Niveau 2 - Tutorial

15 minutes de lecture

La porte des toilettes des femmes claqua derrière moi. La sublime hôtesse d’accueil m’y trainait sans ménagement et je faisais mon possible pour ne pas avoir l’air totalement ahuri. Je ne sais pas ce qui m’émerveillait le plus, le fait qu’une femme normalement totalement hors de ma portée mourrait d’envie d’abuser de mon corps de crevette, ou la nouvelle interface qui l’accompagnait ?

Une longue jauge verticale rose, sorte de thermomètre pour fans de Barbie, remplaçait le cœur flottant. Un liquide tout aussi rose la remplissait à hauteur de 10%. D’autres jauges plus petites m’indiquaient des pourcentages à n’en plus finir. Je notais à la volée des informations comme « Excitation - 75% », « Frustration – 91% » au milieu d’une ribambelle de chiffres qui défilaient en rapide succession. Pour ne rien arranger, un gloubiboulga de graphiques camembert et autres courbes cherchait à m’informer des diverses attirances sexuelles et fétiches de Sandra. L’ensemble ressemblait tellement à un croisement contre nature entre un vomi de tableur Excel et une diarrhée de calculatrice que je peinais à y donner un sens. Le fait qu’à ce moment-là,la majorité de mon intellect se trouvait dans mon slip n’arrangeait rien.

Je poussais un glapissement des plus viril lorsque Sandra me projeta dans une des stalles. L’arrière de mes genoux cogna contre la céramique des toilettes et je tombais fesses les premières sur la lunette. Elle referma le battant de son plantureux postérieur moulé à la perfection par sa jupe de tailleur. Lorsqu’elle s’accroupit pour s’attaquer à ma fermeture éclair, un large sourire carnassier lui étirait les lèvres

Mon sang se mit à circuler plus vite. Placée ainsi entre mes cuisses, toute proche, je pouvais sentir l’odeur vanillée de sa peau. Au travers des boutons tendus de sa chemisette, j’apercevais des bribes de la chair laiteuse de ses seins et des éclats rouges de son soutien-gorge. Bon sang ! Il faudrait ajouter deux trois clauses de la convention de Genève pour interdire d’être aussi sexy ! Bien trop dangereux pour le cœur.

— Oh ! dit-elle, interrompant ma contemplation de ses merveilles mammaires.

Elle avait déboutonné mon pantalon, ouvert ma braguette et baissé mon slip avec une précision si redoutable que je l’avais à peine remarquée. Elle en observait le contenue avec une moue mi-déçue, mi-fâchée et re mi-déçue derrière.

J’aurais aimé dire que mon sexe était plus turgescent que la plus turgescente de tes copines, mais l’enflure était aussi fiable qu’un parkinsonien avec une collection de porcelaine de Chine. C’est bien simple, quand je veux, il ne veut pas, mais quand je ne veux pas, là monsieur est plus au garde-à-vous qu’un régiment de bidasses. Ceux qui ont connu les affres de la piscine en slip de bain trop moulant au milieu de filles sexy partageront ma souffrance ! À croire qu’il se vengeait de toutes les fois où je l’étrangle avec ma main pour… enfin vous voyez quoi.

À la vue de ce spectacle mollasson, la jauge remplie de liquide rose se vida presque entièrement. Elle clignota deux fois, en rouge. Ça ne pouvait pas être bon signe ! Bordel de chiotte. Quel gros débile est incapable de bander avec une beauté pareille à ses pieds ? Un tel niveau de lose tenait de la science-fiction. D’ailleurs, à ce propos, les saletés de chiffres et jauges qui continuaient de défiler en mode Matrix me saturaient toujours plus le cerveau. C’était trop demandé de pouvoir se concentrer un peu ?!

Comme si elle avait lu dans mes pensées, l’interface autour de la belle hôtesse disparue quasi complètement pour ne laisser que la grande jauge rose. Un texte clignota un instant : « Mode Débutant – Activé »

Oh, oui, débutant ! Parfait ! Pile mon niveau. Un nouveau message prit la place de l’ancien : « Respirer. Se détendre.».

