Judas

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Hey ^^ C'est encore moi ^^ Avant toute chose je tenais à remercier l'auteur Parallel qui a prit le temps de lire, d'annoter (j'ai corrigé mon chapitre) et de commenter mes textes. Je te réponds très bientôt sans faute :) Je reviens avec un nouveau texte qui je dirais est un peu plus "brut" que les autres. Entre sentiments personnels et petit regard sur le monde. Merci encore une fois à celles et ceux qui me lisent et commentent. Cela m'encourage et m'aide à progresser :)

Si mon corps était une feuille de papier qu’écrirais-tu ? Si mon esprit était visible resterais-tu là, bras ballants ? Si les hommes étaient transparents nous côtoierionsnous ? Sur les murs je retrace mes larmes, au creux de tes bras je pose un sourire taquin, parmi la foule je suis le carnaval et en face du miroir je me tire une balle. Le monde est un bel enterrement auquel j’assiste toute en couleur car de sa misère il faut bien rire. Tous les jours, je croise les regards de personnes désabusées coincées entre deux rames de métro. J'aimerais Jleur dire de sauter pour pimenter leurs vies affreusement anodines. Souvent je me demande si j’ai le temps de traverser avant qu’on me fauche. Ma peau blanche éclatée contre le sol noir et mes questions réduites en miettes. Tant mieux. Un pare-brise ensanglanté et un homme sous le choc. Je l’imagine déjà quittant sa bécane et accourant près de mon corps à l’agonie.

  • « Mademoiselle ? Vous m’entendez ? Mademoiselle ? »

Des larmes rouleraient sur ses joues pleines du pâté de la veille et tremblotant il ferait le 15. Il culpabiliserait. Juste un peu. Avant de blâmer le destin. Pourquoi faut-il qu’une suicidaire croise ma route ? Moi, qui n'ai jamais fait de frasques, moi citoyen exemplaire, produit parfait d’une société avilissante ? Le cul par terre et n’en menant pas large il me regarderait alors avec mépris. Je suis cet élément perturbateur dont tous les contes parlent. Celui qui dérange, qu’on veut éliminer. La solution, on nous la donne par politesse et bref état d’âme. Tous les mois, un peu d’argent part à des associations. De temps en temps on fait des dons pour se rappeler qu’on s’en fout pas. Ici, tout n’est qu’une question de surface à l’image d’un « ça va ? » balancé laconiquement à sa voisine de palier. Finalement l’homme est un être feignant à la souffrance. Il ne veut pas se lever de son fauteuil pour entrevoir la réalité à travers son judas. Fichu nom maudis. Vaut mieux pas y jeter un oeil. Je crois bien que ça va me porter la poisse.

Comment je me vois ? Je suis un projectile qui débarque ddans la vie des gens par accident. Je suis une erreur informatique.

Je vais vous dire une chose docteur. Nous dérangeons par notre humanité dans un univers où l’homme est construit sur l’artifice. Il s’agit d’applaudir une sorte d’hybride totalement transformé par une société en quête de perfection. Elle établie des prototypes, des clones oubliant cet homme fait de chair et d’os. Que deviennent les failles, les fêlures, les fractures, les traumatismes ? Une imperfection sans doute. Alors nous en venons à détester ce qui fait de nous des hommes. Nous vomissons notre humanité et notre propre fonctionnement. Mais pouvons-nous aller contre notre nature ? Ce combat contre nous-mêmes n’est-il pas vain ? Nous haïssons-nous vraiment où est-ce un automatisme sociétal qui nous pousse au dégoût ? Parfois je me demande si la société ne va pas vers un suicide collectif. Jusqu’au nihilisme total de son être.

A présent, je dois vous quitter, docteur. Ma mère paiera la consultation. Elle attend péniblement dans la salle. Je crois qu’elle en a marre de sa pauvre fille. Elle aimerait me refourguer à quelqu’un qui me puisse me réparer. Malheureusement on ne soigne pas les fous n’est-ce pas ? La souffrance est humaine mais pouvons-nous seulement accepter ce diagnostic ?

- Voici le chèque. C’est ma curiosité qui parle mais comment s’est passée la séance ? Vous croyez… qu’elle… peut aller mieux ?

- Je crois surtout qu’elle n’a pas besoin d’être dans mon bureau.

- Excusez-moi ?

- Regardez à travers le judas. Elle vous expliquera.

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