Rupture - Février 2017

5 minutes de lecture
  • Laisse-moi tranquille !
  • Mais… Mel!
  • Je ne veux plus te voir, tu m’entends !

Il quitta la petite chambre. Les pleurs de Mélodie redoublèrent. Elle n’en pouvait plus. Elle ne se sentait pas bien.

Elle devait fuir.
Elle ne pouvait pas rester ici.
C’était trop petit.
Étouffant.
Elle n’en pouvait plus.

Immédiatement, elle prit son sac d’école et y enfouit tous ses livres, en plus de son ordinateur portable. Elle le faisait, mais elle ne voyait rien, ou c’est tout juste si. Si quelqu’un lui avait dit qu’elle quitterait cet appartement en pleins moi de février, seulement quelques jours avant la Saint-Valentin.

C’était lui qui avait commencé. Tout était de SA faute. Mélodie n’avait rien demandé. C’est ce qu’elle pense. Elle ne comprenait pas ce qu’elle avait fait pour mériter une telle chose.

Elle ne se sentait pas bien.
Elle avait l’impression qu’elle serait malade.
Elle devait partir d’ici.

La demoiselle prit un deuxième sac, dans celui-ci, elle y engouffra des vêtements. Ceux qu’elle portait le plus souvent. Ceux qu’elle appréciait le plus, les plus confortable. Le reste, elle passerait le chercher une autre fois.

Une fois ses vêtements pêles-mêles dans le sac, la jeune femme au cœur chaviré mis ses bottes, enfila son manteau, ses sacs en main, elle quitta violemment l’appartement, la porte résonnant dans le petit couloir qui la menait vers la porte menant à l’extérieur.

Mais… Maintenant… Que faire ?
Ces pensées rongeaient la demoiselle.

Il avait bien tenté de la retenir. Mais elle n’avait rien voulu entendre. Elle en avait marre. Elle ne voulait plus le voir, ni l’entendre. Elle avait l’impression qu’il lui avait menti, qu’il lui avait caché des choses. Que ce qu’il avait fait n’avait pas été la bonne option.

Et la voilà maintenant dehors. L’avantage du réchauffement climatique avait fait en sorte qu’il faisait froid, mais qu’il avait encore peu de neige à l’extérieur. Mélodie enfuit son nez dans son foulard. Elle avait encore envie de pleurer. Elle avait cette impression que son cœur était en mille morceaux, que sa vie était complètement ruinée.


À cause de lui. Et d’elle. Elle ne savait pas contre lequel des deux elle en voulait le plus. C’était leur faute.


S’il ne lui avait pas dit qu’il était amoureux d’elle, et ce, même s’il était déjà en couple.
Si elle n’avait pas accepté de sortir avec lui, et ce, même s’il était déjà en couple.
Et ils savaient tous les deux qu’IL était avec Mélodie. Depuis près de trois ans maintenant !
Mais ça n’avait plus aucune importance.
Mélodie n’avait plus aucune importance.

Mélodie regarda à droite, puis à gauche. Elle n’avait aucune idée de l’endroit où elle pourrait aller. En plus de cela, c’était tard le soir. Il était passé 22 heures. Enfin, la dernière fois qu’elle avait regardé l’heure… Mélodie, après s’être essuyé les yeux, jeta à nouveau un coup d’œil à son téléphone. Il était pratiquement 23 heures. Et Mélodie n’avait aucune idée de ce qu’elle pourrait faire.

Elle déverrouilla son téléphone. Le fixa. Elle avait une envie folle d’appeler ses parents. Mais elle savait qu’ils dormaient déjà. Mélodie savait bien que ses parents allaient répondre tout de même, mais… Ils ne pouvaient pas faire grand-chose pour l’instant.

Ludo ? Peut-être. C’est un oiseau de nuit après tout. Et son meilleur ami. Elle savait bien qu’il pourrait faire n’importe quoi pour l’aider. C’est réciproque.

Mélodie respira un grand coup, puis composa le numéro de son meilleur ami dans son répertoire.

Une sonnerie.
Une deuxième.
Une troisième.
Une qua –

  • Mélo ?

Un silence. Un long silence.

  • Mélo, est-ce que tu es là ?

Elle avait envie de pleurer. D’éclater de nouveau en sanglot. Mélodie prit une immense respiration avant de dire :

  • Lu…. Ludo…
  • Hey, toi ça ne va pas du tout! Qu’est-ce qui se passe ?
  • Max… Et moi… Ce… C’est fini. On… on…J’ai rompu.

Voilà. C’était dit. Enfin. Des larmes coulaient sur ses joues. Elle faisait de son mieux pour garder une certaine contenance pour son ami à l’autre bout du fil.

  • OMG. Mélo! Il est parti de l’appart ?
  • Non… Ce… C’est moi…
  • Mais genre… T’as vu l’heure !? ... Tu vas dormir où ?
  • Je… Je ne sais pas… trop...
  • Tu vas aller dans le caféle plus proche, te prendre un bon chocolat chaud, ou peu importe ce que tu veux, tu me donnes l’adresse et je viens te chercher, c’est compris ?
  • Mais… Ludo…
  • Il n’y a pas de mais. Non, mais tu ne vas pas passer la nuit debout, franchement! Tu vas venir dormir chez moi, aussi longtemps que tu le souhaiteras.

Avant qu’elle ait pu protester de nouveau, il raccrocha. Mélodie n’a pas eu d’autres choix que de faire ce qu’il lui avait dit. Elle lui envoya rapidement un SMS du petit restaurant ouvert en tout temps, dans lequel elle se trouvait.

Il ne restait plus qu’à attendre.
Et manger ses émotions.

Elle s’était pris un chocolat chaud avec un muffin aux brisures de chocolat. Elle avait pris également un muffin aux fruits pour Ludo. Pour le remercier. C’était la moindre des choses. C’est une trentaine de minutes plus tard que Ludovick, son meilleur ami, fit son apparition dans le petit restaurant. Et dès qu’elle le vit, Mélodie se mit de nouveau à pleurer.

Tendrement, il la prit dans ses bras et tenta du mieux qu’il put de la calmer. C’est seulement une fois qu’elle eut finit de pleurer, qu’il se permit de lui proposer d’entrer dans son Jeep afin de rentrer chez son ami.

Durant le trajet, Mélodie ne dit pas un mot. Elle s’endormait. Toutes ces émotions l’avaient complètement vidée. Mais elle n’arrivait pas à dormir. Elle n’arrêtait pas de revoir les scènes encore et encore dans sa tête, à la recherche de failles, d’indices, qui lui permettrait de comprendre tout ce qui s’était passé.

Une fois rendue chez Ludo, la demoiselle traîna les pieds. C’était limite si elle ne dormait pas debout. Son ami lui conseilla très fortement de mettre son pyjama, alors qu’il installait un lit de fortune sur le sofa.

  • Ludo… je… je peux dormir avec…toi ?
  • D’accord, d’accord, vas dans mon lit, je vais t’y rejoindre…

Il voulait lui faire plaisir. Qu’elle se sente un peu mieux et qu’elle puisse dormir. Ludo délaissa son lit de fortune pour rejoindre Mélodie, déjà à moitié assoupie. Sous les couvertures, il la prit dans ses bras. Blottie contre lui, elle s’endormit rapidement.

Les explications seraient pour le lendemain.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Laurifey ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0