DESCENTE AUX ENFERS partie 3

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Une nuit, Thomas revint complètement ivre. Il avait dîné au restaurant avec des amis, avant de finir la soirée dans un bar. Incapable de conduire, il prit un taxi pour rentrer. La maison était dans le noir mais l’éclairage extérieur était allumé ainsi que la baie vitrée du salon grande ouverte. Complètement à côté de ses pompes, il décida de dormir avec Catleen. Elle était sa femme mais elle n’avait aucun droit de le chasser de leur lit. Il se dirigea tout droit dans la chambre, mais Catleen n’y était pas. Elle était partie. Cette femme l’avait ensorcelé, puis elle l’avait quitté sans aucun remord. Il sortit de la pièce pour se précipiter sur la terrasse. Au passage, il faillit tomber en descendant les deux marches menant au salon.

─ Cat, hurla-t-il d’une voix désespérée.

La jeune femme, endormie dans le hamac, fut réveillée par le cri du jeune homme.

─ Thomas ?

─ Cat, tu es là ?

Il s’avança pour la prendre dans ses bras.

─ Bien sûr, où veux-tu que je sois ?

Les relents d’alcool firent comprendre à la jeune femme qu’il était saoul.

─ Pourquoi tu es partie ? Pourquoi tu veux pas de moi ? T’as pas le droit de me laisser tout seul. Pour le meilleur et pour le pire, t’as promis.

─ Tu as trop bu, il est temps que tu ailles te coucher.

Thomas tenant debout sans avoir besoin d’aide, Catleen lui prit simplement la main pour le conduire dans la chambre. Il s’écroula au bout du lit.

─ Thomas, tu ne peux pas dormir tout habillé.

Elle lui ôta ses baskets ainsi que son jean, avec difficulté.

─ Thomas, tu ne vas pas dormir au bout du lit.

A genoux à côté de lui, Catleen le prit par les aisselles pour essayer de le remonter, en vain. Autant vouloir déplacer un bœuf.

De façon inattendue, Thomas attrapa Catleen par la taille pour la plaquer contre lui, avant de s’installer plus haut dans le lit. Il la fit rouler puis, appuyé sur un coude, il la fixa avant de piquer sur sa bouche, comme un aigle sur sa proie. Son baiser fut brutal. Il essaya de forcer le barrage des lèvres de la jeune femme qui le repoussa de ses deux mains.

─ Thomas, tu m’écrases, je ne peux plus respirer.

Il se décala légèrement mais ne lâcha pas prise pour autant, n’ayant pas l’intention d’en rester là. Il saisit ses poignets pour les immobiliser de chaque côté de son visage. Ainsi elle ne pourrait plus le repousser. Il l’embrassa à nouveau, mais comme elle ne répondait pas à son baiser, il lui mordit la lèvre inférieure jusqu’au sang. Le cri de douleur qu’elle poussa lui fit ouvrir la bouche, permettant à Thomas de s’y insinuer avec avidité. Incapable de résister plus longtemps, Catleen répondit à son baiser, son corps se détendant sous celui de son amant.

─ J’ai tellement envie de toi, je t’en prie, murmura-t-il à son oreille.

Il lui lâcha les poignets. La jeune femme enroula ses bras autour du cou de Thomas, en signe de consentement. Il finit de se déshabiller tant bien que mal avant de reprendre position au-dessus de Catleen. Il lui écarta les cuisses avec le genoux pour posséder ce qu’il pensait lui appartenir de plein droit.

Thomas se réveilla avec un terrible mal de crâne. Il jeta un œil au réveil : 15h. Il laissa sa tête retomber lourdement sur l’oreiller. Il se souvenait du restaurant, mais totale amnésie pour le reste de la soirée. Il sentit un poids sur lui, ainsi qu’une odeur familière de parfum qui flottait dans l’air. Cat. Elle dormait en travers de son dos. Il eut beau se creuser les méninges, il ne se souvenait pas de cette nuit. Il se dégagea doucement pour ne pas la réveiller puis s’assit au bord du lit. Catleen bougea pour se mettre sur le dos, faisant glisser le drap qui la couvrait. Thomas put voir son corps nu ainsi que les traces qu’il y avait laissées. Nom de Dieu, que lui avait-il fait ! Elle avait des bleus aux poignets ainsi que sur la partie interne de ses cuisses, sans compter l’entaille sur sa lèvre inférieure. Il se prit le visage dans les mains puis appuya ses paumes contre ses paupières clauses. Il se leva pour enfiler son caleçon qu’il trouva sur le sol. Il remonta le drap sur le corps de Catleen avant de sortir de la chambre.

Une fois dans la cuisine, il avala un comprimé d’aspirine avec un grand verre d’eau. Il sortait un mug du placard lorsqu’il sentit deux bras enlacer sa taille puis une tête se poser contre son dos. Il ferma les yeux, profitant quelques instants du moment, avant de se dégager de cette étreinte pour faire face à Catleen. Elle lui souriait. Comment pouvait-elle sourire ?

─ Je suis désolé de ce qui s’est passé cette nuit. Cela ne se reproduira pas.

─ Ce n’est rien.

Il lui prit le bras.

─ Tu trouves que cela n’est rien ? demanda-t-il en désignant les bleus sur son poignet.

─ Tu étais impatient.

─ Tu appelles ça de l’impatience moi, de la brutalité. Je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas cet homme qui rentre ivre chez lui et violente sa femme pour lui faire l’amour.

Catleen voulut s’approcher mais Thomas recula.

─ Écoute Cat, je ne sais plus où j’en suis, tu fais ressortir ce qu’il y a de pire en moi. Je n’aime pas celui que je suis en train de devenir, je ne me reconnais plus.

─ Bien sûr, c’est de ma faute. Si nous en sommes là aujourd’hui, j’en suis exclusivement responsable, c’est ça ?

Thomas ne répondit pas.

─ J’ai fait une erreur, je le reconnais, poursuivit Catleen. Je suis revenue. J’ai essayé de me rapprocher de toi mais tu ne m’as pas laissé faire. Qu’attends-tu de moi, exactement ? Cette nuit, tu m’as demandé pourquoi je ne voulais pas de toi. Ouvre les yeux, c’est toi qui ne veux plus de moi. Je crois qu’il est temps que tu réfléchisses à ce que tu veux vraiment, comme tu as su si bien me le dire, il n’y a pas longtemps.

Elle le laissa là pour retourner dans la chambre.

Catleen avait raison, il devait faire le point pour se retrouver. Mais pour cela, il devait quitter cette maison, cette ville et pourquoi pas, le pays.

Une semaine plus tard, il embarquait sur son bateau.

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JustineC
Une phrase par jour, pendant toute la durée du confinement. En espérant qu'il se passe des choses intéressantes pour les retranscrire !
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~CV~

2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

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NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

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Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
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