Ok. Super. Me détendre alors que je tout ce que je voulais c’était d’être tendu, super logique ! Mais ne sachant quoi faire de mieux, je m’accrochais tout de même à ce conseil et tentai de regagner un semblant de contrôle sur mon souffle. Pour me compliquer la tâche, Sandra me fixait de ses superbes yeux en amande, l’air un peu triste.

— Ça arrive, dit-elle, t’en fais pas. (Elle lâcha un petit rire cristallin plus joyeux que moqueur.) Bon, rarement à moi, mais je connais quelque chose qui marche toujours.

Sans me quitter du regard, elle entreprit de déboutonner sa chemisette. Le vêtement glissa le long de ses bras pour dévoiler la lingerie que je n’avais fait que deviner. Le liseré de dentelle rouge mordait dans son ample poitrine. Je mourrais d’envie d’en faire autant, sans l’oser. Ce spectacle me rendit incapable d’avaler ma salive. Elle dû remarquer mon désir puisque son sourire s’élargit. D’une main experte, elle dégrafa l’attache de son soutien-gorge et, alors qu’il allait tomber et révéler sa nudité, elle cacha ses lourds seins de l’autre bras dans un geste de fausse pudeur incroyablement excitant.

— Tu es bien comme tous les mecs, dit-elle sans se départir de son sourire. Tu crois que je n’avais pas remarqué que tu les reluquais dès que tu passais près de mon bureau ? Tu en rêves n’est-ce pas ?

Autant pour ma discrétion légendaire.

« Acquiescer. »

L’injonction de l’interface me tira de ma paralysante excitation. J’obéis et hochai frénétiquement la tête. La belle relâcha aussitôt l’étau de son bras.

Si je n’étais pas déjà en apnée, j’aurais probablement gémi. Les imaginer c’était une chose, les contempler dans toute leur réalité, une autre complètement. Je n’avais jamais vu de sein comme ceux-là, du moins ailleurs que sur des sites pas très catholiques – et je ne parle pas de www.lire-la-torah-en-ligne.com – et certainement jamais en chair et en chair. Très ronds, parfaitement centrés, ils auraient pu intéresser la science tellement ils défiaient la gravité malgré leur poids évident. Je ne sais pas pourquoi, mais le mot gourmand me vint à l’esprit. Probablement la faute à ses longs tétons bruns plantés au centre de petites aréoles qui ressemblaient à des tartelettes ne demandant qu’à être dégustées.

— Tu m’as fait peur, dit-elle en fixant mon entrejambe, mais mes armes fatales fonctionnent encore on dirait.

Ma verge se tendait de toute sa gloire vers le plafond des toilettes. Une gloire à peine dans la moyenne, certes, mais gloire tout de même. Sandra l’observait comme la 8e merveille du monde, ses lèvres humides entrouvertes. Quelques gouttes de liquide rose remplirent la jauge au-dessus de sa tête. J’étais sur le bon chemin et je contenais à grande peine mon excitation.

« Toucher seins. »

Même un anarchiste n’oserait se rebeller face à un tel ordre. Je posais mes mains tremblantes sur la poitrine offerte. La belle hôtesse choisit ce moment pour enserrer mon sexe dans sa poigne et le caresser en longs mouvements déliés qui m’arrachèrent des petits cris de pucelle. Je tâchais de détourner mon attention de la montée pressante de mon orgasme en palpant ses seins de plus belle. Cela ne résolvait pas grand-chose, mais qu’importe. Je parcourais tout leur galbe. J’osais à peine toucher ses tétons, me contenant d’admirer la façon qu’ils avaient de darder entre mes doigts.

« Plus fort. »

Ok, ok. Autant pour la tendresse ! Cela dit, je mentirais en disant que je n’en mourrais pas d’envie. Me voir accorder une forme de permission apaisait ma peur de mal faire.

Je comprimais fortement ses deux seins dans mes mains trop petites pour les y contenir. Leur douce chair s’échappait de mes doigts. J’attrapais entre mes pouces et index ses longs tétons. Je les pinçais, les étirait. Ils se gorgeaient de désir sous mes tortures. Cela déclenchait chez Sandra de profonds soupirs qui m’excitaient encore plus que la douceur de ses paumes contre ma verge.

La jauge se remplit à nouveau, un peu plus cette fois.

