16.4

3 minutes de lecture

Alors que tout le monde s'éloignait pour se préparer à la mission, Andrew rappela sa subordonnée, qui s'en allait également vers les locaux de l'escadron pour enfiler son exo-combinaison. Il lui fit signe de s’approcher. Elle revint au pas de course et il croisa les bras, dérouté par ses propos lors de ce briefing.

- Quelque chose ne va pas Capitaine ?

- Tu es sûre que c'est un piège ?

Surprise par la question, Lilly haussa timidement les épaules. Oui elle était sûre de ce qu'elle avançait ! Mais personne ne semblait vouloir la croire. Elle commença à se demander si quelqu’un n’avait pas trouvé la lettre de son père et se doutait qu’elle voulait du mal à la Cavalerie, plus particulièrement à l’escadron Suicide. Non, c’est impossible, j’aurai déjà été arrêté si c’était le cas. Encore ma paranoïa qui me joue des tours…

- Cette mission me parait tellement simple capitaine ! Je ne le sens pas c'est tout, se risqua-t-elle a expliquer.

- Lilly j'ai besoin de savoir si tu as les trouilles ou si tu as réellement compris quelque chose que nous n'avons pas vu sur ces cartes, comme pour la diversion mise en place par les Exos lors de la dernière mission.

De nouveau déconcertée par cette remarque, la Cavalière prit quelques secondes de réflexion. Le regard insistant de son supérieur la déconcentra et elle commença à rougir. Si elle jouait la carte de l'honnêteté la plus totale, est-ce que son Capitaine la croirait ? Elle décida de tenter le coup.

D'un côté elle espérait se tromper, sinon ils risquaient de se lancer dans une mission qui pourrait très mal tourner. En revanche d'un autre côté, si elle s'avérait avoir réellement raison, le Capitaine Aleysworth finirait par lui faire un peu plus confiance, en elle et en ses suppositions.

- Rita Aleysworth était un génie tactique, Capitaine ce n'est pas à vous que je vais apprendre ça ! s'emporta-t-elle. Ce qui par conséquent fait d'Ektra un génie tactique lui aussi. On devrait s'attendre à tout de sa part.

- Ma sœur était fourbe, c'est vrai, concéda le Capitaine en baissant les yeux, se souvenant de tous ces larcins lors de son enfance.

- Des caisses entreposées en forêt ? Pourquoi il n'y a que moi qui trouve ça bizarre ? Capitaine, on devrait vraiment rester sur nos gardes.

Andrew commença à se ronger les ongles, se remémorant leurs dernières missions et toutes les remarques que la Cavalière avait faites. Lilly disait vrai, il y avait quelque chose de louche dans ces comptes rendus de l'escadron Espion.

- Depuis qu'Ektra est aux commandes, les Exos sont capables de provoquer des diversions pour nous séparer, continua Lilly. Je me fous de ce que dit le Général, mais Capitaine, cette mission pue l'embrouille. Si le Capitaine Bartoli et vous ne prenez pas ça en compte au moment de partir, on risque de tous y passer.

Andrew remercia la Cavalière et la congédia. Désormais méfiant à l'égard de cette mission pour leurs deux escadrons, il décida de croire Lilly, surpris de se l'avouer à lui-même. Toutes ses intuitions s'étaient jusqu'à présent révélées vraies, malheureusement pour eux. Il était donc parfaitement plausible qu'ils se lancent dans un piège tendu par Ektra pour les séparer, afin de mieux les cueillir.

Il resta là, quelques instants, à repenser aux mots de sa subordonnée. Il croisa les bras et soupira, imaginant d'ores et déjà un plan d'action pour cette mission. Bartoli débarqua dans le dos de son collègue et lui décocha un coup de poing amical dans l'épaule. Surpris et extirpé de ses pensées, l'offcier se retourna.

- Bon, on a du boulot Andy ! On s'y attaque maintenant ?

- Ouais... Pas vraiment le choix, de toute façon.

