Pilgrimmchou la machine à bêtises

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Pligrimmchou était un petit Elfie comme il y en avait partout à Elfcity. C'était la plus mignonne de toutes les créatures. Ses adorables petites oreilles surmontées de ses deux cornes miniatures donnaient à son visage les plus doux attraits. Il était tout simplement à croquer avec ses grands yeux vifs d'un argent étincelant.

Pilgrimmchou était très malin, et ne manquait jamais d'idées pour faire des bêtises. Tous les jours, il faisait une liste de toutes les aventures qu'il avait envie de vivre, et vadrouillait dans le village afin de trouver le nécessaire à ses constructions. Il aimait créer des armes, des véhicules et des machines avec lequelles il inventait les plus belles histoires. Les Elfies adultes n'approuvaient pas toujours ses idées qu'ils qualifiaient de dangereuses, et aimaient encore moins lorsque le petit Pilgrimmchou leur "empruntait" du matériel pour ses créations. Mais depuis quelques temps, force était d'admettre que Pilgrimmchou était sage comme une image. Il passait ses journées dans sa chambre à dessiner. Il aidait même sa maman à faire des gâteaux.

Si Pilgrimmchou s'était calmé, c'était pour une bonne raison. Il avait décidé de prouver aux adultes d'Elfcity que ses inventions fonctionnaient vraiment. Pour cela, il avait décidé de créer une machine à pâtisserie, capable de reproduire à l'identique les moelleux au miel dont sa mère avait le secret. Il l'avait observé à l'action, avait dessiné les plans de la machine et avait construit, dans la vieille grange de la maison, ce qu'il pensait être sa plus belle création. Il avait déjà récupéré tous les éléments nécessaires qu'il avait pu récupérer dans sa maison, il ne lui manquait que quelques ingrédients qu'il n'avait pas trouvé. Il allait devoir se procurer ses éléments lui-même.

Il décida de commencer par obtenir le miel, la touche magique de sa recette. Pour ça rien de plus facile : le vieux Ziplock en avait toujours quelques pots dans sa réserve. Il lui suffisait de s'introduire dans la maison de l'ancêtre pendant sa sièste, et de lui prendre un pot du précieux liquide ambré. C'est ainsi qu'il se retrouva dans la demeure de Ziplock à quatorze heures de l'après-midi. Il avait trouvé tout ce qu'il lui fallait : il avait pris sur une étagère du cellier deux pots de miel dégageant un parfum sucré irrésistible. Il s'était dit que deux pots valaient mieux qu'un. Au cas où il manquerait de miel, il préférait prévoir. Il allait partir quand il entendit un clac venant de la porte du placard à provisions. Il se stoppa net, immobile. Cet endroit n'était jamais fermé! Pourquoi fallait-il que pile au moment où il se trouvait là, quelqu'un ferme la porte à clé? Pilgrimmchou sourit. Ce n'était pas une porte fermée qui allait l'arrêter. Il leva les yeux et regarda le soupirail au dessus de sa tête. Parfait, il pouvait s'évader. Il grimpa les étagères garnies de nourriture les deux pots de miel sous le bras. Il ouvrit la fenêtre et passa la tête par le soupirail. En tentant de passer son petit corps rond à travers la fenêtre, il écrasa malencontreusement un des deux pots de verre qui se brisa, répendant le liquide doré partout sur sa veste brune. Il parvint tout de même à s'en sortir indemne, retombant de l'autre côté de la maison sur ses petites pattes de chèvre. Il quitta la maison de Ziplock en trotinnant, son butin dans les bras, laissant derrière lui les vestiges du cadeau des abeilles pour ce cher monsieur Ziplock.

La deuxième chose dont il avait besoin était des oeufs, facilement procurables à la source. C'est donc tout naturellement qu'il fit claquer ses sabots jusqu'à la ferme de miss Scotch. Ses poulettes devraient avoir de quoi alimenter sa machine. Après la mésaventure gluante et mielleuse, cette mission lui semblait plus facile. Il pénétra dans le poulailler, laissant sur ses pas des traces d'or collantes. Il ouvrit la porte du pondoir tout doucement. D'un seul coup, toute la basse-cour s'envola, laissant virevolter dans son sillage des milliers de petites plumes rousses qui vinrent se coller sur la trainée sucrée qui dégoulinait sur son gilet brun. Il récupéra tout de même les oeufs dans un poulailler vide; et sans prendre la peine de regrouper les volailles qui piaillaient dans tout le domaine, il quitta empressement les lieux.

Enfin, touche finale de sa recette, il lui fallait de l'eau. Et ça c'était un jeu d'enfant. Il avait emprunté une petite bouteille de verre dans l'armoire de sa maison, et il se dirigeait maintenant, clopin-clopant, vers la petite rivière au coeur du village. Arrivé sur les lieux, il s'arrêta face aux flots pour observer son reflet. Il posa la main sur ses deux petites cornes, caressa ses grandes oreilles tombantes et gratifia son reflet d'un grand sourire. Il se pencha afin de plonger sa bouteille dans l'eau glaciale de la rivière, et sa tête rencontra l'eau. Il se sentit basculer et sombra dans les flots.

Il remarqua que son corps remontait à la surface. Sans vraiment comprendre comment, il se retrouva sur la rive, toussant des verres entiers d'eau gelée. À côté de lui, l'entièreté des habitants de Elfcity riaient, la mère de Pilgrimmchou tenant dans ses mains une immense épuisette. Les petits Elfies avaient suivi les traces de miel et les plumes de poules, les guidant jusqu'au lieu de la dernière bêtise du petit homme-chèvre. Pilgrimmchou s'était remis de sa semi-noyade, et il abordait maintenant une mine vexée. Il était persuadé que son plan était infaillible. Mais ce jour-là il comprit : demander de l'aide ne lui enlèverait pas le succès que ses inventions pouvaient gagner. Bien au contraire, il pouvait être encore plus fier de sa réalisation.

Tout le village avait pu profiter des fameux moelleux au miel tout droits sortis de la machine de Pilgrimmchou, cette fois avec des ingrédients gentiment offerts par les producteurs d'Elfity. Le petit Elfie avait mis sa machine à disposition, pour se faire pardonner des dégâts qu'il avait causé.

Et pour que tous les futurs Elfies qui auraient envie de faire des bêtises s'inspirent de l'histoire de Pilgrimmchou, la toute première sanction inventée à Elfcity fut la suivante : tout individu nuisant à la communauté, ou brisant l'une des règles dorées des Elfies, sera trempé dans du miel d'or, puis roulé dans des plumes de poules rousses, avant de devoir effectuer une bombe dans la rivière glacée. Et Pilgrimmchou ? En plus d'être devenu l'inventeur officiel d'Elfcitiy, il prit en charge les règles dorées, devenant celui qui fit appliquer les lois et la sanction Pilgrimm, qui portait dorénavant son nom.

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