Après quelques délicieuses minutes de pelotage intensif, la belle hôtesse lâcha mon sexe et repoussa mes mains. Je la laissais faire, un peu triste de ne plus pouvoir martyriser sa sublime poitrine. Ma déception s’envola dès qu’elle enveloppa mon membre tendu entre ses seins. De ses mains fines et parfaitement manucurées, elle les maintenait pressés en un étau délicieux, leur chaleur répandue sur toute ma longueur. La lubricité de son regard manqua de m’achever. Je lâchai un long gémissement sans me soucier du fait que quelqu’un pouvait entrer dans les toilettes à tout moment.

À vrai dire, cette idée m’excitait de plus en plus. Je voulais que le monde entier sache ce que j’étais en train de vivre avec la plantureuse blonde que tout le bureau rêvait de se taper. Que tous sachent que je glissais mon sexe entre ses seins et que mon gland pointait sa tête au sommet du décolleté à chacun de ses mouvements. Qu’ils sachent à quel point ses habiles caresses m’envoyaient des décharges d’un plaisir que je n’avais jamais connu. Qu’il sachent… je gémis encore plus et retins mon orgasme à la seule force d’une volonté que je ne me connaissais pas.

Comme si Sandra soupçonnait mon supplice, elle amplifia ses mouvements. Elle descendait toujours plus bas, son visage de plus en plus proche. Mes pulsations sanguines battaient la mesure à mes tempes. Je pouvais sentir son souffle caresser mon gland. Lorsque ses lèvres s’y posèrent enfin, comme dans un langoureux baiser humide, je trébuchai tête la première au-dessus du point de non-retour.

— Je… je… je… bafouillai-je sans vraiment savoir ce que je cherchais à dire.

Sandra devait parler couramment le débile vu qu’elle comprit aussitôt ce qu’il se passait. Elle fit glisser très lentement sa poitrine une dernière fois contre ma verge, ses mains pressées toujours plus fort et j’explosais en longs filets, sur son visage, son cou, sa poitrine. Je crû ne jamais finir, mais la belle hôtesse maintins ses lents mouvements jusqu’au bout, comme une succube cherchant à drainer ma force vitale.

Elle me lança un sourire en coin tout à fait salace et entreprit de lécher le sperme qui s’était aventuré trop près de sa bouche. La voir ainsi se délecter de moi-même ne faisait que la rendre encore plus belle. Les moins poètes diraient même qu’elle était carrément bonne. Oh purée de purée ! Mon sourire de béatitude niaise devait être visible depuis l’espace. Pour une première fois, ça tenait tout à la fois du rêve et du porno. J’avais dû tomber dans un autre monde façon histoire sans fin, sauf qu’au lieu d’un bouquin, c’était une video YouPorn.

Un rapide coup d’œil à la jauge – désormais rempli au tiers - m’indiqua qu’elle avait apprécié le délicieux cadeau qu’elle venait de me faire. Probablement pas autant que moi, mais tout de même.

« Poser question embarrassante. »

Euh. Quoi ? Tiré brutalement de ma langueur, je bafouillais le premier truc qui me vint :

— Tu as déjà fait ça ?

Sandra me fusilla du regard ; un éclair de honte flamboya un instant derrière ses yeux clairs et je m’en voulus aussitôt. Elle ne dit rien et pinça ses lèvres encore luisantes de mon sperme. Pourtant, la jauge se remplit à nouveau, indiquant qu’elle y tirait un certain plaisir. Intéressant.

« Insister. »

Oh bon sang ! Ma timidité me fit hésiter, mais, jusqu’à présent, les conseils avaient porté leurs fruits, alors je repoussais mes doutes.

— Je suis sérieux, ça t’arrive souvent de… euh… d’utiliser tes seins comme ça et de… euh…

— Me prendre une faciale ? lâcha l’hôtesse comme on lâche une gifle. Ou me taper un quasi-inconnu dans les chiottes du boulot ?

— Les… deux ?

Si ses yeux avaient été des couteaux, j’aurais subi une décapitation à faire vomir un médecin légiste. Avant que je me confonde en plates excuses, elle ouvrit la bouche :

— Jamais avec un inconnu et… je n’avais encore jamais laissé personne finir sur mon visage, ça fait trop porno. Mais, avec toi, je ne sais pas, te voir si excité… j’en avais très envie. C’est très étrange.

