant cela dit. Si je laissai ma bite aux commandes à chaque fois, je risquai d’autres surprises potentiellement dangereuses.

Dans un petit claquement de palais, ma patronne libéra ma verge. Un fin filet de salive reliait l’extrémité de mon gland à ses lèvres humides.

— Satisfait ? demanda-telle avec un large sourire qui dévoilait ses canines.

Avant que je puisse dire que je n’étais pas satisfait, mais carrément giga-ultra-méga-satisfait, l’interface cracha « Dédain ! ». Euh, d’accord.

— J’ai connu mieux.

Mais ce mytho du cosmos ! Elle ne se départit pas de son sourire pour autant, bien au contraire.

— Je suppose qu’il faudra que tu m’entraines régulièrement dans ce cas.

— Euh… bien sur oui ! Par contre, personne ne doit être au courant de ce qu’il se passe entre nous. Alors lorsque je sortirais du bureau, insultez moi copieusement comme si vous veniez de me passer un gros savon.

— C’est dans mes cordes, dit-elle. Je risque même d’aimer ça.

Son air défiant réveilla aussitôt mon désir de la soumettre. J’y résistais pourtant, j’avais beaucoup à penser et il me fallait un peu d’air.

— Oh et pendant que j’y suis, en cas d’absence, couvrez moi. Bien entendu, j’attends des commentaires plus qu’élogieux sur mon rapport de stage.

Hé, c’est important de penser à son avenir.

Elle acquiesça et entreprit de se rhabiller. Je ne résistais pas à un dernier petit plaisir.

— Enlevez vos sous-vêtements pour le reste de la journée.

Son regard gêné manqua de me faire revenir sur ma décision de m’éloigner. Je me contentais d’un « Lecture de pensée ».

« Mon haut est à peine opaque et je risque à tout moment de trop me pencher et de dévoiler… Oh… Rien que d’y penser… Il me rend dingue celui-là. »

Elle fit comme ordonnée en se mordant la lèvre inférieure. J’achevais de me rhabiller et sortais de son bureau. Elle me suivit et lança depuis le seuil :

— Et si je te chope encore en retard, je vais te coller un putain de rapport de stage tellement merdique qu’on ne voudra même pas t’engager pour récurer les chiottes. Les saloperies de feignasses dans ton genre faudrait les foutres aux galères qu’ils comprennent ce que c’est de bosser. En plus ça m’épargnerait de voir ta sale tête de rat.

Elle en faisait peut être un peu trop, mais cela fit son petit effet. De nombreuses têtes se tournèrent dans ma direction pour se délecter du spectacle. Je me retins de sourire pour ne pas casser le bel effet. Pour ajouter à mon sentiment de triomphe, l’interface proclama :

« Succès total. 100% gain d’XP. 200 XP – Acquérir nouvelle compétence ? »

Avant que je puisse donner ma réponse mentale, un texte énorme et rouge m’explosa à la face :

« TRANSMISSION »

Une douleur aiguë ricocha contre les parois de mon crâne. Je voulus arracher mes lunettes pour arrêter l’atroce sensation, mais mon corps refusait de bouger d’un pouce. Une image engloba tous mon champs de vision. Une lampe ? Non, pas une simple lampe. J’avais un projecteur pointé en plein sur mon visage. Derrière, je distinguais très vaguement deux hautes silhouettes.

— Pour la millième fois, résonna une voix grondant comme un éboulis. Dis-nous qui te l’a donné et tout s’arrêtera. Tu pourras rentrer chez toi en un seul morceau.

Une vague de peur me submergea sans que je sache d’où elle provenait. Je me sentai pris au piège. Sans espoir. Un filet de bile me titillait l’arrière de la gorge.

— Je vous ai déjà tout dit, répondit une autre personne entre deux sanglots. Comment voulez-vous que j’avoue ce que je ne sais pas. Pitié, vous avez ce qui vous intéresse, laissez-moi partir.

J’entendi un long soupir suivi d’un coup violent qui me percuta en pleine tempe.

« FIN TRANSMISSION »

La scène disparue aussi vite qu’elle était apparue. À nouveau aux commandes de mon corps, je tournais en tout sens à la recherche de l’enflure qui venait de profiter de la situation pour me cogner. Mes collègues m’observaient comme si je venais de me mettre tout nu pour leur montrer la technique de l’hélicoptère avec mon zgueg. Aucun ne semblait m’avoir violenté.

Secoué, je franchis les quelques mètres me séparant de mon bureau et m’y agrippai comme à un radeau de sauvetage.

— La vache, ricana mon collègue. elle a dû te faire un sacré numéro pour te mettre mal comme ça.

Je n’eus même pas le plaisir de penser « si tu savais ». Seules deux questions m’obnubilaient. Qu’est ce que les lunettes venaient de me montrer ? Et surtout, pourquoi ?

