20.3

4 minutes de lecture

Ezra contacta son supérieur alors qu’un silence gênant s’était installé entre le Capitaine Aleysworth et Lilly. Il rendit compte qu'Owen et lui n’avaient toujours pas de nouvelles du soldat à l’intérieur, alors que le temps avant de reprendre contact était dépassé. Connaissant Haziel et son efficacité pour ce genre de mission, Andrew préféra ne pas prendre de risque le concernant. Il se tourna vers Lilly qui avait déjà déployé son casque et s’avançait vers le bord du toit.

- Essaie de ne pas mourir ! ordonna le Capitaine alors que sa subordonnée s’élança dans le ciel.

Lilly alla rejoindre Ezra sur son point, le plus proche de la position du Capitaine. Son collègue lui indiqua l’endroit par lequel était entré Haziel et, sans perdre un instant, elle déboula dans la cachette de son équipier.

Dans l’entrepôt, elle aperçut une poutre en métal qui menait à une passerelle, proche du plafond. Avant de s'avancer, elle jeta un coup d'œil au sol. Le rez-de-chaussée de l'entrepôt grouillait d'Exos en plein travail de construction de plus d'Exos.

Elle prit une grande inspiration afin de se concentrer sur sa progression, espérant éviter de finir en bas. En un bond elle monta sur la poutre. Tout en gardant, tant bien que mal, son équilibre, elle réussit à atteindre la passerelle.

Elle retrouva Haziel au premier coup d’œil. Cependant, il était étendu au sol, comme inconscient. En arrivant à ses côtés, elle remarqua l’absence de blessure apparente. Pourquoi était-il tombé dans les pommes, alors ?

- Capitaine j’ai retrouvé Haziel mais j’ai un petit souci, informa Lilly dans son casque.

- Explique ?

- Il est inconscient mais je ne vois pas…

Lilly se tut soudainement et se pétrifia en relevant la tête.

- Je vous recontacte capitaine, articula-t-elle.

Elle coupa la communication, alors qu'elle entendait les ordres de son Capitaine de continuer les comptes-rendus. Cependant, elle avait bien plus important à gérer dans l’immédiat. En face d’elle, à quelques mètres à peine, se dressa Rita Aleysworth, accompagnée par deux Exos. Tous les muscles du corps de la Cavalière se crispèrent.

Par reflexe et par peur d'être de nouveau la cible de la colère de la Main de Dieu, elle dégaina son arme de poing et tira plusieurs coups de feu. Rita n’eut qu’à déployer sa lame pour parer les balles, avec une facilité déconcertante, ce qui laissa suffisamment de temps à Lilly pour empoigner Haziel et quitter la plateforme. Elle atterrit lourdement à l’étage en dessous et la tête de son équipier heurta le sol. Elle s’approcha de lui alors qu’il était enfin en train de revenir à lui. En ouvrant les yeux, il eut un mouvement de recul et se releva d’un seul bond.

- Lilly, mais qu’est-ce que tu fous là ?

- J’ai suivis les ordres ! Tu étais dans les pommes là-haut, la Main de Dieu était là et je ne savais pas quoi faire d'autre !

- Là-haut ? répéta le Cavalier.

Haziel fit un tour d’horizon. Lilly l’imita et comprit son erreur.

- Ok ce n’est pas du tout ce que je voulais faire, concéda-t-elle.

Elle se releva à son tour en agrippant son arme de poing. Haziel et elle se retrouvèrent dos à dos, au milieu de centaine d’Exos les contemplant.

- Semblant de déjà vu là, murmura Lilly en faisant référence à la mission dans la forêt de la veille.

- J’espère que tu étais bonne pendant les cours de combats, lâcha Haziel en dégainant ses deux épées.

- Je n’en ai jamais gagné un seul si c’est ta question.

- Je croyais que tu t’entraînais avec Andy ?

- Je sais mais il me met une raclée à chaque fois. Mais je suis plutôt douée en tir !

- Prend mon flingue à ma cuisse. Je n’en ai pas besoin.

Sans quitter des yeux la horde d’ennemis qui s’apprêtait à leur sauter dessus, Lilly attrapa l’arme de poing de son équipier.