Cet aveu, encore plus que son superbe visage dont les teintes claires de mon sperme atténuaient le rougissement des joues, me fit redécoller violemment. Elle le remarqua aussitôt.

— Faudrait pas que ce soit toujours les mêmes qui s’amusent. (Un sourire triomphant illuminait son visage.) À mon tour !

Elle se releva, attrapa les rebords de son tailleur et dandina des hanches. Elle souleva le tissu très serré par-dessus son voluptueux postérieur jusqu’au sommet du V de ses cuisses galbées. Un collant noir gâchait quelque peu la vue.

« Le déchirer. »

Désormais bien conscient de la pertinence des conseils, j’attrapai sans hésiter le vêtement au niveau de son pubis et tirai aussi fort que possible. Le bas s’effila avant de se fendre d’un coup.

— Oh, impatient, susurra-t-elle sensuellement. J’aime.

J’agrandis l’ouverture jusqu’à dévoiler un string rouge assorti à son soutien-gorge. Je fis glisser de côté le pan de tissus pour dévoiler le sexe dissimulé. J’en admirais la fente qui remontait très haut. Elle avait de grandes lèvres ourlées de rose qui s’entrouvraient sur des petites lèvres qui dépassaient timidement. Sa vulve était nue, rasée de près à l’exception d’un léger ticket de métro aussi blond que ses longs cheveux. Je n’ai pas honte de le dire, enfin si un peu, mais ce sexe offert m’intimidait.

« Lécher. »

L’injonction de l’interface me fit l’effet d’une tarte faisant voler en éclat mon appréhension. Mes mains agrippées à ses fesses charnues, je plaquais mon visage directement contre la fente qui s’ouvrit largement sous mes coups de langue. Je la goûtais comme on goûte un bon vin. J’explorais chaque repli, chaque forme avant de remonter doucement vers le clitoris engorgé. Si mes vagues souvenirs d’anatomie féminine ne me faisaient pas défaut, il s’agissait du nerf de la guerre.

Après quelques coups de langue maladroit, elle agrippa mes cheveux pour me guider. Pas franchement certain d’être capable de réussir cet examen oral sans aide, je la laissais faire. Et puis, me sentir utilisé comme un sex-toy avait quelque chose de grisant. Sous sa ferme tutelle, j’appris son rythme, à quel endroit passer ma langue et comment. Très vite, ses gémissements emplirent les toilettes encore plus puissamment que moi il y a peu.

Et c’est cet instant que choisit la porte des toilettes des femmes pour s’ouvrir dans un long grincement de film d’horreur !

Je sentis Sandra tressaillir. Ses halètements se turent d’un coup, mais elle ne me lâcha pas. Seuls ses tremblements contre ma bouche indiquaient que ma langue faisait toujours son effet.

— Tout va bien ? demanda une femme de l’autre côté du battant de notre stalle.

Contrairement à la belle hôtesse, je me fichais que tout le monde apprenne ce que nous faisions. Être regardé avec des sourires en coin valait bien mieux qu’être ignoré. Je me plaquais donc encore plus fermement contre la perle à l’orée des grandes lèvres. Bien décidé à obtenir une réaction, je dardais profondément ma langue dans son sexe. Elle tressaillit. Un texte clignotant en périphérie de ma vision accrocha mon regard. « Moins fort. Garder rythme constant. ». Je remerciais intérieurement mon ange gardien du cul et refrénait mes ardeurs. À vouloir trop en faire, j’avais couru le risque de tout foirer.

Je fis glisser doucement ma langue sur le bouton palpitant à l’orée du sexe de Sandra en une série de doux va-et-vient. Elle tira fermement sur mes cheveux pour m’arrêter, probablement terrifiée à l’idée d’être entendue, mais la douleur que cela provoquait ne fit qu’aviver ma détermination. Mes lèvres plaquées dans sa vulve, j’attaquais son clitoris encore et encore. Très vite, elle fut incapable de retenir sa respiration saccadée.

