Chapitre 0 - le monde ... et moi ! 

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Il y a en ce moment environ 7 milliards 313 millions 51 mille 912 personnes sur la planète Terre, peut-être un peu plus, sûrement pas moins.

Depuis minuit aujourd’hui, pas loin de 10 milliards 538 millions 154 mille 562 cigarettes ont été fumées, plus la sienne. Il est dans la cour, pas celle d’une prison mais presque.

Sa journée est rythmée aux bruits d’une sonnette et des mouvements de foules. Il attend que son réveil sonne, que son bus passe, que son train entre en gare, que la sonnette des cours retentisse, que la pause arrive, que le temps de midi lui donne sa portion vitale de nourriture et d’air, que les coups de 17h le libèrent et lui donnent à nouveau la possibilité d’attendre son bus, son train, la vieille berline française grise de ses parents sur le parking de la gare de départ, que la nourriture soit prête, que sa connexion internet ne lâche pas et qu’il soit 23h pour que tous les gens bien dorment pendant que lui repense machinalement à sa journée et anticipe presque parfaitement celle de demain.

Lui, c’est moi, j’ai 23 ans et, comme l’essentiel de ma jeunesse : je me demande ce que fous là.

J'ai lu dans un livre ou entendu dans un film que le bonheur se trouve dans la tête.

Depuis, je n'ai qu'une seule envie, celle de me l’ouvrir, de fouiller au plus profond de mes pensées, prendre ce soi-disant état d’esprit par le col de la chemise, car j'espère que le bonheur est au moins bien habillé, l’empoigner contre un mur et lui déverser ce que mon cœur renferme depuis des années.

Pour info, il y a (déjà) eu 805.085 suicides durant les six premiers mois de l’année.

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Recommandations

François Servant


Un jour, un matin sur la véranda du luxueux hôtel « Imperial », je n’ai plus le souvenir précis de quand cela s’est passé.

La magnificence des sourires, éveillés de simplicité, des humbles, alimente la conversation d’un couple de touristes. Ils se tiennent attablés près du Breakfast buffet Gargantuesque : « C’est sale, mais ils ont l’air de s’en accommoder » tout en engouffrant une brioche. « Oui, s’il n’y avait pas toute cette saleté…et puis tous ces viols, ce serait tellement mieux » a-t-elle rajouté en versant le thé dans sa tasse. « Sans doute… c’est terrible tout de même ! ».  « Ce qui est terrible c’est cette inertie…. Je ne pense pas que cela ne soit que le manque d’éducation, ni l’héritage colonial, tout de même regarde » fait elle en désignant de ses mains l’espace luxueux du vieux Palace Victorien. « Je me demande ce qu’ils auraient fait sans les Anglais, nous ne serions certainement pas là. Non ! Je crois qu’il y a un laisser allez naturel…ou quelque chose comme ça, l’excuse du karma ? Je ne sais pas ce… ». Lui, l’interrompant « Oh, chérie, j’ai laissé l’anti moustique dans la chambre… tu as les clefs ? ».  Tiens-les voilà, tu es vraiment tête en l’air, je me demande ce que tu ferais sans moi ? » du tac au tac il lui répond « je serai aux Maldives mon amour ! » tout en tournant les talons.

 

Oui chère Madame ! C’est vrai ! Tout serait tellement mieux sans tout ça… Cependant pourriez-vous mesurer la quintessence de votre voyage sans en éprouver le plaisir sournois ? L’amplitude de ces différences inadmissibles vous conforte. La paix de votre chambre luxueuse après l’éprouvante multitude de la mosquée Jama Masdjid, vous rassure. Oseriez-vous prétendre n’être guidée que par pure empathie enrobée de compassion ? Non bien sûr ! Votre apitoiement se nourrit de vos craintes, de la chance qui vous est donnée d’être convenablement intégrée, répertoriée sur l’échelle des classes occidentales. Peu importe, votre mari est de retour avec sa lotion de précaution, son polo Ralph Loren et son désir d’être ailleurs.