En hauteur, Rita s’avança vers le bord de la plateforme, accompagnée par ses deux gardes du corps. Avec son regard glacial et un sourire malsain, elle ordonna, d’un signe de la main, à ses sbires d’exterminer les intrus.

Lilly commença à tirer sur les Exos les plus proches qui se jetèrent sur elle. De son côté, Haziel les trancha dans le vif et en neutralisa une bonne partie en peu de temps. Le Cavalier donna l’ordre à son binôme de couvrir ses arrières, pendant qu’ils leur frayaient un chemin.

Alors qu’ils approchaient enfin d’une issue, Lilly tomba à court de munitions. Il ne lui restait désormais que son arme longue pour répliquer. Elle rangea son arme de poing pour dégainer son fusil. Tout en reculant, elle reprit les tirs de couverture en lâchant plusieurs rafales. La longueur du canon rendrait plus compliquée sa réactivité et la rapidité d'exécution des tirs. Les Exos gagnaient du terrain, il fallait absolument qu'ils déguerpissent de là avant qu'ils ne leur tombent dessus par l'arrière.

Soudain, un cri résonna dans l’entrepôt, celui d’Owen, depuis les hauteurs dont venait Lilly et Haziel, indiquant à ses collègues qu’Ezra et lui couvraient leur fuite, sur ordre du Capitaine Aleysworth.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Brad Priwin
Ce récit fait suite au tome 1 publié sur ce lien. Lisez-le d'abord ! Si l'histoire vous intéresse bien sûr. https://www.scribay.com/text/167540483/les-chaines-de-la-tyrannie-tome-1

Les chaînes résistent. Les tyrannies ne s'éteignent pas si facilement.

Horis Saiden croyait avoir trouvé sa voie. Jamais il n'a pourtant été aussi perdu.

Nafda a éliminé bon nombre d'ennemis de l'Empire Myrrhéen. Sa quête d'assassin ne fait pourtant que débuter.

Docini Mohild n'endosse plus fièrement son nom. Elle ignore même pour quelle cause se battre.

Jizo imaginait avoir reconquis sa liberté. Aujourd'hui il s'aperçoit qu'il a encore tant de raisons pour lesquels lutter.

À l'ouest, Oranne Abdi, marchande et diplomate de renom, entreprendra la mission la plus risquée de sa vie.

Au nord, Fliberth Ristag assume les conséquences de ses décisions risquées.
21
49
42
352
Cornedor
Avant, Blanche et Cornélia n’avaient guère de soucis à gérer, mis à part leur chat galeux mangeur de patates.
Mais lorsqu’un bel inconnu leur confie une petite créature noiraude aux yeux pourpres, c’est la fin de leur tranquillité.
Petit à petit, d'autres êtres étranges se mettent à graviter autour d'elles, se glissent dans leur monde et dans leur quotidien ; comme ce lièvre mangeur de chair, aux ailes de perdrix et aux bois de daim.
Ou ce dragon au plumage de coq, mutilé avec cruauté.
Ou encore cet homme aux écailles translucides et à la beauté impérieuse...

L'exode est proche. Un convoi se prépare.

En feront-elles partie elles aussi ?


[Fantastique / mythologie / humour / drame] - Ceci est la 2e version de Masques & Monstres.
381
834
708
272
Florian Guerin