— Oh putain ! Oui ! Oui ! hurla-t-elle. Là, juste là putain. T’arrête surtout pas !

— Oh… je… euh… désolé… balbutia l’intruse. Je pensais que quelqu’un était malade… et je…

L’humidité de l’excitation de la belle hôtesse me noyait à moitié. Loin de me dissuader, je poussais son plaisir toujours plus loin. Après tout, quitte à attraper un décès, autant que ce soit entre des cuisses aussi douces.

Comme un coup de grâce, je léchais une dernière fois le clitoris offert et je la sentis se tendre violemment. Elle m’écrasa le visage contre sa vulve. Je n’eus même pas besoin d’être guidé par l’interface pour comprendre le message : t’as pas intérêt à me lâcher maintenant !

— Oh… putain… oui oui OUI !! hurla-t-elle à pleins poumons

La porte des toilettes se referma d’un violent claquement comme pour ponctuer l’extase de Sandra. Elle me relâcha. Ses joues cramoisies sublimaient sa sensualité.

— Quelle conne, lâcha-t-elle une fois son souffle retrouvé.

La pointe d’angoisse dans son regard doucha un peu le plaisir que je tirais à l’idée d’être au cœur des discussions salaces. J’avais joué au con en ne pensant qu’à ma pomme.

— Désolé, dis-je penaud. Je n’aurais pas dû insister.

— Vu les gémissements que je poussais avant, tu crois sincèrement que la fouille-merde s’inquiétait pour ma santé ?

Pas faux.

J’observais la jauge au-dessus de sa tête. Elle venait d’atteindre les 75%. Je me surpris à trouver cela presque décevant. J’avais tout donné dans mon premier cunni, j’espérais atteindre le jackpot du premier coup ! Cela dit, j’aimais aussi beaucoup l’implication de ces 25% manquant. Je n’avais pour ma part pas encore eu mon saoul de ce corps taillé pour le cul. C’est donc presque avec soulagement que je vis apparaitre : « Pénétrer », suivi de « Position recommandée : Levrette ».

— Non ! dit-elle simplement alors que je lui saisissais les hanches.

La jauge se vida légèrement. Doucement, elle retira mes mains que je tenais crochées dans ses fesses charnues comme une bernicle à son caillou.

— Désolé, dit-elle. C’est juste que…

Des larmes troublèrent les eaux paisibles de son regard bleu lagon, et, en dépit du texte « Position recommandée : Levrette » qui continuait de narguer mon puissant désir, je me contentais d’enlacer Sandra. Elle se pelotonna contre mon torse. Son souffle rapide caressait le creux de ma nuque. Putain que c’était bon, au moins autant sinon plus que le sexe lui-même.

Deux mots clignotèrent tristement : « Abandon Mission ».

— On n’aurait pas dû, murmura-t-elle.

— C’était vraiment si nul ?

— Non, c’est juste que je nous donne pas avant la fin de l’après-midi pour que tout le bureau soit au courant.

— Et c’est si gênant que ça ?

Elle tendit le bras devant elle, paume vers l’extérieur et doigts écartés. Je remarquais alors un détail qui m’avait échappé : une fine bague en argent ornait son index.

— Si mon fiancé l’apprend, oui. Je ne parle pas souvent de lui au boulot, mais…

Merde ! Cette confession sur l’oreiller, enfin sur les chiottes, me prit de court. Je n’imaginais aucun cas de figure ou son mec ne finirait pas par avoir vent de ce que l’on venait de faire – le bureau étant un incroyable repère à ragots qui adorait se mêler de la vie des uns et des autres. Et qui dit fiancé en colère, dit face en sang. Après ma dérouillée du matin, je me passerais bien d’avoir le portrait refait façon Elephant Man, merci.

— Merde, dis-je. Qu’est-ce qu’il se passera s’il l’apprend ?

— Sincèrement, je ne sais pas. Il est très jaloux et… mais t’inquiète pas, je vais gérer ça.