 

Certains aime de l’Inde le charme raffiné des Palaces, le parfum des temples, le frisson paranoïaque, l’excitation coupable dans la foule compacte de Old Delhi, le chic Maharadjah des vieilles forteresses. D’autre s’y rendent voyeurs en groupes anxieux, se regroupent sur les points de vue des terrasses de Vârânasî pour assister, dans le recueillement des appareils photos et des jumelles, aux crémations traditionnelles.

Faute de moyens, donc de bois, la totalité du corps n’a pu être consumé. Voyez-vous par vos yeux fascinés, par la caméra discrète de vos téléphones, la simplicité avec laquelle on jette alors les bouts restant dans l’eau sacrée du Gange ? Vos traditions bien enterrées, soulèvent en cet instant leurs stèles.

Eternels clichés que les bains d’offrandes aux pieds des ghâts tiédis par les premières lueurs. Ici on encense la sagesse mystique des processions, on la mitraille de technologie à l’aube magnifique des rituels matinaux. Ce sentiment d’être pour un moment diffèrent, à la fois présent et tellement absent. Heureusement la mémoire des images témoignera publiquement, perpétuera le souvenir lors du retour des touristes prodigues.

 

Dans la rue derrière les Ghats se déroule une scène ordinaire : « Espèce de connard de fils de pute, chatte de ta mère, je t’ai fait un prêt et tu me racontes tes conneries. Je n’en ai rien à foutre de tes explications de merde, tu m’entends ? Si demain tu ne ramènes pas le fric, je coupe une main à ton fils et je le ferai mendier, c’est clair ? Casse-toi ».

Satish est rentré chez lui bien décidé à ne pas faire souffrir sa famille. Il a étouffé son fils et sa femme dans la nuit. Puis il s’est donné la mort en se pendant. La juste derrière les reflets du fleuve, empreint de sagesse à la lueur des bougies, parmi les milliers de mains jointes. Approchons-nous, écoutons la psalmodie des mantras. Moi, moi, moi…. L’inde est un grand écart constant, une vision macroscopée de notre monde dans toutes la beauté de ses admirables ignominies. La famille de Satish passe, flottant entre deux eaux. La tragédie n’offre pas de bucher à l’infortune. Ils nourriront les crocodiles, les charognards et les chiens sauvages sur les berges.

 

Je reconnais sur le quai bondé de la gare centrale, dans la foule dense, bigarrée de misère et de fortune, les habitués de l’exode Guru et de sa transcendance. Vêtus de simples sandales, ils portent la toge, rejoignent patients les ashrams, les centres de méditation, certains exhibent, ostensiblement, leurs tapis de yoga roulés sous leurs bras. Signes incontestables de leur participation à l’équilibre du monde et bien entendu tout d’abord au leur. Car rien n’est possible si l’on ne prend pas, en premier lieu, soin de soi.  Ils s’exilent dans la nostalgie bon teint des anciennes stations coloniales de Rishikesh, Nainital, Mussoorie… évoqueront prolixement, dans les tressautements du train, l’expérience de silence de Vipassana, citeront Osho, exprimerons le rêve de croiser le Dalai Lama dans la rue à Mc Leod Ganj. Ils sont en quête, en requête, en conquête d’eux même. Le prix de la paix intérieure, le cout de la transformation, la gratuité de la libération.

 

J’aimerai Nathanaël qu’en ce moment tu me demandes, avec ta candide innocence, s’il m’a été donné de croiser sa Sainteté D.L dans un fast food bondé de back packers dans la rue de Mc Leod. Aurait-il commandé un Veg Burger, un thé au beurre ?  Aurait-il posé l’écharpe blanche autour du cou du serveur ?

Ta naïveté me manque Nathanaël, ou bien est-ce cynisme, humour acide, vitriol tendre… ?

 

Dans le quartier cosmopolite de Pahar Ganj se mélangent les langues du globe, se perpétue le rituel des ancêtres Cool. Ils déambulent avec leurs sacs à dos énormes, ressemblent à des parachutistes, trainent leurs bardas entre les terrasses des dhabas, les youth hostel, guest houses bon marché. Back packers questionnant l’aventure, à l’écoute des précieux conseils des vieux routards amaigris. L’Inde est une Odyssée.

