L'aide-soignante

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J’avais le choix entre un album de Nirvana et le meilleur album de Saez, Debbie. Si un jour, on me demande : « Quel a été le choix le plus difficile de votre vie ? »,  j’expliquerai ce choix. Le rendez-vous était fixé à 22h00, je suis volontairement arrivé en retard. En été, à cette heure-là, il fait encore clair, elle aurait pu croire qu’il s’agissait d’un rencard et non pas d’une alternative, je reste quelqu’un de très clair dans mes intentions. 22h45, après quinze minutes de routes et à peine trois chansons et demie du chanteur préféré des révoltés échoués de ma génération, je klaxonne deux fois. Elle sort par la cour arrière de la maison de ses parents, elle se nomme Alice, c’est mon calmant, ma morphine, mon anesthésiant.  L’entrée principale de cette maison se trouve sur le côté, je n’ai jamais compris pourquoi on faisait ça, je lui ai demandé, elle ne savait pas me répondre. Il n’y avait pas d’étage dans cette maison, je chercherai plus tard sur le net l’analyse de sociologue qui pourra, peut-être, apporter une explication ou une description de personnalité de ce genre de personne. Quelques minutes plus tard, elle était sur moi, son corps de salope couvert de transpiration et son visage d’ange qui devenait de plus en plus endiablé se collait dans ma nuque avant de prendre du recul me regarder dans les yeux et de s’y remettre, ses cheveux sales portaient l’odeur de ce qu’elle avait mangé quelques heures plus tôt. Le sexe n’a vraiment rien de romantique, j’aurais du vous prévenir mais vous le savez surement déjà. La banquette arrière de la voiture ne permet pas de développer une activité sexuelle variée. Nous deux, trois positions, 30 minutes, au revoir et merci (éventuellement).  Je n’avais pas encore joui que je regrettais déjà ce que j’étais en train de faire, du coup, je n’ai pas joui du tout, elle non plus d’ailleurs, mais ça ne l’a dérangeait pas ou alors elle le cachait bien.

 

-Pas de sodomie, pas de cigarettes et pas de vin.

-Qu’est-ce que tu veux faire de moi !? , m’interrompt-elle. Sois heureux que je te suce, ajouta-t-elle.

- Tu es une Sainte.

- Je pense pas que la levrette soit conseillée dans la Bible.

- Si, si. Verset 4 de l’évangile de Marc.

- Salut, pauvre con.

 

Elle sortit de la voiture et jamais je ne l’ai revue. Au début, je culpabilisais. Je pensais au mélange de haine et de tristesse que j’avais laissé rentrer chez elle ce soir-là. Ensuite, ce sentiment, s'est dissipé et je me sentais soulagé. Quelle lâcheté, une fois de plus. Si je l’ai  perdue, c’est parce que je l’ai cherchée.

 

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