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Du grain de sel au grain de sable
                  
01 – La plage.
Il y a tellement longtemps que je n'ai pas pêché dans cette petite anse du massif de l'Estérel.
Pour être perdue, cette petite plage, elle est perdue, discrète et difficile d'accès.
Ce n'est pas la plage propre qu'on aménage pour les touristes. Elle est encombrée de bois flottés, de vieilles tongs dépareillées, de bouteilles en plastique, de débris de filets de pêche, d'algues qui fermentent en se décomposant dans une odeur de pourri salé, en bref, un vrai désastre écologique.
Je suis là, dans ce petit vent froid et salé, sur une langue de rochers, au cœur des bruits répétitifs des petites vagues qui viennent mourir sur le sable ou s'écraser sur les rochers. Il y a aussi le son incongru de l'air poussé et compressé par la mer dans une petite grotte sous-marine qui souffle un râle surnaturel.
Je suis seul devant l'immensité de la mer et du ciel, une canne palangrotte à la main qui s'immerge dans un trou d'une dizaine de mètres sous les rochers. Mes sens sont aux aguets en attente d'une touche, prêts à réagir immédiatement pour ferrer.
Cela ne pite pas beaucoup, comme on dit ici, il n'y a pas de touche franche.
Je surveille de temps en temps l'accès à la plage, j'ai un rendez-vous avec un gros poisson de la pègre. Il veut me consulter pour avoir mon avis, et sûrement me proposer un coup.
J'ai toujours travaillé seul, discrètement, je ne sais pas comment ni pourquoi, il a besoin de moi.
Je n'ai fait que deux gros coups dans ma vie, ce qui me permet de vivre tranquillement, discrètement, sans flamber, je travaille de temps en temps, en tant qu'artisan électricien pour donner le change et être couvert socialement. Je choisis des chantiers faciles parce que je commence à devenir vieux.
Ah, une touche ! Je ferre. Je sens au bout de la ligne le poids d'un poisson qui se défend, il a l'air beau et lourd. C'est un beau sar qui sort de l'eau. Je tourne la tête, un homme descend vers la plage, avec une canne et un seau à la main. C'est peut-être mon rendez-vous qui arrive.
Il me regarde, porte son index droit sur la bouche en signe de silence. Il s'installe à l'opposé de l'endroit où je suis. Il sort un petit carnet vert et écrit quelque chose dessus. Il se déshabille, se met en slip de bain, puis met ses vêtements en boule. Il vient vers moi après avoir déchiré une feuille du carnet vert. Il refait le signe de silence et me tend le papier. Il retourne à sa place, déplie sa canne à pêche, accroche son bas de ligne et appâte l'hameçon. Je suis interloqué. Je finis par lire son mot. « Mettez-vous en slip, je suis sous écoute, faite comme si vous l'étiez aussi. Rendez-vous loin des portables contre la falaise. Merci »
Il fait froid, je vais attraper la crève avec ses conneries. Il doit se cailler aussi. Je me presse de me déshabiller et de filer au lieu-dit.
Dans quelle merde, je me mets ?
C'est un violent ce type, il faut s'en méfier, obéir et respecter ce monsieur, j’y suis obligé.
Je vais essayer de refuser poliment ses propositions.
Il me rejoint sans sourire après avoir fouillé dans son seau. C'est un petit homme maigrelet et chauve. Il doit être très intelligent et violent pour être un chef de la pègre. Il doit avoir des appuis pour savoir qu'il est sur écoute.

— bonjour Astri,
— bonjour Monsieur.
— appelle-moi Eugène, faisons vite, je me pèle.
— oui Eugène.
— je vais monter un coup, j'ai besoin d'un bon électricien pour le préparer et agir. Plus qu'un électricien, un électronicien et un bricoleur de génie. Tu ne risques rien dans ce coup, si tu ne laisses pas de trace. Tu n'es jamais tombé, tu n'es pas répertorié pour sur ADN, ni sur tes empreintes. C'est ta force, et notre force.
Tu auras les plans et instructions dans une boîte aux lettres. Tiens voilà la clef, l'adresse est sur l'étiquette.
— je touche combien ?
Si ça réussit, tu auras un demi-million d'euros, sinon rien.
— pourquoi m'avoir choisi ? Comment savez-vous que j'ai fait un coup ?
— c'est mon secret, et tu as fait deux coups. Tu vois, tu ne me balades pas, je suis bien renseigné.
— je veux bien étudier la faisabilité. Je donnerais ma réponse après. Ne me dites pas où ça se passe. Je ne veux rien savoir.
— c'était prévu. On communiquera que par courrier, à l'ancienne, une enveloppe, un timbre, l'adresse du nom écrit sur la boîte aux lettres. Ce sera toujours la même boîte aux lettres.
— ok, Eugène.
—le courrier doit se relever le lundi à 5 heures du matin. Les flics dorment ou sont repérables à cette heure. J'ai confiance, tu n'es jamais tombé parce que tu es prudent, discret, très méfiant. Et ça me plaît.
—combien de gens seront au courant de mon existence.
—personne, si on se débrouille bien, il n'y aura que moi. Ce sera mon dernier coup.
—ok, Eugène. Le demi-million sera payé comment ?

