LE GRAIN DE SABLE partie 4

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Thomas était perdu. Il ne comprenait pas comment Cat pouvait considérer Sophia comme une rivale. Pour lui, leur amour était solide. Sophia ne représentait absolument rien. Il ne la voyait pas. Lorsqu’elle trouvait des prétextes pour le toucher, il ne sentait rien, comme si son corps était anesthésié à son contact. Pour lui, Sophia était comme un fantôme tournant autour de lui sans pouvoir l’atteindre.

Sophia n’était rien.

Cat était tout.

Il ne voyait qu’elle. Ne ressentait qu’elle : son odeur, ses baisers, ses caresses, son corps répondant parfaitement au sien lorsqu’ils faisaient l’amour. Il n’avait pas besoin de la voir pour savoir qu’elle était dans la même pièce que lui. Elle le comblait. Sa présence l’enivrait. Il n’était jamais rassasié, en demandait toujours plus. Tous ces sentiments le suivaient jusque dans son sommeil, hantaient ses nuits, ne lui laissant aucun répit. Il n’était plus rien sans elle. Il était entier, vivant avec elle. Tout cela Cat le savait très bien, alors pourquoi en douter ? Ne lui faisait-elle plus confiance ? Il avait besoin de parler à quelqu’un. Il sortit de la bibliothèque, prit les clés de son 4x4, direction chez son frère.

Quand Catleen se décida à rentrer, le soir tombait. Thomas n’était pas à la maison. Elle n’eut pas le courage de préparer le dîner ; de toute façon, elle n’avait pas faim. Elle se servit un grand verre de vin blanc, puis s’isola dans la bibliothèque. Elle jeta un coup œil sur son bureau : quel fouillis. Il était envahi de pages raturées. Cela faisait des jours qu’elle n’arrivait plus à mettre une idée devant l’autre. Il fallait vraiment qu’elle range et vide la corbeille, mais pas ce soir. Peut-être devrait-elle changer d’environnement pour écrire tranquillement. Partir quelque temps chez ses parents serait une solution à envisager sérieusement. En attendant, elle avait besoin de se détendre. Elle posa son verre sur la table basse avant de prendre le livre qu’elle avait commencé, Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy. Après avoir lu quelques pages, elle le mit de côté ; aucune envie de lire une histoire d’amour ce soir. Elle se leva pour parcourir les étagères avant de choisir un polar qu’elle n’avait jamais lu. Parfait. Cette distraction fut efficace. Elle dévora le bouquin du début à la fin, sans que son esprit soit parasité par autre chose. En jetant un coup d’œil à sa montre, elle constata qu’il était très tard. Thomas n’était pas rentré. La fatigue commençait à se faire sentir mais elle ne voulait pas dormir dans la chambre, alors elle attrapa le plaid posé sur l’accoudoir du canapé pour l’étendre sur elle, avant de fermer les yeux.

Thomas rentra au milieu de la nuit. Il pensait que Cat était couchée mais la lumière filtrait à travers la porte entrebâillée de la bibliothèque. Il la trouva endormie dans le canapé. Il s’assit sur la table basse. Jamais il ne se lasserait de la regarder. Il repoussa les mèches tombées sur le visage de la jeune femme. Elle bougea ; le plaid glissa. Il vit qu’elle tenait entre ses doigts le pendentif qu’il lui avait offert pour Noël.

─ Je t’aime Princesse. Rien ni personne ne changera cela, murmura-t-il.

Catleen sourit comme si elle l’avait entendue. Thomas ne voulait pas la réveiller. Il éteignit la lumière avant de partir se coucher.

La jeune femme n’eut pas le loisir de réfléchir à l’éventualité de partir chez ses parents, les évènements décidèrent pour elle, dès le lendemain. Elle fut réveillée par la sonnerie insistante de son portable. C’était sa mère. Son père avait eu un malaise cardiaque mais rien d’alarmant. Il resterait hospitalisé quelques jours. Selon Deirdre, il était inutile que Catleen se déplace mais cette dernière ne l’entendit pas de cette oreille. Elle réserva une place sur le prochain vol disponible.