 

Je revois ces jeunes Israéliens après 36 mois de service militaire dans les zones occupées, venus expier sur les plages de Goa, dans les effluves parfumés du haschisch, l’absurdité de l’ostensible. Tous sont les enfants d’un monde technologique de plus en plus répugnant, nourris de promesses factices, de gènes modifiés et de Pokémons. Un monde auquel on se confie imprudent. Bourdonne moucheron, tes secrets, ton identité seront sucés par l’araignée dans la toile. Les barrettes de ‘’ram’’ sont fragiles, le chemin d’éveil te conduira vers Ram la mémoire originelle.

Ram Ram ! Ils rêvent d’une montée de Kundalini sur un beat lourd de full moon. D’une extase soudaine, d’une transe hallucinée. D’une révélation inébranlable dont on espère que le vent emportera les souvenirs gênants, loin dans les reflets du couchant sur la plage cocotier de Vagator ou d’Anjuna. Ils rêvent de vallées perdues, de forêts profondes. Héritage hippie, ils pérégrinent de chambres minables, en diarrhées pathétique. S’exposent courageux à l’absence d’hygiène dans leurs T-shirt Nike. S’essayent à l’ascèse. Ils sont les mêmes depuis les années 60 ceux dont Louis Malle dans ses documentaires cite comme : « appartenant à cette confrérie internationale des sans bagages et sans argents ». Certains pleureront sans bien savoir le pourquoi dans l’avion du retour.

 

 Pink Floyd dans mes oreilles….

Remember when you were young,
You shone like the sun.
Shine on you crazy diamond.
Now there's a look in your eyes,
Like black holes in the sky.
Shine on you crazy diamond.



Par-dessus la musique du casque, j’entends vrombir les mécaniques. Sur une route désertée des grands espaces montagneux à l’infinité ocre et blanche, aux lac bleu pétrole, extrêmes limites. Ils défilent, leurs doigts en forme de V. Nés pour la sauvagerie, leurs motos Bullet, foncent vers le Ladakh, ils franchiront essoufflés les altitudes suprêmes des grands cols neigeux, les yeux hallucinés, le visage noircit, leurs ventres lestés de Maggi Noodle Nestlé OGM, leurs cœurs battant à tout rompre sous leurs blousons de cuir.

Dès que nous franchissons les portes de l’aéroport aseptisé de globalisation, nous devenons, souvent bien malgré nous, les acteurs d’une super production. J’en découvre au fil des ans, l’impitoyable script, truqué par d’habiles producteurs fakirs roulant en voiture de luxe avec chauffeur et garde du corps. La candeur famélique et ses parfums rêches affronte le géant d’orgueil et de cupidité aux relents de Byriani.  La nature y tient son rôle, incorruptible, magnifique, grandiose. L’arbre de sagesse sous lequel on s’éveille, le fleuve dans lequel on se baigne. Epaisse mousse pesticide, intoxiquée, contaminée, saturée de solvant, de graisse, d’hydrocarbures, la surface du fleuve brule sous un pont à Bangalore.

 

Chacun s’approprie son personnage à sa façon dans l’extase ou le mépris, dans le luxe ou le dénuement, avec ou sans couverts. Je suis moi-même l’un de ces caractères, je suis l’un d’entre eux, ni plus ni moins que l’un d’entre eux. Je suis le voyeur, le chanceux, l’arrogant, le stupide, le prétendu. L’étranger dans l’asile du temple d’orgueil qui arrive à penser certains jours qu’il est Indien, se permet de juger et d’autrefois se réfugie effrayé dans son armure occidentale.

Puisse l’amour m’emporter dans ses méandres calmes… écrire l’histoire dans la perspective d’une happy end, chorégraphique, joyeuse.

