Sans elles #4

Une minute de lecture

—     Elias !!! T’es touché ?

—     Ca  va, dépêche !

 

Mais Elias était touché. Une auréole de sang s’élargissait le long de sa cuisse droite. Aucune douleur pourtant, rien d’autre que l’adrénaline qui faisait cogner son cœur dans sa poitrine.

 

Ils atterrirent de l’autre côté de la clôture et Noam passa son bras sous l’épaule de son frère, l’emmenant à fond de train vers un chemin planqué derrière le Quartier Général, le poste de surveillance des gardes. Les sirènes hurlaient, les spots balayaient l’horizon et pourtant Elias se sentait plus libre que jamais.

 

Après une bonne heure de marche, les deux garçons s’écroulèrent derrière un rocher. Ils étaient trempés, épuisés, le jean d’Elias était taché de sang et Noam claquait des dents.

 

—     Elias, montre ta jambe.

—     Non, je te dis que c’est rien, ça fait même pas mal.

—     Tu vas arrêter de jouer les gros bras et me montrer ça, tu veux ?

 

Elias s’exécuta, guère habitué à être protégé par quelqu’un d’autre que lui-même. Il baissa son pantalon et frissonna en voyant la plaie. La balle était logée profondément dans les chairs. Noam agit sans réfléchir et reproduisit les gestes qu’il avait vus mille fois dans les films : il fit un garrot avec sa ceinture, serra bien fort en haut de la cuisse de son frère qui hurla de douleur.

 

—     On continue, dit Elias, livide, en remontant son pantalon.

—     Mais tu peux pas…

—     On continue, je te dis.

 

Ils se remirent à marcher en silence. Le plus gros du danger semblant désormais être derrière eux, ils s’autorisèrent enfin à penser.

La pluie battante et le vent rendait toute conversation inaudible, mais chacun des deux frères savait à quoi pensait l’autre.

Et si ? Et si toutes les femmes n’avaient pas disparu ? Et si quelque part, il restait des mères, des épouses, des sœurs, des filles ?

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melaniechangeux

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Lilou

Ce soir je suis prise d'une nostalgie de partir, sans adresse de départ ni destination connue, juste prendre la porte de ma solitude intérieure et errer dans ce vaste monde où tant de choses belles et odieuses nous guettent.
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Ce soir, j'ai envie d'aller à la quête du bonheur de mon enfance. Il y a le goût, celui de ces mandarines cuites au sirop que faisait ma mère ... et ce son qui résonne avec la même intensité du 1er jour, il n'a pas pris une seule ride ... c'est la prière que je récitais dans mon lit chaque soir avec ma mère avant de dormir....et cette image, ce beau sourire plein d'amour et de bienveillance, oui encore ma mère...

Tel le petit poucet, je marche sur les traces des merveilleux souvenirs que ma mère a inscrits dans ma mémoire pour l'éternité. Sur ce chemin magique, je croise ma légèreté qui me demande de renouer, bien sur je n'hésite pas une seconde, on a tellement de temps à rattraper. Je vois au loin débouler ma fierté de berbère têtue et orgueilleuse, je l'avais délaissée en route croyant qu'elle était pédante et inutile mais je me trompais lourdement sur son compte, elle est belle et majestueuse, plus jamais je ne l'abandonnerai. Quelques pas et je reconnais dans un coin, bien cachée, l'amertume, je l'ai souvent ignorée et je continuerai. Et voilà une invasion d'espoirs et de rêves, d'une seule voix ils me reprochent une promesse non tenue, je les rassure en leur rappelant qu'ils appartiennent à l'avenir, il ne sera jamais trop tard pour eux.
Je poursuis mon chemin et je me trouve nez à nez avec ma joie de vivre, l'authentique, celle de mon enfance, elle m'a tellement manqué, elle est de ces choses si fragiles de la vie qu'il est difficile de la préserver intact. Je veux rester avec elle mais je ne peux pas, je veux l'emmener avec moi mais elle me dit qu'elle appartient à son temps. Je me fais alors une raison de continuer avec ce qu'elle veut bien me laisser d'elle. Parlant de raison, je n'avais pas à la croiser, elle ne m'a jamais quittée, je lui dois toutes ces années et ce qui reste de ma vie.

Mon voyage m'enivre et ma quête me rend insatiable de nostalgie. Mais désormais, je sais qu'il suffira de me blottir dans les bras de ma mère pour refaire ce chemin à chaque fois que j'en aurai envie.
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