38.1

3 minutes de lecture

Haziel fut sorti de ses pensées par cette première secousse. Il perdit l'équilibre et se rattrapa contre la porte d'entrée de la cellule d'isolement. En tendant l’oreille, il entendit les cris de panique des civils dans la station. Les Protecteurs à l’entrée des cellules d’isolement quittèrent la zone au pas de course, pour rejoindre le Gouverneur, laissant Haziel seul devant la prison d’Ektra.

Une seconde secousse retentit. Haziel retourna dans la cellule afin de s’assurer qu’Ektra n’avait pas été libéré, à cause d’un disfonctionnement du système. Il se trouvait toujours enfermé derrière la barrière, mais il arborait un sourire mesquin. Cette fois-ci, le sans-visage était bien de retour.

- Qu’est-ce que vous avez fait ? souffla Haziel, se doutant qu'il n'était pas innocent dans ces tremblements.

- Je prends le contrôle de votre station. Vous ne pouvez plus rien faire pour empêcher ma victoire. Ce fut très honorable de votre part de me ramener ici.

Haziel resta sans voix pendant un instant. Les lumières de la station se coupèrent et laissèrent place à cette obscurité, qui annonçait l’évacuation d’urgence de la station et également cette voix robotique, donnant l'ordre à tous les occupants de se diriger vers les navettes du hangar.

Il recula vers la porte blindée pour également obéir à l'ordre de départ. Celle-ci s’ouvrit avant même qu'il presse la commande, laissant entrer Andrew, arme de poing à la main, essoufflé et complètement paniqué. Il baissa son canon et reprit son souffle en rangeant son arme, constatant qu’Ektra était toujours enfermé.

- On doit partir Haziel, la station est évacuée, ordonna-t-il. Les Exos sont à notre porte et nous bombardent.

- Et qu’est-ce qu’on fait d’Ektra ?

Le Capitaine jeta un coup d’œil dans le dos d’Haziel et serra les dents. Il gagnait cette bataille, mais ils ne se laisseraient certainement pas faire.

- On le laisse ici. Nous sauverons Rita une autre fois.

Haziel ne sut quoi répondre. Il ravala sa salive et se prépara à sortir à son tour de la cellule d’isolement quand soudain, dans son dos, la barrière de la prison éclata en mille morceaux, provoquant un souffle. Les deux Cavaliers firent volteface. Sans qu’Ektra ne bouge le petit doigt il avait réussi à s’échapper. Sa capture faisait donc bien parti de son plan pour prendre la colonie.

Faisant preuve d’un moment de lucidité dans ce trouble, Andrew agrippa le bras d’Haziel et l’extirpa de force de la cellule d’isolement, avant de verrouiller la porte blindée en entrant ses codes de sécurité. Il le poussa le long du couloir, afin de rejoindre une des navettes d’évacuation. Haziel tourna la tête et remarqua que la porte se fractura avant qu’Ektra ne sorte de la cellule, entouré d’un halo de morceaux de verres qui composaient sa cellule.

- Mais depuis quand il peut faire ça ? s’écria Andrew en ralentissant.

- Depuis que ses copains sans-visages l’ont rejoint ! expliqua Haziel, en dégainant son arme de poing, remarquant toutes les trainées orange autour de leur ennemi.

Il vida la moitié de son chargeur mais aucune des balles n’eut l’effet escompté en atteignant Ektra. À son tour, leur ennemi fit un signe de la main et des morceaux de verres fendirent l’air pour atteindre les deux Cavaliers. L’un d’eux alla transpercer l’épaule d’Haziel. Il émit un gémissement en lâchant son arme, puis il reprit sa course aux côtés d’Andrew, après avoir ramasser son pistolet. Ils ne devaient pas ralentir, au risque qu'Ektra les rattrape. Sa blessure guérirait toute seule.

Haziel changea de chargeurs et tira de nouveau une salve, sans aucun effet une fois de plus. Ektra lança une nouvelle attaque et l’un des morceaux de verre se logea dans le flanc droit du Capitaine Aleysworth. Il roula au sol, se tordant de douleur et émit un cri. Le Cavalier alla aider son supérieur à se relever. Il passa le bras d'Andrew par-dessus ses épaules et plus lentement ils continuèrent de fuir.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Brad Priwin
Ce récit fait suite au tome 1 publié sur ce lien. Lisez-le d'abord ! Si l'histoire vous intéresse bien sûr. https://www.scribay.com/text/167540483/les-chaines-de-la-tyrannie-tome-1

Les chaînes résistent. Les tyrannies ne s'éteignent pas si facilement.

Horis Saiden croyait avoir trouvé sa voie. Jamais il n'a pourtant été aussi perdu.

Nafda a éliminé bon nombre d'ennemis de l'Empire Myrrhéen. Sa quête d'assassin ne fait pourtant que débuter.

Docini Mohild n'endosse plus fièrement son nom. Elle ignore même pour quelle cause se battre.

Jizo imaginait avoir reconquis sa liberté. Aujourd'hui il s'aperçoit qu'il a encore tant de raisons pour lesquels lutter.

À l'ouest, Oranne Abdi, marchande et diplomate de renom, entreprendra la mission la plus risquée de sa vie.

Au nord, Fliberth Ristag assume les conséquences de ses décisions risquées.
21
49
42
352
Cornedor
Avant, Blanche et Cornélia n’avaient guère de soucis à gérer, mis à part leur chat galeux mangeur de patates.
Mais lorsqu’un bel inconnu leur confie une petite créature noiraude aux yeux pourpres, c’est la fin de leur tranquillité.
Petit à petit, d'autres êtres étranges se mettent à graviter autour d'elles, se glissent dans leur monde et dans leur quotidien ; comme ce lièvre mangeur de chair, aux ailes de perdrix et aux bois de daim.
Ou ce dragon au plumage de coq, mutilé avec cruauté.
Ou encore cet homme aux écailles translucides et à la beauté impérieuse...