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Floriane

"Aujourd’hui, je n’ai pas l’envie d’écrire sur les bombes, les corps et le sang. Les poèmes qui me viennent ne ramèneront pas les victimes à la vie, n’effaceront jamais l’éclat de la terreur dans les yeux des survivants hagards et engourdis. 
Je ne parlerai pas de la folie meurtrière qui sévit une fois de plus sur notre terre. Ça me désespère. Aujourd’hui, je veux mettre de belles choses en lumière ; notre liberté, notre humanité, la simplicité des cœurs, les mille bonheurs, les grandes âmes, les histoires qui nous désarment.
J’ai envie de parler de la naissance d’un enfant ; la belle émotion qui submerge les parents, ses petits pieds, ses petites mains, tous ces petits miracles de demain à qui l’on aime tendre la main.
J’ai envie de parler de l’éclosion du printemps ; de l’odeur des herbes fraîchement coupées, du chant des oiseaux sur les branches, des couleurs des bourgeons qui s’épanchent, le farniente des grasses mat » du dimanche.
J’ai envie de parler d’amour ; des coups de foudre, des regards qui se lient, des doigts qui s’entrelacent, des corps qui s’unissent, des mots doux qui glissent, des rêves d’avenir que sur nos cœurs on tapisse...
J’ai envie de parler des bières sifflées en terrasse ; de la jeunesse qui refait le monde, des géants, qui vise la lune ronde, défie le temps, fait du boucan, trois pas de danse en arrière et en avant, disperse des airs de fête dans tous nos Bataclans.
J’ai envie de parler des enfants, et même des plus grands, qui se battent contre la maladie ou le néant, qui combattent pour que la vie leur laisse un peu de temps.
J’ai envie de parler des chats qui s’étirent au soleil, des arcs-en-ciel, des coccinelles.
J’ai envie de parler des hautes montagnes du Jura, des chutes du Niagara, des plages d’ici et de là-bas, des paysages qui suscitent l’émoi.
J’ai envie de parler des couchers de soleil, des baisers au goût de miel, des souvenirs qui s’éveillent, des rêves, des merveilles, de l’immensité du ciel. 
J’ai envie de parler des joies qui explosent dans les ventres, des amitiés qui protègent des déferlantes, des étoiles filantes, des âmes qui nous manquent...
Et vous ? Vous avez envie de parler de quoi ?"
Le 22/03/2016 © Floriane Aubin 
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Jean-Marc Kerviche




Mon père et moi revenions de Saint-Guilhem-le-Désert. Il approchait de midi. Nous recherchions une table qui puisse nous accueillir, mais nous ne rencontrions que des bars à touristes et des bouis-bouis.

Rien nous satisfaisait et finalement nous avions renoncé dans notre quête et reprenions la route vers Pézenas.

Alors que nous traversions Aniane, nous vîmes deux restaurants qui offraient des tables en extérieur sur la place du village. Nous décidâmes de nous arrêter. L’endroit était agréable, la place ombragée, l’air semblait léger, le climat respirait la sérénité. Nous étions hésitants à choisir le restaurant qui nous accueillerait, d’autant que les cartes proposaient les mêmes plats : salades, pizzas, grillades.

L’heure n’étant pas à la gastronomie, pourquoi nous en priver ?

Après avoir aussi discrètement que possible, examiné de loin la consistance des assiettes tout en essayant de traduire sur les visages des convives des impressions de béatitude ou de réprobation, nous continuâmes notre chemin vers le deuxième établissement.

Ne pouvant aller au-delà et après un rapide entretien avec la serveuse, nous avisâmes une table libre.

Une fois assis, nous jetâmes rapidement un œil autour de nous. Derrière nous, un couple de deux personnes âgées nanties de trois petits enfants. A la table d’à côté, une mère et probablement sa fille.

Je remarquais que la fille était jolie.

Elles paraissaient attendre. Devant elles, deux pizzas, déjà entamées.

On vint prendre nos commandes.

Nos gorges étant sèches, nous réclamâmes deux bières et deux pizzas.

La bière arriva vite mais la suite se fit attendre, longtemps attendre.

Nous commencions à nous autoriser des réflexions entre nous, n’hésitant pas à nous amuser de la nonchalance du personnel à haute et intelligible voix. Nous tablions sur la rentabilité de l’entreprise, heureusement compensée par la chance qu’ils avaient de ne pas être confrontés à trop de concurrence, évoquions la notion de temps qui semble ne pas avoir la même valeur selon les régions.