- Et moi qui voulait pioncer cette nuit. On s'installe où ?

Andrew ne répondit pas. Il continuait de fixer Lilly qui s'éloignait, au loin. Plus cette subordonnée passait du temps dans la Cavalerie et plus le mystère l'entourant s'épaississait. Elle semblait finalement vouloir s'investir dans les missions de son escadron.

- T'es perdu Andy ? secoua Bartoli.

- Hein, moi ? Non, non, je pensais à Jones.

- Pourquoi ça ?

- Et si elle avait raison ? Et si Ektra tentait réellement de nous attirer dans un piège ? Je connais quand même ma soeur. C'est carrément son style.

- Tu te fais des idées. On fonce dans le tas, comme d'habitude, point barre. Allez, amène-toi. On a une opéraiton à monter.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Brad Priwin
Ce récit fait suite au tome 1 publié sur ce lien. Lisez-le d'abord ! Si l'histoire vous intéresse bien sûr. https://www.scribay.com/text/167540483/les-chaines-de-la-tyrannie-tome-1

Les chaînes résistent. Les tyrannies ne s'éteignent pas si facilement.

Horis Saiden croyait avoir trouvé sa voie. Jamais il n'a pourtant été aussi perdu.

Nafda a éliminé bon nombre d'ennemis de l'Empire Myrrhéen. Sa quête d'assassin ne fait pourtant que débuter.

Docini Mohild n'endosse plus fièrement son nom. Elle ignore même pour quelle cause se battre.

Jizo imaginait avoir reconquis sa liberté. Aujourd'hui il s'aperçoit qu'il a encore tant de raisons pour lesquels lutter.

À l'ouest, Oranne Abdi, marchande et diplomate de renom, entreprendra la mission la plus risquée de sa vie.

Au nord, Fliberth Ristag assume les conséquences de ses décisions risquées.
21
49
42
352
Cornedor
Avant, Blanche et Cornélia n’avaient guère de soucis à gérer, mis à part leur chat galeux mangeur de patates.
Mais lorsqu’un bel inconnu leur confie une petite créature noiraude aux yeux pourpres, c’est la fin de leur tranquillité.
Petit à petit, d'autres êtres étranges se mettent à graviter autour d'elles, se glissent dans leur monde et dans leur quotidien ; comme ce lièvre mangeur de chair, aux ailes de perdrix et aux bois de daim.
Ou ce dragon au plumage de coq, mutilé avec cruauté.
Ou encore cet homme aux écailles translucides et à la beauté impérieuse...

L'exode est proche. Un convoi se prépare.

En feront-elles partie elles aussi ?


[Fantastique / mythologie / humour / drame] - Ceci est la 2e version de Masques & Monstres.
375
828
692
267
Florian Guerin


