LE GRAIN DE SABLE partie 5

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Sophia vit l’absence de Catleen comme l’opportunité parfaite pour mettre en place la phase ultime de son plan. Elle déploya tous les stratagèmes de séduction dont elle était capable pour prendre Thomas dans ses filets. Rapidement, elle dut se rendre à l’évidence : cela ne fonctionnait pas. Félix arrivait le lendemain ; il était hors de question qu’elle reparte avec lui. Seule solution : passer à la vitesse supérieure. Le soir même, elle décida de retourner voir Thomas. Le taxi la déposa devant la maison. Elle sonna à plusieurs reprises, sans succès. Elle appela le jeune homme sur son portable, mais il ne répondit pas. Pas découragée pour deux sous, elle fit le tour de la maison qui était plongée dans le noir. Thomas n’était pas là. Qu’à cela ne tienne, elle l’attendrait. Elle actionna l’éclairage extérieur avant de s’asseoir au bord de la piscine. Elle espérait qu'une seule chose ; qu’il n’ait pas décidé de passer la nuit ailleurs.

Catleen décida de rentrer deux jours plus tôt que prévu. Son père était rentré de l’hôpital. S’il suivait scrupuleusement les recommandations du cardiologue, tout irait bien. Elle avait l’intention de suivre le conseil de sa mère : parler ouvertement à Thomas, même s’il la trouvait ridicule. C’était la première crise que traversait leur couple ; il y en aurait sûrement d’autres. Allait-elle, à chaque fois, fuir pour se recroqueviller sur elle-même comme une malheureuse petite chose ? Elle avait trouvé le grand amour, celui qui valait la peine que l’on se batte, alors c’est ce qu’elle allait faire.

Thomas avait passé la soirée chez un ami. Pendant quelques heures, il avait oublié ce qui le préoccupait. Lorsqu’il rentra chez lui, il s’aperçut que la terrasse était allumée. Il s’approcha de la baie vitrée du salon. Sophia était assise sur le bord de la piscine. Il se passa la main sur le visage en soupirant. Il la rejoignit, sans intention d’être aimable ni conciliant.

─ Je peux savoir ce que tu fous là ?

Sophia se leva, entoura la taille du jeune homme de ses bras puis l’embrassa sur les lèvres.

Catleen comptait surprendre Thomas. A l’aéroport, elle prit un taxi. Le 4x4 était garé devant la maison, indiquant la présence du maître des lieux. Toutes les pièces étaient plongées dans le noir. Seul l’éclairage extérieur était allumé. Elle s’avança dans le salon pour assister à vision d’horreur. Thomas et Sophia, dans le jardin, en train de s’embrasser. Elle, entourant la taille de Thomas de ses bras ; lui, tenant le visage de Sophia entre ses mains. Sophia et Thomas. Ces deux prénoms se répétaient en boucle dans l’esprit de Catleen, lui tournant la tête. Les larmes lui montèrent aux yeux sans qu’elle soit capable de pleurer. Elle aurait du sortir pour signifier sa présence, laisser libre cours à sa colère en exigeant des explications. Mais elle n’en fit rien car la douleur prit le pas sur tout la reste. Alors, elle recula dans l’ombre pour qu'ils ne l'apercoivent pas, avant de reprendre sa valise pour quitter la maison. Elle fit quelques mètres puis emprunta un sentier menant à la plage. Elle se laissa tomber assise sur le sable. En fin de compte, elle ne sera pas celle qui se bat pour préserver la chose la plus précieuse au monde. Elle sera celle qui se recroqueville sur elle-même comme une misérable petite créature. De toute façon, à quoi bon se battre pour une chose que l’on a déjà perdue ?

Pour le moment, elle devait trouver un endroit où dormir. Elle appela Elizabeth pour qu’elle vienne la chercher. Dans la voiture, Catleen expliqua tout à son amie en lui faisant promettre qu’elle ne préviendrait pas son frère qu’elle était rentrée, ni qu’elle s’était réfugiée chez elle.

Thomas fut déconcerté par l’assaut de Sophia. Sur le coup, il ne réagit pas. Elle le tenait serré contre elle, tentant de franchir ses lèvres avec sa langue. Il prit la tête de la jeune femme entre ses mains, puis exerça une légère pression pour qu’elle lâche prise, en vain. A la place, elle resserra son étreinte. Thomas repoussa violemment Sophia qui tomba sur l’une des chaises longues.

─ Tu es complètement folle ! Je veux que tu quittes cette maison tout de suite, avant que je fasse quelque chose de regrettable.

Sophia se leva pour poser sa main sur le bras du jeune homme.

─ Je te demande juste une chance de te prouver que nous pouvons être heureux ensemble.

Thomas n’en croyait pas ses oreilles. Etant sur le point d'exploser, il dégagea son bras, puis fit les cent pas dans le but de se calmer. Il se planta devant Sophia pour la regarder droit dans les yeux.

─ Il n’y a pas de « nous », cria-t-il, ne sachant plus quoi faire. Je dois te le dire en quelle langue pour que tu comprennes ? Tu n’es rien pour moi.

─ Tu n’as pas toujours dit cela.

─ Crois-moi, je regrette amèrement cette erreur. Tu n’as strictement rien à m’offrir. Tu ne possèdes rien que je veuille.

─ Tu penses que ta petite traînée vaut mieux que moi ? demanda-t-elle froidement.

La gifle tomba sans prévenir. Sophia le regarda les yeux écarquillés, choquée qu’il ait eu un tel geste envers elle.

─ Je t’avais prévenue de ne pas manquer de respect à Catleen.

Thomas s’éloigna, puis revint.

─ Catleen est tout pour moi. J’ai besoin de la voir, de sentir sa présence pour savoir que je suis en vie. J’ai mis un peu de temps à comprendre que je l’avais attendue toute ma vie. Je n’ai jamais pu m’attacher à aucune femme car c’est elle qui m’est destiné.

Sophia ricana. Le masque de la petite fille gâtée énamourée tomba. Il avait en face de lui la vraie Sophia, celle que peu de gens connaissait.

─ Ce ne sont que foutaises tout cela. Tu es trop romantique, mon pauvre Thomas, cela en est pathétique à vomir.

─ Tu ne comprendras jamais ce qu’est l’amour car tu es vide à l’intérieur, lança-t-il dédaigneusement.

Sophia leva la main pour le frapper mais Thomas attrapa son poignet au vol.

─ Maintenant je veux que tu quittes cette maison. Je ne veux plus jamais te revoir. Suis-je bien clair ?

Le lendemain, Thomas reçut un message de Sophia, l’informant qu’elle prenait un avion pour Paris, sans attendre la venue de son frère.

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JustineC
Une phrase par jour, pendant toute la durée du confinement. En espérant qu'il se passe des choses intéressantes pour les retranscrire !
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~CV~

2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

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NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

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Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
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