Aussi rassurante qu’un tortionnaire qui dit que ça ne fera presque pas mal… Elle dut remarquer ma tête de chien battu puisqu’elle me serra un peu plus avant de murmurer :

— Ne t’en veux pas, j’avais vraiment besoin de ça. Tu n’as pas idée. Il me touche de moins en moins. C’est tellement douloureux d’être rejeté comme ça, ne plus me sentir désiré. (Un petit rire la secoua.) Quand j’ai vu que tu ne bandais pas, j’ai vraiment flippé et je ne pensais plus qu’à réussir à te faire prendre ton pied. Je ne me suis jamais senti comme ça. C’était un désir presque incontrôlable.

La chaleur de sa sincérité fit fondre mes appréhensions. Malgré le risque, j’étais surtout heureux d’avoir pu partager une intimité aussi intense. La plus intense de ma vie en fait.

Après un temps qui me parut bien trop court, elle s’arracha à mon étreinte, rajusta son tailleur et remis sa chemisette sans rien en dessous. Ce détail me donna presque envie de la prendre la, tout de suite. Je repoussais cette pulsion.

— On ne peut pas recommencer, tu sais ? dit-elle comme si elle avait perçu mon intention fugace. Jamais… D’accord ?

Avant que je puisse répondre, elle sortit des toilettes pour essuyer les restes de mon sperme de son visage. Je restais là, glorieusement posé sur mon trône. Sans le "pouvoir" qui m’était tombé dessus, j’aurais probablement vécu son rejet comme un énième échec terrible, et bien que je n’excluais pas l’envie de faire encore crier la belle Sandra de plaisir, je savais aussi qu’un monde de possibilités m’attendait. Il me faudrait juste faire preuve de plus de prudence à l’avenir, ma nouvelle capacité n’était pas infaillible et elle n’appréciait pas les imprévus.

— Bien sur, dis-je un peu à contrecœur. Pas de soucis.

— Merci. Vraiment. J’avais peur que tu ne comprennes pas. (Elle me fixa un instant, rougit, puis se détourna, la mâchoire crispée.) Attends quelques minutes que je sois sorti et éclipse-toi discrètement. Je vais vérifier que la fouineuse traine pas encore dans les parages. Ok ?

J’acquiesçais.

Lorsqu’elle sortit des toilettes, un message apparut devant mes yeux :

« Succès partiel. 50% gain d’XP. 100 XP – Acquérir nouvelle compétence ? »

Qu’est-ce que c’était encore que ce truc ?

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01 – La plage.
Il y a tellement longtemps que je n'ai pas pêché dans cette petite anse du massif de l'Estérel.
Pour être perdue, cette petite plage, elle est perdue, discrète et difficile d'accès.
Ce n'est pas la plage propre qu'on aménage pour les touristes. Elle est encombrée de bois flottés, de vieilles tongs dépareillées, de bouteilles en plastique, de débris de filets de pêche, d'algues qui fermentent en se décomposant dans une odeur de pourri salé, en bref, un vrai désastre écologique.
Je suis là, dans ce petit vent froid et salé, sur une langue de rochers, au cœur des bruits répétitifs des petites vagues qui viennent mourir sur le sable ou s'écraser sur les rochers. Il y a aussi le son incongru de l'air poussé et compressé par la mer dans une petite grotte sous-marine qui souffle un râle surnaturel.
Je suis seul devant l'immensité de la mer et du ciel, une canne palangrotte à la main qui s'immerge dans un trou d'une dizaine de mètres sous les rochers. Mes sens sont aux aguets en attente d'une touche, prêts à réagir immédiatement pour ferrer.
Cela ne pite pas beaucoup, comme on dit ici, il n'y a pas de touche franche.
Je surveille de temps en temps l'accès à la plage, j'ai un rendez-vous avec un gros poisson de la pègre. Il veut me consulter pour avoir mon avis, et sûrement me proposer un coup.
J'ai toujours travaillé seul, discrètement, je ne sais pas comment ni pourquoi, il a besoin de moi.
Je n'ai fait que deux gros coups dans ma vie, ce qui me permet de vivre tranquillement, discrètement, sans flamber, je travaille de temps en temps, en tant qu'artisan électricien pour donner le change et être couvert socialement. Je choisis des chantiers faciles parce que je commence à devenir vieux.
Ah, une touche ! Je ferre. Je sens au bout de la ligne le poids d'un poisson qui se défend, il a l'air beau et lourd. C'est un beau sar qui sort de l'eau. Je tourne la tête, un homme descend vers la plage, avec une canne et un seau à la main. C'est peut-être mon rendez-vous qui arrive.
Il me regarde, porte son index droit sur la bouche en signe de silence. Il s'installe à l'opposé de l'endroit où je suis. Il sort un petit carnet vert et écrit quelque chose dessus. Il se déshabille, se met en slip de bain, puis met ses vêtements en boule. Il vient vers moi après avoir déchiré une feuille du carnet vert. Il refait le signe de silence et me tend le papier. Il retourne à sa place, déplie sa canne à pêche, accroche son bas de ligne et appâte l'hameçon. Je suis interloqué. Je finis par lire son mot. « Mettez-vous en slip, je suis sous écoute, faite comme si vous l'étiez aussi. Rendez-vous loin des portables contre la falaise. Merci »
Il fait froid, je vais attraper la crève avec ses conneries. Il doit se cailler aussi. Je me presse de me déshabiller et de filer au lieu-dit.
Dans quelle merde, je me mets ?
C'est un violent ce type, il faut s'en méfier, obéir et respecter ce monsieur, j’y suis obligé.
Je vais essayer de refuser poliment ses propositions.
Il me rejoint sans sourire après avoir fouillé dans son seau. C'est un petit homme maigrelet et chauve. Il doit être très intelligent et violent pour être un chef de la pègre. Il doit avoir des appuis pour savoir qu'il est sur écoute.

