Lumière

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Bonsoir ^^ On reprend les vieilles habitudes de publier le soir ^^ Ce soir, j'avais besoin d'écrire alors j'ai ouvert mon fichier et j'ai écris ce qui venait. Voilà, je vous laisse avec mon texte et remercie d'avance tous ceux qui liront et commenterons. Il y a des termes un peu crus, je tiens à prévenir mais rien de vulgaire en soit. 

Enjoy ^^ 


Je me suis éteinte à côté de ton corps brûlant. Tes bras autour de ma poitrine semblaient être un étau protecteur où les femmes se laissaient glisser à quelques sentiments exotiques. Pourtant, l’envie irrépressible de gratter cet écrin jusqu’à sang envahissait mon esprit malade. Il me fallait quitter ta couche et tes draps de satin qui avaient coûté une petite fortune. Ta maison respirait la richesse d’un homme assis sur le trône du capitalisme. Tu m’avais assuré une vie aisée que mêmes les plus grands pachas envieraient. De temps en temps, la poudre blanche côtoyaient des escarpins rouges écarlates d’une célèbre marque dont je tairais le nom. La bouteille de whisky au creux de tes mains tu te donnais une allure de grand millionnaire. Peut-être étais-je tombée dans le cliché d’une « femme trophée ». Mais avais-je seulement assez d’amour propre pour y renoncer? Entre nous, les mots s’’écrasaient sur notre chair comme des hématomes. J’étais devenue ta « pute » luxueuse à défaut d’être cette fille bourrée s’abaissant à une pipe au coin d’une rue pleine de dealers.

Enième galas ou le romantisme s’était assoupi au coin du feu. Tu parlais fort et tu riais à gorge déployée. Bientôt, ta bouche dégoulinerait d’un vomi mondain et ton charisme se noierait au fond des chiottes. Je déambulais parmi les invités telle une poupée désarticulée. Mes doigts accrochés à cette coupe de champagne, j’observais le monde se toiser élégamment. Charmés par du Chanel, enivrés par du Dior, comment pourrait-on entrevoir la détresse en haillon ? La vie ne vaut pas l’apparat. Cousue, rabotée, cachée, mutilée, j’étais un déguisement qui mise à nue ne ressemblait ni plus ni moins qu’à une sale prostituée. Mon coeur fait de chair et de sang dégoulinant n’était plus qu’une relique recouverte d’or. Car pour toi, il n’y a rien de plus crasseux qu’un homme vétuste.


Les billets ont coulé à flot et la neige au bord de ton nez a bien failli te faire fondre. Littéralement. J’ai ramassé les bouteilles vides, cadavres d’une nuit de débauche avant de te prendre par la taille. Tu n’as pas bronché. Ta tête vide est retombée sur mon épaule et dans ta tentative de parole un filet de bave s’est écoulée. Tes chaussures trainaient sur le sol tandis que ton corps lourd pesait sur la silhouette fluette que j’étais devenue. Même saoul, tu me faisais couler. L’ascenseur allait doucement gravissant les étages d’un immeuble bâti sur l’orgueil humain. Tes mains grossières achevaient les grandes marques et il te fallut connaître la luxure à son apogée.


L’amour est une bougie qu’il faut prendre soin d’entretenir. Fille de cire, tu m’as allumée. Je t’ai donné la lumière naïve d’un premier échauffement de l’âme. Alors pardonne-moi cet abandon ultime. Ta compagnie a embrasé mes envies suicidaires et je me suis tuée en te donnant mon « tout ». Quand la lumière tente d’éclairer les ténèbres, elle perd parfois de son éclat. Oh, je t’ai aimé. Ne l’oublie pas. Tu as tout consumé de moi ne me laissant plus rien à réparer. L’homme se brûle les ailes et de son feu intérieur ne demeure que des cendres. Etions-nous des amants épris l’un de l’autre ? Tu m’as prise. Dans tous les sens du terme. Mais jamais ma main n’a pu saisir les traits de ta fragilité. Peut-être avons modernisé le topos de la femme inaccessible. Je t’aime. La bougie vacille. Ai-je encore assez de temps pour vivre ? Pense à moi dans ton obscurité.

  • «  Et depuis cette lettre aucune nouvelle ? »
  • «  Non, Inspecteur. »
  • « Pas de coup de téléphone, de mails ? Rien qui ne vous ait laissé supposé qu’elle veuille rentrer en contact avec vous ? »
  • «  Non, j’ai été clair dans ma déposition. Elle était folle. Littéralement. Vous voyez cette lettre. Ça…veut rien dire. Elle délire totalement. On a été ensemble quelques temps c’est tout. »
  • « Cinq ans, Monsieur je n’appelle pas cela quelque temps. Que représentait-elle pour vous ? ».
  • « Je ne sais pas. »

Excédé, il quitta le bureau de l’inspecteur. Après tout qu’avait été cette femme dans sa vie ? Il ne pourrait définitivement pas le décrire si ce n’est un joujou agréable, une amante tordue et mystique. Alors qu’il marchait vers sa voiture, il se demanda une énième fois ce qu’était cette lumière dont elle n’avait eu de cesse de parler.

Une conduite un peu trop vive, un camion qui amoche salement sa caisse de luxe et la tête dans les étoiles auprès des ambulanciers, la lumière l’aveugla. Pour lui, elle symbolisait la chance d’être toujours sur cette Terre. Pour elle… Avait-il détruit quelqu’un au point d’éteindre sa lumière ?

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