Si on lui avait révélé les peines qu’il allait endurer, jamais Owen n’aurait ouvert l’œil. Il faisait frais, en cette fin d’hiver. Le ciel s’était couvert et la pluie nettoyait le sang de la bataille. La guerre avait été perdue par le royaume de Koordie et les envahisseurs devaient déjà arpenter l’intérieur des terres.
Owen avait survécu. Il ne savait pas vraiment comment, mais ses poumons continuaient d’inspirer et d’expirer. En revanche, le reste de son corps hurlait à l’agonie, le suppliant d’en terminer avec ces supplices.
Le chevalier errant remua ses bras et comprit d’où provenait la douleur éminente : son dos. Ces barbares sans honneur l’avaient frappé par derrière, le lacérant de l’omoplate au bassin. Si le coup était venu de l’avant, Owen aurait assisté à l’escapade de ses viscères. Devait-il pour autant se réjouir de la situation ?
Très bien, il allait souffrir. Mais quand bien même, il ne pouvait rester là, avachi dans le sable herbeux et lambiner jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il dressa la nuque, mais des doigts crochus lui arrachèrent une partie du visage. Sans honte, il hurla à faire rougir un porc effrayé.
Les doigts n’étaient en réalité qu’une touffe d’herbe. Une croute épaisse s’était formée par-dessus sa balafre au front et s’était empêtrée dans la végétation éparse. Owen tâta sa blessure. Elle partait de sa tempe droite pour s’achever sur le haut de sa lèvre supérieure. Son œil ? Le chevalier s’alarma en s’apercevant qu’il ne pouvait plus l’ouvrir.
L’effroi prenant le pas sur la peine physique, Owen parvint à se mouvoir et à attraper la dague qui patientait dans sa botte. L’arme renvoya un pâle reflet ; ou peut-être était-ce véritablement le teint de son faciès ? La lésion n’était pas belle à voir. Owen crut un moment observer une grosse limace rouge et caillée.
Il fallait se rendre à l’évidence, son œil était perdu. Que la mort emporte ces chiens de Worgros. Ne se contentant pas de décimer leurs adversaires sur la plage, ces salauds les avaient poursuivis jusqu’au plateau en surplomb. S’ils avaient atteint cette région, alors ils avaient certainement traversé le village d’Owen. Sa femme Marie et sa fille Espérance y logeaient, bien évidemment.
Owen devait les rejoindre.
Il enjamba les corps qui jonchaient la vaste prairie ; des soldats, pour la plupart, et quelques magiciens éparpillés. Une hécatombe comme le royaume n’en avait jamais connue. Owen aurait pu les pleurer, mais il ne connaissait pas un seul d’entre eux. Chevalier errant, il n’était pas du genre à s’attacher ou à créer des liens amicaux. A part avec Marie…
Il devait se mettre en route mais, avant toute chose, se débarbouiller et apprécier la gravité de l’ensemble de ses blessures. Avec précaution, il descendit dans un vallon peu profond. En s’humectant le visage avec l’eau de la rivière, il réalisa à quel point la soif le tiraillait. Après avoir absorbé d’innombrables gorgées, il se nettoya succinctement le corps.
Le froid ne l’effrayait pas et le réconfort apporté par la douceur de l’eau surpassait toute réserve de la part d’Owen. L’entaille dans son dos l’avait terrassé sur le coup, mais elle avait présentement cessé de suinter. Elle ne devait pas être profonde. Owen ne pouvait en revanche pas en dire autant de la longue estafilade qui scindait son visage.
Doucement, il humidifia la croute de sang séché afin de la ramollir, puis la décrocha avec délicatesse. Le sang ne se fit pas attendre, et un pus épais et blanchâtre se joignit au premier écoulement. Ce dernier suppurait principalement de son orbite, le reste de la blessure étant moins grave. Il fallait suturer, et vite.
Sur le plateau, il avait repéré des reliquats flottants de magie. Owen n’était pas magicien, mais il savait que ces flammèches électriques feraient l’affaire. La remontée du vallon fut plus aisée que la descente. Soit la douleur s’était adoucie, soit ses muscles commençaient à s’accoutumer à leur peine.
Owen retourna dans le champ de cadavres, puisque c’était en ce lieu que les résidus magiques voletaient. Les magiciens du royaume avaient le pouvoir d’ouvrir des portails sur un autre monde, depuis lequel ils mandaient des forces éthérées. Chacune d'elle portait le nom de magie, sort ou sortilège. En fait, le nom importait peu.
De toute façon, la magie s’était comme évaporée durant la bataille. Pourquoi ? Owen n’en avait pas la moindre idée. Ce dont il était sûr, en revanche, c’était que ce phénomène leur avait couté la victoire.
Owen s’approcha de l’un des portails encore ouverts pour quelque raison inconnue et inséra son couteau dedans. La magie chauffa sa lame jusqu’à la rougir. Le chevalier admira, non sans anxiété, la dague ardente. Le temps lui était compté, il ne pouvait se permettre de jouer avec les minutes.
Pour Marie. Pour Espérance.
Le métal brûlant se posa sur la chair endolorie.
558
439
521
301

Vous aimez lire Teresa Rey ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0