— bonjour Astri,
— bonjour Monsieur.
— appelle-moi Eugène, faisons vite, je me pèle.
— oui Eugène.
— je vais monter un coup, j'ai besoin d'un bon électricien pour le préparer et agir. Plus qu'un électricien, un électronicien et un bricoleur de génie. Tu ne risques rien dans ce coup, si tu ne laisses pas de trace. Tu n'es jamais tombé, tu n'es pas répertorié pour sur ADN, ni sur tes empreintes. C'est ta force, et notre force.
Tu auras les plans et instructions dans une boîte aux lettres. Tiens voilà la clef, l'adresse est sur l'étiquette.
— je touche combien ?
Si ça réussit, tu auras un demi-million d'euros, sinon rien.
— pourquoi m'avoir choisi ? Comment savez-vous que j'ai fait un coup ?
— c'est mon secret, et tu as fait deux coups. Tu vois, tu ne me balades pas, je suis bien renseigné.
— je veux bien étudier la faisabilité. Je donnerais ma réponse après. Ne me dites pas où ça se passe. Je ne veux rien savoir.
— c'était prévu. On communiquera que par courrier, à l'ancienne, une enveloppe, un timbre, l'adresse du nom écrit sur la boîte aux lettres. Ce sera toujours la même boîte aux lettres.
— ok, Eugène.
—le courrier doit se relever le lundi à 5 heures du matin. Les flics dorment ou sont repérables à cette heure. J'ai confiance, tu n'es jamais tombé parce que tu es prudent, discret, très méfiant. Et ça me plaît.
—combien de gens seront au courant de mon existence.
—personne, si on se débrouille bien, il n'y aura que moi. Ce sera mon dernier coup.
—ok, Eugène. Le demi-million sera payé comment ?

Eugène me regarde, se met à ricaner, me tape sur l'épaule.
—l'argent est déjà dans un paradis fiscal. Tu auras un compte informatique et tu auras des bitcoins. Tu les vendras pour les transférer sur un compte à toi.
C'est là que tu peux te faire coincer. À toi de bien jouer.
Bon, je te laisse, j'attrape la crève à poil. Ciao Astri. Ne perds pas la clef, passe lundi à la boîte aux lettres à 5 heures. Soit rigoureux, et pas de téléphone pour aller à la boîte.
—ciao Eugène, merci. Je te tiens au courant. Je jouerai serré.

Eugène va se rhabiller et continue sa pêche. Je fais de même de mon côté en rangeant bien la clef de la boîte aux lettres. Je me repasse la conversation, pour ne pas oublier un détail.
Il ne s'appelle pas Eugène cet animal, je ne dois même pas penser à son vrai nom, pour ne jamais me couper plus tard, on ne sait jamais. Il faut que je me renseigne pour ces bitcoins, j'y comprends rien à ce truc, j'ai lu quelque part, que la pègre s'en servait pour blanchir de l'argent ou pour transférer des fonds sans trace.

