Chapitre 4 : Première leçon.

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J'ouvris péniblement les yeux, la lumière du soleil m'éblouissant. Je n'avais pas pensé à fermer les volets, hier soir. Hier soir… Soudainement, tout me revint à l’esprit ! Toute cette journée avait été merdique et maintenant, je ne savais pas ce que je pouvais faire pour m'en sortir ! Je ne pouvais même plus compter sur ma mère…

Je me levai et partis directement prendre une douche bien chaude. J'y restai longtemps, l'eau qui coulait sur mon corps me faisait du bien et j'en profitai pour repenser à cette soirée. Il m'avait embrassé... Cet homme, mon... Mon fiancé... Merde, je pense trop !

Je sortis donc de la douche et terminai de me préparer. J'avais eu la surprise de trouver dans un placard de ma chambre, des vêtements et sous-vêtements à ma taille, alors je piochai dedans et décidai de porter un pull léger blanc et un jean bleu clair. En les regardant, je ne pus m'empêcher de remarquer que les vêtements étaient de mon style, ils étaient tous à mon goût. Il avait dû se renseigner sur moi et ça me mortifiait de le comprendre.

Une fois coiffé, mes cheveux mis sur le côté, ce qui me donnait un air entre sérieux et décontracté, je pris mon courage à deux mains et partis descendre l'escalier pour aller rejoindre mon..., -ça faisait mal de le dire ou de le penser encore-, mon fiancé... Mais d'ailleurs, comment s'appelait-il ? Je ne connaissais que son nom de famille, il fallait que je pense à lui demander. Sur cette pensée, j'arrivai dans la grande cuisine que j'avais aperçu la veille et en entrant, j'eus la délicieuse surprise de découvrir du café fumant et toutes sortes de viennoiseries sur la table. En les voyant, mon estomac gargouilla furieusement, il était vrai que je n'avais pas mangé hier soir. Alors sans plus attendre et profitant de l'absence de cet homme qui me faisait un peu peur, je pris une tasse et me servis avant de prendre un pain aux raisins, -ma viennoiserie préférée même si beaucoup de mes amis se moquaient de moi, personne ne comprenant mon amour pour les raisins secs s'y trouvant, plutôt que pour un pain au chocolat-, et je commençai à manger. Tout était délicieux.

Lorsque j'eus terminé, ne sachant pas trop quoi faire, je décidai de partir me promener. Je sortis donc après avoir eu la surprise de trouver la porte ouverte et m'en allai visiter le terrain entourant cette demeure. Je pus constater que se trouvaient des hommes à l'extérieur, deux jardiniers et des gardes du corps, ce qui me surprit. Chacun me jeta un coup d'œil et pas qu'un seul comme je pus le remarquer en continuant mon chemin. Ils étaient sans doute chargés de me surveiller au cas où j'essaierais de m'échapper. Mais pour aller où ? me demandai-je ironiquement, je n'avais plus vraiment de chez moi à présent.

J'arrivai donc dans une allée qui ressemblait à un labyrinthe de verdure, j'y rentrai et m'y amusai un moment, ne trouvant pas tout de suite la sortie, ce qui me fit du bien, oubliant pour un temps mes soucis. Puis alors que je commençais à en douter, je finis par sortir de ces jolies allées entrecroisées et quelle ne fut pas ma surprise en voyant cet homme à la stature imposante se diriger vers moi d'un air furieux. Vêtu d'un pull et d'un pantalon noirs ainsi que d'un long manteau élégant de la même couleur, il paraissait encore plus impressionnant et il avançait vers moi… Un frisson me parcourut et je me figeai dans l'attente de ce qui allait suivre.

-Joshua ! Où étais-tu ? Je te cherche depuis un bon moment ! dit-il à la limite du cri.

-Je me promenais et je suis rentré dans le labyrinthe, j'ai mis du temps à en sortir... dis-je d'un ton un peu bas, décontenancé par ses yeux reflétant toute la colère qui sommeillait en lui.

Il ne répondit pas mais il parut se calmer légèrement. Avait-il cru que j'essayais de m'enfuir ? Sans un mot, il m'attrapa par le bras et me tira vers le manoir. Je suivais sa cadence rapide du mieux que je le pouvais étant bien plus petit que lui et nous arrivâmes à l'intérieur.

-Va au salon, j'arrive tout de suite, m'ordonna-t-il.

Je m'y rendis donc sans me faire prier. Une fois assis sur le sofa, je le vis arriver avec un plateau sur lequel étaient posées des tasses remplies de café fumant et un petit saladier rempli de biscuits. Il le posa sur la petite table de salon et prit place à côté de moi pour mon plus grand étonnement, il me touchait presque et je m'attendais à ce qu'il s'assoit en face et non près de moi. Je n'osais pas le regarder, le sentant toujours en colère. Je le sentais me scruter et ça me rendait nerveux.

