LE GRAIN DE SABLE partie 2

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Catleen et Thomas se trouvaient sur la terrasse, à l’abri des oreilles indiscrètes. Le jeune homme tournait en rond.

─ Tu peux me dire qui est cette femme, maintenant que tu l’as confortablement installée dans la chambre d’amis.

Cela sonna comme un reproche aux oreilles de Thomas.

─ Elle se nomme Sophia. Elle est la sœur d’un ami photographe, Félix Dercourt.

─ Attends une minute, ce nom ne m’est pas inconnu.

─ Ce n’est pas étonnant. Sophia et Félix sont les enfants de Charles Dercourt…

─ Le joaillier français.

─ Exact.

Thomas se tut.

─ Mais je t’en prie, continue cette histoire passionnante.

─ Il y a un peu plus de trois ans, j’ai vécu quelques mois à Paris où j’ai fait la connaissance de Félix puis de sa sœur.

─ Est-elle ton ancienne petite amie ?

─ Oui… non.

─ C’est oui ou non, Thomas. Il n’y a pas de demi-mesure.

─ Il n’y a jamais rien eu de sérieux entre nous. Juste un flirt. Je me suis vite rendu compte qu’elle n’était pas celle que j’attendais. Sophia est une enfant gâtée capricieuse, possessive, très superficielle de surcroît.

─ Et maintenant, que fait-on ? On attend patiemment qu’elle te saute dessus dans un coin de la maison ? Car il est clair qu’elle a fait tout ce chemin dans ce but. Le fait que je sois là ne semble pas la déranger le moins du monde.

─ J’attends que Félix me rappelle, ensuite j’aviserai.

Catleen rentra dans le salon sans rien ajouter. Comment le fameux Félix pourrait-il régler le problème présent ici, de son appartement parisien ? Le dimanche en amoureux étant foutu, autant travailler. La jeune femme s’habilla puis s’enferma dans la bibliothèque pour écrire. Elle avait besoin de se concentrer sur du positif pour faire abstraction de la femme se trouvant à l’étage.

Sophia dormit toute la journée pour ne réapparaître qu’au moment du dîner. Elle monopolisa la conversation qui tourna autour de sa petite personne. Manifestement, elle adorait s’écouter parler. Thomas fut sauvé par la sonnerie de son portable.

Il s’isola dans la bibliothèque pour prendre l’appel. C’était Charles, qui s’excusait du comportement de sa fille. Étant donné les circonstances, il viendrait, en personne, apporter le bijou et récupèrerait sa progéniture au passage. Cependant, il ne pourrait pas être à Los Angeles avant une quinzaine de jours. Il conseilla au jeune homme d’exiger de l’importune qu’elle s’installe à l’hôtel, en attendant. Il était évident que Thomas allait suivre ce conseil car il était hors de question que Sophia reste chez lui, ne serait-ce que par respect pour Catleen.

Lorsqu’il revint sur la terrasse, Sophia était seule.

─ Où est Catleen ?

─ Je ne sais pas. Elle est partie vers la plage.

Sophia prit la main de Thomas.

─ Laisse-la bouder. Viens plutôt t’asseoir à côté de moi.

Il retira sa main en lui lançant un regard meurtrier.

Il trouva Catleen assise au bout du ponton. Il s’assit derrière elle puis l’attira contre lui.

─ Charles va venir récupérer sa fille.

─ C’est la meilleure nouvelle de la journée.

─ Dans quinze jours.

─ Tu plaisante, j’espère !

─ J’aimerais bien.

─ Tu es en train de me dire que je vais devoir supporter cette…

─ Non, ne t’inquiète pas. Elle ira s’installer à l’hôtel jusqu’à l’arrivée de son père.

─ Si tu t’imagines qu’elle va accepter ça, c’est que tu es bien naïf.

Thomas soupira. Il fit pivoter Catleen pour qu’elle soit face à lui.

─ Je lui parlerai demain matin. Je te promets qu’elle ira à l’hôtel. Tu me fais confiance ?

Elle fit oui de la tête.

─ Debout Princesse, on rentre.

Le lendemain, de retour de son footing matinal, Thomas trouva Sophia installée sur la terrasse, en train de prendre son petit déjeuner. Elle n’avait pas perdu de temps pour faire comme chez elle. Il s’assit en face d’elle en la dévisageant longuement. Comment avait-il pu lui porter de l’intérêt. L’emballage était joli mais elle n'avait rien de plus pour elle. Elle représentait tout ce qu’il détestait chez une femme.

─ Si tu cherches ta petite chose, elle n’a pas encore pointé le bout de son nez.

Cette remarque fut la goutte qui fit déborder le vase. Il l’attrapa par le bras pour la lever brutalement de sa chaise.

─ Tu me fais mal, lâche-moi !

Il n’en fit rien. Il resserra ses doigts jusqu’à les enfoncer dans la chair. Il l’entraina à l’étage dans son bureau, puis la força à s’asseoir tout aussi brutalement. Il ferma violemment la porte avant de s’asseoir en face d’elle. Sophia se frotta le bras en faisant la grimace.

─ Je suis sûre que je vais avoir un bleu.

Thomas respira profondément pour se calmer.

─ Écoute-moi attentivement Sophia. Je ne suis pas heureux que tu sois là, cela met Catleen dans une position inconfortable. Tu as quitté Paris sans prévenir personne pour venir ici en te comportant comme si tu étais en terrain conquis. De plus, tu manques de respect à ma compagne, cela je ne le tolèrerai pas. Tu n’es pas chez toi ici, Catleen si.