Je lançais en écho à mon père : « Eh oui, on est loin de Paris, ici, c’est la province ! »

Et là contre toute attente fusa une réplique de la table d’à côté qui rectifia :

- « On n’est pas en Provence ici, on est en Languedoc ! » sur un ton « avé l’accent » de la jolie fille.

Une réponse qui nous ravit autant mon père que moi !

Je me rattrapai :

- « Je n’ai pas dit Provence, j’ai dit province »

Le ton était donné, nous échangeâmes les mots, les rires, les exclamations. Mon père parlait des grands parents derrière nous qui, apparemment, avaient fort à faire avec leurs petits-enfants, évoquant du même coup le rappel de la jeunesse passée et des obligations oubliées pendant que les parents peut-être prenaient du bon temps loin des enfants.

Elle répondit du tac au tac :

- « Les grands parents servent à ça ! »

Elle s’esclaffait de toutes ses dents, ne cessait de rire sur tout, et d’un rien.

Nous constatâmes qu’elles ne terminaient pas leurs pizzas. On leur en fît la remarque, elles se justifièrent, prétendant n’être que de faibles femmes.

Encore des mots et des rires, beaucoup de rires.

Elles demandèrent à ce que la serveuse mît ce qui restait dans leurs assiettes à emporter pour le repas du soir, ce qui leur attira bien sûr nos réflexions.

Nous arrivions au terme de notre collation. Nous aussi, étions rassérénés. Nous ne pouvions terminer ce que nous avions dans nos assiettes. La jeune fille nous retourna notre remarque.

Les rires moqueurs ne cessèrent pas. Tout servait de prétexte.

Je tombai sous le charme.

Elles récupérèrent les restes de leurs pizzas dans un emballage adapté et quittèrent leur table.

Mon père me fit la réflexion que la jeune fille ressemblait à quelqu’un de nos anciennes relations, mais en beaucoup plus jolie, plus agréable, infiniment plus lumineuse et enjouée. Je confirmais et j’en rajoutais, ce qui ne manqua pas de me dévoiler et dans le même temps ce fait attisa ma convoitise.

Mais il était trop tard, elles venaient de partir !

On les vit se diriger vers une voiture et nous nous attendîmes à ce qu’elles disparaissent.

Et là, surprise ! Elles contournèrent la voiture pour entrer par la porte de l’immeuble juste en face du restaurant.

Que faire ? Avais-je seulement encore une chance, je l’ignorais.

La serveuse devait la connaître, il me restait ce moyen pour au moins savoir son prénom…

On l’interrogea :

- « Pourquoi ne pas lui avoir demandé lorsqu’elle était là ! » fit cette dernière sans se démonter.

Je lui répondis qu’il nous fallait le temps de la réflexion, aussitôt retoqué par une phrase assassine de cette même personne dédaigneuse et si peu affable :

- « Ah ça, c’est bien une réaction masculine ! »

Mon père et moi échangeâmes un regard. Nous étions habillés pour l’hiver !

Qu’importait. Elle habitait en face !

Mais je n’allais tout de même pas frapper à toutes portes. Me vint alors une idée : son nom devait être sur l’interphone ou sur une boite à lettres.

Je laissais mon père près de la voiture et me dirigeais vers l’immeuble.

J’entrais pour consulter le libellé de toutes les boites à lettres. Un nom attira mon attention : « Julie C... »

Comme une bouteille à la mer, j’y déposai une carte de visite.

Je revins et là, mon père me fit signe de me retourner. Elle était à une fenêtre du troisième étage.

Je la revis comme une apparition.

Aussitôt je me lançais et montais à l’étage.

Je frappais à la porte ; la mère ouvrit.

- « C’est pour toi ! » Lança-t-elle à l’adresse de sa fille.

Elle était dans l’autre pièce. Je ne la vis pas. Je l’entendis rire.

Je m’expliquais, balbutiais, cherchant mes mots et me lançais :

- « Voilà, je vous trouve charmante, si nous pouvions faire mieux connaissance… »

Elle me répondit :

- « Demain, j’entre au couvent… »

Je descendis les escaliers l’âme triste et rejoignais mon père.
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