L'exode est proche. Un convoi se prépare.

En feront-elles partie elles aussi ?


[Fantastique / mythologie / humour / drame] - Ceci est la 2e version de Masques & Monstres.
381
834
708
272
Florian Guerin


Si on lui avait révélé les peines qu’il allait endurer, jamais Owen n’aurait ouvert l’œil. Il faisait frais, en cette fin d’hiver. Le ciel s’était couvert et la pluie nettoyait le sang de la bataille. La guerre avait été perdue par le royaume de Koordie et les envahisseurs devaient déjà arpenter l’intérieur des terres.
Owen avait survécu. Il ne savait pas vraiment comment, mais ses poumons continuaient d’inspirer et d’expirer. En revanche, le reste de son corps hurlait à l’agonie, le suppliant d’en terminer avec ces supplices.
Le chevalier errant remua ses bras et comprit d’où provenait la douleur éminente : son dos. Ces barbares sans honneur l’avaient frappé par derrière, le lacérant de l’omoplate au bassin. Si le coup était venu de l’avant, Owen aurait assisté à l’escapade de ses viscères. Devait-il pour autant se réjouir de la situation ?
Très bien, il allait souffrir. Mais quand bien même, il ne pouvait rester là, avachi dans le sable herbeux et lambiner jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il dressa la nuque, mais des doigts crochus lui arrachèrent une partie du visage. Sans honte, il hurla à faire rougir un porc effrayé.
Les doigts n’étaient en réalité qu’une touffe d’herbe. Une croute épaisse s’était formée par-dessus sa balafre au front et s’était empêtrée dans la végétation éparse. Owen tâta sa blessure. Elle partait de sa tempe droite pour s’achever sur le haut de sa lèvre supérieure. Son œil ? Le chevalier s’alarma en s’apercevant qu’il ne pouvait plus l’ouvrir.
L’effroi prenant le pas sur la peine physique, Owen parvint à se mouvoir et à attraper la dague qui patientait dans sa botte. L’arme renvoya un pâle reflet ; ou peut-être était-ce véritablement le teint de son faciès ? La lésion n’était pas belle à voir. Owen crut un moment observer une grosse limace rouge et caillée.
Il fallait se rendre à l’évidence, son œil était perdu. Que la mort emporte ces chiens de Worgros. Ne se contentant pas de décimer leurs adversaires sur la plage, ces salauds les avaient poursuivis jusqu’au plateau en surplomb. S’ils avaient atteint cette région, alors ils avaient certainement traversé le village d’Owen. Sa femme Marie et sa fille Espérance y logeaient, bien évidemment.
Owen devait les rejoindre.
Il enjamba les corps qui jonchaient la vaste prairie ; des soldats, pour la plupart, et quelques magiciens éparpillés. Une hécatombe comme le royaume n’en avait jamais connue. Owen aurait pu les pleurer, mais il ne connaissait pas un seul d’entre eux. Chevalier errant, il n’était pas du genre à s’attacher ou à créer des liens amicaux. A part avec Marie…
Il devait se mettre en route mais, avant toute chose, se débarbouiller et apprécier la gravité de l’ensemble de ses blessures. Avec précaution, il descendit dans un vallon peu profond. En s’humectant le visage avec l’eau de la rivière, il réalisa à quel point la soif le tiraillait. Après avoir absorbé d’innombrables gorgées, il se nettoya succinctement le corps.
Le froid ne l’effrayait pas et le réconfort apporté par la douceur de l’eau surpassait toute réserve de la part d’Owen. L’entaille dans son dos l’avait terrassé sur le coup, mais elle avait présentement cessé de suinter. Elle ne devait pas être profonde. Owen ne pouvait en revanche pas en dire autant de la longue estafilade qui scindait son visage.
Doucement, il humidifia la croute de sang séché afin de la ramollir, puis la décrocha avec délicatesse. Le sang ne se fit pas attendre, et un pus épais et blanchâtre se joignit au premier écoulement. Ce dernier suppurait principalement de son orbite, le reste de la blessure étant moins grave. Il fallait suturer, et vite.
Sur le plateau, il avait repéré des reliquats flottants de magie. Owen n’était pas magicien, mais il savait que ces flammèches électriques feraient l’affaire. La remontée du vallon fut plus aisée que la descente. Soit la douleur s’était adoucie, soit ses muscles commençaient à s’accoutumer à leur peine.
Owen retourna dans le champ de cadavres, puisque c’était en ce lieu que les résidus magiques voletaient. Les magiciens du royaume avaient le pouvoir d’ouvrir des portails sur un autre monde, depuis lequel ils mandaient des forces éthérées. Chacune d'elle portait le nom de magie, sort ou sortilège. En fait, le nom importait peu.
De toute façon, la magie s’était comme évaporée durant la bataille. Pourquoi ? Owen n’en avait pas la moindre idée. Ce dont il était sûr, en revanche, c’était que ce phénomène leur avait couté la victoire.
Owen s’approcha de l’un des portails encore ouverts pour quelque raison inconnue et inséra son couteau dedans. La magie chauffa sa lame jusqu’à la rougir. Le chevalier admira, non sans anxiété, la dague ardente. Le temps lui était compté, il ne pouvait se permettre de jouer avec les minutes.
Pour Marie. Pour Espérance.
Le métal brûlant se posa sur la chair endolorie.
558
439
521
301

Vous aimez lire Teresa Rey ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0