Bien, je vais laisser venir, et savoir ce qu'il veut que je bricole en électricité. Que puis-je faire de miraculeux en électricité, en électronique ou en bricolage ? Pas aller au compteur et le couper bêtement pour un demi-million d'euros. Non, il y a un truc. C'est quoi l'embrouille ?.
Tient, ça pite, hop ! Une girelle sort de l'eau. Dommage, il fait trop froid, il n'y a pas de daurade au bord. C'est une jouissance à pêcher cette bête, quand on la ramène, il semble au pêcheur, qu'il remonte un fer à repasser.
Je ne pêche pas souvent, alors que c'est bien sympa. Dommage que cette plage soit si sale, et ce souffle de cette grotte finit par lasser et irriter. J'en ai marre, je vais rentrer, je n'ai même pas acheté à manger pour pique-niquer ici.
Mais avant je vais tester ma nouvelle trouvaille, mon invention. Je prends mon téléphone, je compose un numéro, j'attends de passer sur la messagerie, et je raccroche. Normalement dans les cinq minutes, un autre téléphone va me rappeler, me dire des phrases enregistrées, je vais répondre et dire tout haut que j'arrive de suite.
ÇA devrait bien marcher, je teste ce mécanisme depuis une semaine.
Je laisse mon téléphone sur la boîte de pêche, je relance ma ligne. Il suffit d'attendre 5 minutes et je pourrais partir avec une excuse valable.
Voilà ça sonne, c'est bien le numéro de mon téléphone robot. Je parle fort pour que monsieur Eugène entende. Je raccroche et je range ma canne et je m'en vais, sans un regard au soit-disant Eugène.
C'est beau le massif de l'Estérel, en couleur chaude, en végétation, en odeurs, en silence. C'est sauvage, grandiose, beau comme un premier matin du monde.
Je roule doucement pour rentrer chez moi, j'ai faim, mais je prends mon temps pour réfléchir. Je n'ai pas pu dire non, quand il m'a parlé du demi-million d'euro. Ma cupidité a été la plus forte.
Devenir demi-millionnaire en Euro, je n'y avais jamais pensé. J'étais multimillionnaire en francs. Mais, depuis les euros, j'ai perdu le titre de millionnaire. Bon, on va voir et peser la faisabilité de ce coup, ne nous emballons pas.
Trouver une affaire, c'est toujours un coup de chance, ou de hasard. Là, ça me tombe du ciel sans raison. Comment a-t-il su pour mes anciens coups ?
Je ne vois qu'une fuite de la banque, j'ai toujours travaillé en solitaire, la seule faiblesse, c'est de blanchir l'argent pour le remettre dans le circuit légal. C'est incompréhensible qu'il soit au courant.
Je vais rentrer, cuire et déguster mon sar. Il y a longtemps que je n'en ai pas mangé. Celui-là, je sais d'où il sort. Même s'il n'y aura pas grand-chose à manger, le plaisir de la pêche doit finir devant une assiette pour la récompense.
Dans un plat allant au four, un peu d'huile d'olive et des tranches fines de tomates au fond, on met dessus le sar vidé truffé de basilic, on décore de tranches de citron, on verse un grand verre de vin blanc au fond du plat. On arrose le poisson d'un filet d'huile d'olive et hop ! 25 à 30 minutes à four chaud.
Je n'ai pas de vin blanc, ni de belles tomates, ni de citrons non traités. Il faut que je m'arrête en route.
La girelle sera pour le chat.
Mais à quelle heure ça va me faire manger tout ça ?

Au fait, lundi, c'est dans cinq jours, cinq jours de vacances avant les emmerdes. Profite de ces cinq jours Astri… Profite !
Je n'ai aucune idée de ce qui m'attend, ma cupidité va me mettre dans de sales draps, mais un demi-million d'euros cela ne se refuse pas.
Jamais deux coups sans trois, l'adage se vérifie.
Putain, ça me rajeunit, et ça me donne un coup de jeune cette affaire.
 
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