Petit matin- Février 2017

4 minutes de lecture

Mélodie avait dormi longtemps. Très longtemps, presque trop. Son sommeil avait été agité et l’oiseau de nuit que Ludo était l’avait pris dans ses bras chaque fois qu’elle s’agitait afin qu’elle dorme paisiblement, qu’elle se sente en sécurité.

Alors qu’il était sept heures, Ludo se leva. Il n’allait pas la réveiller. Cependant, il alla fouiller son sac. Il se demandait ce qu’elle devait faire aujourd’hui. Ayant trouvé son agenda, Ludovick vit qu’elle travaillait dans quelques heures. Au moins, elle savait où elle travaillait. Sans plus attendre, il se mit à chercher le numéro de téléphone de son lieu de travail et une fois que cela fut fait, il appela directement afin de dire que son amie ne pourrait pas venir travailler aujourd’hui, qu’elle était malade.

Au moins, le lendemain, elle n’avait ni école, ni travail. Elle pourrait se reposer durant quelques jours. Le patron savait bien que ce n’était pas le genre à Mélodie de ne pas venir au travail, qu’elle appréciait grandement travailler et même lorsqu’elle était malade, elle venait tout de même. Ludo donna les grandes lignes au patron, particulièrement compréhensif, qui permit à la demoiselle de se reposer après toutes ces péripéties.

Une fois tout cela fait, il la laissa encore dormir, préférant qu’elle se réveille de lui-même.

C’est ce qu’elle fit autour de dix heures. Mélodie émergea de son sommeil. Cela lui prit un certain temps avant de comprendre où elle était et pourquoi elle était ici.

Ah.
Oui.
Hier.
Et aujourd’hui…

Mais elle devait aller travailler !
Mélodie se précipita rapidement hors du lit.

  • Shit! Je vais être en retard ! Je dois me dépêcher. T’as vu mes vêtements de travail Ludo ? Zût, zût, zût, mon patron va vouloir me tuer !
  • Mélo…
  • Allez, je dois me dépêcher…

Voilà qu’elle était en train de fouiller dans ses deux sacs, elle cherchait ses vêtements. Mais elle ne trouvait pas. Et c’est là… Elle se rendit compte qu’elle avait oublié son uniforme à l’appartement.

Shit.
Shit, shit, shit, shit.
Gros caca, pensa-t-elle.

  • Mélo!

Mais elle n’écoutait pas. Elle était beaucoup trop concentrée à trouver ses vêtements à se maudire d’avoir finalement dormi chez Ludo, qu’elle allait certainement se faire renvoyer, parce que ce n’est pas bien d’être en retard. Elle était dans sa bulle, une immense bulle qui excluait Ludo.

La main de Ludo retint son geste. C’est uniquement à ce moment qu’elle prit le temps de s’arrêter. Elle le regarda. Paniquée. Ce n’était pas du tout son genre d’arrêter en retard à son boulot. Elle était toujours à l’avance, toujours là pour les autres, lorsque son horaire le permettait (même si quelquefois c’était très juste), elle était la première à accepter de remplacer les autres.

  • Mélo… J’ai appelé à ton travail pour leur dire que tu n’irais pas aujourd’hui.
  • Ah !? Mais… Mon patron...
  • J’ai discuté avec lui. Ça ne lui dérange pas. Après tout, tu lui as souvent sauvé la mise, c’est la moindre des choses qu’il te laisse prendre du repos aujourd’hui.
  • Ah… Mais…
  • Arrête avec tes « mais »! Tu as besoin de repos, que l’on te change les idées et je suis là pour ça! Donc, changes-toi et après on va aller manger un bon déjeuner, que tu ne cuisineras pas et on va s’amuser et ça va être bien !
  • Allez Mélo! Genre c’est notre sortie de couple, alors enfile tes plus beaux vêtements et on va s’amuser un peu!
  • Bon… D’accord. Mais avant…

Avant de filer chercher ses vêtements, Mélodie en profita pour faire un gros câlin à son ami. Parce qu’il était gentil, parce qu’il faisait attention à elle et qu’il voulait seulement son bien. Mélodie en était plus que consciente, même si elle sentait encore son cœur détruit en petits morceaux depuis hier et qu’elle faisait de son mieux pour ne pas éclater de nouveau en sanglot.

Pas devant Ludo.

Mélodie lâcha son ami après quelques minutes. Peut-être que c’était un peu exagéré de rester aussi longtemps contre lui, mais elle en avait tout particulièrement de besoin. Il l’avait manqué. Depuis qu’elle était en couple, elle avait vu Ludo beaucoup moins souvent. Leurs horaires ne concordaient pas toujours, d’autres fois, la petite rousse était tout simplement épuisée à la fin de ses journées, à travailler ou à aller à l’école, puis faire des trucs d’adulte en s’occupant de son appartement, faisant à manger. Du coup, cela avait fait en sorte que la demoiselle s’était mise à vivre un peu comme un ermite, sortant uniquement pour le nécessaire, délaissant les sorties.

D’autant plus qu’elle n’avait pas d’auto, contrairement à son meilleur ami.

Après un petit sourire à Ludovick, Mélodie prit son sac de vêtement et fila à la salle de bain. Sa petite routine du matin s’imposait. D’abord trouver des vêtements. Elle opta pour une jupe verte avec un t-shirt blanc avec une dentelle de même couleur, assez discrète, s’accompagnant d’une veste tirant sur le brun avec des collants de la même couleur. Elle avait presque mis sa célèbre robe avec des chats, mais elle savait que Ludo la détestait, parce qu’il déteste les chats. Afin de terminer sa tenue, la jeune rousse se fit un rapide chignon, rien de très compliqué, assez lousse, laissant ses mèches rebelles tomber quelque peu.

Mélodie n’avait nullement envie de se forcer.

Une fois la demoiselle prête, ils sortirent. Le restaurant était près, du coup, une bonne marche et les voilà déjà arrivés. Durant cette balade, Béatrice se tenait sur l’épaule de Ludo, comme si elle tentait de lui raconter des secrets, alors que sa maîtresse rousse ne disait rien, préférant regarder où elle mettait les pieds, fort peu bavarde…

Ce qui n’était pas du tout dans ses habitudes.
Elle avait toujours une tonne d’histoire à raconter. Elle avait toujours pleins d’idées, de projets, de rêves, dont elle faisait par à son ami.
Mais pas aujourd’hui.
Elle n’était pas du tout dans son assiette.
Ludovick avait bien essayé de lui faire la conversation, mais chaque fois, ses mots se perdaient dans la faune urbaine de Montréal.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Vous aimez lire Laurifey ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0