Si on lui avait révélé les peines qu’il allait endurer, jamais Owen n’aurait ouvert l’œil. Il faisait frais, en cette fin d’hiver. Le ciel s’était couvert et la pluie nettoyait le sang de la bataille. La guerre avait été perdue par le royaume de Koordie et les envahisseurs devaient déjà arpenter l’intérieur des terres.
Owen avait survécu. Il ne savait pas vraiment comment, mais ses poumons continuaient d’inspirer et d’expirer. En revanche, le reste de son corps hurlait à l’agonie, le suppliant d’en terminer avec ces supplices.
Le chevalier errant remua ses bras et comprit d’où provenait la douleur éminente : son dos. Ces barbares sans honneur l’avaient frappé par derrière, le lacérant de l’omoplate au bassin. Si le coup était venu de l’avant, Owen aurait assisté à l’escapade de ses viscères. Devait-il pour autant se réjouir de la situation ?
Très bien, il allait souffrir. Mais quand bien même, il ne pouvait rester là, avachi dans le sable herbeux et lambiner jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il dressa la nuque, mais des doigts crochus lui arrachèrent une partie du visage. Sans honte, il hurla à faire rougir un porc effrayé.
Les doigts n’étaient en réalité qu’une touffe d’herbe. Une croute épaisse s’était formée par-dessus sa balafre au front et s’était empêtrée dans la végétation éparse. Owen tâta sa blessure. Elle partait de sa tempe droite pour s’achever sur le haut de sa lèvre supérieure. Son œil ? Le chevalier s’alarma en s’apercevant qu’il ne pouvait plus l’ouvrir.
L’effroi prenant le pas sur la peine physique, Owen parvint à se mouvoir et à attraper la dague qui patientait dans sa botte. L’arme renvoya un pâle reflet ; ou peut-être était-ce véritablement le teint de son faciès ? La lésion n’était pas belle à voir. Owen crut un moment observer une grosse limace rouge et caillée.
Il fallait se rendre à l’évidence, son œil était perdu. Que la mort emporte ces chiens de Worgros. Ne se contentant pas de décimer leurs adversaires sur la plage, ces salauds les avaient poursuivis jusqu’au plateau en surplomb. S’ils avaient atteint cette région, alors ils avaient certainement traversé le village d’Owen. Sa femme Marie et sa fille Espérance y logeaient, bien évidemment.
Owen devait les rejoindre.
Il enjamba les corps qui jonchaient la vaste prairie ; des soldats, pour la plupart, et quelques magiciens éparpillés. Une hécatombe comme le royaume n’en avait jamais connue. Owen aurait pu les pleurer, mais il ne connaissait pas un seul d’entre eux. Chevalier errant, il n’était pas du genre à s’attacher ou à créer des liens amicaux. A part avec Marie…
Il devait se mettre en route mais, avant toute chose, se débarbouiller et apprécier la gravité de l’ensemble de ses blessures. Avec précaution, il descendit dans un vallon peu profond. En s’humectant le visage avec l’eau de la rivière, il réalisa à quel point la soif le tiraillait. Après avoir absorbé d’innombrables gorgées, il se nettoya succinctement le corps.
Le froid ne l’effrayait pas et le réconfort apporté par la douceur de l’eau surpassait toute réserve de la part d’Owen. L’entaille dans son dos l’avait terrassé sur le coup, mais elle avait présentement cessé de suinter. Elle ne devait pas être profonde. Owen ne pouvait en revanche pas en dire autant de la longue estafilade qui scindait son visage.
Doucement, il humidifia la croute de sang séché afin de la ramollir, puis la décrocha avec délicatesse. Le sang ne se fit pas attendre, et un pus épais et blanchâtre se joignit au premier écoulement. Ce dernier suppurait principalement de son orbite, le reste de la blessure étant moins grave. Il fallait suturer, et vite.
Sur le plateau, il avait repéré des reliquats flottants de magie. Owen n’était pas magicien, mais il savait que ces flammèches électriques feraient l’affaire. La remontée du vallon fut plus aisée que la descente. Soit la douleur s’était adoucie, soit ses muscles commençaient à s’accoutumer à leur peine.
Owen retourna dans le champ de cadavres, puisque c’était en ce lieu que les résidus magiques voletaient. Les magiciens du royaume avaient le pouvoir d’ouvrir des portails sur un autre monde, depuis lequel ils mandaient des forces éthérées. Chacune d'elle portait le nom de magie, sort ou sortilège. En fait, le nom importait peu.
De toute façon, la magie s’était comme évaporée durant la bataille. Pourquoi ? Owen n’en avait pas la moindre idée. Ce dont il était sûr, en revanche, c’était que ce phénomène leur avait couté la victoire.
Owen s’approcha de l’un des portails encore ouverts pour quelque raison inconnue et inséra son couteau dedans. La magie chauffa sa lame jusqu’à la rougir. Le chevalier admira, non sans anxiété, la dague ardente. Le temps lui était compté, il ne pouvait se permettre de jouer avec les minutes.
Pour Marie. Pour Espérance.
Le métal brûlant se posa sur la chair endolorie.
557
439
521
301

Vous aimez lire Teresa Rey ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0