-Ta bague... Où est-elle ? dit-il froidement sur un ton menaçant.

Merde, j'avais oublié de la remettre après m'être douché ! pensai-je en regardant ma main.

-Je... J'ai oublié de la mettre après m'être préparé ce matin. Elle est dans ma chambre, répondis-je d'une petite voix que je ne reconnaissais pas, cet homme me foutait vraiment les jetons.

Sans rien dire, il me reprit par le bras brusquement et me traîna jusqu'à ma chambre.

-Mets-la, m'ordonna-t-il d'une voix qui avait du mal à contenir toute sa colère, ce que je fis rapidement, elle était posée sur la table de nuit, près de mon lit.

Une fois la bague à mon doigt, je me tournai vers lui, me demandant ce qui allait se passer maintenant. Il regarda la bague, puis ses yeux se plongèrent dans les miens. Il commença alors à s'avancer vers moi lentement et je ne pus m'empêcher de reculer jusqu'à être bloqué par le lit, ce qui me fit sursauter.

-Je crois que j'ai été trop gentil avec toi, Joshua, dit-il d'un ton doucereux en s'arrêtant à quelques centimètres de mon corps. Je devrais peut-être te montrer tout ce qu'implique le mot « fiancé » puisque tu as l'air de tout en ignorer.

Avant que je ne puisse comprendre ses paroles et dire quoi que ce soit, il me poussa sur le lit et se mit sur moi. J'étais tellement terrifié que je n'arrivai pas à prononcer un seul mot, je me contentai de le regarder les yeux écarquillés. Il me fixait d'un air déterminé, sa main se posa alors sur ma joue qu'il effleura doucement avant que son pouce n'aille caresser mes lèvres, un frisson me parcourut. Il se pencha et posa sa bouche sur la mienne, ses lèvres ne perdirent pas de temps pour se mouvoir contre les miennes. Avant que je ne puisse bouger, sa langue envahit ma bouche. Son baiser était dominateur mais doux à la fois. Est-ce ce que représentait cet homme ? Un mélange, une tension constante entre deux opposés ? Je ne pus m'appesantir sur cette question car je sentis bientôt une main s'aventurer sous mon pull. A cette sensation, je recouvrai enfin le contrôle de mon corps.

-NON ! criai-je en m'échappant de ce baiser et en tentant de repousser sa main, sans grand succès toutefois, il était bien plus fort que moi.

Il attrapa mes bras qu'il plaça au-dessus de ma tête. Il les bloqua d'une main pendant que l'autre repartait sous mon pull caressant mon ventre comme pour m'apaiser, puis glissait lentement sur ma cuisse, je sentais sa chaleur qui me brûlait la peau à travers le tissu de mon jean. Sa main remonta dangereusement vers mon entre-jambe. Je me mis à gigoter encore plus mais j'étais coincé sous son corps. Je la sentis finalement cette douce pression et je hoquetai de surprise lorsqu'il commença à me caresser de haut en bas en appuyant un peu plus fort, tout en plongeant son visage dans mon cou afin d'y poser quelques baisers pendant que la cadence de sa main devenait plus rapide. Je me mis à gémir, j'étais devenu dur sans pouvoir m'en empêcher. Son odeur, le poids de son corps contre le mien, sa bouche dans mon cou qui me léchait et me mordillait, sa main qui me touchait si intimement, imprimant un rythme aux frissons de plaisir qui me traversaient, j'étais mélangé entre la peur et le plaisir mais la peur prit le dessus.

-S'il vous plaît, murmurai-je plaintivement.

Il stoppa tout, relâcha mes mains et me regarda un moment, constatant mes joues rougies et ma peur.

-Joshua, comporte-toi comme il faut maintenant et tout se passera bien, soupira-t-il en caressant ma joue brûlante.

Puis il se pencha pour poser tendrement ses lèvres sur les miennes avant de se détacher de moi et de sortir de ma chambre.

-Quel est votre nom ? demandai-je tout d'un coup, n'ayant pas bougé.

Il s'arrêta au chambranle de la porte et tourna légèrement son visage vers moi avant de me répondre.

-Je m'appelle Kyle Bowman.

Et sur ces mots, il me laissa seul et figé sur ce lit. Il..., Kyle..., mon fiancé... Comme si je sortais enfin de mon brouillard dans lequel j'étais plongé depuis la veille, je compris à ce moment-là que ma vie ne serait plus jamais la même. Je voyais ce qu'il venait de se passer comme étant ma première leçon et malheureusement pour moi, d'autres ne tarderaient sans doute pas à venir...

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