Thomas s’apprêtait à entrer dans la bibliothèque, le plateau du petit déjeuner dans les mains, lorsque Catleen ouvrit la porte, puis passa devant lui sans lui adresser la parole. Il la suivit dans le dressing où elle sortait une valise d’une armoire. Thomas paniqua.

─ Que fais-tu ?

Catleen ouvrit la valise sur le lit puis commença à la remplir.

─ Mon père est à l’hôpital, répondit-elle sur un ton angoissé.

Thomas s’approcha d’elle pour lui prendre les mains.

─ Que lui est-il arrivé ?

─ Un malaise cardiaque, rien de grave d’après ma mère. Elle ne juge pas utile que je vienne mais il est hors de question que je reste ici. Je veux voir mon père.

Catleen devenait hystérique. Thomas la prit dans ses bras.

─ Bien sûr que tu vas aller voir ton père. Nous allons y aller tous les deux.

La jeune femme se dégagea. Elle prit conscience qu’elle n’avait pas du tout envie qu’il l’accompagne.

─ C’est inutile que tu viennes. Tu dois t’occuper de ton invitée, dit-elle sur un ton cassant.

─ A propos de Sophia…

Catleen le fit taire d’un signe de la main.

─ Je n’ ai vraiment pas envie de parler de ça pour l’instant. Je veux juste finir ma valise. J’ai réservé une place sur le vol de cet après-midi.

La jeune femme accepta que Thomas la conduise à l’aéroport. Ils se quittèrent sans même s’embrasser. Liz avait raison. S’il ne réagissait pas, il allait perdre la femme de sa vie.

Lors de sa première visite à l’hôpital, Catleen fut soulagée de constater que sa mère n’avait pas minimisé l’état de son mari. En effet, James se portait plutôt bien. Il était un peu pâle et fatigué mais son cas n’était pas alarmant. Il devait subir des examens avant de pouvoir rentrer chez lui.

Deirdre observait sa fille depuis son arrivée. Elle la trouvait fatiguée, amaigrie. Quelque chose s’était éteint dans son regard. Elle était malheureuse, à n’en pas douter. Un soir, après le dîner, elle invita sa fille à s’asseoir près d’elle sur le canapé pour lui demander ce qui n’allait pas. Catleen lui raconta tout sans rien omettre. Deirdre attira sa fille contre elle en la prenant par les épaules.

─ Crois-tu vraiment que Thomas puisse s’intéresser à cette femme ?

─ En fait, je n’en sais rien, reconnut-elle.

─ Tu n’as pas confiance en lui ?

─ Si.

─ Peut-être est-ce en toi que tu n’as pas confiance ?

Bonne question. Catleen s’était toujours étonnée du fait que Thomas l’ait choisi elle, en particulier. Elle se trouvait si quelconque, alors que lui était tellement époustouflant, dans bien des domaines.

─ La seule façon de régler votre problème est d’en discuter ensemble, calmement, même au risque de passer pour la petite amie paranoïaque et jalouse, pour reprendre tes propres termes.

─ Peut-être.

─ C’est sûr. Les non-dits n’amènent rien de bon, ma chérie. Thomas comprendra, il saura te rassurer sur les sentiments qu’il éprouve pour toi.

Deirdre étreignit plus fort sa fille. Elles restèrent un long moment ainsi.

Thomas ne supportait très mal l’absence de Catleen. Au bout de quelques jours, il tournait comme un lion en cage. Ses nuits étaient courtes. Pendant son sommeil, il recherchait, instinctivement, le contact du corps de la jeune femme. Il se réveillait brutalement pour réaliser qu’elle n’était pas là. La présence de Sophia lui pesait de plus en plus, au point d’éprouver une aversion sans commune mesure envers elle. Il l’évitait le plus possible pour ne pas lui adresser la parole.

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JustineC
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~CV~

2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

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NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

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Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
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