─ D’accord, je ferai un effort.

Sophia se leva.

─ Je n’ai pas dit que j’avais terminé. Rassieds-toi.

La jeune femme croisa les bras sans obtempérer. Thomas haussa le ton.

─ Je t’ai demandé de te rasseoir.

Cette fois, Sophia obéit.

─ Parfait. Ton père va venir te chercher.

─ Tu as prévenu mon père !

─ Non, c’est Félix.

─ Mais toi, tu as appelé Félix.

─ Bien vu. Je reprends. Ton père va venir te chercher mais il ne sera là que dans quinze jours.

Sophia entama une petite danse sur sa chaise, le sourire aux lèvres.

─ Ne te réjouis pas trop vite. Tu as la journée pour te trouver un hôtel dans lequel tu resteras jusqu’à l’arrivée de ton père.

─ Pourquoi je ne peux pas rester ici ?

─ Parce que je ne veux pas de toi chez moi.

─ Je t’ai dit que je ferai un effort.

Cette conversation commençait fortement à agacer Thomas.

─ Je vais être très clair. Même si Catleen n’était pas dans ma vie, je ne voudrais pas de toi ici. Je sais très bien ce que tu cherches, mais cela n’arrivera pas.

Sophia quitta sa moue d’enfant boudeuse pour reprendre son sérieux.

─ Tu comptes vraiment la demander en mariage ?

« Nous y sommes » se dit Thomas. Il ne savait pas comment, mais elle était au courant pour la bague de fiançailles. Voilà la raison de sa présence. Elle avait traversé l’océan pour faire son cinéma en tentant de foutre la merde.

─ Oui, je vais lui demander de m’épouser.

Sophia attendit qu’il lui en dise plus, mais il n’en fit rien. Elle se leva.

─ Ne t’en fais pas, j’aurai débarrassé le plancher avant ce soir.

Une fois dans sa chambre, Sophia ferma la porte. Elle s’assit au bout du lit puis se laissa tomber en arrière, les bras en croix. Elle voulut éclater de rire mais elle devait rester discrète. Que les hommes pouvaient être naïfs. Comme il était facile de les berner. Si elle avait accepté d’aller à l’hôtel, c’était par pure stratégie. Parfois, il fallait reculer d’un pas pour avancer de deux. Quant à son père, elle avait presque envie de l’appeler pour le remercier. Il serait là dans deux semaines pour la ramener en France. Mais dans quinze jours, tout serait différent. D’ici là, elle aurait prouvé à Thomas que c’était elle la femme de sa vie. Dans deux semaines, elle aurait évincé cette bécasse arrogante et insignifiante. Quand son cher père arriverait avec la bague, c’est à son doigt que Thomas la glisserait.

Thomas trouva Catleen dans la cuisine. Il l’embrassa sur le front avant de la prendre dans ses bras.

─ Je viens d’avoir une conversation avec Sophia.

─ Et alors ?

─ Elle ne passera pas une nuit de plus sous ce toit.

Catleen ne répondit pas. Elle finit son petit déjeuner en observant Thomas boire son café puis engloutir la moitié de l’omelette qu’elle avait préparée. Il semblait calme et détendu. Peut-être même un peu trop. Il se leva.

─ Je file prendre une douche. Liz ne va pas tarder à arriver.

La jeune femme resta silencieuse, les yeux baissés sur son assiette. Thomas la fixa, les sourcils froncés. Elle finit par lever les yeux vers lui.

─ Je pensais que le départ de Sophia te rendrait ta bonne humeur.

─ Je ne suis pas de mauvaise humeur.

Il se pencha pour lui caresser la joue avant de l’embrasser.

─ Ne penses plus à tout ça.

Elle lui sourit timidement.

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JustineC
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2393, les Hommes ont déserté la Terre gelée, installés dans des stations spatiales. Au cœur d’un Système multiculturel en expansion, quelques illuminés à la quête de découvertes et de vérités.

« Je suis tout à la fois, je suis le Soleil énorme dans l'azur, la mer que je n'ai jamais vue, les océans sous la glace, le gel et le dégel, la Terre et les étoiles. Je suis tout, nulle part, mais avec toi. Avec mille autres. »
— Extrait tiré d'Illuminés.

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NB : Ouverte aux annotations et commentaires, je vous avertis malgré tout : je ne prendrai pas tout en compte. Ce texte a ses défauts, j'en suis bien consciente :) Mais tous les supprimer serait trahir l'écrivaillon qui les imaginés à l'époque.

Je tiens beaucoup à cette histoire, j'espère qu'elle saura vous satisfaire, peut-être même vous transporter, qui sait ? Bienvenue aux peinturlureurs/commentateurs compulsifs comme aux lecteurs silencieux !

Illuminés est un récit de science-fantasy, mêlant aventure, amitiés, violence, magie et drames. Mes personnages sont à l'image de ce que j'ai pu ressentir pendant un temps...

Aussi, s'il est classé en "contenu sensible", c'est à cause de quelques scènes relativement brutales, bien qu'elles ne soient pas gores non plus. Il n'y a pas de scène de sexe ou érotique, ou même d'usage de drogues, soyez tranquilles. :)

Bon, trêve de blabla, bonne lecture !

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Références de l'illustration : "The Magician" de rrrhart.
Lien de son tumblr pour les intéressés : https://rrrhart.tumblr.com/post/168134399836/tarot-i-the-magician
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