Eugène me regarde, se met à ricaner, me tape sur l'épaule.
—l'argent est déjà dans un paradis fiscal. Tu auras un compte informatique et tu auras des bitcoins. Tu les vendras pour les transférer sur un compte à toi.
C'est là que tu peux te faire coincer. À toi de bien jouer.
Bon, je te laisse, j'attrape la crève à poil. Ciao Astri. Ne perds pas la clef, passe lundi à la boîte aux lettres à 5 heures. Soit rigoureux, et pas de téléphone pour aller à la boîte.
—ciao Eugène, merci. Je te tiens au courant. Je jouerai serré.

Eugène va se rhabiller et continue sa pêche. Je fais de même de mon côté en rangeant bien la clef de la boîte aux lettres. Je me repasse la conversation, pour ne pas oublier un détail.
Il ne s'appelle pas Eugène cet animal, je ne dois même pas penser à son vrai nom, pour ne jamais me couper plus tard, on ne sait jamais. Il faut que je me renseigne pour ces bitcoins, j'y comprends rien à ce truc, j'ai lu quelque part, que la pègre s'en servait pour blanchir de l'argent ou pour transférer des fonds sans trace.

Bien, je vais laisser venir, et savoir ce qu'il veut que je bricole en électricité. Que puis-je faire de miraculeux en électricité, en électronique ou en bricolage ? Pas aller au compteur et le couper bêtement pour un demi-million d'euros. Non, il y a un truc. C'est quoi l'embrouille ?.
Tient, ça pite, hop ! Une girelle sort de l'eau. Dommage, il fait trop froid, il n'y a pas de daurade au bord. C'est une jouissance à pêcher cette bête, quand on la ramène, il semble au pêcheur, qu'il remonte un fer à repasser.
Je ne pêche pas souvent, alors que c'est bien sympa. Dommage que cette plage soit si sale, et ce souffle de cette grotte finit par lasser et irriter. J'en ai marre, je vais rentrer, je n'ai même pas acheté à manger pour pique-niquer ici.
Mais avant je vais tester ma nouvelle trouvaille, mon invention. Je prends mon téléphone, je compose un numéro, j'attends de passer sur la messagerie, et je raccroche. Normalement dans les cinq minutes, un autre téléphone va me rappeler, me dire des phrases enregistrées, je vais répondre et dire tout haut que j'arrive de suite.
ÇA devrait bien marcher, je teste ce mécanisme depuis une semaine.
Je laisse mon téléphone sur la boîte de pêche, je relance ma ligne. Il suffit d'attendre 5 minutes et je pourrais partir avec une excuse valable.
Voilà ça sonne, c'est bien le numéro de mon téléphone robot. Je parle fort pour que monsieur Eugène entende. Je raccroche et je range ma canne et je m'en vais, sans un regard au soit-disant Eugène.
C'est beau le massif de l'Estérel, en couleur chaude, en végétation, en odeurs, en silence. C'est sauvage, grandiose, beau comme un premier matin du monde.
Je roule doucement pour rentrer chez moi, j'ai faim, mais je prends mon temps pour réfléchir. Je n'ai pas pu dire non, quand il m'a parlé du demi-million d'euro. Ma cupidité a été la plus forte.
Devenir demi-millionnaire en Euro, je n'y avais jamais pensé. J'étais multimillionnaire en francs. Mais, depuis les euros, j'ai perdu le titre de millionnaire. Bon, on va voir et peser la faisabilité de ce coup, ne nous emballons pas.
Trouver une affaire, c'est toujours un coup de chance, ou de hasard. Là, ça me tombe du ciel sans raison. Comment a-t-il su pour mes anciens coups ?
Je ne vois qu'une fuite de la banque, j'ai toujours travaillé en solitaire, la seule faiblesse, c'est de blanchir l'argent pour le remettre dans le circuit légal. C'est incompréhensible qu'il soit au courant.
Je vais rentrer, cuire et déguster mon sar. Il y a longtemps que je n'en ai pas mangé. Celui-là, je sais d'où il sort. Même s'il n'y aura pas grand-chose à manger, le plaisir de la pêche doit finir devant une assiette pour la récompense.
Dans un plat allant au four, un peu d'huile d'olive et des tranches fines de tomates au fond, on met dessus le sar vidé truffé de basilic, on décore de tranches de citron, on verse un grand verre de vin blanc au fond du plat. On arrose le poisson d'un filet d'huile d'olive et hop ! 25 à 30 minutes à four chaud.
Je n'ai pas de vin blanc, ni de belles tomates, ni de citrons non traités. Il faut que je m'arrête en route.
La girelle sera pour le chat.
Mais à quelle heure ça va me faire manger tout ça ?

Au fait, lundi, c'est dans cinq jours, cinq jours de vacances avant les emmerdes. Profite de ces cinq jours Astri… Profite !
Je n'ai aucune idée de ce qui m'attend, ma cupidité va me mettre dans de sales draps, mais un demi-million d'euros cela ne se refuse pas.
Jamais deux coups sans trois, l'adage se vérifie.
Putain, ça me rajeunit, et ça me donne un coup de jeune cette affaire.
 
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